‹ Asie mineureChapitre 234 sur 428 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

exploitation de l'bcunk de mer.

Le Sangarius , *après avoir réuni les eaux du Tchibouk sou et de la rivière d'Angora, coule dans un lit d'argile dont les bords sont constamment rongés par les eaux ; la rive gauche est bordée par des collines peu élevées appartenant au terrain du calcaire grossier marin ; toute la rive droite, depuis le confluent des deux rivières jusqu'à l'embouchure du Poorsac, est composée d'un immense banc d'argile qui suit les ondulations du terrain et qui est lui-même formé de plusieurs couches superposées toutes variées dans leur composition. La couche supérieure est formée d'argile plastique contenant çà et là des marnes calcaires, elle ne se distingue que par

LTOJÎVERS.

ses mauvaises qualités végétatives, aussi tout le pays est-il dénudé et presque sans arbres, les habitants ne recueillent que de maigres moissons d'orge et dei blé.

La seconde couche, dont l'épaisseur n'est pas très-considérable, et qui se trouve de dix à douze mètres en «son-, tre-bas du sol, est une argile d'un blanc verdâtre, d'un grain Gn et homogène, qui est l'objet d'exploitations étendues; c'est l'argile dite smectiquc ou terre à foulon : elle est employée dans toute la contrée en guise de savon dans les bain» et pour les usages domestiques. Elle sert généralement pour laver le linge et pour dégraisser les laines. De nombreux convois formés de petites chareites à deux roues et traînées par une paire de bœufs partent de la ville de Muhaliten, chef-lieu de l'exploitation, et se répandent dans toutes les villes de l'intérieur. Arrivés là les caravaneurs vendent leur chargement, leurs bœufs, démolissent la chai ette et ramènent les deux roues à dos de mulet.

Cette argile est portée jusqu'à Smyrne, où les femmes turques en font usage comme cosmétique dans leurs bains et à leur toilette. Préparée et purifiée, elle était revêtue d'un sceau et était transportée jusqu'en Europe sous le nom de terre cimolée de Smyrne ; elle était ad* ministrée dans l'ancienne médecine comme sédatif et absorbant. Nous ignorons si les premières magnésies employées dans la pharmacie ont suivi la même voie, et si elles ont pris leur nom de la ville de Magnésie près de Smyrne, mais nous n'avons trouvé dans le pays aucune trace de l'exploitation de la magnésie médicinale.

Au-dessous de cette couche d'argile smectique, dont l'épaisseur n'a pas plus d'un mètre, se trouve un autre gisement plus riche et plus productif : c'est la pierre connue vulgairement sous le nom d'écume de mer et en minéralogie sous celui de silicate de magnésie.

L'emploi de cette substance est bien connu en occident pour la fabrication des fourneaux de pipes; on ne connaît

3u'un très-petit nombre de gisements e cette matière, l'un en Hongrie, l'autre dans la Grèce près de Thèbes. Mais l'écume de mer de Muhalitch est sans

contredit la plus belle, la plus hou gène et la plus blanche. Cette matii ne forme pas de couches continues régulières; on l'exploite par le moj de puits qui ont de quinze à vingt g très de profondeur; elle se trouve il séminée en rognons dans l'argile m tique ; il est rare qu'on en retire des bi qui atteignent un pied cube; les bi bruts sont couverts d'une gangue te»

et terreuse qu'il faut enlever; ils « ordinairement de- forme très-irrèj lière.

L'exploitation par le moyen de bj est répandue sur une surface de i de cent kilomètres de longueur et dij largeur variable, mais sur toute lai droite du Sangarius; il y en a plus* dans les plaines au nord-est d'I cheher, au village de In eughi,àd rante-huit kilomètres d'Eski chef D'autres puits sont creusés au villari Septidji , vulgairement nommé fl odjaha h cause de la pierre quH trouve; ce village est sur la routÉ Kahé à Eski cheher. Ici les puits ow profondeur de vingt mètres; ils J moins profonds à In eughi. Les q tants ignorent si le même banc m J longe sous toute la surface de l'ail

Muhalitch, qui concentre l'expia] tion des deux produits, est une pi ville singulièrement située; elieesu pécée en cinq ou six groupes de 4 sons dispersées sur trois collines. IL un voïvode qui concentre les reed du miri ou régie de l'écume d« s) L'argile smectique est connue daflj pays sous le nom de Kil , ei l'écomi mer sous celui de Istifé-lulésivpM loules (fourneaux des pipes). j

L'écume de mer est exploitée eaj gie par k gouvernement, c'est-à-4 que les mineurs sont obligés de p«f| leurs produits au gouverneur, qw expédie à l'entrepôt général à Ej cheher. Là des marchands d'Allemaj et de Russie viennent chercher.

meerschaum, l'écume de mer ; ils I chètent par caisses contenant cipqosj morceaux, dont les plus gros n'outf un demi-pied cube , et payaient M caisse, en 1834, 2,500 piastres (625»

Le commerce de cette substance dehors des mains du geuverneffleaM sévèrement défendu; on ne twnwp

bseul morceau à acheter en dehors Su gros. Les Turcs, qui savent ai bien nioiter cette substance pour les fu- *"ra étrangers , n'en font aucun cas eux-mêmes : ils préfèrent ks loulés iwaux) de terre ; en généra), ils ap- [test «ans leur manière de fumer plus propreté et de recherche que les totaux : jamais une pipe n'est fu- \ deux fois sans être nettoyée de tou~ fèces; ils sont bien différents eu i« Allemands, qui ne connaissent i pipes que celles qui sont imdu jus de nicotine, analyse sommaire que nous a faite de la niagnésite nous a donné carbonate de magnésie, et 0,25 de l il y a des traces d'argile.

a ouvrage n'est pas un livre de toverse, aussi nous abstenons-nous Étalement de critiquer les opinions n'adoptons pas;, mais nous ■s nous étonner de voir M. Ains-

* (l), qui tait preuve de tant de uissances en géologie, assimiler ï substance au kaolin, qui est du fath décomposé et appartient par aquentau terrain granitique, et dire Kre qu'elle appartient à la forniaahitoaieone. La magnésite appargéologiquement à la partie infé- ! du terrain de transition et aux * anciennes.

devons faire connaître ici la que nous avons suivie pour aller km hissar à Muhalitch, car depuis fc vingt ans il ne paraît pas au'eHe Eté suivie par un autre Européen, et b ees régions restent en blanc fc dans les cartes les plus moder- » autrement dit elles sont remplies des hachures artistement conduites, qoi en apprennent moins que le

* maigre itinéraire.

ta OT SEVRI BISSAI A BSKI CHEHER PAB MUHALITCH.

ton hissar (2) est située au pied d'un brocher granitique isolé au milieu formations calcaires. La route de "Witch suit la direction du nord. En

IW Trauk in Mia Miner, t. I, Eski (*)%. plut 1ms Grande Phrygie.

descendant le revers de la montagne, on marche pendant une heure sur le terrain de craie en franchissant deux petites vallées dirigées suivant le rayon de soulèvement de Sevri hissar : c'est le groupe qui s'étend jusqu'au mont Dindytnène, aujourd'hui Gunesch dagb. On arrive, au bout dune heure de marche, sur le calcaire marb* e blanc et cristallin; c'est dans cette région qu'ont été ouvertes les carrières de Pessuiunte.

La route se poursuit au nord à travers un pays découvert et inhabité; le terrain est de formation argileuse et tres-montagneux. On arrive bientôt à la vallée du Sangarius, qui est ombragée de quelques arbres. Le fleuve a en cet endroit douze mètres de largeur, son lit est très-encaissé, on ne peut le franchir qu'avec beaucoup de difficulté en déchargeant les chevaux et les faisant, passer à la nage. Le lit du fleuve est très-fangeux; en hiver on ne saurait tenter ce passage. Le village de Ak kaia (le rocher blanc), est situe dans le voisinage du gué; il est distant de huit heures de marche de Sevri hissar. De Ak kaia à Kahé, village situé sur lu rive droite du fleuve, la distance est de trois heures de marche; le pays est si difficile

3u'on ne saurait estimer autrement les istanees.

Kabé, que les anciennes cartes indiquaient comme occupant l'emplacement de Pessinunte, est situé à mi-côte d'un entonnoir de montagnes et éloigné de tout chemin fréquenté. Nous avons compté de Kahé à Sevri hissar dix-huit heures, et de Kahé à Eski cheher quatorze. La ville de Muhalitch est à quatre heures à Test de Kahé.

Mous avons pu établir ainsi la distance d'Eski cheher aux villes suivantes : à Seid-el-Ghazi, 9 heures; à Sevri hissar, 18 heures ; à Muhalitch, 18 heures.

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