TOMBEAU DB MIDIS
Le principal monument, connu di le pays sous le nom de Yasiii kaïa pierre écrite, à cause de la longue j cription qui le décore, est situé à l'oi du Yaéla, à environ trois milles, eti une grande vallée courant nord et al et dont toutes les hauteurs sont 4 vertes de bois. Il est difficile de peitj l'impression que produit sur lespeotafl ce rocher qui semble préparé par nature pour conserver rempreinte* antiques caractères que la philolq n'a pas encore expliqués. Tout est harmonie dans les environs, etraustj aspect des lieux, et la forme pittoresj des rochers, et leur couleur brilW qui se détache sur la verdure dt plaine. Ce principal monument estj signé sous le nom de Tomboau de J das , expression que rien ne contre) après un examen attentif.
Le rocher sur lequel il est sen^ est isolé de tous les autres, et présa une surface de quatre cents mètres e rés environ, sur laquelle sont scotoj des méandres, dont le relief es 0m,0t3, et qui entourent une I d'une forme particulière. La laf de la surface sculptée est de 13" et sa hauteur de Um,74. La largea la niche est de 5m,57; la profom totale est de lm44 ; mais la profom de la retraite n'est que de 0",M qui en réalité est bien étroit pour y
car on corps. J'imagine toutefois que dans l'état primitif, cette niche était cachée aux regards par une grande dalle de pierre sur laquelle se continuaient les néandres dont les contours déguisaient kg joints de la roche. Dans le fond de h retraite, on trouve quelques restes (Inscriptions gravées en creux, qui sont avenues indéchiffrables par suite de b décomposition de la roche.
4 droite et à gauche de cette surface «nt deux espèces de pilastres dont la ftgeorest de lm,05, et qui supportent m frise, si Ton peut appliquer ce nom ao pareil ajustement. Les pilastres et I frise sont ornés de losanges en creux, tes l'intervalle desquelles sont de pe- |i quadrilatères. Le monument est taronné par un fronton, orné aussi de Herents ajustements de losanges en tux et en relief. Au sommet du fronton |Bt deux sculptures circulaires, que * i prendrait pour des boucliers, si les ; monuments de ce genre n'indint que c'est un ajustement parti- ■ dans le genre des volutes. Deux inscriptions gravées dans le oar donuent à ce monument un et majeur.
Hous ne pouvons reproduire ici lu e-simile de l'inscription du monument, lis elle est suffisamment lisible dans fauche qui accompagne ce texte (1).
Ses hasardons ici une traduction qui bs parait tout à fait d'accord avec la ittnation du monument.
Bous devons faire remarquer préalabnent que le nom A tes est employé ir Pausanias pour désigner le personne mythologique Atys (2), et que ce m es't tout à fait phrygien; la lecre du mot qui suit le nom de Midas i due à M. Lasse n.- Dans l'inscripc du tombeau de Midas il y a un H entre le nom de Midas et son titre fat. M. Lasseu le lit d'après la copie I^ake , « Lavaltaie -» et d'après Steirt, Gavaltaei ou Gavartaei; il supse que ce mot a sa racine dans le asent et signifie la paix , d'où il faut nclure que ce n'est pas le tombeau de prince , mais un monumenc commé- >ratif de son règne, qui fut long et pros-
père. Ce n'est pas ravis de M. Barth ; je pense avec cet auteur qu'il faut y reconnaître le nom phrygien du père de Mydas tout en conservant la lecture Gafartaei, que j'ai aussi dans mon texte (1), et je propose de lire :
Ates arkiaefas akenanotafos Midai Garfataei Fanaktei edaes.
Atys grand-prêtre a dédié ce cénotaphe au roi Midas (ils de Gordius.
Cette interprétation a du moins l'avantage de n'emprunter ses synonymes qu'à Ta langue grecque, du moment qu'on admet pour le mot Fanaktei , la traduction de roi.
Le mot Edaes se trouve ainsi dans la langue lycienne , il termine un grand nombre d'inscriptions sépulcrales et se rencontré aussi sur l'obélisque de Xanthus, il semble représenter complètement le mot- grec '«veôfcs, il a dédié, et parait dériver de quelque verbe primitif Soft, le mot Edaes aurait donné plus tard le radical j£des.
Le mot BABA, qui commence la seconde inscription , est regardé par le colonel Leake comme un surnom de Jupiter, d'après uue inscription découverte dans ces parages, et qui fait mention de Jupiter Pappseus, nom usité chez quelques poètes. Le dernier mot de cette inscription est le même que le dernier mot delà première; je lis Edaes.
A 5m,30, à gauche de ce monument, se trouve une grotte grossièrement taillée dans la roche , et dans laquelle est placée une inscription en caractères de plus de O^SO de hauteur, et creusés d'un centimètre.
L'épaisseur de ce rocher n'a pas plus de trois ou quatre mètres , et en montant par derrière, on arrive avec assez de facilité sur la partie supérieure. Il ne paraît pas que cette espèce de vide gui existe entre les deux volutes ait été fait à dessein; mais peut-être, parla suite des siècles, ce morceau de roche est-il tombé naturellement. Pour arriver au pied du rocher , il faut monter une colline de quatre à cinq mètres de hauteur, dont la pente est très-rapide; mais là, ni dans les environs, on ni
[ t ) Xa\ ez planche i a .
•») PatKamas, lir. VII, ch.
(0 Voy.
ptgrx55.
Livraison. (As» Mineure.) t. u.
Desc. Asie Mio., in-fol., t. I,
byGo#gk
L'UNIVERS
trouve 4e trace da construction. Le rocher est composé d'un tuf d'un jaune orangé, parsemé de petites aiguilles noires , sans doute de pyroxène et d'amphibole, et d'agglomérats blancs oui participent de la pierre ponce. Tous les tufs de cette vallée varient peu dans leur nature; seulement, la couleur jaune s'affaiblit un peu dans certaines roches, et les agglomérats de pierre ponce deviennent plus nombreux.
Immédiatement à côté du grand monument se trouvent de nombreuses chambres sépulcrales variées de .grandeur et de forme , et qui confirment la pensée que cette importante sculpture avait quelque chose de sépulcral. On ne saurait décrire 1a forme bizarre et accidentée de ces rochers pou ceux, dont les sommets représentent des tours et des forteresses qui paraissent sculptées par la main des hommes. Leurs parois sont percées d'une infinité de cellules communiquant à des chambres plus ou moins ornées, mais qui ne portent pas d'une maniérée vidente le caractère d'une même. époque. La plus grande de ces • salles se trouve maintenant ouverte par l'effet de la chute du mur de face. Son plafond était décoré de solives : ce sont les. seuls, ornements qu'on y rencontre. Plusieurs de ces chambres sont voûtées «n plein cintre; il v en a d'autres dont les toits forment deux appentis; mais on n'y trouve point les indices d'une soulpaifecoutemporaine des grands monuments. Une inscription grecque , la seule qui. se remarque au milieu de ces ouvrages curieux» ne paraît pas remonter au delà des temps chrétiens. On ne peut lice que les mots suivants :
Salut, heureux, riche, parmi les dieux élevés dans le ciel ; car nous t'aimons, excellent chef de la pairie, lu habites en ces lieux ma pairie...-.
Quelques-uns de ces tombeaux rappellent la haute antiquité grecque ; les portes sont généralement taillées d'une manière assez rustique, et surmontées toujours d'ua fronton ; ce qui, pour la forme générale, les fait ressembler aux tombeaux des Aizaniens et aux grands monuments phrygiens. Quelques-unes .de ces chambres renferment des sarcophages taillés dans la masse même du
rocher, toujours une petite nich dessus , destinée sans doute à | une lampe. D'autres tombeau* n'o:
dans leur intérieur que des lits fus sur lesquels étaient déposés les < L'un et l'autre système de sépulU retrouve dans la plus haute antit mais il paraît que l'usage de dépos corps sur des banquettes dans le veaux funèbres ne s'est pas per aussi longtemps que l'usage des i phages.
MONUMENTS PHAYG1EHS.
À un demi-mille de cet endroi .remarque un autre monument, a tout à fait dans le caractère de que nous venons de décrire, mai malheureusement ne porte pas i cription. Il est situé à huituiètq dessus du sol, et sa base reposes rocher vertical dont l'accès est dil Le centre du monument est « par un tableau uni, entouré d'uaf dure qui se compose de carrés dat; quels sont inscrits quatre petits < en relief et disposés suivant leur & nale. Au-dessus de cette bordure;) une frise d'une sculpture élé| composée de pal mettes renversé»
alternent avec des espèces de glaa de pommes de pin. Les rampj fronton sont également ornées de j carrés en relief, et le sommet * mine par une double volute, ti dessin paraît tout à fait particulitj Phrygiens. Dans l'intérieur du fh| sont des figures quadrangulaireq le but et l'emblème nous êchaj complètement, ta largeur total cette sculpture est de 8m,26.
En remontant euviron un mil nord de la vallée, on découvre ai lieu d'une forêt de pins un trou monument semblable, mais d'ui vail plus fin , et portant dans sa I ainsi que sur tout le rocher eut nant, une inscription écrite dans 1< tème appelé boustropkédon;\e&k ont 0m,25 de hauteur, sont profo ment entaillées et d'une consens parfaite.
On ne saurait contester la bautt tiquité de ces caractères, qui ont la grande analogie avec les lettres grec
Diqitized by VjOOQlC
les ptns archaïques , et surtout avec le monument appelé pierre de Sigèt (1).
Le système aéeriture employé dans cette inscription était déjà abandonné flusdesix siècles avant J.-C.; et la langue dont il nous reste un si faible spéftmeu était, selon toute probabilité,
re qui était parlée dans le royaume Phrygie avant que cet empire fût thi par les Perses. S'il est difficile tirer un sens précis des inscriptions précédentes, la difficulté est encore bien plus grande pour celle-ci , car presque tas les mots ont une terminaison ferbare complètement étrangère au ftc et appartenant à un dialecte pureleot asiatique. 11 est cependant posfae de discerner quelques mots qui m leurs analogues dans la langue fecque. Ou lit très-distinctement Kyrtneson Chersonnèse ; c'est le nom que |i anciens donnaient à la presqu 21e •ant qu'elle reçut le nom d'Asie Mianre, et dont la signification est sans pute la même qu'en grec. Les lettres lH, û\ n'étaient pas encore inveup. Le substantif Materes et l'accusatif ■bran paraissent aussi avoir leur corgrondant daus le mot dorien Matiptc; Us la signification de ces mots épars ê tend qu'à rendre encore le sens de
£i inscription plus obscur. Le mot nanotafos, qui se lit deux fois, est latul indice qui puisse faire soujpçon- |r qu'une même destination était ré* pnéeàcea trois monumentsdont le style t resté unique ; mais on doit avouer
Ps'il est possible de regarder la ni* centrale du premier comme ayant |**rvir de tombeau , rien de semblable ise présente dans les deux autres.
Le dernier monument, disposé comme ■ précédents, offre le champ d'un taban uni , entouré d'une bordure conv née de petits carrés renfermés quatre qaahrg dans des carrés plus grands, a champ du fronton est également «é de ce quadrilatère , qui n'est pas i araetnenâ de fantaisie , mais reprénte certainement quelque objet qui t inconnu.
N'ayant aucun analogue connu dans ntiquité qui puisse nous guider sur desaioation de ces Monuments, nous
(*) Cfattkttll, dmùq. mtiat.
nous bornons à les décrire , en appelant l'attention des savants et des voyageurs sur un art qui reste encore tout a fait inexpliqué. Lorsque le voyageur anglais
Î[ui le premier pénétra dans cette volée donna quelques indications topographiques pour guider ceux qui viendraient après lui, il appela cette vallée Doghanlou, pensant qu'il y avait quel* que village de ce nom dans les environs ; mais nous avons acquis la certitude que les naturels ne donnent le nom de Doghanlou qu'à un lieu-dit, où se trouvent également de grands rochers percés de chambres sépulcrales.
GBERDEK KAU SI.