CHAPITRE XLVI
ABBIVÉ1 DES GAULOIS.
Le piys qui reçut le nom de Gallotece oo de GaJatie était un démem- WMDt de deux grandes provinces, le bot et la Phrygie. Déjà, sous les rois
Èi, plusieurs parties notables de ces os avaient subi des modifications, itsoos le rapport des gouvernements, 1 sous celui des frontières. Les rois fPtmt avaient possédé une partie de [Phrygie, les rois de Bithynie s'étaient pparés de plusieurs villes du Pont et hon territoire; c'est en cet état de tnembrement politique que se troulent ces provinces lorsque les Gau- ( arrivèrent en Asie : c est aussi ce favorisa leur établissement dans le être de l'Asie Mineure.
t*s rois de Pergame, s'appuyant sur initié des Romains, faisaient la guerre Ixrois de Bithynie.
iRicomède, qui avait à se défendre là-seulement contre leurs attaques , P» encore contre l'alliance occulte de lépoblique romaine, résolut d'appeler ton secours un peuple dont la renom- R avait déjà franchi les mers, les Gaulois » campés aux portes de funce, menaçaient cette république ne amitié onéreuse. Ils furent appejpar Miconoède, et entreprirent cette jBaott expédition qui eut pour réfat la conquête de la Phrygie centrale. Pour nous, nous ne devons pas nous geler sans un sentiment d'orgueil "woal , que les Gaulois ont pénétré Kpau centre de l'Asie Mineure, s'y •t établis , et ont laissé dans ce pays * souvenirs impérissables. Si le nom |Frtncs est le terme général sous le- *" les Orientaux désignent les nabi* nfcde l'Europe, c'est que nos ancêtres rt influé d'une manière notable sur ! desbnées de l'Orient dès les pre- Jtfs siècles de notre histoire. Cette uuence, confondue avec celle des Ro- «u», quand la Gaule elle-même fut
réunie à leur empire , s'est relevée puissante et active, lorsque l'empire romain s'est écroulé; les Latins ont renouvelé en Orient les exploits des Gaulois. C'est la France qui conduisait et poussait les essaims de croisés à travers les monts et les plaines de l'Asie, et, dans les temps modernes , c'est sous l'égide de François Ier et de Louis XIV que les nations chrétiennes commencèrent à commercer sans crainte avec les nouveaux vainqueurs de l'empire byzantin.
11 n'est donc pas sans intérêt d'examiner sur quelles bases s'est constitué l'empire des Gaulois en Asie, comment ils sont parvenus à s'établir au milieu de royaumes qui, à cette époque, étaient à l'apogée de leur puissance. Cette fusion si prompte et si facile des conquérants européens avec les peuples asiatiques n'est pas un des phénomènes les moins curieux de cette expédition. Tous les princes décorés des titres pompeux de rois de Pergame , de Pont et de Bithynie, s'empressèrent de concéder à nos barbares ancêtres autant de terres qu'ils en voulaient pour former cette république des Galates que la puissance de Rome se garda bien d'anéantir, mais ou'elle respecta plus que l'héritage d'Alexandre
Lorsque les Gaulois arrivèrent en Asie , ils se trouvèrent en rapport avec des peuples étrangers comme eux , et comme eux venus d'Europe, les Grecs, les Phrygiens, les Mysiens, les Bithyniens. Nous avons vu dans quel état se trouvait le rovaume de Bithynie à cette époque. Deux compétiteurs , sou* tenus I un et l'autre par des alliés puissants, et excités par de perfides conseils, étaient en présence : Nicomède et Zîpoetès étaient sur le point d'en venir aux mains.
Le nom des Galates commençait à se répandre en Orient; les exploits des tribus guerrières qui, sous la conduite de Brennus (I), avaient ravagé la Grèce
Slrab., lib. Vf 187,
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et parcouraient la Thrace en rançonnant les villes , portaient la terreur au milieu des populations. En abandon^' nant la Grèce après la mort de Breunus, les Gaulois se séparèrent en deux corps; l'un resta dans la Dardanie, l'autre traversa,' les anpoes »W main, la Thessalie et la Macédoine, vivant de pillage et de contributions levées sur les habitants. Ce dernier corps, fort de vingt mille hommes, reconnaissant pour chefs LéonoriusetLéontarius(l), arriva jusqu'à Byzance, rendit tribu* taire toute la côte de la Propontide, et, devenu maître de Lysimachie , dont il s'était emparé par surprise, il s'établit dans la Chersonèse , et descendit l'Helkspont. La vue des riches cain* pagnes de l'A sie, dont ils n'étaient séparés que par un détroit, donna à ces Gaulois le désir d'y former un établissement. Ils députèrent quelques-uns des leurs vers Antipater, qui commandait sur cette côte. Le bruit de leurs exploits les précédait en Asie, et Antipater, n'osant pas leur résister ou* vertement, suscita de continuelles difficultés pour «gagner du temps. C'est à cette époque qu'il faut rapporter la tentative que firent les Gaulois pour s'emparer de la Troade (2) , mais cette province avait été tellement ravagée par la guerre, qu'ils ne trouvèrent pas une place susceptible d'être mise en état de défense. La ville d' Alexandrie* Troas n'était alors qu'un bourg avec un temple de Minerve ; elle dut son ac* eroissement aux bienfaits d'Hérode Attiras. Lorsque les Gaulois arrivèrent, ils trouvèrent cette ville sans murailles, et ne voulurent pas s'y établir.
Les négociations entamées avec Antipater ne recevant aucune solution, les tribus commandées par Léontark» s'emparèrent de quelques barques, et passèrent en Bithynie (3). C'était au moment où Nicomède s'apprêtait à faire la guerre à son frère Zipœtès. Le roi de Bithynie les reçut plutôt comme des alliés que comme des ennemis, heureux de pouvoir compter sur le secours d'étrangers dont la valeur faisait
(i)Til. Liv.flib. XXXVIII, ch. t«.
(a) Slrab., lib. XIII, 5g4.
(3) Me n non, ap. Photittm, 730.
trembler les peuples amollis et nabi au joug. Nicomède appela en Bitb; le corps des Gaulois de Léonorius, était resté près de Byzance, et, foi ces auxiliaires , il eut bientôt rédui) rebelles.
Le traité signé entre Nicomède e Gaulois nous a été conservé par I tius.
« Les Gaulois demeureront touji unis par les liens de l'amitié avet comède et sa postérité.
« Us ne pourront jamais, sansle* 8entement de Nicomède, former au< alliance ; ils resteront toujours les i de ses amis et les ennemis de ses nemis.
« Ils donneront des secours Byzantins toutes les fois qu'ils es ront requis.
« Us se porteront bons et fidèlej liés des villes de Tios, Ciera, Chi doine et Héraclée. »
C'est à ces conditions que le roi I ouvrit l'entrée de ses États, et fou des armes à eeux qui en manquaient
Le passage des Gaulois en Asied fectua sous l'archontat de Damo* l'an de Rome 476, A. C. 278 (1).
Dans le principe, le corps àes G lois venus eu Asie se composait deft tribus principales : les Tolistoboid lune des plus puissantes tribus g loises qui fondèrent de* établissent dans la Germanie, dans l'Italie et à l'Illyrie. Les Boieus, souche de 4 tribu, habitaient la Lyonnaise etl quftaine; leurs premières migra»
remontent à plus de cinq centM avant notre ère. Le second corps, « des Tectosages, qui devint le pluspfl saut des trois peuples établis en A* faisait partie des Volées de la NarM naise. Il est à croire qu'ils furent « vent les compagnons des Boiens m leurs expéditions lointaines, car Ca nous apprend qu'ils avaient aussi fort des établissements en Germanie 9 Cette tribu était la plus nombreuse et
Elus illustre, et les Romains la cm lèrent de témoignages d'estime quai ilsfurentmaîtresdetouterAsieMmeffl Le troisième corps, celui desTrocln*fl,
(1) Pausanias, lib. X, a3.
(a) Ciesar, Comm., Hb. TE, a*.
ASlfc MINEURE.
son nom de celui de smi rioiiMW»."!! paraît «voir toujours fine pe* les Teetosages, et n'a ' dattfrrhfatotre lé souvenir de ; exploits.
ays eooeédé par le*oi de Bithynie
hardis guerrier* ne pouvait suffire
t ambition, lia entreprirent bien*'
I expéditions ©outre leurs voisina,
nnblèrent, et' offrirent» de leur
r tribut. Us 'él aient entrés dans ces
feomme lés alliés d'un prince
r, etv tont barbares et illettrés
tentent , leur politique rot asse*
" âefe habite, pour' attirer à eux
Grecs ; les Phrygiens, délicats
aies habitent»*» ces villes Bem-
Ceux-ci acceptèrent fa rude
les Gaulois, et formèrent avèe
\ althmee assez intime pour que
reçût des Remanis eux-mêmes
de wlle-Grèce. Tontes les na-
de l'Asie Mineure; menacées de
; attaquées de près, se soumirent
ieminafion gauloise , et F Asie en
\ da Tàuras ne tut pins m/un paya
qu'ils se partagèrent à leur
Troemièns eurent en partage
de THeitespont, la Paphlago-
«né portion • de ta Cappadoce ;
de et rfonîe échurent aux Toïts-
, qui allèrent s'établir au- delà
e Sangarhis , et les Teetosages
tonte la portion septentrionale
Phrygie et de la Cappadoce. Ils
rentra leur nouvelle conquête te
' de la mère patrie , et la Galatie
fiât placée au premier rang
mecs indépendantes de l'Asie
vers cette époque que les Rongèrent à porter leurs armes e contrée .Fidèles à une politique avait toujours réussi, ils cornnt à exciter contre les Gaulois, nation qu'ils redoutassent, les de Phrygie et de Bfthynie ; mais née d*Annibal dans ce dernier e suffisait pour déjouer leurs in- Ce fut Attaie, père d'Eumène, premier déclara la guerre aux Gau- "J, sons prétexte de s'affranchir de 't que payaient les rois de Peret cette guerre fut heureuse, car
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les Gaulois se retirèrent an delà du fleuve Sangarius. Cependant, ils ne cessèrent pas de jouir d'une assez grande influence sur les princes de I Asie Mineure , prêtant leur secours intéressé dans les dissensions nombreuses qui divisaient ces princes souverains, , et qui préparaient lesuceès des armes romaines, lis envoyèrent un corps nombreux comme auxiliaire à Antloehus le Grand ; mais les conseils d'Ànnïbal et ta' coopération des Gaulois ne le.sauvèrent pas d'une défaite. La vengeance de Rome s'attacha bientôt aux alliés du roi : le consul M. Mantras, jalou* de surpasser les exploits de Scipiôn , marcha contre les Gallo-Grecs sans attendre les ordres du sénat. L'expédition de Manlrus eut lietl Fan 565 de Rome (A. C. 1*9) ; il y avait quatre-vingt-neuf ans que les Gaulois étaient établis en Asie. En ventant accomplir son projet d'invasion dans la Gnlatie , le fténéraf romain fat assea habile pour décider les princes Attales à lui servir d'auxiliaires. Aidé des troupes de Pergamè, et guidé par des alliés qui connaissaient le pays et les populations, il n'hésita pas a se mettre en campagne, néanmoins, an-lieu de marcher directement sur la Galatie , il fit un long circuit en suivant la chaîne du Taurns.
Les Gaulois, vaincus malgré des prodiges de valeur, firent leur soumission aux Romains. ,
Le consul, qui s'était montré si exigeant et si avide envers les peuples dé la Carie et de la Pisidie , accorda aux Gaulois une paix honorable, ne leur Imposa aucun tribut, maintint leurs lois, et se contenta de leur défendre de faire des incursions chez les alliés des Romains. Le sénat confirma par un décret l'indépendance des Gaulois. Cette faveur si rarement accordée aux peuples conquis , les attacha définitivement à la fortune de Rome. Établis au milieu des monarchies nées de la succession d'Alexandre les Gaulois conservèrent la forme de gouvernement usitée dans Tes Gaules.
Chacun des peuples formant la confédération gauloise fut divisé en quatre tétrarchies ; chaque tétrarchie avait un tétrarque , un juge, un général, subordonné au tétrarque,' et deux lieutenants subordonnés au. général. Les états
L'UNIVERS
se tenaient dan* un lieu nommé Drvne* metum, situé sans doute au milieu d'une forêt de chênes qui leur rappelait le culte de leurs pères (l), et le grand conseil qui assistait les douze tétrarques réunis se composait de trois cents personnes. Les Romains, en modifiant ce gouvernement , lui conservèrent l'apparenee d'un État républicain , jusqu'à ce que la souveraineté fût réunie sur la tête de Déjotare, le dernier prince qui jouît de l'apparence d'un pouvoir national (2).
Ijes Galates se montrèrent les fidèles alliés des Romains dans les guerres contre Persée. Us eurent beaucoup à souffrir pendant la guerre de Sylia contre Milhridate ; la Galatie fut envahie par le roi du Pont; les principaux habitants furent massacres, et le pays, réduit eu province, reçut des gouverneurs particuliers. Apres la défaite de Mithridate Sar Pompée, la Galatie rentra sous la omination romaine; maison ne lui rendit plus ses tétrarques. Déjotare, prince galate , reçut le titre de roi. Il eut pour successeur son secrétaire Amyntas, qui dut cette faveur à un caprice de Marc-Antoine* On ajouta à son royaume plusieurs parties de la Pisidie et de la Cappadoce ; mais tous ces nouveaux royaumes, sans force par eux-mêmes, n'avaient qu'une existence précaire. Amyutas mourut Âpres un règne de douze ans , et ses enfants n'héritèrent pas du trône de leur père. La Galatie fut réduite par Auguste en province romaine (A C. *5) (S). Nous retrouvons plus tard le fils d'Amyntas, Pylaemènes, aux fêtes de la dédicace du temple élevé à Auguste par les peuples de la Galatie, et sa fille CarachyJae exerçant la charge de grande prétresse de Gérés (4). Lorsque Ta Galatie eut été réduite en province, elle n'en conserva pas moins tout l'appareil d'un gouvernement indépendant ; les lois et actes de l'autorité furent toujours promulgués au nom du sénat et du peuple : en réalité, cependant , la Galatie tut administrée
(i) Strab., XII, 4«7- (a) Slrab., XII, 5Ô7.
(3) Diod., lib. LUI.
(4) D'aprèf des inscriptions trouvées à Ancyre,
par des propréteurs, dont les noms i sont également conservés dans un m nombre d'inscriptions. Nousnepe»
révoquer en doute un fait attesté saint Jérôme (1) de l'usagede la la
Sauloise en Asie. Les noms aju 'Albiorix, Ateporix, etc., coi»
dans les inscriptions, prouvent aj nationalité gauloise ne s'était pa facée après un séjour de deux eentt en Orient. Mais un fait qui est i plétement en faveur de ceux qui sent que le gaulois ne fut jamaà langue écrite , c'est que parmi 11 nom branles inscriptions qui ont et cueillies depuis trois siècles dans cienne Galatie, pas une seule écrite en gaulois. Les actes émanai conseil général des Galates sont en langue grecque ; les actes pu émanant du pouvoir impérial, lai criptions relatives aux magistr* militaires , aux légions , aux nM sont tous en latin; on avait soin i quefois de mettre une traduction j que à côté de l'inscription latine.
Le même sénatus-consulte qui crivit la Galatie au nombre des pn ces, déclara Ancyre métropole del la Galatie. Les deux autres capitale Galates, Tavium et Pessinunte, • mencèrent à déchoir à partir de époque. La destinée de ces deux i fut tellement uniforme, que l'ui l'autre sont restées pendant des si englouties dans uu oubli compta leur position même était ignorée.!
nunte peut aujourd'hui déplorer yeux du voyageur les faibles débri sa grandeur passée : mais Tawm capitale des Trocmiens, ville grau commerçante, célèbre par un terop Jupiter qui avait droit d'asile, Tan cachée au milieu des montagnes a rive droite du fleuve Halys, n'a ju«| été l'objet que d'investigations si ficielles de la part des archéologue!
Depuis le jour où le titre de »
pôle de toute la Galatie fut déeeri Ancyre, l'histoire de la provinces sume dans celle de la ville. Les»; peuples partagent la destinée des tosages, et se trouvent complètes
(x) Epiftt. ad Gai.
(*) Voyez la description de Pi*«*
1 eoofoodus avec eux dans la période qui foifit le règne des césars.
1 Telles sont donc les conséquences des éféDements que nous avons rapidement retracés. Deux peuples braves et entre- | praoïBts viennent l'un après l'autre as- ( seoir leur puissance sur une des plus 1 belles parties de l'Asie Mineure, et tous êm réassissent sans de grands efforts r i établir leur autorité d'une manière durable. On ne peut se lasser d'admirer cette grande et sage politique des Ro- ■*&•, qui partout s'annonce par l'éclat ta victoires et s'impatronise par les «is de la paix. Après avoir préparé l'af- ■iblis*ment des États qu elle redoutait, Rome frappe un grand coup sur u nation gauloise; mais, à peine vain- «se, elle lui tend la main , lui conserve «s princes et son gouvernement, n'antoneeson pouvoir dans la capitale des feJates que par la sagesse de ses lois , ««prodiges de ses arts et la pompe de erfétes.
lits Gaulois n'avaient pas suivi une ■arche différente. Sans pitié pour les •«Demis qui leur opposaient des obsbdes, ils se montrèrent voisins seeoul»Wes pour les princes qui réclamaient far appui. Ils conservèrent aux villes qui étaient tombées en leur pouvoir leurs fa, leurs croyances et même leurs sufnstitions. Sous la domination gauloise, ■ foule des pèlerins n'en accourait pas •oins aux panégyries de Pessinunte , et « prêtres de la déesse purent venir ftoeessionnellement annoncer aux Ro- ■ttwque le jour de leur domination,
Cdit par les oracles, était arrivé (1). secret de ces doux peuples, marchant » même but , se cachait sous les mêmes ■eyens: vaincre d'abord , mais conser- Jfr teur dignité aux peuples vaincus, et «w faire oublier, par uu gouvernement «wforrae à leurs besoins, le joug qui *> réalité pesait sur eux.
Lorsque saint Paul parcourut l'Asie jjjneure pour prêcher le christianisme, te Galates furent de ceux chez qui la
Kle de l'apôtre fructiOa le plus vite.
. fisse d'Ancyre fut une des premières Wi s'élevèrent en Orient; aussi reçutwle le nom d'Église apostolique. Les ^eques d'Aneyre figurèrent aux con-
(0 Tit. Lnr.f uSi supra.
ciles de Nicée et de Chaleédoine. Deux conciles furent tenus, en 314 et en 358, dans la capitale de la Galatie. Les Notices ecclésiastiques divisent la Galatie en seize évêchés sous deux dénominations, la Galatie-Salutaire et la Galatie- Consulaire. Ancyre appartenait à cette dernière province.
Malgré tant de ravages et de guerres désastreuses , la Galatie , par la fertilité de son sol et la richesse de ses produits agricoles, est encore une des provinces les plus heureuses de l'Asie Mineure, car les vieux Gaulois, guerriers intrépides, peu soucieux des arts, et com- {uëtement étrangers aux lettres, avaient 'agriculture en grande estime, et ce n'est pas le hasard qui les dirigea dans le choix au'ils firent de ces provinces pour s'y fixer de préférence à d'autres cantons de l'Asie Mineure. Un climat sain et tempéré, un pays coupé de montagnes et de plaines, où les troupeaux trouvaient une nourriture abondante et choisie, un grand lac au sud de la province qui fournissait du sel au delà des besoins pour les troupeaux et pour les hommes, et des hivers assez froids pour leur rappeler les frimas de leur patrie, qui retrempent les forces abattues par les chaleurs de l'été, tels étaient les éléments de prospérité sur lesquels ils avaient compté.