CHAPITRE XXXVI
BBONK DB DABIUS.
Darius avait emmené un grand nombre d'Ioniens dans son expédition contre les Scythes, et l'échec qu'avait éprouvé l'armée perse ne manqua pas de donner Réveil aux peuples grecs qui tentèrent, eux aussi , de se délivrer du joug des Perses. Milet, la place la plus florissante et en même temps la plus facile à défendre , suivit les conseils d' A ristagoras, et se mita la tête de la révolte. Nous avons vu les Ioniens marcher en vainqueurs sur Sardes, prendre et brûler cette capitale; mais les alliés des Ioniens ne répondirent pas à cet élan, et Milet se vit presque seule exposée aux attaques de Tannée des Perses.
Darius en apprenant la révolte suscitée par Hystiée prépara contre Milet Une expédition formidable ; les généraux perses avaient réuni toutes leurs trou nés pour en former une seule armée, ou ils dirigeaient sur Milet, laissant de coté la conquête des autres villes. Les Phéniciens, jaloux de la puissance maritime de Milet avaient mis leurs connais* sauces de la navigation et des côtes au service dès Perses : les marins de Chypre, les Ciliciens et les Égyptiens servaient aussi comme auxiliaires.
De tels préparatifs étaient de nature à inquiéter les Ioniens, qui se réunirent au Panionium ; il fut décidé que Milet serait chargée de défendre seule ses murailles, mais que la confédération réunirait le plus de vaisseaux qu'elle pourrait pour défendre la ville par mer, et les vaisseaux reçurent l'ordre de se réunir dans le plus court délai au port de Ladé , petite fie située en avant de Milet. La bataille navale, restée célèbre dans l'histoire sous le nom de bataille de Ladé, est décrite par Hérodote dans toutes ses péripéties; les fautes des Ioniens, les défectious des alliés y sont misesaujouravecunenettetéqui ne laisse
(x) Hérodote, Uv. V, en. 99.
L'UNIVERS
aucun doute sur les vices de cette coufédération ionienne , qui pouvait oom* mander à l'Asie. La flotte grecque fut dispersée, et Darius commença le siège de Milet par terre et par mer. Les Perses mirent en usage toutes les machines de guerre dont ils étaient en possession ; ils finirent par s'emparer de la ville et de la citadelle, dans la sixième année de la défection d'Aristagoras. Tous les habitants de Milet furent faits esclaves. Les Grecs croyaient que ces événements s'étaient accomplis selon la prédiction d'un oracle qui avait prononcé ces paroles : « Pour toi , ô ville de Milet, artisan de tant de maux, tes richesses serviront de récompense à bien des gens; tes femmes laveront les pieds d'un grand nombre d'hommes aux longs cheveux , et mon temple de Didyme sera confié à d'autres soins. «
Les captifs de Milet furent traités avec douceur par Darius, qui se contenta de les expatrier; il les conduisit à Suze, les envoya habiter près de la ville d'Ampc, « près de laquelle le Tigre, qui la traverse; a son embouchure dans la mer ». Le Tterese jette dans l'Euphrate, et non pas dans la mer : nous pensons qu'Hérodote (1) a voulu parler du fleuve Pasitigris , qui coule non loin de Suze, et se jette dans le Golfe Persique, et non pas dans la mer Erythrée.
Le territoire de Milet fut partagé : les Perses gardèrent toute la plaine, et la partie montueuse fut donnée aux Cariens de Pédase. Il ne resta aucun Milésien dans la ville de Milet (2).
Les Athéniens, qui avaient abandonné cette ancienne alliée à ses propres forces, ressentirent à la nouvelle de la destruction de Milet une douleur sans bornes ; le poète Phrynicus ayant fait représenter une tragédie ayant pour titre la prise de Milet , tous les spectateurs fondirent en larmes, et l'auteur fut condamné à une amende de mille drachmes pour avoir rappelé aux Athéniens des malheurs domestiques; on défendit en outre de faire représenter jamais cette pièce (3).
La bataille de Mycale fut pour Milet
(i) Hérodote VI, ao.
(2) Id., ibid., ch. 22.
(3)Slrabon,XlV, 635.
une occasion de secouer le jouj Perses ; mais ce fut pour tombe* celui des Athéniens, qui pendant la guerre du Péloponèse conseil le gouvernement de dionie et Carie. Les Milésicns finirent par volter; les Athéniens s'apprétai assiéger la ville , mais à t'approè la flotte du Péloponèse Pbryi l'amiral athénien , jugea opportsi bandonner l'entreprise.
Mille hoplites dlAthènes et< cents Argiens, et mille alliés partit thènes, sur quarante-huit vais abordèrent à Samos , et passera suite à Milet, où ils campèrent. L lésiens étaient sortis au nombre d cents hoplites, accompagnés des ponésiens et de Tissapherne loi' avec toute sa cavalerie. Dans le é qui eut lieu, les Argiens furent * par les Milésiens , et les Pétopoi furent vaincus par les Athéniei derniers, ayant érigé un trophée, i parèrent à enceindre d'une mûri ville de Milet, dont le territoire!
un isthme; leur flotte se tenait i le port de Ladé , voisin de Ml de là les Athéniens faisaient é quentes descentes sur le territt Milet : c'est alors que !a flotte n nésienne, arrivant au secours de I força les Athéniens de battre < traite (1).