CHAPITRE XXIV
Ik GRANDE PHBYGIB.
Les rois de Phrygie fondateurs de la dynastie de Midaset de Gordius avaient établi leur résidence dans le pays montagneux nui forme le centre du grand plateau , borné au nord par le Sangarius , et à l'est par les terres des Galates. Il s'étendait dans l'origine jusqu'à Pessinunte, qui fut une des capitales du royaume phrygien avant l'arrivée des Gaulois. La chute de la monarchie phrygienne entraîna la ruine de presque* toutes ces petites villes , et dès le premier siècle de notre ère elles étaient tombées à l'état desimpies villages même tout à fait déserts.
Le passage de Strabon (2) qui men-
(1) Kart h, Reise von Trapetunt maeh Sout*ri, p. 87, collection de Peler mann.
(a) Strabon, XII, 578.
LTJNIVERS.
lionne les anciennes habitations des Phrygiens est certainement relatif à cette région. « Près de Pessinunte coule le fleuve Sangarius , sur lequel on retrouve les anciennes habitations des Phrygiens, celles de Midas et avant lui de son père Gordius et de quelques autres princes. Elles n'ont pas même conserve de traces de villes; ce ne sont plus que des bourgs un peu plus grands que les autres. De ce nombre sont Gordium, résidence de Castor, fils de Saocondarhis ; celui-ci fut égorgé avec sa femme par son beau-père Déjotarus, qui rasa aussi le fort et détruisit la meilleure partie de l'habitation. » A cette époque, c'est-à-dire sous le règne de Tibère tout .ce pays était désert ; il est à peine mentionné pendant toute la période byzantine : les Turcs l'ont trouvé trop peu accessible pour y avoir fondé aucun centre de population ; il est resté pour ainsi dire ignoré de l'histoire jusqu'au commencement de ce siècle ; alors un voyageur anglais, le colonel Leake, reconnut le premier monument de l'art phrygien qui s'était conservé dans la solitude de ces montagnes. Les dernières observations sur ces vestiges remarquables d'un art oublié datent de 1 858 ; il a donc fallu plus d'un demi-siècle à l'Europe savante et avide des souvenirs du temps passé, pour connaître à peu près complètement cette région, qui au total n'a jamais été inabordable.
La branche occidentale du Sangarius prend sa source dans une grande vallée courant presque nord et sud, à l'entrée de laquelle est bâtie la ville de Seid ei gazi; cette vallée porte le nom de Doghanlou déré, la vallée du faucon ; elle est engendrée par une double chaîne de montagnes de moyenne hauteur bien ombragées par des forêts de pins , et qui portent le nom de Yapul dagh. C'est dans cette région que se trouvent, dans un état de conservation parfaite, de nombreux monuments commémoratifs, des chambres sépulcrales, des habitations taillées dans le roc , et enfin plusieurs centres fortifiés qui répondent parfaitement à la description de Strabon. Les habitations troglodytes des premiers Phrygiens ne se bornent pas seulement à cette région montagneuse, elles occupent toute la contrée au sud du
Sangarius, depuis le village de In on où nous avons signalé les preroii jusqu'au delà de la ville de Belouaé ancienne Polybotum , et au sud jm la Phrygie Parorée, il est remarqi qu'on n'en trouve point au non Sangarius. Nous les observerons eni mais avec un autre caractère, du sud de la Cappadoce.On peut dire é manière ab&hie que les pays vol ques ont été les seuls qu'on' ait e) pour exécuter de pareils travaux, les tombeaux d'Amasie diffèrent e tiellement des monuments phryg
On ne saurait fixer de limites < nologtques à ces monuments diven portent tous le caractère d'une très4 antiquité, et lorsque l'art de bâti connu, la facilité et l'économie ai* quelles on pouvait construire ém numents ne pouvaient plus être mil parallèle avec le labeur exigé pour* ser à la masse et au poinçon des ) tations et des tombeaux dans le i des rochers. Ce qui est certain, que du temps deStrabon, c'était déj souvenir presque oblitéré. '
La fable et l'Iiistoire se mfleoH timement dans tout ce qui est rell l'histoire primitive et surtout au i des Phrygiens, que la critique m si débrouiller ce chaos autrement qui des conjectures. ^
Atys ou Atès est le premier pi nage mythique qui apparaît en Ph pour établir le culte de Cybèle, lu nité nationale. Les anciens faisais mystère des circonstances de «*• Atys passait pour être fils de Calai se rendit en Lydie, et y enseigna lei de la mère des dieux , ce qui le fi cher à cette déesse ; mais la jalood Jupiter suscita un sanglier qui si sur Atys et le tua. Selon Pausand Galates de Pessinunte regardent comme engendré par une nymphe du fleuve Sangar. Ses parents I eni rent à Pessinunte pour épouser la dis roi. Agdistis, éprise ou jeune i lui inspira un accès de fureur à lai duquel le beau-père et le futur ga s'entre-déchirèrent ; c'est en comme ration de cet événement que les GaJ prêtres de Cybèle se mutilent euin mes pour conserver leur chasteté.»
la tradition mythique, Atys fut du
*iHd, et nous retrouvons les régions " * des anciens Phrygiens ombrapar des forêts de pins séculaires rappellent le héros fondateur du sde Cybèle (f ). Ce roi de Pessinunte, Pausanias ne nomme pas , était un ts dont le nom se rattache à rétablisdu culte de la mère des dieux, à bomt qu'il passait pour filsde Cybèle.
Gordius, au contraire, représente la ^ul agricole ; il s'adonne à la culture la terre, et c'est en revenant de conte sa charrue qu'il est proclamé roi ■"Il fait dans le temple la dédicace 1 char à deux roues. Or ce souveéa roi laboureur ne s'est pas effacé Pbryjie; le char à deux roues s'est terré dans toute cette région: nous rons retrouvé dans la vallée du San- (î), et deux voyageurs allemands i frappés d'étonnement en voyant paysans de Fautiquc Midœum conte des chars à deux roues pour renr leurs denrées (3); en effet, autant voitures de ce genre sont rares dans autres régions de l'Asie, autant elles t communes dans la Phrygie.
culture de la vigne introduite dans Bys est personnifiée par l'amitié de epos et de Midas; les richesses de wnce tirées des mines de son royaume [mentent encore sa puissance , et les Rats qu'il envoie à Delphes répan- ||sa renommée au delà des frontières lÀsie. Le Midas premier du nom au- "régné, selon la chronique d'Eusèbe, s "olympiade X, 4 , ou 738 ans il J.-C; il passe pour le fondateur la monarchie.
w monument célèbre qui porte le n de ee prince est le plus important ■j» groupe de monuments semblables uptés dans le rocher à très-peu de fonce les uns des autres. Us sont cnorés d'une innombrable quantité de «aux, de grottes, de tombes ayant •fcmie un style particulier, plus ré- ? peut-être que les monuments miuques, mais daprès l'avis des hommes ftpétents tous antérieurs au siècle Alexandre.
0) Piiuanias, VJJ, ch. 17. Ovid, Vetam.,