CHAPITRE XVI
Cest aux montagnes des Mamelles et à la hauteur des îles d'Ourlak que s'arrête la formation calcaire. Le grand etp qoi fbraae la corne méridionale du iplfe de Sfuyrne s'appelle aujourd'hui Kara bounaou. C'était autrefois le cap Mêlas; l'un et l'antre nom signifie le cap Soir ainsi nommé de la roche volca- BKpe noire dont il est composé, et eW oo fait des meules de moulin.
Cest cette montagne que les Grecs appelaient Mimas. Tout le reste du proauototre où sont les ruines d'JÊrythrae est composé de trachytes rouges ; c'est , je pense, en dépit des autres étymoloçes de ce nom, ce qui a motivé le nom eÉrythrae, la ville Rouge. Au sud du noat Mimas et du golfe d'Érythrae sent les collines qui dominent Tchesmé, composées de tuf volcanique blanc.
Toutes ces couleurs des côtes qui s'harmonisent avec le bleu intense du ciel donnent à la côte d'Ionie un aspect particulier qui se grave dans le souvenir se tous ceux qui ont visité ces parages. Les fies Arginustes , aujourd'hui Spaltnadores, appartiennent aussi aux terrains plutoniens, tandis que Plie voisine de Chio rentre dans la grande famille des Iles de l'archipel qui sont, mouis deux ou trois Ilots, du système crétacé.
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MOKT S1PYLUS ET SES BMBBANCHB- MBNTS.
. Sur la rive droite do golfe de Suivm*» et non loin de reiiihouchure du tyêlè* s'élève une niontague conique dont les ramifications fumant le groupe du Maniser dagh (montagne de Magnésie). C'est le mom Sipylus, un des plus célèhres de la Phrygîe. Cett^ montagne se présente plutôt sons la forme d'un massif que dune chaîne; elle doit son origine à de très-anciens volcans dont les éruptions ont couvert la contrée à des époques antérieures aux temps historiques, et doivent être rangés dans l'ordre des volcans anciens.
Les roches qui les composent sont des trachytes rouges, et bleus; mais à une époque plus récente des laves se sont fait jour sur les flancs de cette montagne, et ont donné naissance à des coulées qui sont en tout semblables à celles des volcans de l'Auvergne. Le groupe du Sipylus s'étend à l'est jusqu'à la ville de Magnésie et est séparé par une dépression assez forte des montagnes calcaires de Bournabat et de Nymphi ; au nord sa base est baignée par les eaux de l'Hermus que les Turcs appellent Sarabat ou Kediz tchaï et qui va se fêter dans le golfe de Smyrne, à l'ouest de la montagne. Au nord-est, le Sipylus se rattache par des ondulations presque insensibles au Mourad dagh le mont Dindymène, une des montagnes importantes de la Pbrygie centrale.
L 1 importance du mont Sipylus étaut beaucoup plus grande sous le rapport historique qu'au point de vue géogra phique, nous compléterons l'étude do cette montagne lorsque nous nous occuperons des villes situées sut' son territoire.
Le reste de la côte nord du golfe est formé d'alluvions qui s'étendent jusqu'aux rochers de Phokia, l'ancienne Phocée placée à l'entrée. du golfe.
Depuis la plaine de PBermus jusqu'à Pergame et sur la côte jusqu'au golfe d'Adramytte le pays est composé de plaines peu accidentées dans lesquelles coule le fleuve Caïque et l'ijn de ses affluents, le Selinus.
Ici le terrain commence à présenter un aspect nouveau; la région purement calcaire a cessé et les rocher schisteuses avec des filons de quartz commencent à surgir, mais souvent entrecoupés par des épanchements trachytioues. Chaque montagne, chaque colline de cette région porte un nom moderne, mais qui ne se rattache en riep aux souvenirs historiques. Le groupe méridional est toujours le Maniserdagh, et le massif entier est le Kodja dagh, (la maîtresse montagne). Plus on avance vers le nord, nlus le terrain primitif se développe. Audessus de la ville de Pergame on entre en plein dans le système granitique ou de micaschiste qui constitue l'ensemble du mont Ida. Les différents torrents qui descendent de ces. montagnes témoignent que les sommets sont de même nature que la base; car tous les cailloux roulés qu'on ramasse dans leurs lits sont de syénite, de gneiss et de micaschiste. M. Tchihatcheff, qui a bien observé ces parages, cite une localité curieuse dans le Madara dagh , au nord de Pergame; c'est un chaos de blocs de syénite accumulés comme par suite d'un tremblement de terre et dans lesquels on observe la roche depuis l'état sain et compacte Jusqu'à celui de la plus complète désagrégation. Là, un petit village du nom deTchatnoglou s'est installé au milieu de ce désordre de la nature. Les maisons sont en partie établies, sous les blocs suspendus, et forment des habitations moitié cavernes moitié maitons. Chaque fissure, chaque crevasse a pour ainsi dire été utilisée pour y établir une demeure, et quelques murailles de pierres sèches couvertes de branchages ont complété l'habitation.
Cette montagne du Madara dagh, qui selon toute apparence est restée dans tout le cours de l'antiquité sans autres habitants que quelques Lélèges Iroglodites 0)> est peu visitée de nos iours, et l'on doit savoir gré à M. Tchinatenef de l'avoir si bien décrite, au prix de beaucoup de fatigues (2).