INFLUENCE ORIENTALE. — XYTK MIDAS
L'art de la sculpture dut se ratta forcément à l'École orientale assyrie L'emblème de la force, le Lion, si, vent reproduit dans les monument l'Assyrie et de la Perse, fut ruuil à l'infini dans le royaume de Phrjj et cette représentation, devenue | laire, fut imitée plus tard narlarç et les Romains; chaque ville éta corée à profusion de tant de figH lions que les ravages des siècles haine que les musulmans portent à t représentation d'hommes et d'anin toutes ces causes de destruction I pas pu tout anéantir, et l'on est «■ étonné du nombre de figures de lia marbre et en pierro que Ton renoo dans les anciennes villes de la Pur] Les autres branches de la sculptufl décoration des vases et des mej vinrent aussi d'Assyrie. Midas, il Gordius, se fit faire un trône, oaq d'un prix considérable, qu'il envafl présent au temple de Delphes (l),4 plusieurs siècles après, était encofl objet d'admiration pour les Grecs.
11 ne reste aucun monument d statuaire phrygienne du temps des i On est porté à croire qu'elle avait p ses inspirations à l'école d'Assyrie symbolisme oriental était répandu < toute l'Asie antérieure, nous en avw preuve dans les monuments qui ( tent encore. Les Grecs cependant tentèrent jamais de l'expliquer et tèrent , autant que possible, étrangers
(1)Hérodole, lîv. Ier, i4-
ASIE MiNËtîftË.
sst
tarions formées de parties
et d'animaux , et quand ils
Induisirent dans leur panthéon ces
■ités exotiques, ils les revêtirent de
ks nobles et gracieuses; mais la
art du temps ils ne songèrent même
5 expliquer ces symboles asiatiques :
' une langue morte pour eux.
colosses d'Euyuk, les figures
ses de Ptérium avaient chez
et les Assyriens une signifi-
populaire: ils étaient placés aux
des Palais pour en garder l'en-
elles ont le corps du taureau, pour
~er la force ; les ailes , pour ex-
la promptitude ; la tête humaine,
indiquer la sagesse. Mais cette tête
ùene suffit pas : il a fallu l'affu-
^ longues oreilles pour indiquer
" n soutenue, et de cornes pour
i défense.
donc, dans la même figure, les d'Alexandre le Grand et les oreilles de Midas qui apparaisorne les symboles des qualités lit posséder un monarque, colosses de Ninive et de Perséftaient-ils considérés comme les ; du prince? C'est ce qu'il est d'affirmer; mais on peut dire ssurance qu'ils étaient le symbole Jyaoté admis chez les Asiatiques, *m à Babylone que dans les auta d'Asie. Quoique nous n'ayons os cette dernière ville des monuanssi imposants, nous pouvons & certain nombre de cylindres et gravées portant la figure d'un à tête humaine, que les Grecs i reproduit sur leurs médailles Me la tiare et orné de cornes et •gués oreilles.
K-à-dire enfin que, loin d'être un me du ridicule et de la sottise , tas et les longues oreilles ont été « Asiatiques l'emblème de la prui et de la force. C'est ce que les n'ont pas compris le moins du !; et il est curieux de voir les Ionoreilles du roi de Pbrygie devenir te temps modernes l'emblème de fôse ; c'est-à-dire qu'ils ont fait «fer aux emblèmes asiatiques tout ^traire de ce qu'ils signifient. Eu- ^ dans sa Préparation evangélique, ^quelareinedcPhémcie, Astarté,
portait un diadème orné de cornes de cerf (1). Dans l'Ecriture, les cornes signifient tantôt la prospérité, tantôt la force, souvent l'orgueil. Il est dit dans l'Exode (2) que le visage de Moïse était cornu.
L'histoire et la fable nous représentent le personnage de Midas sous deux aspects si différents, que les recherches dtfs mythographes et des antiquaires ne sont pas encore parvenues à les accorder.
Nous voyons, d'un côté, le chef d'une grande nation thrace , passant l' Bellespont, conduisant en Asie les Brygès, gu'il établit au bord du fleuve Sangarius ; tondant plusieurs villes, initiant ses sujets aux mystères des dieux de la Thrace, et laissant à sa mort un royaume florissant qui continue de prospérer sous une dynastie de dix rois dont Midas fut la souche.
La fable, au contraire, nous le montre comme un prince vivant dans la mollesse, en compagnie des nymphes et des faunes et recevant d'Apollon une punition grotesque qui fait de ce roi la risée de la postérité.
Il y a dans les deux phases de la vie de ce prince une contradiction qui n'avait pas même échappé à certains écrivains grecs , et qui tournaient la difficulté en disant que les oreilles d'âne données à Midas étaient un emblème du caractère soupçonneux de ce prince, qui avait l'habitude d'entretenir beaucoup d'espions. Mais je vais plus loin et je vais démontrer que la fable de Midas est complètement apocryphe, c'est-à-dire purement grecque et qu'elle a pris naissance longtemps après l'extinction du royaume de Phrygie, chez des Grecs ignorant les symboles de l'ancienne Asie, qui auront vu des statues de l'ancien roi de Phrygie représentées sous les attributs de la puissance royale.
Une statue du Musée britannique représente, à n'en pas douter, la figure du roi Midas (3).
(1) Liv. 1, ch. 7.