‹ Asie mineureChapitre 210 sur 428 · CHAPITRE LV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LV

PHOCRE.

2 du golfe de Smyrne est sii aux navigateurs par deux caps k; celui de droite Kara bouroun , |Boir, appartient à la presqu'île e, celui de gauche Kizil noufc cap rouge, fait partie du terri- HeL'JEolide; mais à l'arrivée des fos en Asie il fut annexé à l'k>- |fe cap doit son nom moderne à la r iooge des terrains volcaniques, de monticules dont il est ta rattache au continent par des *"" d'ailuvion d'une origine rei n'est-il pas étonnant que les sdu premier siècle aient regardé lire comme relié au continent i relais de la mer. Pline affirme *viUedeLeuc&, voisine de Phocée, ûaitivement fondée sur une fie.

B ville de Phocée et les porte qui **»t sa puissance et sa richesse t situés sur la mer Egée, au nord 1 presqu'île de Kizil bouroun, elle [Rpiésentée par la petite ville de

.Phocéens arrivèrent en Asie

Jacoûdoitede deux chefs athéniens

e et Damoo , ils habitaient pri-

"*■ les environs du mont Cné-

|(>,Pituuias, liv. VI, 5.

f!J)j!«b.,XtV,646. i

mis en Phocide, et faisaient partie du grand eonseil des Amphictyons; mais, accusés de s'être livrés au pillage du temple d'Apollon, ils soulevèrent contre eux les autres peuples grecs. La guerre phocique fat la conséquence de cet attentat, que les Phocéens rachetèrent en défendant le temple de Delphes contre les Gaulois. Ils furent rétablis dans leurs anciens privilèges (1). Mais on doit croire qu'il restait un levain d'hostilité entre eux et leurs compatriotes grecs , puisqu'ils finirent par abandonner leur pays. Le succès des Ioniens dans leurs projets de colonisation appelait sur les côtes d'Asie toutes les peuplades grecques mécontentes de leur sort en Europe. Les Phocéens arrivèrent en AEolide , et, du consentement des habitants de Cymé, ils purent s'établir sur la côte voisine ; mais les Ioniens ne voulurent ni faire alliance avec eux, ni les admettre dans la confédération, que sous la condition qu'ils obéiraient à des rois du sang de Codrus. Érythrœ et Téos qui étaient déjà constituées en États, leur fournirent trois princes de cette lignée, et Phocée, admise au nombre des villes ioniennes ne tarda pas à se distinguer par l'esprit d'entreprise qui animait ses habitants. Les Phocéens sont les premiers Grecs d'io* nie qui se soient adonnés à la navigation de long cours, ils construisirent des vaisseaux à cinquante rames et parcoururent l'Adriatiq ue, la mer Tbyrrenienne et les côtes d'ibérie.

Dans leurs voyages à Tartessus, ils avaient acquis l'amitié du roi Arganthonius, qui leur offrit de quitter l'Ionie et de venir s'établir dans la partie de ses Etats qu'ils voudraient choisir. La facilité avec laquelle les anciens peuples grecs s'expatriaient pour aller chercher d'autres demeures aurait lieu de nous surprendre, si à toutes les époques de l'histoire ancienne, nous n'en trouvions de nombreux exemples. Les Phocéens refusèrent néanmoins les offres du roi.

Arganthonius, pour leur témoigner toute sa sympathie, leur fournit des subsides pour entourer leur ville de murailles , et se mettre à l'abri des attaques des Mèdes, qui commençaient à devenir puissants. Ces murailles, dont le pourtour

(x) Pauaania», X, S.

byGfctogle

L'UNIVERS

était de deux cents stades ou deux mille cinq cents pas romains selon Tite-Iive(1 ), furent construites en pierres de grande dimension parfaitement jointes (2); elles formaient, en se resserrant, une sorte de coin large de douze cents pas nommé Lampter. De là, sur une Ion* gueur de mille pas, s'avançait dans la mer une langue de terre qui coupait le golfe par la moitié.

De chaque côté de la gorge étroite par laquelle elle tenait au continent se trouvait un port, chacun dans une exposition différente. Celui qui était situé au midi s'appelait Naustathmus : c'était l'arsenal des bâtiments de guerre; l'autre était à côté du Lampter. Devant l'entrée était la petite tle Baccheion , ornée de temples et de splendides constructions (S). Les alluvions ont totalement changé l'état de cette côte : les ports ont été comblés. Les prévisions du monarque ibérien furent bientôt réalisées, Phocée fut une des premières villes assiégées par Harpagus, la ville fut investie du côté de la terre ; le général perse , pour abréger la résistance , fit dire aux habitants que Cyrus se tiendrait pour satisfait, s'ils voulaient consentir à démolir un seul créneau, et à consacrer une maison au roi. Les Phocéens demandèv rent un armistice d'un jour, afin de délibérer, et obtinrent en même temps du général ennemi que l'armée perse s'éloignât des murailles. Le projet des Phocéens était connu d'Harpagus; il consentit néanmoins. Dès qu'il eut fait éloigner son armée, les Phocéens se hâtèrent de mettre à la mer leurs galères à cinquante rames, y firent entrer leurs familles et embarquèrent leurs meubles, les images de leurs dieux , et les monuments consacrés , à l'exception de ceux qui étaient peints sur les murs; ils s'embarquèrent eux-mêmes, et firent voile pour l'Ile de Chio. Lorsque les Perses entrèrent dans la ville ils la trouvèrent complètement déserte.

Les Phocéens proposèrent aux habitants de Chio de leur vendre les fies OEnusses; mais ceux-ci n'ayant pas voulu y consentir, les Phocéens se rembarqué-

(i) Tite-Liie, liv. XXXVII, 3r.

(a) Hérodote, Uv.I", iÔ3.

(3) Tito-Iiv., liv. XXXVII, aa.

rent ; ils formèrent le projet et se tm dans 111e de Cyrnos, où la ville d'AI avait été fondée par eux vingt ans] para van t. Avant de prendre cette r ils retournèrent à Phocée, où, état barques inopinément, ils massacr la garnison perse qu'Harpagus laissée dans la ville. Ils pronone ensuite des imprécations solcm contre ceux d'entie eux qui abanè raient la flotte, et ayant jeté dj mer une masse de fer rougie au fi firent serment qu'aucun d'eux i tournerait à Phocée avant que masse de fer ne reparut sur l'eau; au moment où la flotte mettait àb pour Cyrnos, plus de la moitié à toyens attendris par l'aspect desli le souvenir des anciennes habit entraînés de nouveau par l'amour patrie, devinrent parjure, retoun en arrière et rentrèrent dans Phoeé autres, fidèles à leur serment, s'él rent des îles OEnusses et contin leur navigation.

Arrivés dans l'île de Cyrnos, il curent pendant cinq années n premiers habitants d'Alalia, et si truisirent des temples dans la Mais s'étant mis à ravager les voisines , les Tyrrhéniens et tel thaginois se réunirent contre Vainqueurs , mais fort maltraita un combat naval , les Phocéens 4 rent Alaiia avec leurs familles, et voile pour Hhegium. Ceux d'eat qui avaient été faits prisonniers | Carthaginois furent conduits à I massacrés sans pitié. Ceux qui ] s'enfuir débarquèrent à Rbefni fondèrent la ville dUyéla , aprèl pris l'avis d'un habitant du Pi nium , qui leur expliqua le seu oracle mal interprété par eux (

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