CHAPITRE PREMIER
M16BÀTI0NS PHBYGIBNIfBS.
D résulte de l'examen des auteurs m ont traité de la géographie et de pstoire ancienne de l'Asie Mineure, te le peuple phrygien fut un des preimde ceux qui vinrent des contrées primnaotes former des établisse- ■Mi lies dans la presqu'île; mais, ■enminant sa constitution géologique ■géographique , on voit qu'à une épofft relativement récente , a une époque ■a rapprochée des temps historiques, I phénomènes volcaniques et le trai des atterrissements rendaient cette ■trce presque inhabitable. Pendant l bogue période des siècles suivants, •villes de l'Asie Mineure furent expofc aux ravages des tremblements de *e, et Ton vit les habitants lutter de ■frnce et de courage contre une najwrebelle qui leur offrait, en échange » dangers constants, un sol admirait fécondité , un terrain vierge qui 'tit avec usure les travaux de ses niers colons. Mais on ne doit pas
mer, malgré son voisinage de 10malgré sa proximité du grand
rde population qui s'est épanché * les contrées occidentales, de voir «k Mineure déserte, ou seulement fcoarue par quelques peuplades er- Wes, pendant que la Thrace et les *« septentrionales du Pont-Euxin teot déjà une surabondance de portion à verser sur d'autres pays.
wt donc longtemps après que les ■races eurent formé un Etat constitué, K les Brygès, sous la conduite d'un ki du nom de Midas, qui demeurait fe du mont Bermius, en Macédoine, tout s'établir dans les provinces cen- *»« de la presqu'île (1). La plupart
(«) Hérodote, Vin, i 38 ; Cf. Athénée, XII, ï>n'hnsfrigin. t. éd. Millier.
des historiens sont d'accord pour regarder les Phrygiens comme étant d'origine européenne; ils ne diffèrent d'opinion que sur l'époque où eut lieu cette grande migration. Elle s'effectua , pour ainsi dire, en sens contraire du mouvement des peuples primitifs, qui étaient venus d'Orient en Occident.
Hérodote est le seul qui laisserait concevoir quelques doutes sur l'origine européenne aes Phrygiens; car dans le recensement qu'il fait de l'armée de Xerxès, il dit que ces peuples et les Arméniens étaient armés de la même manière , ces derniers étant les colons des premiers (1). Le même historien avait dit autre part que les Phrygiens étaient originaires de la Macédoine, où ils habitaient sous le nom de Brygès , et c'est en passant en Asie qu'ils prirent le nom de Phrygès. H est à remarquer que les géographes moins anciens qu Hérodote n'ont pas même discuté sa première assertion, mais qu'ils ont, au contraire, adopté les derniers faits comme authentiques. Quant à l'époque où cette migration s'effectua, on a toutes les preuves possibles qu'elle eut lieu avant la guerre de Troie. « Les Phrygiens de Thrace , dit Strabon (2), après avoir fait prisonnier le prince de la Troade et du pays voisin , s'établirent en Mysie , dont les habitants allèrent demeurer au delà des sources du Caïcus. Cette migration des Phry-
S'ens et des Mysiens dut avoir lieu avant guerre de Troie. » Strabon critique Xanthus de Lydie, pour avoir avancé (8) que les Phrygiens passèrent en Asie après la guerre de Troie ? et qu'ils étaient venus de la côte occidentale du Pont-Euxin, sous la conduite de Scamandrius , qui les avait amenés du pays des Bérécynthes; ils auraient, suivant
(0 Hérodote, VII, 73.
(a) Liv. XII, p. 573.
(S)Liv.XIV, p. 680.
L'UNIVERS
cet auteur, donné leur nom à la contrée voisine du Sangarius et à la montagne qui la domine. « Mais, dit Strabon, si la transmigration des Phrygiens d'Europe en Asie était postérieure à la guerre de Troie , et que les Phrygiens qu'Homère fait venir au secours des Troyens fussent arrivés du pays des Bérécyrithes et de l'Ascanie d'Europe, quels sont donc ces autres Phrygiens qui avaient campé sur les rives du Sangarius, et auxquels Priam avait joint des troupes en qualité d'auxiliaires? » Servies paraît partager le sentiment de Strabon : car il dit que le mont Bérécynthe fut consacré à la mère des dieux, en mémoire du premier prêtre de cette déesse (1). Nous savons, d'ailleurs, que le royaume de Phrygie était constitué longtemps avant la guerre de Troie, puisqu'à la suite d'une guerre entre Hyllus et Tantale, trisaïeul d'Agamemnon, qui régnait à TantaHs, dans le mont Sipylus (2), les descendants de ee prince, bannis de leurs États, allèrent chercher un refuge dans la Hellade, qui reçut de leurs compagnons le nom de Péloponèse cent vingt ans avant la guerre de Troie. En dépouillant cette époque des circonstances fabuleuses qui la rendent obscure , en examinant les monuments qui subsistent encore, et dont l'identité est attestée à différentes époques par Strabon, Pline et Pausanias, nous voyons que les ancêtres d'Agamemnon régnaient en Phrygie longtemps avant que la Grèce eût reçu les éléments de la civilisation, et
Sue les États de ces princes s'étendaient epuis i'Halys jusqu'à la mer Egée, et jusqu'au golfe de l'Hermus : c'est le nom que l'on donnait au golfe de Smvrne avant que cette ville fût bâtie (8). Il est facile, du reste, d'accorder entre eux les historiens , en supposant qu'à des époques différentes , des tribus thracee sont venues se joindre aux premiers colons , et augmenter ainsi le corps de la nation phrygienne. Hérodote rapporte un fait qui , tout en attestant la naïveté de l'historien , n'est pas inutile pour faire voir quelle était l'opinion
(i) In lih. IX. JEneid.
(a) Strabon, liv. XII» p. 671.
(3) Vita B orner 1, c,,^ ap. Herodot
générale sur l'antiquité des Phi giens (1), mais qui, au total, n'a auc rapport avec la date de leur émigratii Les différentes contrées de la Myi de la Lydie et de la Phrygie se tr vèrent donc peuplées par des tri] dont la souche commune était en \ rope, et qui , par conséquent, se tri vaient naturellement disposées à fondre entre elles.
On peut difficilement comprea* que les auteurs de l'époque rotnii aient mis en doute que rémigrtj phrygienne ait précédé la guerre Troie, puisque les Troyens eux-raéH se qualifiaient de Phrygiens, et qui avait alliance entre eux et les pria de la Phrygie (2). Mygdon, qui com sit en Asie une colonie de Thraces, é frère d'Hécube et père de Corœbus Son tombeau existait encore do ta de Pausanias (4) sur la frontière Phrygiens et des Tectosages. Cest ce chef que les Phrygiens ont pris nom de Mygdonieos.
Nous pourrions nons étonner pi rodote ait songé à faire les PbrflM descendants des Arméniens, lorsqtâ teste dans un autre passage que Phrygiens étaient la plus ancienne 1 tion du monde.