FONDATION* DE MILET
En aucun lieu de la côte d'Asie les al lu v ions des fleuves et des torrents n'ont modifié la physionomie du territoire d'une manière plus complète que dans la vallée du Méandre. La ville de Milet avait été fondée à l'embouchure de ce fleuve, dans le but de profiter d'une double voie de communication, de la voie maritime par ses navires» et de la voie terrestre en remontant, au moyen de ses caravanes, la vallée du Méandre jusqu'au cœur de la Phrygie. C'était tout le secret de la puissance commerciale de cette capitale de Tlonie; elle conserva
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sa suprématie malgré les guerres qu'elle eut à soutenir avec ses puissants voisins ; vaincue et soumise, ils étaient encore tributaires de son active population et de son commerce immense; mais quand les forces de la nature, quand les sables charriés par le fleuve arrivèrent à combler ses pdrts, la richesse de Milet commença à décheoir ; son territoire ne présente plus aux yeux qu'une steppe fangeuse, et de tous les monuments qui ornaient cette ville il reste à peine quelques débris.
On ne saurait déterminer, même d'une manière approximative, l'époque de la fondation de Milet. Ce territoire était occupé par le peuple lélége, bien avant l'arrivée des Ioniens, et la ville qu'il habitait se nommait Lélégéis. Elle était située sur la rive gauche du Méandre, et par conséquent dans le territoire de la Carie (i). Les forêts de pins entouraient la ville, qui fut aussi appelée Pityussa; les habitants avaient coutume de porter une branche de cet arbre dans les Thesmophories, et le. fruit était offert dans les sacrifices àCérès. LesCarieus venus de l'île de Crète, étant débarqués sous la conduite de Sarpedon, chassèrent les Léléges, et bâtirent une ville à laquelle ils donnèrent le nom de Milet, ville de Crète. Plus tard les Ioniens conduits par Nélée s'emparèrent de cette place, et fondèrent une ville du même nom clans le voisinage de la première. La Milet ionienne était située à l'embouchure du fleuve.
Les quatre ports étaient formés Pun par le golfe, aujourd'hui comblé, près duquel est la ville d'Héracfée sous le Latmus , l'autre par une petite île du nom de Lade, aujourd'hui jointe au continent, et les deux autres dans les terres à droite et à gauche de la ville, de sorte que la ville elle même était bâtie sur un isthme (2). Il n'en reste plus de vestige : les alluvions ont tout comblé. La population, vouée principalement au commerce maritime, avait des relations avec tous les peuples du bassin de la Méditerranée, et connaissait mieux qu'aucune autre les points de la côte où des comptoirs pouvaient être établis avec avantage. La mer Noire, la Propontide,l'Hel-
(i) Et. de ByztD., V. Milet us.
(a) Thucydide, liv. VIII, ?5.
lespont et les Iles de la Grèce o| en même temps fleurir une multitôl villes fondées par cette métropole, en porte le nombre à quatre-vii Strabon se contente de citer Icai Leros; dans l'Hel lespont, Linroée, dos, Arisbé et Paesos ; sur la côte <f Artacé, Cyzique : nous devons ajout nope, qui devint la métropole duroj de Pont.