CHAPITRE LV
BUINB8 d'BBYTHBA. — • BHITBI.
Les ruines d'Érythrae conservent encore le nom de Rhitri, qui est celui d'un petit village grec bâti en dehors de l'enceinte de l'ancienne ville. Deux routes conduisent à Érythrae, l'une par Vourla ■et l'autre par Tchechmé : cette dernière est la plus praticable.
Tchechmé est une petite' ville moderne qui tire ses revenus des bâtiments qui viennent mouiller dans sa rade»,
(x) Strabon, XTV, 045,
I/UHIVERS.
lorsqu'ils sont retenus à l'entrée du canal de Chio. Toutes les maisons sont bâties en pierres, blanchies à la chaux et couvertes en terrasses. Quelques dattiers plantés ça et là achèvent de lui donner un aspect tout à fait oriental.
On peut facilement trouver des chevaux pour se rendre aux ruines dTÉrythrae, situées à vingt41eux kilomètres au nord de la ville, en longeant le bord de la mer; la route est très-accidentée, entrecoupée de collines et de ravins formés par les contreforts du mont Mimas.
En sortant de Tchechmé fon contourne un mamelon assez élevé qui défend la ville et la rade de l'action des vents du nord ; on descend ensuite dans un vallon où se trouvent des eaux thermales avec un établissement rustique , fréouenté par les habitants de la presqu'île ; ces bains n'ont jamais été mentionnés par aucun auteur moderne; ce sont certainement les bains cités par Pausanias comme existant « près du promontoire Macria, les uns creusés naturellement dans le roc au bord de la mer, les autres faits de main d'homme et fort ornés (1). » Un ruisseau qui n'a pas de nom aujourd'hui arrose la vallée des bains ; on est là à moitié route entre Tchechmé et Érythrae : on a encore à franchir deux ou trois côtes assez abruptes. En contournant les sinuosités du rivage, on a sur sa gauche la mer du canal de Chio et une infinité de petites îles qui se détachent comme autant de points lumineux sur le sombre azur delà mer. Quelquefois la route domine de véritables précipices ; enfin on arrive aux ruines d'Érythre qui présentent l'aspect de la plus complète désolation.
L'assiette de la ville était très-forte : on peut encore suivre dans tout son pourtour la ligne de circonvallation.
Les murailles formaient presque un demi-cercle qui comprenait la largeur de la baie d'Érytbrae ; elles ont le caractère de la plus haute antiquité, sont bâties en grands blocs de tracn yte rouge, entremêles cà et là d'assises de pierre calcaire. Elles sont défendues par des tours carrées de très-solide construction, espacées de vingt-cinq à trente
(r) Pausanias, livre VII, ch. 5.
mètres. Du côté de l'est on entre & la ville par une brèche où l'on rea naît les vestiges d'une porte, mais montant seul est en place.
Les murailles descendent eus dans la partie plane de la ville, et montent une seconde ligne de colli pour arriver à l'acropole , bâtie au n sur le sommet d'un mamelon.
Le rocher entaillé par banquei vait de fondation aux murailles la construction rappelle celle des d'Assos, c'est-à-dire que ces muni teraient du cinquième siècle avant ère : près de l'acropole est une porte tout aussi ruinée. L'acror été en grande partie réparée à 1\ byzantine : on reconnaît dans les!
railles un grand nombre de fragd) antiques et quelques inscriptions.
Avant de rechercher les dernied tiges de l'ancienne Érythrae, non vous nous arrêter un moment poi server la singulière conformation!
de cette ville, qui appartient à Ui du mont Mimas , et qui représri moindres proportions la forma* nérale de la montagne.
Érythrae est entourée de collio calcaire, marbre bleu , mais l'acw et les bases de toutes les collines toutes composées de trachytes rci on les retrouve à l'acropole sous t d'un mamelon isolé qui a surgi ds lieu de la plaine. Non loin de la , ta ches calcaires apparaissent à la sa du sol, de sorte que l'expansion de chytes de dessous les roches calcàrj si visible, qu'on assiste pour ainsi l'expansion des roches ignées, elle avait lieu de nos jours ; ce trachytes qui ont servi à bâtir li numents a'Érythrae. Tous les ' étaient rouges , et le nom du foi Érythrus était on ne peut mie harmonie avec la couleur de la rilltj
Du pied des collines de l'est sorti source abondante qui forme uni cours d'eau : c'est le fleuve Aleus ci» Pline ; un autre cours d'eau arros* pied des collines du nord.
Au centre de la ville est un exta sèment de terrain taillé en rectang»
formant une grande terrasse soute
(x) Mrythros, rouge.
k tons côtés par on soubassement de miction archaïque, partie en assistées, partie en blocs à joints irréiers. On arrive sur cette terrasse par dmlemeut du coté de Test, où il y peut-être un escalier, orface de l'esplanade est coûte décombres, au milieu desquels WDnaît les traces d'un édifice et un morceau de frise dorique, mboors de colonnes cannelées à le; on voit qu'on est sur Ternit d'un temple, mais il ne subps assez de documents pour le r comme celui d'Àssos.
porte à croire que sur cette tertflevait le temple d'Hercule cité 'isanias. On ne peut que soupiquel ordre il appartenait, puiskrdutecture ionienne ne date que nogèoe, et qu'avant cet architecte b temples d'Ionie étaient d'ordre .On peut en inférer, vu la haute % à laquelle Pausanias fait re- Tarrivée de la statue d'Hercule, temple était d'ordre dorique; m dernière considération , c'est féal temple d'Hercule, connu de 1s, celui de Cori en Italie, est dorique.
» n'avons observé aucun empla- ?ui pût, avec quelque apparence obabilité , être attribué au temple ^wr?e Polîade. Les temples de divinité étaient ordinairement dans la citadelle même des villes
* à Athènes et à Pergame , or «tous vu que l'acropole d Erythrae & presque entièrement rebâtie
* Byzantins : le temple aura été <*tte époque.
foéàtre était établi sur le flanc du rocher de l'acropole ; il pré- (*u d'intérêt au point de vue de les détails les plus importants,
Mire le proscenium et la décorafttérieure, ont presque entièrement JJ. Quckraes gradins sont encore **, mais la plus grande partie P^ait servir comme pierres de | été enlevée ; le château qui dois colline en a absorbé une grande
fouille9 faites à Erythrae mettaient J*W un certain nombre d'ins- W** et peu de morceaux de seulp-
** Uwaixm. (Asie Mineure.) t. ii.
tures propres à être placés dans les musées. Mais l'étude de ces ruines faite au point de vue architectonique serait intéressante, attendu qu'elles surpassent en antiquité celles de toutes les autres villes de l'Ionie.
La presqu'île Erythrée se termine au nord par le cap Mêlas aujourd'hui le cap Kara bournou, cap noir, ainsi nommé à cause de la couleur noire des laves qui entoureut la base. Au nord de la rade d' Erythrae les navires trouvent encore un refuge dans une crique appelée aujourd'hui Egri Liman, le port oblique, bon mouillage mais qui manque de fond, c'est l'ancien Portus Phœnicus. Le cap Mêlas est formé par une montagne abrupte et rocheuse ; quelques villages modernes sont dispersés autour de sa base, mais il ne reste dans cette région aucun vestige d'antiquité.