CHAPITRE XIV
▲IZÀNI.
citant Aizani parmi les prins places de la Phrygie Épictète, ni (l) ne donne aucun détail sur ntiou ni sur F histoire de cette et les itinéraires anciens en indi-
à peine la situation Cependant, te des Aizaniens est comprise dans fcbés de la Phrygie Pacatienne au fcne concile de Constantinople.
jusqu'à ces dernières années elle toptéteinent oubliée par les his- *s «s géographes et les antiquaires; nageait parmi ces stations de peu pitance qui avaient complètement ni de la surface du sol. Les voyal modernes qui avaient traverse la &fe n'avaient recueilli aucun rendent sur cette ville , dont les ■ auraient une célébrité égale à des plus beaux monuments anti-
fi eues étaient dans un pays plus Bible et plus souvent visite.
rodien, cité par Etienne de By- *[%, affirme qu'Aizani fut fondée kizen, fila de Tantale, et appelé jjMtpar quelques autres, Azanion.
*ne géographe rapporte une his- 'Nrife recueillie par Hermogène, *wis citerons, moins pour la done°nune une tradition tant soit peu
hub.xm, p. i76,
probable, que pour rassembler ici le petit nombre de documents que nous ont laissés les auteurs anciens. « Les habitants d' Azanion, dit Hermogène (1), ayant vu leurs prairies inondées et frappées de stérilité, et souffrant de la disette, s'assemblèrent pour sacrifier aux dieux, qui restèrent sourds à leurs prières. Euphorbe, de son côté, sacrifia aux génies un renard ( ouanos ) et un hérisson (exis), et il les apaisa si bien , que la terre recommença à produire des grains et des fruits en abondance. Les habitants, en reconnaissance de ce fait , choisirent Euphorbe pour leur prêtre et pour leur chef, et ce frit à cette occasion que la ville prit le nom cTExuanum, qui veut dire hérisson-renard. Il semble que le mot Azanion soit venu de oe nom. »
D'après un passage de Pausanias, il semblerait que les Azaniens de Phrygie fussent originaires de FArcadie (2) ; ce
2ui concorde encore avec toutes les traitions, qui font peupler ces contrées par des étrangers venus d'Europe :
« Arcas, dit-il, eut trois fils, Azan, Aphidas et Êlatus, qui se partagèrent le royaume de leur père. La part qui échut au premier reçut le nom d1 Azanée, d'où l'on dit que sortirent par la suite les colons qui allèrent s'établir en Phrygie , Rrès de l'antre appelé Steunos et du euve Pencala. » Pausanias ajoute (3) :
« Ces Phrvgiens, qui habitent les bords du fleuve' Peucelfa (sic), et oui sont originaires d'Azanée, montrent la grotte appelée Steunos, qui est circulaire et d'une grande hauteur. Ils en ont fait un temple de la mère des dieux où la déesse a sa statue. »
La ville d' Aizani était la métropole d'une contrée que l'on appelait Aizanitide. Quant au fleuve Peucella, il n'est point connu, et tout porte à croire que c'était le nom d'un affluent supérieur du Rhyndacus. Les médailles les plus communes de la ville d' Aizani portent la tête de Jupiter, coiffé du modius , et au revers un aigle les ailes étendues, avec cette exergue : IEPA BOÏAH AIZA- NEITÛN. Le nom de la ville, écrit
(i)ApudStephanumBysant. voce ^ÇavoC.
(a)Lib.VIlI,c. 4.
(3) Lib. X c. 3a.
L'UNIVERS
ftfcvof dam le texte de Strabon, avait fait penser au savant Mannert que ces médailles étaient fausses; maisla découverte des inscriptions et d'un grand nombre de médailles impériales rapportées par différents voyageurs prouve Sie l'orthographe du texte grec est utive. Les Grecs écrivent aizânoi (t).
et les Latins jezani. Nous avons adopté l'orthographe grecque.
Apres avoir franchi les collines au pied desquelles est assise la ville de Kutayah, on arrive sur un plateau qui est le point culminant de cette partie de l'Asie Mineure, et qui , d'après les observations barométriques (2), est à 1085 mètres au-dessus du niveau de la mer. Une chaîne de montagnes court de l'est à F ouest dans la partie méridionale du plateau : c'est le Mourad dagh, autrefois le mont Dindyniène, dont les deux versants donnent naissance à des fleuves qui vont arroser de vastes bassins. Au sud coule l'Hermus, et au nord le Rhyndacus, qui traverse la ville d'Aizani. C est dans les vallées supérieures du mont Dindymène qu'il faudrait chercher cette grotte de Steunos , dont il serait possible de retrouver les traces. Le plateau d'Aizani est composé d'un sol crayeux, recouvert par une couche épaisse de terre végétale, qui produit en abondance toutes sortes ae grains.
L'édifice qui attire d'abord les regards est un temple de marbre blanc qui s'élève sur une vaste terrasse , et qui, comme le Parthénon d'Athènes, s'aperçoit d'une distance considérable. On franchit le Rhyndacus sur un pont de marbre , et l'on marche pendant longtemps au milieu des débris d'architecture accumulés.
(i) Il ne fout pas oublier que la diphthongue oi se prononça it i.
(a) Les observations que j'ai faites a Aizani le 3 juillet 1839 avec deux baromètres, nTont donné les hauteurs suivantes :
Thermomètre libre -f- 20°, a©.
5 heures du soir, temps couvert, vent du nord.
i'r B. on,,67*f8* Th. B. 4* *V<>.
*• B' om,679.,3i Th. T> + ao°,6.
La moyenne de ces deux, observations, d'après les calculs de M. le commanda ut Delcros , donne 1085*^,2,
Il est à remarquer que cette vi dont l'étendue a dû être considéra et qui conserve tant de splendides tiges n'a gardé aucune trace de son tème de défense ; on ne voit pa moindre débris de murailles ai de position qui puisse, ressembler à acropole. Mais l'usage de clore la les était si général et en même te si important dans l'antiquité, qu'oc saurait croire qu'une place qui a et centre d'une grande association r
Sieuse , et qui certainement renfern es richesses considérables en ofli des et en dépôts , soit restée op aux incursions des bandits qui de* datent de temps à autre dans les »i de Phrygie , et dont les chefs résida danc les châteaux de l'Olympe Mvs où ils commandaient plusieurs villa] C'est une remarque quel'onaftrçi ment occasion de faire, dans les ri des cités antiques : quelquefois l*i railles seules subsistent encore, «a à Antioche, Halicaraasse,ÉrythnM d'autres fois , les monuments b pi délicats ont traversé les siècles, «j murailles ont disparu complet^ La destruction des remparts d'Ad est un fait d'autant plus sin«uh>M n'y a dans le voisinage aucune *j aucun village important qui ait pu i
£ro prier ses débris , et il n'est pas | able qu'il en ait été transporte a] tayah , située à vingt-sept milles d< Si l'on en juge par les monument* subsistent encore , les murailles J zani devaient être construites en pi blocs de calcaire d'eau douce, <jflij employés dans les libages de toaaj édifices, et qui sont extraits dtf 4 tagnes environnantes (1).
Après avoir longé le péribài temple, on trouve, un pea plus] vers le nord-ouest, les ruinesj édifice carré qui peut avoir serrj basilique ou d'agora ; puis, en toorj vers le nord, on remarque les rc d'un hyppodrome et d'un théâtre y est contigu. Ce dernier édifiw adossé à une colline au sommet d quelle il y a un grand nombre de beaux, ce qui indiquerait que b
(1) La coquille caractéristique d*<* caire est la planorbe.
ne s'étendait point de ce côté , si , au bas du fleuve et le long des quais, qui riaient évidemment dans l'intérieur de (a fille , od ne trouvait également une wrte de voie des tombeaux avec de wnbreux monuments.
: Au sud de la grande terrasse du féribole on observe encore une colon- ■de d'ordre dorique qui a peut-être ■jartenu au gymnase; la largeur du tapie est de 45 mètres, et sa longueur ,to 75; les colonnes sont de marbre Une et d'une seule pièce, mais dans fttceinte on ne trouve point de traces constructions , ni de débris de mulles. Deux ponts de marbre trant le fleuve; ils ont cinq arches à o cintre. La richesse des parapets qui ni les ouais n'a point d'égale dans
t. autre ville antique; chaque pierre e des sculptures représentant , soit faunes et des mascarons, soit des Anes d'animaux sauvages. Le théâtre, f»se trouve dans la partie septentrio- •le de la ville, quoique d'une conser- Jtioo remarquable , est loin cepen- Mt d'être un des plus beaux de l'Asie leure; la partie moyenne de l'hip- Iroine était ornée de deux Pulvinar, pavillons destinés aux personnes de traction. Les gradins étaient de blanc, et les deux extrémités du Me étaient carrées.