CHAPITRE XIII
CHAIRES DB l'INTBRIBUB.
Il est important de faire remarquer ««bien les anciens ont cherché à nettre de méthode dans la définition •a montagnes qui sillonnent la prèsfrite de l'Asie Mineure; et malgré letirtoe difficulté de classer ces tests qili se coupent en divers sens, fe ont saisi la physionomie de la contrée aassi bien que pourraient le faire ks géographes modernes ; il faut faire la sart des difficultés qui 6e présentes* en foule par faute d'instruments ér préetstoo, la boussole et le baro- ■etre. On reconnaît dans le tableau fcttejaphtque de l'Asie Mineure trois grandes diatnes principales et qui sont i peu près parallèles entre elles dans b Arecrjon de l'est à l'ouest, au sud le Tiares qui est le contrefort sud du plate central , au nord le mont Ida et as centre le mont Tmoius. Deux chaînes ssennédtaires, le Sinylus et le Mesuré, ont moins d'importance, mais tiennent toutes deux s'amortir au plate central de la Phrygie et en for* BMat comme les contreforts occideotssx.
Cette formation, qui au premier terd ferait concevoir l'existence de tangues vallées transversales, est interrwwue par des ramifications qui s'étendent en diverses directions et ne testot passage qu'à deux grands cours fou, le Méandre et le Caystre.
¥ LivraUo*. (As» Minbobb )r
L'Hennus, qui descend des plateaux de la Phrygie, apporte à la mer de Smyrne le tribut des eaux des montagnes du nord.
Pour suivre selon leur position la description de ces montagnes, nous continuerons de remonter du sud au nord depuis les versants du Taurus.
La Lypié, dont le groupe montagneux est si remarquable , forme comme le coin sud-ouest de la presqu'île. Nous avons dit, d'après l'autorité des anciens géographes, que tout ce qui était à l'occident de ce groupe n'appartenait pas au Taurus. Cette division pouvait être considérée comme arbitraire; car les ramifications de cette grande chaîne se se prolongent vers le nord et forment plusieurs bassins lacustres. Mais la division politique de la presqu'île demandait ce partage pour conserver les régions distinctes crAsie en deçà du Taurus et d'Asie au delà du Taurus (1).
MONT PHOEWIX.
La contrée qui s'étend à l'ouest du golfe de Macri appartenait à la Carie ; mais comme elle avait été longtemps la propriété des Rhodiens, elle conservait le nom de Peraea et finissait au mont Phœnix. L'étude de cette dernière montagne exigerait de plus longs développements que ceux que nous pouvons y consacrer dans ce tabreau sommaire. Elle domine un des plus remarquables golfes de la côte, le golfe de Marmarice ou Phiscus (2). Aujourd'hui elle est sans nom local. Au sommet on reconnaît encore les vestiges du célèbre fort dont les défenseurs ont résisté jusqu'à la mort aux attaques d'Alexandre.
La variété des marbres précieux dont se composent différentes parties de cette montagne lui a valu le nom qu'elle porte aujourd'hui. Le fort Phœnix est situé sur un mamelon, à 1 ,200 mètres environ au-dessus de la mer, et est dominé par un pic beaucoup plus élevé. Le golfe, dont la forme est un triangle amort aux angles fonne comme le centre de nombreuses vallées qui
(i)Strab., XIV, 65i.
(*) Strab., XIV, 663.
byGoogk
L'UNIVERS
viennent en rayonnant 86 réunir presque en un point central du golfe.
Une presqu'île rocheuse de calcaire blanc sert d'assiette à la petite ville de Marmarice. On pourrait dire que ce soulèvement est d une date presque historique; car au sommet des roches, à plus de dix mètres an -dessus de la mer, on trouve le rocher percé par les nholades, et nous avons encore trouvé des coquilles en place. Ce fait doit se rattacher au mouvement extraordinaire que nous signalons sur toute la côte de Lycie, mouvement d'ascension d'une part et d'abaissement de l'autre, qui mérite une sérieuse attention de la part des géologues et qui doit ouvrir des points de vue nouveaux sur la physique du globe.
Cette presqu'île rocheuse est entourée par une grande plaine d'ail uvron sur laquelle s'élèvent trois flots de roche. Il est clair qu'à une certaine époque toute cette plaine faisait partie du golfe et que les alluvions apportées par deux petites rivières ont comblé la partie haute.
Une autre singularité à signaler, c*est rentrée du golfe même, qui est barrée par une grande île, et a gauche les montagnes viennent se profiler de manière a cacher complètement l entrée du dînai. À droite, c'est-à-dire à l'est, il semble qu'il y a une passe ouverte dans laquelle le navire »iTa qu'à se ïncer; mais n'est i.i quVst le danger pour ceux qui ignorent ces lieux; Car QRf barre de sable ferme tout a fait ce passage. 11 faut donc pour entrer dans la baie de Marmarice louvover entre la grande ile et l'îlot (t) et toujours ranger la côte ouest. La constitution géologique de ces montagnes paraît d'une époque antérieure a celle du mont Taurus. On y reconnaît des marbres saccharoîdes de différentes couleurs, des serpentines eu couches assez puissantes et des roches calcaires avec des pénétrations d'autres roches siliceuses dont nous ne saurions déterminer l'âge.
Le revers septentrional du mont Pbœnix se rattache aux montagnes de la Carie, qui ne constituent pas de chaînes très-élevées, mais qui forment
(t) Voir la
des pays trèft-aoeidentéftfdà se trouvaient les villes de Stretonicée, Mylasa, Jaasus, Haucarnasse et Guide. Toute cette contrée est d'une richesse incroyable en carrières demarbre blanc et veiné. La montagne sur laquelle est bâtie Jaasus est d'un marbre de médiocre qualité, avec des bancs schisteux qui se débitent en tablettes. Mais les mors de la ville sont du plus beau marbre blanc, tiré des environs; le temple d'Apollon est également de marbre blanc. Nous parlerons de la richesse des monuments de Cnide. Toutes ces carrières sont loin d'être connues; d'autres générations y puiseront des matériaux pour les monuments de l'avenir. Strahon n'oublie pas de mentionner ces carrières (1) : « Mylasa est située dans une plaine très-fertile; elle est dominée par une montagne où il y a une carrière de fort beau marbre blanc. »
Les montagnes qui dominent ttaliea ruasse s'abaissent dans la mer en formant plusieurs caps, parmi lesquels il faut remarquer je cap Triopaeum où était située Cnide. Ici la roche est composée d'un poudingue calcaire dans un ciment sablonneux rougeâlre, qui n'est propre à aucun emploi.
On pourrait considérer ce pays montagneux comme un des contreforts septentrionaux du Taurus qui se rattache au mont Cadmus, le Baba dagh d'aujourd'hui, qui s'élève à 1,850 mètres audessus du niveau de la mer. Cette montagne, composée de calcaire, tantôt compacte, tantôt marneux, pourrait appartenir aux terrains de l'âge de la craie et du calcaire compacte qui compose le Taurus et la plupart des îles de 1 archipel. Ses ramifications s'étendent vers le sud, où nous avons franchi un col au sud de la ville de Denizly qui est à 1 27 7 m. de hauteur absolue.
Le versant nord du Baba dagh donne naissance au Lycus et noua transporte dans les plaines du Méandre., Mais nous avons encore à étudier deux chaînes qui forment le flanc méridional de cette vallée, le mont Laows et te rnont Grius (*).
(*)Strab.,£IT,*S6»
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MOÎfT 11THÛÎ.
La chaîne du Latmus commence à se détacher doucement du Baba dagh tPère des montagnes) et se dirige vers l'ouest en donnant, par diverses dépressions oui paraissent tout à fait des vallées d'érosion, passage à plusieurs petits affluents du Méandre, notamment la Tchina et l'Arpas tehaî. Toute la composition de cette amotagne est d un schiste tnicaeé qui ■cas annonce des terrai us très-anciens et de première formation. La montagne et Arpas , qui tire son nom de l'ancienne rille de Harpasa, forme un des renflements principaux de la montagne^ soi continue défiler vers l'ouest en présentant des sommets peu accidentés; enfin elle se termine par Je massif de Becfa parmi :-> Ciii.j-IJoiL-is .,
«ni est l'ancien et le célèbre Latmus, âoat la mer baignait jadis la base, Tome cette monta jne c*t granitique on formée de roches à hase de feldspath ; c'est donc une des plus anciennes formations de la contrée, contemporaine èi mont.Tniolijs, et qui vit autour ctefle surgir toutes les montagnes que bms avons déjà visitées. Aujourd'hui, eêame nous l'avons déjà dit, le pi* du sanat Latmus se baigne dans un lac aasféeageui qu on appelle Oufa-Bali , dent le* .eaui jadis marines , adouàai par les pluies, ne sont plus que saunaâires. Un fait assez curieux, c'est que ce lac contient des mulets et au très poissons de nier qui furent enfermes lorsque le Méandre eut bouché rentrée au golfe ,èt qui s'y sont perprtBfiT,
Le mont Latmus est entouré d'une ceinture de forêts qui sont célèbres dans la, fable. On y montrait dans une frotte voisine d'un ruisseau le tombeau ÏTodyraion. Le sommet dé la montsgnev complètement dépouillé de verntae, se ujupose de cinq pitons granitiques qui lui ont valu son nom de montagne des Cinq-Doigts. C'est unedes plus det éas de fa chaîne ; mais si Ton en juge par la fonte rapide des neigea au printemps, son altitude fie doit pas dépasser quinze cents mètres.
De l'autre côté du lae eoqrt une shaine (Ton ordre secondaire et qui for*
niait' auMfôfe'Va'riTtf 'occidentale du golfe de Milet. C'est Te mont Grius ou GbazokJeudagti,' dont les sommets ma* melonriés sont couverts' d'u fier épaisse forêt. La chetnedo Gtfds est «usai composée de schistes'' micacés» et *tfe gneiss, qui la placent dans le cadre de Ta formation primitive: Cette chaîne s'étend jusqu'à Mendetia (Euromus )>(l). Klto finit par s'élargir vers le sud «t forme entre Kuromus tt Mylasa un rempart dans lequel sont des carrières de marbre cristallin.
Le Méandre, qui forme IsKmite «entre l'Iouie et la Carie, coule de l'est, à l'ouest devant la chaîne du LAtmus. Le versant septentrional de la vallée est formé par une chaîne longue et1 continue que les anciens appelaient le? mont Messogis {Me$ogkl$)% or pour un* orerfte grecque ce nom peut signifier le milieu de la terre, comme s'il 'divisait la région en deux parties égales.
t moWt MBSfcÛ&ÏS.
Le mon!. Messogis, que Ton nomme aujourd'hui Kçstenoiis ilaph (la monta-
Î^ne des ChAtaiguiers), sfeiend dans une ongueurm plus ffe vifl{j! rftyfiamètréf, depuis le plateau de la/t1hi,yii> où était située Celaena?, aujourd'hui Dinaire, jusqu'à la mer, où il vient s'amortir eu for ma ut le groupe du IMycalèi Du cdté du sud, le raoïTt Messogis se présente sous un aspect verdovant et fertile. Les sommets sont arrondis et plusieurs vallées s'ouvrent pour donner'côors' à de S élites rivières qui viennent, se jeter ans le Méandre. La formation du Messogis diffère complètement de la chaîne du Latmus, qui lut fait face au sud. La majeure partie du groupe de Kestenous est composée de cailloux roulés et de terrains d'àlluvton charriés sans doute par lé Méandre à une époque très-reculée. Ces terrains sont d'une fertilité sans égale et étaient dans l'antiquité peuplés de villes nombreuses. x Le Messogis du côté de Pest offre une assez faible élévation, parce que la vallée du Méandre s'élève insensiblement jusqu'au plateau de la Phrygie.
La plus importante des villes qui oc-
(i) Strabou, XIV, 635.
L'UNIVERS
cupent les pentes est Tralles, aujourd'hui Aïdin qui est à l'entrée d'une vallée profonde, coupant la montagne dans la direction du nord au sud. Eusuite vient la région fertile qu'on appelle le marché aui Ggues, Nosly bazar. Cest cette province qui fournit les figues connues sous le nom de figues de Smyrne. La beauté du pays a bien sa contre-partie dans les affreux tremblements de terre oui ont ravagé la contrée à différentes époques. Pourtant dans ces régions on n observe aucune trace de terrains volcaniques. Le mont Messogis vient s'amortir à la côte en formant une montagne élevée et arrondie; c'est le mont Mycale, si célèbre dans l'antiquité. On l'appelle aujouidhui Samsoun dagh; c'est aussi le nom du reste de la chaîne qui descend jusqu'au Méandre.