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CONSTRUCTION DE TEMPLE

Il est difficile de déterminer l'époque précise où ce monument fut commencé.

Il fut construit par deux architectes, Daphnis de Milet , et Péonius d'Éphèse ; comme ce dernier est le même qui termina le temple de Diane, sur lequel Alexandre voulait inscrire son nom, on doit en conclure que le temple d'Apollon date du règne de ce prince.

Vitruve mettait ce temple au nombre des quatre plus magnifiques ouvrages qui existassent dans la Grèce ; les trois autres étaient Je temple d'Éphèse, celui de Cérès à Eleusis, et le temple de Jupiter à Olympie. Ces édifices, dit-il, mériteraient d'être admirés même dans le conseil des dieux (2). Mais un si bel ouvrage ne fut jamais terminé; aujourd'hui même nous en avons la preuve.

Cela n'empêcha pas le culte d'Apollon de fleurir de nouveau dans ces parages, et les offrandes des rois vinrent encore enrichir son trésor.

Le temple surpassait tous les autres

(i) Strabou, liv. XI, p. 5 18.

(a) Vitruve , liv. VU, Préface.

par ses dimensions (Méyiatov wv KdtvTtov); mais les Milésiens fil obligés de le laisser sans couvertui cause de cette énorme grandeur (t) paroles de Strabon méritent d'êtrtj cutées. Il est certain que le templt sans toit ; mais n'était-ce pas un* position particulière à ce monui comme à celui d'Olympie? C'est

Question que nous examinerons a iant le plan de l'édifice. Pausaoj contente de dire : Non termiri

L'enceinte sacrée du temple, en dehors et en dedans d'un bon gnifique, pouvait contenir la tion d'un bourg; il y avait d'aut ou édicules où se rendaient les et où se faisaient les cérémonie»

Dans le téménos s'élevaient des nu ments de tous genres , dédiés pi piété des plus puissants princes; j remarquait surtout un autel erig' Hercule de Thèbes , et construit du mortier délayé dans le sai victimes. Mais , sous les Romai autel était devenu moins célè sacrifices avaient diminué, et était moins bien entretenu (S). H élevé sur plusieurs marches, et niable à celui d'Olympie.

La statue d'Apollon était l'ouvc de Canachus de Sicyone ; elle était bronze et faite sur le modèle de i pollon Isménien de Thèbes, qui était bois de cèdre (4). Cet artiste vivait di la 95e olympiade ; il était élève de 1 lyclète d'Argos (5). Le dieu était bout, sa chevelure nouée et rejeté* | derrière; il tenait à la main une If Un grand nombre de petites status bronze, faites a l'imitation de l'Apd Didyméen , étaient vendues aux ado teurs qui venaient consulter l'or* comme à Éphèse on vendait des 4

(i) Strabon, liv. XÏV, p. 634.

(?) Slrabon employant le mes* »

(sécos) pour exprimer celte partie dut* que le» Remains. appelaient Cellt,et ie»Ii réservés où se rendaient les oracles; c'en autant de petits temples dont il m reste | de traces.

(î) Pausanias, liv. V, chap. xit.

(4) Pausanias, liv. IX, ch. x.

(5) Pline, XXXVI, 14»

ASIR MOiEUKK*

bis de Diane. Il en existe quelques-

ta dans les collections modernes;

pat le plus bel exemple connu est

s statue qui est exposée dans une

do Musée du Louvre, et oui a été

ié? daos la mer, près de Livourne.

«le aussi au cabinet des antiques

jrtite figure d'Apollon Didyméen

i grande antiquité ; elle est mas-

tinâistrès-endomniagée. Les Bran-

\ ea fuyant avaient emporté la

do dieu; elle avait été déposée

febataoe, en Médie; mais elle fut

par Alexandre; c'est peut-être

à cette époque que l'oracle

ara sa voix.

effet pendant qu'Alexandre était ipiris, les députés Milésiens aprat quantité d'oracles annonçant Heiaodre était fils de Jupiter et la victoire d'Arbelles, la mort nus, et les mouvements qui surit à Lacédémone. L'oracle de ie était muet depuis le pillage du (parles Branchydes; la fontaine avait disparu , mais elle se moni nouveau lorsque l'oracle reprit Nierions (1).

m saurait douter, d'après le té- Hge des deux écrivains que j'ai fue ee temple ne soit resté ina- ; mais comme les cérémonies rey ont été célébrées pendant siècles, il est probable que la masse de la construction était

nombreuses inscriptions recueil- ^ee lieu ont fait connaître l'orçamaodu personnel du temple; elles été analysées par le docteur Chandle premier qui ait mesuré ces célèbres (2). II en est plusieurs mentionnent les riches offrandes ttatues, eoopes d'or, vases sacrés, Paient données par les rois asia- . Les grands actes politiques, les 1 les victoires, étaient pour ces des occasions de montrer leur née. Prusias Cynaogus, roi de w, v consacra également des of- '• L'auteur anglais observe avec que des registres réguliers de ** les dons faits au temple étaient

;WStabon, XVIL8i4.

W) Antiquités ioniennes, in- roi.

inscrits sur le marbre : il est probable qu'on en trouverait encore des débris importants ; mais chaque jour ces précieux documents disparaissent, et firesque toutes les inscriptions recueilles par Sherard , Chishull et Wbeier sont aujourd'hui détruites.

Les inscriptions relatives an personnel du temple sont nombreuses ; le prêtre principal était le stéphanophore, qui portait une couronne d'or dans les sacrifices, le prophète, qui donnait la réponse de l'oracle. La garde du trésor était confiée à un préfet et à deux assesseurs t les hydrophores, chargés de porter l'eau destinée aux sacrifices.

On voit dans les bas-reliefs du Parthénon une scène d'hydrophorie sacrée,

aui fait connaître comment cette partie u sacrifice était pratiquée. Ces ministres du culte demeuraient dans le téménos; cependant la fonction d'hydrophore n'était pas permanente , et souvent des offrandes étaient données eu temple pour l'accomplissement de cette partie des cérémonies.

Le terrain qui avoisinait ce temple était considéré comme appartenant à la divinité , et dons le traité entre les Romains et Antiochus il -rut rendu aux Milésiens-, qui l'avaient abandonné (1).

La faveur dont jouissait l'oracle du temps des villes grecques ne se maintint pas sons les Romains; cependant on retrouve encore l'empereur Hadrien honoré comme bienfaiteur et fondateur de ce lieu sacré.

A Apollon Didyméen et à l'empereur César Hadrien Auguste , olympien , sauveur et fondateur.

Cette autre inscription, en associant Apollon aux divinités d"Esculape et d'Hygie, rappelle que les Milésiens avaient élevé des autels à Apollon Oulius, ou guérisseur.

A Apollon Didyméen et à Esculape sauveur, et à Hygie.

L'empereur Julien, en essayant de rétablir l'ancien culte , n'oublia pas le temple des Branchydes , et cet oracle reprit son ancienne célébrité. U fit détruire les chapelles chrétiennes qui

( i ) Titc-Li ve , XX.XVOT ,39. j

L'UNIVERS

étaient établies dans le voisinage (f); mais le christianisme ne tarda pas à triompher : la ville de Milet se dépeuplait de plus en plus, et ce célèbre oracle rentra dans le silence et l'obscurité.

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