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LAODICÉE SUE LE LYCUS. — ESI HISSAR

Antiochus Soter, en fondant n ville nouvelle sur les bords du Lvd lui donna le nom de Laodicée en Hk neur de sa femme Laodice. Ce fut i bord une place de peu d'importaofl mais l'excellence de son territoire l'esprit industrieux de ses habitants!

crurent insensiblement la fortune Laodicée, qui , sous le règne de Tibi était devenue une des plus belles vitt de la Phrygie (2). Plusieurs citoyd opulents lui firent des donations impflj tantes; Strabon cite Hiéron, citoyen i

(i) Hamilton, I. C. T. II, 164; Arundd Seven Cfwrcfus, p. a37, note p. 3»9- (») Strabon, XII, 578.

indicée , qui embellit la ville de plufers monuments , et loi fit en outre Enitdedeux mille talents.

L'orateur Zenon et son bis Polémon ■t du nombre des bienfaiteurs de r riilc natale ; le dernier fut proclamé ans Auguste, et régna sur cette fc du Pont qu'on appela Pont Po- Iriaque. Pendant la guerre de Mibte, Laodicée fut exposée à tous nibeurs d'un siège, et fut en partie ■te; aussi la plupart des monufe dont on peut encore observer les es ne sont-ils pas antérieurs à Tête romaine. Il en est de Laodicée ne de la plupart des villes fondées les rois grecs : c'étaient d'anciens ics de population dont on chanl le nom. Selon Pline, Laodicée lelait primitivement Diospolis et i, sans doute à cause des nombreuses qui l'entouraient: les fleuves fus et Caprus se réunissaient sous murailles et allaient tomber dans le hdre.

b ruines de Laodicée, appelées nrd'hui Eski hissar, le vieux châi sont situées à six kilomètres au ! de Denizli. Ses monuments sont que tous dépouillés des marbres en faisaient la beauté; ils sont de » immémorial exploités comme fcre par les villes et villages des ente. L'ensemble des monuments de toée porte le caractère de l'archiwe du deuxième ou troisième *. Il n'v a dans leur style rien d'oui ou de spontané qui attire ration de l'antiquaire ; si l'on ajoute » l'état de ruine et de désolation ' lequel ils se trouvent, on coin pr enque cette ville n'ait pas encore été jet d'une étude spéciale, et que ceux l'ont visitée n'en aient fait qu'une oiptioo sommaire. Presque tous les ageura qui ont parcouru ces régions .passé par Laodicée et ne s'y sont ar- Bque peu d'heures.

W premier monument qui attire les Ns en venant de Denizli est le u*> qui est encore en bon état de Nervation; il est à l'extrémité sud b ùlle. Les gradins reposent sur le JJjc d'une colline qui offrait une base pureile pour asseoir le- monument.

f* arcades des careères sont encore

debout; une inscription placée sur la porte principale gravée en grands caractères est ainsi conçue :

A l'empereur Titus César Auguste Vespasieo, consul pour la septième fois, fils du divin Vespasieo et au peuple, Nicostrate, le plus jeune des fils de Lucius Nicostrate , a élevé ce théâtre de marbre blanc , à ses propres frais ; son héritier Nicostrate a lait achever ce qui manquait à ce monument. Marcus Ùlpius Trajan proconsul l'a dédié.

Cette inscription se rapporte à Tan 79 avant notre ère. Le proconsul d'Asie était le père de l'empereur Trajan. Plusieurs observateurs ont confondu ce monument avec un amphithéâtre ; c'est une erreur que l'on commet souvent.

Le monument est bien un stade ou hippodrome destiné aux courses de chevaux.

Les autres édifices consistent dans un gymnase dont le plan pourrait être relevé presque en entier, deux théâtres dont l'un peut être considéré comme un odeum ou théâtre de musique. I<es alignements des rues sont marqués par des portiques et des colonnades dont on peut suivre les différentes directions.

La surface de la ville est couverte de constructions parmi lesquelles ou reconnaît plusieurs temples avec leurs soubassements, et les bases des colonnes encore en place.

Les murailles, les portes, et enfin la nécropole , couverte de nombreux sarcophages , tout cet ensemble concourt à faire de Laodicée le sujet d'un très-beau travail de restitution. Mais la description de ces monuments, sans qu'on ait préalablement reconnu leurs dispositions particulières serait sans profit pour l'étude.

La ville était pourvue d'eau potable, par le moyen d'un long aqueduc posé sur des arcades qui prennent naissance à la colline voisine. La source avait au plus haut degré la propriété incrustante, aussi d'énormes stalactites se sont-elles formées par i'épanchement des eaux hors de leur canal , et ont-eUes oblitéré presque tous les conduits.

Les ruines de Laodicée datent presque toutes de l'époque romaine, et contiennent, peu de vestiges de l'art chrétien. Cette ville fut cependant comptée

L'UNIVERS

au nombre des sept, églises d'Asie , et elle est mentionnée dans l'épttre de saint Paul aux Cotassions.

Elle fut un des principaux sièges apostoliques de l'Asie, mais n'offrit qu'une faible résistance a l'invasion mur sulmane. Les Turcs en étaient maîtres en 1097, lorsque Kutayah était encore entre les mains des Byzantins; l'empereur Jean Comnène la reprit en 1120, et fit réparer ses murailles» Après avoir été pendant près d'un siècle soumise à toutes les vicissitudes de la guerre, Laodicée finit par tomber sous la domination musulmane. On ignore les eau* ses de l'abandon de cette ville; la population chrétienne, maltraitée pur les Turcs, vint s'agglomérer dans la petite ville «de Denizli. La fertilité du sol de Laodicée , le grand nombre de troupeaux de moutons qu'on y élève , peu~ vent donner une idée de ce qu'était ce pays sous le gouvernement romain.

Les eaux des rivières voisines passaient pour être très-favorables à la finesse de la laine des brebis, aujourd'hui ces lames» sont principalement employées dans la fabrication des tapis.

DENIZLI. — LE LYCUS.

Denizli est la ville la plus voisine de Laodicée, et parait s'être formée de la population de eette ville, qui a peutêtre été chassée par quelque catastrophe subite. Ce fut a'abord une petite; place entourée de murs. Mais au commencement de ce siècle, un tremblement de terre renversa presque toutes les maisons , et les habitants se dispersé* rent dans la campagne, où ils s'installèrent au milieu des jardins. Il s'est formé ainsi une ville agreste qui a un cachet tout particulier; les mosquées sont de grands bâtiments entourés de colonnades , le tout en bois et barbouillées de dessins fantastiques, représentant des villes, des navires et des forteresses; toutes les couleurs de l'arcen-eiel. sont employées pour peiodre ces édifices, qui ont plutôt l'air de pagodes indiennes que de mosquées.

La beauté des jardins de Denizli, l'abondance des fruits de toute sorte, donnent à ces lieux un charme incom-

Krable, mais l'étranger qui arrive ia de s'accommoder de cette vie cil pétre ; pendant la belle saison les bitants couchent sous des berceai feuillage au milieu de leurs jan les maisons sont désertes, et la de pierre, la Cassaba, n'est plus hd que par les chiens errants.

Les eaux de la plaine de Laof sont maintenant assez bien étudl le Lycus prend sa source dans le i Cadmus, qui sépare la PhrygieJ Carie ; il est plus éloigné de Lad que ne semble le dite Straboo. J avoir coulé quelque temps a l'air I il se précipite sous terre aux en de Khonos, l'ancienne Coiossx, r cinq stades plus loin (l) , et ag cours de vingt kilomètres, il va, nom de Tchorouk sou et de Sultan tchaï, se jeter dans le Méandre loin de la montagne de HJérapobsJ coule dans un terrain meuble; ses à sont très-encaissées; on le passe m mauvais pont de bois en allant d'fe^ hissar à Hiérapolis. ,

La disparition du Lycus a été toi, de plusieurs observations qui n'ont!

amené de résultats bien satisfaissaj M. Hamiiton qui a visité dans «I spécial les ruines de Colossœ, émet»

opinion qui présente un côté plaosi mais qui n'est encore qu'une eonj ture.

Après avoir quitté le village de Kl nos, M. Hamiiton va droit an w pour reconnaître les cours d'eau qai rosent la plaine; il retrouve le vérin emplacement de Cotoss» à trois mi au nord de Khonos ; là il traverse un pont un cours d'eau considérj qui coule vers l'ouest : c'est le Tcbor* sou ou Lycus, ce cours d'eau reçoit peu au-dessus du pont, un cours <f nommé Ak sou, qui jouit au plus k degré de la propriété incrustante^ teur suppose que du temps <f Bérw les incrustations de i'Ak sou an formé sur la rivière , une sorte de j ou de couverture de tuf sous lequel paraissaient les eaux. Cette grotte couvrait la rivière , se sera écroulée suite d'un tremblement de terre, tf M. Hamiiton conclut qu'aujourd'hui

(x) Héro*!6tc,h>. Vif, cb. 3e.

ASIE MÎJSETJRE.

tacherait en vain 1a disparition du

'«s ri).

les fleures Asopus ev€aprus sont les

fcx petits ruîfeedirx, presque toujours»

:, qui circulant am abords de Eskl

ir. Une autre rivière prenant sa

ne à la base* tiu meut Coduius*é-

i le territoire tle Chctoos, Colosstt,

eehrî de Denizlî ;■ on lui donne te

de Gceuk bouoar, la source

rte," c'est sans doute le fleuve Cad-

, qui est un affluent du Lycos.

orsqu'on a quitté les ruines de Lao-

feet qu'on s avance au nord-est dans

■bine du Méandre, l'horizon est

né à Vest par une montagne blanche

h forme et la couleur ont quelque

t d'étrange; les indigènes appellent

h Pambouk kalé si, lo château do

parée qu'en effet la montagne est

d'une roche dont la blancheur

iputc à ïa neigé, et dont tes formes

fases peuvent être comparées à des

ses de coton.

'est remplacement de l'ancienne ftpolis, dont les monuments ? tous l'âge romain méritent l'attention de iquairç et de l'artiste, mais dont tàt est bien affaibli par le voisinage sources thermales, uniques en Asie pot-élre dans le moude entier, et ont Tain à1 Hierapolis une renomj qu'elle conserve encore parmi les 'gènes, malgré Fétat de destruction se trouvent les édifices qui eontri- &nt à sa célébrité, et parmi lesquels pouvaient des thermes sans pareils *■ le monde romain.

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