CHAPITRE XiKXVI
BUMÉNIA— ICHBKLI.
Euménia était une des principales villes de la grande Purygie; elle fut fondée par Eumèno, roi de Pergame, qui lui donna son nom. Les auteurs an~ ciens (2) se contentent 4e le. mentionner; elle est comprise par Hiéroclès dans la notice des villes épiscopales, Casent tous les renseignements, que nous fournissent les auteucs; mais les ruines d' Euménia ont été retrouvées m village d'Ienékli, et. le grand nombre d'inscriptions qu'elles ont produites supplée largement au %silence des historiens.
Comme toutes les grandes villes d'Asie,
(i) Strâbon, XII, 576; Eutrop, lit. IV, eh. %; Pline, Kv. V, cb. *g.
(a) Strabon,' XIV, 0*3. .1» < h
L'UNiVEftâ.
Euraénia était administrée par un double conseil du sénat et du peuple; elle avait reçu le titre de Sébaste , et des jeux publics étaient célébrés le jour de la naissance d'Auguste, sous la présidence du proconsul d'Asie, à l'imitation des jeux augustaux de Rome. Les courses aux flambeaux présidées par un Lampadarque sont mentionnées dans une autre inscription en même temps que la prêtrise de plusieurs temples de Diane , d'Esculape et de la mère des dieux , Agdistis.
Les habitants d'Euménia, comme ceux de Phocée, avaient pour usage de compter les mois par un simple numéro d'ordre. La population était divisée en tribus. M. H a mil ton a rapporté l'inscription du tombeau d'un semeiographe (est-ce un libraire ou le graveur des inscriptions municipales ) nommé Actiacus , de la tribu Athénaïde, qui s'était fait construire de son vivant un tombeau avec un monument commémora tif au-dessus (1).
L'empereur Marc-Aurèle Gt faire de grands travaux d'utilité publique dans la ville d'Euménia, et ies habitants le remercient de ce bienfait par une inscription honorifique.
Les ruines d'Euménia ont été observées pour la première fois par Pococke au village d'Icbékli, mais elles n'ont été bien déterminées qu'après les recherches faites par Arundell, qui rapporta plusieurs inscriptions contenant le nom de la ville.
Ichékli est située à onze heures de marche, au sud-sud -est d'Ouschak ; on fait d'abord trois heures de marche dans une plaine nue, jusqu'au village de Yapal ; une heure après on franchit la rivière Banas tchaï, et l'on fait halte au village de Sedjikler; on a fait depuis Ouschak six heures et demie de marche ou trente-neuf kilomètres. D'après une inscription encastrée dans le mur de la mosquée de ce village, M. Hamilton a constaté qu'il occupait l'emplacement de l'ancienne Sébaste. I^ne signale en ce lieu aucune autre ruine importante.
De Sedjikler on fait une heure de marche jusqu'à Bourgas, village situé dans une
(0 Mv&tyuïov <7vv xû ftaixcû, Ha in i Itou, Aesearches, t. II, inac. n* 356.
plaine bien cultivée à laquelle mccè une lande pierreuse et déserte, bon au sud par une chaîne de collines i cheuses.
Du haut de ce col on jouit d'un va panorama qui s'étend sur les plan d'Euménia à l'est, etd'Àparoéeal oi* on descend ensuite dans la piaj d'Ichékli à deux heures au sud de colline. Le village est situé au d'une montagne rocheuse sur li était construite l'acropole; cette gne est séparée des hauteurs voisines une vallée étroite qui donne naisr à plusieurs sources dont les eai réunissent en un torrent qui forme marécages avant d'aller se jeter dans; Méandre. i
M. Hamilton considère ce coursd*j comme le Glaucus mentionné parPfl{ et tranche la question controversée!
le colonel Leake,qui regardait le Glas comme une rivière de Carie (1). En de monument* dignes d'être obsen il ne cite qu'une excavation taillée à le roc, devant laquelle sont les i tiges d'un portique. Un grand nom de colonnes et de piédestaux sont réfl dus dans la ville et dans le kooae l'aga ; le village contient deux e cinquante ou trois cents maisons d le plus grand nombre est occupé | des Turcs. )