CHAPITRE UV
LA presqu'île brythue.
La cite qui s'étend de l'est à l'ouest depuisTéos jusqu'au cap Blanc est découpée par un certain nombre de petites baies peu connues même de nos jours, dans lesquelles les colons grecs s'étaient bâtis des places fortes : de ce nombre était Erse, qui appartenait aux Téiens ; vient ensuite le territoire desChalcidiens, qui fut d'abord sous la dépendance des Téiens, passa ensuite sous la domination de la ville d'Érythrae, et la troisième tribu des Érythréens prit le nom de Chalcitis ( l ). Le cap le plus avancé vers l'île de Chio est dominé par une montagne peu élevée qui se rattache à la chaîne du mont Mimas. La montagne s'appelait Gorycus et le cap Argennum, Straoon estime à soixante stades la largeur du détroit entre ce cap et l'île de Chio.
A partir de ce point la cdte de la presqu'île Erythrée tourne droit au nord et forme deux golfes bien abrités, le premier, le golfe de Tchechmé, le second, le çolfe d'Érythrse.
L'intérieur de la presqu'île est montagneux et inculte, plusieurs villages de bergers sont bâtis dans les gorges, et passaient autrefois pour être des repaires de pirates. La montagne dans laquelle ils se retiraient portait le nom de Cornus, et les pirates avaient le nom de Corycéens ; ce sont eux qui ont inventé ce moyen , si souvent employé depuis par les corsaires, d'envoyer des aradés qui prenaient des, renseignements dans les ports de mer, s'engageaient avec les marchands et renseignaient les corsaires sur la route que devait suivre le navire.
Le mont Gorycus s'étendait depuis le Mimas au sud* ouest de Clazomène jusqu'à la pointe occidentale et. formait la
(i) Pausanias, liv. VII, 4.
côte sud de la presqu'île. 11 se tenu au promontoire Corycéon, aujoun le cap Blanc à l'entrée du canal de C le port de Çasyste était au nord < cap sur la cote occidentale de la ] quîle: Tite-Live(l) le nomme Coi Portas.
Comme entre Êrytbrae et le Gorycus il n'v a que le port et la de Tchechmé, on doit en conclure le port Gorycus ou Casysle éU Tchechmé.
BRYTEUUR..
La population primitive <TÉry se composait de plusieurs fraction divers peuples qui habitaient le 4 l'Asie Mineure; ils se joignirent Cretois qui, sous la conduite du 1 Rhadamante, vinrent coloniser partie de la presqu'tle. On comptait ce nombre : des Lyciens , peuple <
Sine Cretoise; des Cariens, anciens u roi Minos; des Pamphy liens, 1 sine grecque, mais qui après lajfl de Troie avaient longtemps enfl Calchas, enfin d'un contingenta tants venus de chaque ville dlonili la conduite de Cnopus.
Cette réunion, hétérogène en a, rence , ne tarda pas à former un e de nation, qui s'établit prompt* dans la contrée. U est à remarquer q milieu d'éléments disparates on ne jamais se mêler de peuple d'ori araméenne; les Phéniciens, pourtai voisins de la Crète, ne participée rien à la fondation des colonies, dflj population était de race indo-gert que. <
U est à croire cependant qu'H époque les fondateurs d'Érythr&éa en relations pacifiques avec les pei de la Phénicie, puisqu'ils adoptera culte d'Hercule, divinité qui lem envoyée de Tyr et qu'ils dispute aux habitantsde Chio. Selon la tradii conservée par Pausanias', la st d'Hercule était placée sur un radeai fut apportée par mer de fy en Pd cie. Quand le radeau fut entré d*i mer Ionienne, il s'arrêta au cap Mes Les efforts des habitants pour le tir
(i)Tite-Lif.,XX3LVI, 44.
ASIE MlNEfJRE.
laie rotaient sans effet, lorsqu'un pô-
ém nommé Pbormion fut averti dans
■ Mage eue le radeau serait faette-
■eot conduit à terre, si les femmes
ffijthne voulaient le tirer au moyen
la* corde tressée avec leurs cheveux.
feue des Érytbréennes ne se mettait
afeoir de se conformer aux prescrip-
fcadeee songe, lorsque les femmes
tes qui habitaient la ville sacri-
awt leur chevelure, et la statue du
eu fat amenée dans Érythrae. On lui
^m an temple dans l'intérieur de la
>« les femmes thraces avaient seules
droit d'y entrer. Pausanias à son
à Érythrae, vit la corde faite die
qui était conservée précieuse-
Il décrit la statue d'Hercule
te un ouvrage dans le goût des
kums statues égyptiennes.
fe voyait aussi à Erythrae un temple
Wotrve Poliade; la statue de la
m était de bois, et d'une grandeur
ftordioaire, assise sur un trône, et
Ht ne quenouille des deux mains.
Me de la statue était surmontée de
Cette statue était l'oeuvre du scuip- Eodsus, de même que les statues Heures et des Grâces de marbre qui étaient exposées dans Phy- 8, c'est-à-dire dans la partie du le qui était découverte; c'est là Pawanias vit ces œuvres d'art. On conclure de ce passage de l'auteur i?l), que le temple de Minerve Portait du genre que nous appelons 'Are comme ceux d'Apollon Dfret (FApoëon Épicurius, «vbtflea^Êrythrae n'était pas moins requc les oracles de Branchydes A Qaros ; mais elle se distinguait «o derniers en ce qu'elle prédisait par inspiration, sans aucune préalable; Strabon distingue sybille , et celle qui vivait du d'Alexandre, et qui fit connaître origine du roi de Macédoine, ne dit pas si les prédictions de *<feoi sibylles avaient lieu dans quel- ■e sanctuaire (2).
La ville d'Érythrae prit part à tous • soulèvements tentes par les villes
(i) Pauiinu», H*. VII, 5.
W «tabou, XIV, 6*3; XVII, 814.
ioniennes contre le pouvoir des Perses ; elle fat souvent en guerre avec la ville voisine de Chio; mais la marine de cette dernière ville était bien supérieure, et pendant un temps les Chiites prétendirent à l'empire de la mer (1).
Pendant la guerre entre Athènes et Lacédémone, Erythrae tenta d'échapper à la domination d'Athènes, mais *a situation ne changea qu'à l'arrivée des Romains en Asie. Elle embrassa le parti de Rome contre Antiochus, et reçut d'éclatants témoignages de satisfaction de la part du gouvernement de Rome.
Les monuments épigrapfciques et numisrnatiques prouvent que cette ville continua de su osister jusqu'aux derniers temps de l'empire byzantin. Elle est comprise dans les notices ecclésiastiques au nombre des évéchés de la province d'Asie. On ignore les causes de f abandon de son territoire, qui passait pour fertile et abondant en vin. La po-
Jmlation moderne s'est agglomérée dans a petite ville de Tchechmé, dont la rade est aussi sûre que celle d'Erythrae, et qui est mieux placée pour les navires que les vents retiennent à l'entrée du canal de Chio. Cet inconvénient était moins grave dans l'antiquité quand la navigation se faisait à la rame.
La baie d'Érythrae est défendue des vents d'ouest par 111e de Chio, et son mouillage était abrité par un groupe d'îlots, que les anciens appelaient Hippi, les chevaux. Une petite rivière a son embouchure dans cette baie, c'est l'ancien fleuve Aleus; qui, selon Pline avait la faculté de élire pousser la barbe.