CHAPITRE XLVIL
VILLES DE LA PRESQU'lLS KHYTHBBE.
HOLOPHON. — CLAEOS. — LÉBÉDDS.
Colophon, ville ionienne, dont les ruines ont presque entièrement disparu, tirait sa plus grande célébrité du voisinage du temple et du bois sacré d'Apollon Garnis. L'antiquité de ce centre religieux devance les premiers temps de la civilisation hellénique. 11 était déjà célèbre parmi les Grecs au temps delà guerre de Troie; le culte d'Apollon, pratiqué dans toute cette contrée, se rattache à l'ancienne alliance entre les Lvciens et les Troyens; de là il s'est répandu dans tout le monde grec en passant 'par les Iles. Nous voyons trois contrées d'Asie où le culte d'Apollon est pour ainsi dire indigène : sur les cétes de la mer Egée , dans 111e de Crête et dans la Lycie. C'est une preuve de plus que ces peuples avaient une origine commune; et l'on peut en inférer que le culte d'Apollon a pris naissance en Crète et est passé sur le continent avec les premiers colons crétois. Là il fut associe au culte d'Artémis, oui avait été apporté des contrées d'Orient par les Amazones. C'est ainsi que ces deux divinités se sont partagé l'adoration des peuples de la presqu'île. Cette variété de traditions sur la naissanee d'Apollon prouve que les Grecs ignoraient dans quel pays cette fiction avait pris
(ij Et.Byz., voc. Gtaucia.
(a) Pline, Ht. V, Ji.
(3) Et. Byi.t voc. Dqrmusa.
naissance; ils le font naître à Dé à Ortygie, près d'Éphèse. Latoi venue mère va laver ses enfant le fleuve Xanthus, qui coule en chez les peuples qui s'appelaieal Termiles. Latone dédia ce fie Apollon et donna à la contrée 1 de Lycie à cause des loups qui taient. Le -loup devint le symbo!
pollon comme emblème de la productive, et l'arc du dieu aval doutable privilège d'envoyer auxi les maladies pestilentielles, ato par les premiers peuples à la expansive du soleil.
Apollon est surtout regardé < le dieu qui répand les oracles: i cause de l'extrême popularité < culte et des innombrables sane que fondèrent ses sectateurs défi haute antiquité.
Pausanias, en pariant de l'orte Claros , confirme que ce sanctua créé par les Cretois, et antérieoi ce pays était occupé par les Carij
L'oracle de- Delphes ayant déal les prisonniers thébains devait!
embarqués pour aller chercher i velles terres, ces derniers i aborder à Claros; les Crétois 1 arriver ces étrangers, les arrêt les mènent à Rhacius, chef délace qui les accueille et les associ colons crétois.
Rhacius épousa Manto, fille i résias ; il fut père de Mopsus, qui* les Cariens de la côte d'Ionie. A les Grecs furent-ils débarqués i côte d'Asie , que l'oracle de Cl*
(ïour eux le but de pèlerinages wfi e devin Calchas s y rendit à m Amphiloque pour lutter de scie»
Mopsus (1) ; les traditions belles varient singulièrement sur l'histd ce dernier. Quelques poètes place Cilicie toutes ses aventures av« chas; le poète Callinus (*) dit Calchas finit sa vie à Claros, et (J compagnons s'en allèrent avec M s'établir dans la Pamphylie. Sof attribue à Mopsus la fondatic Mallus en Cilicie, et dit qu'on i près de cette ville le tombeau
(x) Strabon, liv. XIV, 64*.
(*) Stwb, Xrv, 66S.
|pig. La ville de Mopsuestia dans la mit contrée aurait été fondée par
li'irt de la divination n'était pas Witaire à Claros ; on prenait ordikanent un citoyen de Milet , homme ■fit et sans éducation ; on se bornait kfe le nom et le nombre des per- ■oqui venaient le consulter; il Rodait alors dans une grotte où art une source d'eau pure dont il Ait; il répondait ensuite en vers algues au sujet qui intéressait chaideceox qui le consultaient. Virgile, île et d'autres poètes ont chanté la Ibete Claros, abondante en vignes , Wpied prophétique rival de Del-
îmde conserva sa clientèle penf tout le temps de l'empire romain.
k rapporte que Germanicus ayant ftité le devin de Claros» celuite prédit une mort prochaine (2); ros pourrions peut-être assurer que «wesseurs de Mopsus continuent Mire des oracles aux hommes in- * qui vont les consulter. Stra- 9) et Pausanias (4) ne mentionque le temple et le bois sacré wloDau pavs des Colophoniens.
inias vante les frênes du Dois sacré Mopbon ; mais Claros était une ville !Jwe avec ses fortiGcations , ses «ments publics. Le scholiaste d'Abus de Rhodes (5) dit que la ville 3aros est voisine de Colophon, et js, au sujet des vers de Virgile (6) , pMœ aussi la ville de Claros sur «bs des Colophoniens; la montnàsine de cette ville était aussi bée montagne de Claros : elle est Ne sous cette dénomination dans Pjjjogue des montagnes de Vibius W&tt. £lien parle de Claros ville [Colophoniens. Toutes ces incerti- F* des historiens anciens ont beau- JP embarrassé les géographes jusl*J jour où les ruines de Claros ont HHen déterminées.
WOndt, Métam., I. 5i5. A'«.,IJI, 339.
^Iiî.VU, ch. 3.5.
P; Ad lîb. I, v.3oS.
t6) £»fid« liv. UI, 3*o.
Dans l'origine , Claros , son temple et même sa population , paraissent avoir été complètement sous la dépendance de Colophon, qui faisait partie de la confédération. L'origine de cette ville remonte à l'arrivée de Codrus; elle était à deux milles de la côte, et son port de mer, Notium, était relié à la ville par de longs murs. Colophon joue un rôle important dans les premières années de rétablissement des Grecs en Asie :
elle fut assiégée et prise par les rois de Lydie, et prêta son concours aux habitants de Smyrne pour entrer dans la confédération/ L'armée des Colophoniens se distinguait surtout par sa cavalerie, aussi le proverbe : « Il a ajouté la cavalerie de Colophon, » signifiait il a employé tout ce qu'il faut pour le succès. Pomponius Mêla attribue à Mopsus la fondation de Colophon ; mais, selon Strabon, cette ville fut fondée par Andremon, qui y conduisit une colonie de Pythiens.
La marine des Colophoniens a conservé une certaine célébrité , mais elle n'a jamais pu être très-nombreuse, car cette partie de la côte n'offre aucun port étendu.
Colophon fut détruite par Lysimaque, parce que , de tous les Grecs, les Colophoniens furent les seuls qui prirent les armes contre les Macédoniens. Lysimaque transporta le reste de la population à Éphese, qu'il venait de reconstruire (1). Pendant leur guerre contre Antiochus, les habitants de Colophon refusèrent d'ouvrir leur port à la flotte du roi de Syrie : aussi les Romains leur accordèrent-ils divers privilèges. Cette ville n'était pas encore déserte dans le huitième siècle ; elle était épiscopale. Les Grecs prétendent que Tychicus, oui fut compagnon de saint Paul , fut évéque de Colophon après Sosthène.
Les notices ecclésiastiques citent Eutbalius, qui souscrivit au concile d'Éphèse, et Alexandre, évêque des Colophoniens. Le fleuve Halésus, qui coulait près des murailles de Colophon, passait pour la rivière la plus froide de toute l'Ionie (2).
(i) Strabon, loc. cit.
(») Pau-an ias, VIT, ch. 3.
LTrmrras.
La ville de Scyppium appartenait au territoire des Golophoniens ; elle fut fondée, selon Pausanias (1), par les Clazoméniens, qui , s'en étant dégoûtés , allèrent se fixer dans le pays où ils bâtirent Clazomène. La chaîne des montagnes qui borde le lit du fleuve Halésus était connue sous le nom de mont Cercaphus; il est cité par le scholiaste de Lycophron ; un autre sommet portait le nom de mont Coracius (2).
Lébédus, autre ville ionienne, était à vingt milles géographiques à l'ouest de Colophon : Strabon marque cent vingt stades (8). Cette ville était le lieu «Je réunion de tous les acteurs de Fïonie jusqu'à l'Hellespont; on appelait cette confrérie la compagnie des Dyonisiaques.
Baccbus étant considéré comme l'inventeur et le protecteur des jeux de la scène , on célébrait tous les ans à Lébédus des fêtes en l'honneur de ce dieu. Les entrepreneurs de spectacles venaient à Lébédus pour former leurs troupes; les réunions se faisaient primitivement à Téos : Attale les établit au promontoire de Mvonnèse, entre Téos et Lébédus. Les Téiens craignant que Myonnèse ne devint une place forte, s adressèrent aux Romains, qui transportèrent ces confréries d'acteurs à Lébédus.
Ils furent d'autant mieux reçus, que cette dernière ville avait été presque dépeuplée par Lysimaque, lorsque oe pnnce voulut peupler Êphèse. D'après la nature de sa population, Lébédus était déserte une grande partie de Tannée. Horace fait allusion à cette ville (4), Suaud il dit : Voudriez-vous séjourner ans quelques villes des Attales... Savezvous que Lébédus est plus désert que Fidènes et Gabies ; cependant je voudrais y vivre. »
Il y avait à Lébédus une source thermale et des bains qui attiraient un grand concours de visiteurs. Cette source, qui existe encore, permet de reconnaître avec certitude le site de l'ancienne ville; mais on n'y trouve plus que quelques ruines informes qui da-
(i) Pausanias, liv. VII, cb. 5, 8.
(a) Pline, liv. V, ag.
(3) Strabon, XIV, 643.
(\) Horace, liv. I, Epist. n.
tent des temps byzantins, les vest d'une église et des murs de sorti ment d'une terrasse.
Vitruve est le seul auteur qui i mention de la ville de Mélite , qui remplacée par Smyrne dans la conl ration ionienne. Mélite fut rainée toutes les autres villes, qui se ligué contre elle et lui déclarèrent la eu à cause de l'arrogance de ses habia Quelque temps après, la ville de Soq rat reçue à sa place par les villes m nés , par une grâce particulière do Attale et de la reine Arsinoë.
Le premier temple construit pu Ioniens fut dédié à Apollon Panion il était d'ordre dorique , mais bia cet ordre fut abandonné pour I place à l'ordre ionique dans touta constructions de temples (1).