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CHAPITRE XLVIÎ

ÉTAT DB l'aGBICOLTUBB.

Les troupeaux nombreux qui se sont perpétués dans ces contrées avaient attiré leur attention ; on sait que dans l'antiquité il n'y avait pas de meilleurs bergers que les Gaulois. Aucun peuple ne savait si bien gouverner les troupeaux , soigner les brebis , préparer les laitages et recueillir les produits. Us estimaient

Su'un berger ne peut bien gouverner plus e quatre-vingts moutons. Ils avaient soin de frotter les brebis fraîchement tondues avec de l'huile et du vin, et couvraient d'une peau les toisons les plus précieuses.

Les anciens pensaient que le sel fossile doit être choisi de préférence pour saler les fromages, et Strabon nous atteste que l'Asie Mineure en exportait

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jusqu'en Italie. L'usage des préparations diverses du lait s'est perpétué en Gala» tie; les Turoontsnsr et les Nomades foui: du lait le base de leur nourriture. Ils estiment particulièrement le lait aigri et à demi caillé , qu'ils appellent youhourt* Varron nous apprend que la. substance laiteuse qui sort de la feuille d'un figuier fraîchement coupée servait, chez les Grées, pour faire cailler le lait. Le* moutons de la Galatie sont de la mêmes race que ceux de la Cappadoce; ils portent une queue large et pesante qui ferme une masse de graisse/du poids de vingt livres et au delà. Ce sont ces troupeaux qui faisaient la richesse du roi Ariarathe. La laine de ces brebis est touffue, mais n'est pas assez belle pour être employée en tissus tin peu .fins.

Les anciens bergers étaient dons l'usage d'arracher la toison des brebis et non pas de la couper (de là le mot vellera)? c'est sans douté a cause de cette habitude cruelle et malsaine que l'on était obligé d^p'pliquerun'apozème sur les brebis fraîchement tondues. Mais il parait que cette' habitude n'était pas gé* nérale en Galatie, car Varron en a fait la remarque (1).

La toison des brebis, soit naturelle, soit travaillée, servait de vêtement aux bergers gaulois. Varron les représente vêtus du diphtère ou peau de brebis.

Les diphtères les plus fins étaient en peaux de chèvres. Ce vêtement est encore usité dans la Bretagne et dans les Landes. Ce sont deux peanx de chèvres cousues , formant une espèce de sagum ou sac avec des orifices pour passer la tête et les bras. On voit encore aujourd'hui le berger galate vêtu de là sorte, et portant le pedum ou bâton recourbé qui sert à arrêter la brebis lorsqu'on veut la traire. Une tunique de coton ou de laine blanche lui descend jusqu'à mijambe , et le pied est revêtu d'une peau de chèvre attachée avec des courroies.

Mais on ne voit plus ces cheveux d'un blond ardent qui donnaient aux Gaulois un air si redoutable. L'usage si général de se raser la tête (2) a prévalu

(x) Varron, ap. Dureau de la Malle, Economie politique des Romains, „* (a) Usage qui n'est pas d'origine musulmane , 'car on voit en Lycie des bas-relief»

chez les Asiatiques , de quelque çelmoo qu'ils soient. Sans chercher à se aire illusion* on reconnaît quelquefois, surtout parmi les pasteurs, des types qui se rapportent merveilleusement à certaines races de «os provinces de France, On voit plus d'hommes blonds eo Galatie qu'en aucun autre, royaume de l'Asie Mineure ; les têtes carrées et les yen bleus rappellent le caractère des populations ae l'ouest de la France. Celle race de' pasteurs est répandue dans les villages et les yaela camps des nos»

des des environs de la métropole.

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