CHAPITRE XII
MONTAGNES DB LÀ PAM*HYI»l* ' BT DB LA CILIQB.
A la plaine d'Àdalia commence la région de Pamphylie, qui est bordée au nord par la chaîne du Taurus. dans lequel s'ouvre un autre passage qui donnait accès dans la Pisidie ; tout ce massif porte aujourd'hui le nom de Bespoïras dagh. Il s'étend jusqu'aux lacs d'Egdir et de BeychérL Des pics nombreux et d'une élévation considérable dominent le parcours de la chaîne et forment un dédale de vallées qui constituaient lu province sauvage de Pisidie ; les eaux de ces montagnes se déversent dans la Méditerranée par trois rivières principales qui sont le Cestrus, Açsou , rEurymédon , le Keuprisou et le Mêlas Manafcatsou.
Après la Despof rasdagh, la montagne prend le nom de Baoulo et se rapproche de la côte vers son extrémité orientale; une autre chaîne, celle du Bouzbouroundagh, court parallèlement à la première. Au nord, jusqu'aux plaines de Konieh, sont plusieurs massifs, et notamment le Karadagh, près de Karaman, qui appartiennent au Taurus topographique ment , mais qui en (iiffèreat comme formation ; car ce sont des montagnes volcaniques. C'est, au fleuve Mêlas ou Manafgat que les anciens faisaient çoniajeocer la jCilicie Trachécc'est-à-dire rocheuse. Lachaîne
dv Taurus qui'ld fimite an nord pi en effet un aspect plus sauvage et j alpestre que dans la région de rots Sa largeur est aussi plus considérai il constitue presque en entier le so la province de Pisidie ; mais poor nalyse géographique sommaire nous raisons, nous sommes ccmtï* de nous en rapporter uniquement noms anciens; car les noms modei ne sont que confusion.
Dès que le Tau ru Sa (formé pass au fleuve Mêlas, il se rapproche di mer et constitue pendant une longu de près de cent cinquante kilorrhfct Te rnrage même de la mër, dans laqw il vient plonger en grandes ' tfalai abruptes. Il est impossible de jouir d spectacle plus grandiose et plus sait sant lorsqu'on navigue en rangeant terres de la Cilicie. Le point cutmin de cette chaîne est (a montagne 4 l'on nomme aujourd'hui Gœukdagh montagne céleste) (I) et représent n'en pas douter le mont Andric {oros Andriclox) la seule montai que nomme Strabon dans ces parag te Gœukdagh est de nature cales comme tout le reste de la chaîne. I les premiers jours de décembre, sommets se couvrent déneige.
Le fleuve Selraus nous donne tm père pour déterminer le rocher du Cra^ placé à l'ouest du cap Anemour. N< avons déjà fait observer (2) que ce *tn de Cragus était tout à fait local et n*j
1>artenait pas à une chaîne ; c'est de ntroduire une grave erreur en géogi phie que d'appliquer le nom de Cragu cette partie du Taurus ; il n'y a rien d tonnant du reste de retrouver, le méi nom appliqué à deux localités dîf rentes; il y a en Asie une quantité fleuves Lycus, plusieurs Mêlas et n moins d'Olympe. Le rocher d'Ane tx rium, qu'on appelle encore aujourePt Anemour, est le point le plus sailU de la côte tant en hauteur qu'en I2 tude; c'est le point où le' continent rapproche le plus de Chypre (3).
Le .fleuve Galycadnuà, qu'on appè
(<) G<Buk veut dire hUçrafooent bleu t leste.
lu) "Voy. plus haut. p. 28. col 2.
(3)Slrab.fltïV, 669.
ASIE MiNKUkE.
asjoonfhai Sèlefké tchaff , est' encore u repère pour reconnaître quelques délais de la région montagneuse; c'est i Ttat de cette rivière que se trouvait \amst sommée Poecile avec une route ta étoiles taillée dans le roc pour ste k h côte à Séleocie. Ici Stra- •m mptoie encore le mot petra pour ëâfmr ce rocher, comme II fa fait pm fe rocher Cragos de CiHcie. Pour lésant Andriehis qui selon nous forme b frontière septentionale de la GHicie, fc akgraphe grec etnploie |e mot oro# t»fi applique aux diatnes aussi bien •rm montagnes isolées. Il ytf dlems Mo* une sorte de confusion dàm$ la w admire des montagnes de cette rite. Apres avoir fait parcourir à1 son tasar foutes les côtes et les montagnes * n Cifirie, il ajoute « Aux extrémités h Tairus est le mont Olympus..'.
f«è Ton voit toute la Lycle, la Pam pWfe H la Pistdie, et qui servit dcr*tn^MpirateZineticus(l)». Il est clair qv e*«t la même montagne qn'H a ■aÉsnee en Lyde (*); il était hors ******* d'en parler ici.
H sa* reste a placer une chaîne citon* appartenant au Taures et dont &r*Nia pas parlé, c'est le mont lin»
ta>t **e Phne indique au nord de Stfiaeie(i); ce serait alors l'ancienne tamttfton de toute cette partie du ftm qai confine à la Crtieie champ^isstpfà la chaîne qu'on appelait ^Tsonis, M qui commence ail delà •issvePyramus. *"
Cm dans la région orientale de rfafetrti ou du Taures de Cihete pest trouvent les- célèbres portés ■ ws)i4 appelées aujouMfhui Kulek t^(kdeûlédoiDoéeheroQ),Oniie ftit sa faire «ne idée de ta cento- *• montagnes qui > existent en cet y*, tasttét des précipidevquft fiattt "" en kmgaMit des corniches de listants^ tantdt de» pentes si qu'on ne saurait les franchir à * le Hwmin'oXit été rend»
■ eonvrtmt le rocher avec
-. -— Marbras qui formentime
¥tt sTsKtibr. " ■**»*> n
hVstnb., xrv,67i.
J»)xi?,eM.
Après avoir escaladé ce défilé, on arrivé sur un plateau <f ou partent en diverses directions des vallées qui conduisent au nord, à Test et à l'ouest. De notre temps c'était Samour-bey, dévoué à MéhémeNAli; qui occupait ce Yaëla, c'est-à-dire que le pacha d'Egypte était de fait maître de 1 Asie Mineure. D'épaisses forêts d'essences d'arbres verts et des cèdres couvrent ces montagnes, et la nature des roches prouve qu'elles appartiennent à une formation bien antérieure à celle du Taorus; le sommet offre de nombreux fossiles qui ne se rencontrent que dans les couches inférieures <hr terrain secondaire; le pied de ces montagnes est couvert par des formations plus récentes, et nous y avons recueilli une espèce d'huître, la plus grande espèce connue , et qui n'a pas encore reçu de nom des géologues; eHe a plus de cinquante centimètres de longueur (1), Le versant oriental de ces montagnes donne passage au fleuve Sarns, qui coule au milieu des forêts de cèdres. Ici les habitants divisent les montagnes en deux groupes, l'un appelé Buvuk Phyrar (le grand Phyrat) et l'autre Kutchuk Phyrat. Ces deux montagne* sont calcaires et séparent le bassin du Sarus de celui du Pyramus.
Ici PAnfi-Tatirus remonte au nord pour former un des contreforts de la vallée où coule PEuphrate, qu'on appelle aussi Phyrat tchtn. Ces montagnes ont été longtemps au pouvoir des princes; chrétiens, et tes ruines de nombreux châteaux du moyen âge* attestent que ces passages étaient vigoureusement -défendus. Ici la largeur du Taurus, seion Pline (2), esfetfft.dêusfeiniUe pas. Pendant qu'il traverse le Taurus, l'EuphrafPpertmt'KM nom pour prendre le nom d'Ommas. Apres avoir franchi les rapidos de la montagne» il reprend son nom d'Euphrate (a), L'Ànti-Taurus ou grand Phyrat a abandonné la -éiteelioii de l'ouest à fest pour preût dre celle du nord. Ici nous retrouvons dans sacontexture les mêmes bpu lever • sements , on pourrait dire l^s niâmes
(i) Plasfo»fs échantillons sont dépotés dans les galeries du Jardin des plantes. . (a) Liv. V, ch. »4- , «
(3) Pline, ibid. *
L'Univers,
aberrations que dans la branche parallèle à la mer; mais la formation des montagnes est des plus variées et trèsdifficile à définir : ce n'est plus le calcaire alpin dont l'âge est bien connu des géologues, c'est un mélange de schistes , a argiles de diverses époques et de roches qui ne sont pas encore étudiées; mais nulle part on ne voit apparaître le granit ni les rochers à base de feldspath; les terrains volcaniques y sont très- peu étendus ; ce sont les schistes irisés et des roches d'un noir de jais qui au premier aspect ont l'apparence de houille ; mais hélas on est bien vite détrompé. L'Anti -Taurus après avoir formé comme une barrière
Sue l'Euphrate franchit en écumant epuis la latitude de Malatia jusqu'à celle de Bir ou de Biradjik, l'Anti-Taurus file sur la rive droite du fleuve
Pour aller regagner les montagnes de Arménie. Alors il n'est plus de notre domaine. Nous pouvons donc résumer ainsi les diverses branches de cette longue chaîne.
CHAtNB DU TÀOBUS.
1" Groupe Cragus, comprenant :
Anti-Cragus, Yedi Bouroun dagh, Massicytus, Ak dagh, Solyma , Bey dagh , Climax-Chimaera , Tactalu dagh.
2e Groupe Taurus pamphylien :
Pas deTermessns, Sousous dagh , Sagalassus , Aglasoun dagh, Baoulo.
3e Groupe Andriclus de la Cilicie Trachée.
Kara dagh , Despoïras dagh.
4* Groupe Imbarus de Cilicie champêtre,
Ala dagh , Rulek Tboghaz.
5e Groupe AtUi-Taurut.
Buyuk Phyrat, Kutchuk Phyrat.
MORT AMANUS Et MORT EHOSD8 BEÏLAN DAGH.
La chaîne de montagnes qui borne à l'est le golfe d'Alexandrette se compose du mont Rhosus et du moni Araanus, connu aujourd'hui sous le noir de Beïlan dagh. Cette chaîne coun dans la direction du sud au nord ; elle forme avec le Taurus un angle aigt dans lequel s'enfonce le golfe d'Alexandrette.
Le mont Rhosus occupe la parti* méridionale de la chaîne. La hauteur m dépasse pas dix-huit cents mètres. 1 1 si termine au, sud par un grand promon toire qui est marqué sur les cartes sou: le nom de Raz el kanzyr ( le cap di Cochon ) ; entre i'Amanus et le Rhosus il y a une dépression qui donne accè dans l'intérieur; la ville de Beïlan es située à l'entrée de ce défilé , qui étai connu sous le nom du passage de l'A manus.
La chaîne du Rhosus s'étend jusqu'à la latitude de la ville de Skanderoua ; li se trouve un autre passage qu'on appelle aujourd'hui Beli Bogbaz.
Ce mot Beli, qui se trouve asses fréquemment dans les noms de lieux dans ces régions signifie beau , joli ; i est fréquemment employé dans la conversation pour dire très-bien.
Pour suivre l'opinion des géographe anciens qui ont donné des montagne d'Asie une description plus méthodique nous devons rattacher au système di Taurus une grande partie du plateau c des montagnes de la Cappadoce, c'est-à dire les monts Kara dagh qui s'élever le long du revers septentrional d Taurus , dans les régions de la ville d Karaman et les montagues de la Pisidi et quelques-unes de celles de la Car if notamment le mont Cad m us qu'on aj pelle aujourd'hui Baba dagh.
Il en serait de même du plus grao et du plus célèbre volcan de l'Asie M neure, du rival de l'Ararat ; en un ra< du mont Argée qui domine la ville c Césarée de Cappadoce; mais en doi nant une description abstraite de c montagnes et surtout avec les non modernes qui, comme nous l'avons dé dit, sont si variables, nous ne présent rions au lecteur que des idées confua
ASIE MlflEURE.
i, il est préférable de la description de ees groupes Mes Sfec celle des provinces dont t* font partie. Nous nous bornerons, tes oet aperçu orographique , à donner, vt idée des grandes chaînes dont la tassai et la dénomination sont bien i et constatées, et qui servent à ter les limites des provinces.
Le suât Taurus, à ce point de vue, doit lier d'abord l'attention de tous ceux §si vealent se rendre compte de la géoensbie de la presqu'île d'Asie, puis- •rU sert de base à cette grande divisa d'Asie au delà du Taurus et d'Asie ai deçà du Taurus qui a été admise te tout le cours de l'antiquité.