SI
ipms sépulcrale*. Un vaste sou-
* qai règne sous la plate- forme
Jteaa serrait à contenir les ma-
i de guerre. Suivant le système
i usité à cette époque, la cita-
peut le point culminant de la
îles murailles n'avaient pas de
[extérieur; elles suivaient les on-
! du rocher, et s'élevaient ainsi
endroits à plusieurs een-
| de' mètres au-dessus du niveau de
L'enceinte de l'acropole était
par des habitations particu-
;et, dans le moyen âge, les chré-
Ijr construisirent une église que les
1 ont toujours respectée.
'• plus beaux édifices construits
Romains étaient dans la partie
> de la ville; les inscriptions qui ot encore nous apprennent
avait un hippodrome, des
», des aqueducs et plusieurs tem-
. Si l'on en juge par les débris que
[voit répandus çà et là, la inagni-
ee de ces édifices ne le cédait en
teeui de Rome même. Les artistes
Remployé* par les vainqueurs don-
[ à ces constructions un cachet
et d'élégance que n'avaient
auments d'Italie.
l'AUGUSTBUlf.
\ du temps et des hommes plupart des édifices antiaï temple, élevé par les i en l'honneur d'Auguste , subsiste encore, pour attesté éminent les arts étaient i en peu de temps dans la ca- | de la Galatie. Ce monument oc- : le centre de cette partie de la £qm fut l'ouvrage des Romains, isous le rapport de l'art, il est > remarquable encore par les nom- " > inscriptions placées sur ses mus» qui nous ont ainsi conservé des nts historiques très-importants.
s avons à regretter des portions no- *de rarchitecture, les colonnes et [[chapiteaux, l'entablement extérieur; ""*! dans ce qui reste, tous les détails construction et d'ornements sont utés avec tant de goût et de préci-
> que le temple d'Ancyre , s'il était ps connu , serait sans contredit placé
W Livraison (Asib Minburf t.
au premier rang des cliefs-d'ceuvre de l'architecture romaine.
Les ruines du temple d'Ancyre se composent de deux murs latéraux de la cella, avec les antes ou pilastres qui les terminent. Ces murs sont construits en gros quartiers de marbre, reliés par des crampons de bronze, comme on peut s'en assurer dans les parties brisées. Les chapiteaux des pilastres représentent des victoires ailées, gui s appuient sur des enroulements de feuillage. Ces figures s'ajustent avec une convenance parfaite dans des rinceaux d'acanthe , qui forment la frise extérieure du mur de la cella. La largeur et la hauteur des pilastres font connaître les dimensions des colonnes absentes ; l'antiquaire peut ainsi reconstruire dans son imagination un des plus beaux monuments d'Ancyre.
La façade du temple était ornée de six colonnes d'ordre corinthien, gui portaient un entablement et un fronton.
Des débris épars qui ont appartenu h l'édifice font voir que les colonnes étaient cannelées. L'ajustement du mur de la cella indique qu'elle était entourée d'un portique; ainsi le temple d'Ancyre était hexastyle et péri pt ère , disposition généralement adoptée par les Romains pour les édifices religieux de grand style. Il existe une médaille d'Ancyre portant d'un côté l'effigie d'Auguste avec les attributs du dieu Lunus, et sur le revers un temple nexastyle avec cet exergue : Communauté des Gâtâtes Augustaux. 11 est probable que ce temple est le même que celui dont les ruines existent encore.
Dans la partie antérieure de l'édifice est une sorte de vestibule ouvert, ou vronaos. On entrait du pronaos dans la cella (partie réservée pour les prêtres) par une porte richement ornée d'un entablement porté TBur deux consoles de marbre. II est rare de voir dans les temples antiques, les portes assez bien conservées pour qu'on puisse en étudier tes proportions. Dans toute l'Italie , on ne cite que deux portes de temple, et, pour la beauté des détails , elles ne sauraient être comparées avec la porte du temple d'Auguste.
L intérieur de l'édifice était fort simple. Une corniche, de laquelle pen-
L'UNIVERS
datent des guirlandes de fruits, régnait à Pentour. Au-dessus de la corniche s'étend une partie complètement lisse , qui dans l'origine, fut sans doute destinée à recevoir jdes peintures.
Dans le mur de la cella, à droite en entrant, on remarque trois fenêtres cintrées, destinées à éclairer l'intérieur.
Comme les temples anciens ne recevaient de jour que par la porte, Pococke et Tournefort avaieut douté que le monument d'Ancyre fût réellement un temple, et étaient portés à le regarder comme un^prytanée; mais, en examinant de près ces fenêtres,, on voit qu'elles ont été percées après coup, et que le cintre est taillé au milieu des assises horizontales des pierres de la cella. Ces fenêtres ont été percées lorsque ce temple fut converti en église ; c'est alors qu'on abattit le mur du posticum, et qu'on ajouta des constructions qui se rattachent aux antes. Dans la partie antérieure du temple , on se contenta d'enlever les colonnes qui se trouvaient entre lésantes, pour former le mrthex ou portique qui précède toutes les églises byzantines.
Vers le milieu du dix-huitième siècle, un pèlerin de la Mecque, du nom de Hadji-Baïram, fit élever une mosquée contiguë à l'église, que les musulmans avaient détruite. On employa 5our cette construction une quantité e. fragments de marbre provenant de la démolition des portiques du temple, et l'église byzantine fut convertie en cimetière pour les musulmans.
Quelque déplorables pour les arts
Jue soient les, dégradations commises ans le temple d Ancyre, on ne sait si l'on doit en blâmer les auteurs, car, sans nul doute, aucune partie de ce bel édifice, ne serait parvenue jusqu'à bous. La ville d'Angora étant située sur un terrain .volcanique, le marbre et la pierre .calcaire sont apportés de loin, é|t tout ce qu'on a pu, arracher des monuments . antiques pour l'employer à d'autre* édifices, ou même pour luire de la chaux, a été enlevé sans scrupule. JL^a mosquée a protégé le temple, et, quoique cet édifice soit aujourd'hui sansdestinetioiv ti a été respecté comme dépendance dfrmv monument religieux..
Ce temple tut inauguré par les prin-
ces de Gahttie dont les noms «ont a serves dans l'inscription grecque tr»
sur le pilastre, et qui rapport* toc les cérémonies et fîtes qui méat 1 au moment de la dédicace. Cette i cription avait, à plusitars «pré attiré l'attention des savants. CbtsiH Tournefort, et après eut Motftfww en ont publié des fragments plus moins incomplets. Je «lois fairreW mie ce dernier, en' donnant, dans Paléographie , une copie de IMnseriptj de l'ante, a été induit en erreur m forme du caractère. Celui qu'il reprad appartient tout à fait aux bas temps l'empire byzantin. Il faut croire qel copié une transcription faite parqoek prêtre grec. Le caractère tracé sar monument est au contraire du tacitk style, et appartient évidemment* l'é que de la dédicace do temple. Coiéi qui a publié les mêmes fragments q Montfaucon, croit que chacune < fêtes mentionnées dans ee moamn eut lieu aux différents annîferearr* la consécration. Je «tonne aejoaHI cette inscription complète, qui i mettra aux savants de décider Jeu Rien, dans le caractère de llnaeripfa ne porte à croire qu'elle a été'eflrite plusieurs époques différentes. Jeu au contraire déposé à penJw que tort ces fêtes ont eu lien au moment de consécration du temple, sans dwte la mort d'Auguste, quand on I ioser sur les parois de la cella une copie i son testament en latin et en grec.
Ce futPylaemènes.BIs d'AtajatoME dédia le temple. L'inscription ewtw»
aussi les noms de plusieurs dflftjjsfà cesgalates sur lesquels l*bî apprend peu de chose rongé par le temps en , droits , laisse quelques I faciles à remplir. Cette il d'autant plus intéressante seul document aussi com possède sur les cérémonies" ces chez les anciens.
Le peuple des Galates, aarat i sacrifiées d'inauguration, a oédlé divin Auguste efè la déesse R< torité de Loliiaous, coosulatfe
impérial] a donné des
combattre trois cents pâlies a donné une «nasse de taureaux féroces, plus un festin public; s
ASÎR MfNEURE
ittuntfehtsse;». LeUias( présidait Kl»-
fcuea, tilt du roi Amvntaf , a donne i an festin public, a donné deux fols lacles, a donné un combat gymnique letdeeavaiiers; i» a donné également * 'ide taureaux et une chasse. II a i de la rille le terrain ou est consens! ( lé temple d'Auguste ), où i réunion* publiques et tes courses
;.fiU d*Àf éporlx , a donné un festin i'dédié les statues de César et de Ju>
.fil* de Kasatodiastès, a donné i festins publics, a sacrifié une héi donné des speetacles, u distribué ede cinq boisseaux de Wé à phaque ]tnu]eias. fils de Diognéfcsi ( a prt-
i d'Aiéporlx, a donné pour la sei on festin public (qui fut présjkié)
, iils adoptif de Ménèmachtis, et de Ide Dorvlaus, a donné un festin puami dé l'hutte pendant quatre «pis.
r fus d'Artfcnus,. a donné Un fesUux
». . fils de Séleueus, a donné un fea» ; il a fourni l'huile pendant quatre
fils du roi Àmyntas, a donné
î festin publie ] aux trois peuples ;
nt sacrifie une hécatombe dans
i donné des spectacles et une pro-
*onné également un combat de
t des purifications, et fait coin»
eux couples de gladiateurs ; U a
> pendant toute Tannée aux trois i donné un combat de bétes fé-
i (a présidé à ces (êtes), i donné à Pessinonte un festin nbot de vingt-cinq couples. U ux peuples à Pessinunte l'huile i] pendant toute Tannée; il a rtalaesdans PeasiiMintepis de Philodaliui, a donné deux i aux deux villes; il a fourni beux peuples pendant toute Tan* né des spectacles, nticus a donné un festin public; hécatombe; fl a donné l'huile *] Tannée.
> donné T huile aux peuples pen-
e,sous
ist fifs de Marden . a donné
t festin oublie; a sacrifié à Pesstlioo d'une victoire) ; Il a donné — '• ,
(ls de PhHoo, a donné un fes- * & une hécatombe ; a fourni i Tannée.
\ autel qu'il à consacré
iénas, [ a donné ] un f es-
\ ttt di^Butrope, lib. VII : * 6a-
tvjucia facta est, eu m
-rtfimusque moi M. Lol-
JTinistravit. » C'est bien
ne Lollin* qui présidait à
Impie.
UnpuèUcanx deux peuples; H a sacrifie une hécatombe, et fait combattre trois cents cou-
{>les de gladiateurs ; il a fourni [l'huile pendant oute Tannée»}
i Les deux dernières lignes sont trop
frustes pour être traduites.) Par cela [ils ont] honoré
Cet acte public, inscrit sur le frontis piœ d'un temple , est un document du
Plus grand intérêt historique, tant par authenticité des faits que par les noms des princes qui pot concouru à çetle dédicace. Tout ei* reconnaissant que le peuple d'Ançyte a toujours reçu de la
Krt des Romaine les témoignages d'une nte estime, on doit étee frappé du soin que priUe magistrat suprême, sans doute le proconsul, de faire, présider par un commissaire romain, dont le nom est inscrit à côté de celui des princes gelâtes , les fêtes et les cérémonies dont «es derniers firent les frais, et qu'ils sont censés» avoûç ordonnées de leur propre mouvement, ,
Cette longue «numération de festins, de spectacles- et de combats, donne mieux que tout <sek qu'on pourrait dire une idée de la richesse de cette ville d* Ancyre et de. cètt* Gqîatie» doveuue province romaine depuis moins de six années. Les Romains avaient trouvé une administration et un gouvernement qu'ils avaient conservés; les Gaulois, uniquement occupés d'expéditions guerrières, n'avaient guère songé à doter leurs villes de monuments superbes.
Des châteaux élevés sur la pointe des rochers et quelques huttes a l'en tour; c'était à peu près tout ce qui composait l'ensemble de leurs cités ; c'est encore ce que l'on voit dans toutes les parties de l'Orient. Les Romains portèrent chez les Galates le goût des théâtres, des jeux et des courses, qui se ranimait à Rome avec plus d'intensité à mesure que les rapports entre Rome et IQrient devenaient plus fréquents.
Ce qui rend l'Augusteum d'Ancyre un monument des plus précieux pour les antiquaires, c'est qu'A nous a conservé une copie du célèbre testament d'Auguste inscrit par ses ordres sur deux tables de bronze, et confiée la garde des vestales à Rooie. lin exemplaire de ce testament fut envoyé à Àncyre, selon la volonté de l'empereur 31,
L'UNIVERS
et gravé dans l'intérieur du pronaos du temple oui lui était dédié. Ce beau document historique a été rapporté pour la première fois en Europe, en 1564,
Sar Antoine Wrandls, Dalmate, évéque 'Agria, et Guillaume Busbeck, ambassadeur d'Allemagne près la Porte Ottomane. Un autre exemplaire , rapporté en 1689, copié avec soin, a été publié vers la même époque. H fut trouvé dans les papiers de Daniel Cosson, marchand hollandais qui explora les environs de Smyrne, où il fut assassiné.
Tournefort a copié, en 1 70! , cette même inscription, qui depuis a beaucoup souffert de l'injure du temps et des hommes, car, en Asie comme en Italie, les monuments antiques ont été l'objet d'investigations entreprises par l'ignorance pour chercher des trésors imaginaires, et souvent, faute de mieux, les avides et patients dévastateurs des monuments sa sont bornés à faire des trous dans les murs pour retirer quelques crampons de bronze ou de fer qui retenaient les pierres. L'inscription d Ancyre présente aujourd'hui des lacunes assez notables.
En collationnant les copies publiées avec l'exemplaire original, je m'assurai qu'elles offraient toute l'exactitude désirable pour l'époque où elles ont paru. '
Depuis cent cinquante ans ce monument épigraphique dormait, oublié des savants de V Europe; on s'était à peine rendu compte du contenu de l'inscription grecque de la face latérale. Lorsque j'arrivai a Ancyre, le monument était sur le point d'être démoli par le Mollah Hadji-Baïram.
L'inscription grecque était en grande partie cachée par des maisons modernes construites en briqués crues et qui pour la plupart étaient dans un état de destruction avancée. 11 m'eut été facile dès cette époque d'en obtenir la démolition, les dernières colonnes restées visibles et parfaitement conservées, m'avaient donné la certitude que l'inscription grecque n'était autre chose que la traduction de l'inscription latine gravée dans le pronaos. Dans le rapport que j'envoyai au ministre de l'instruction publique, et qui fut inséré au Moniteur du 24 décembre 1834 (t), j'exposai la
(c) Le monument d 'Ancyre, sur les mnrs
situation du -monument, et mon bot n^ rempli, car Tannée suivante ayant mh contré à Smyrne M. Hamilton , je m signalai la situation de l'édifice, et il ■ les travaux nécessaires pour dégager I majeure partie de l'inscription. Dans ces derniers temps une mission composa de trois personnes a été chargée crailea dégager complètement les restes de fi»
cription grecque, plusieurs rapports m été publiés à ce sujet jusqu'ici ils l'oi fait que confirmer les faits déjà misai lumière dans ma première publication.
On ne sait pas parfaitement à quelle époque le temple d'Auguste fut converti en église ; mais, comme le christianisme s'établit de bonne heure dans la tille d'Ancyre, il est à croire que le coite d« empereurs y fut aboli des les premwrç temps de la foi nouvelle. Lorsque la Galatie fut conquise par Harounal- Rasehid, ce prince vint jusqu'à Ancyre, et enleva comme trophée de sa ▼ictoirs la porte du temple qui Ait transportée à Bagdad. Une inscription grecque était gravée sur les battants et nous a été1 conservée dans le Djihan-Numa(l). FJte est ainsi conçue :
« Au nom de Dieu, ô enfant de« « monde, sois prompt à choisir loo> « sion; apprends à choisir toujours « l'homme qui convient suivant les liew « et les temps. La joie se change»
« deuil lorsqu'on en abuse. Ne chars* « pas ton présent des soucis de l'avenir, a Ne suis pas l'exemple des insensés, rt « garde-toi de ^enorgueillir des trésori « que tu as pu rassembler. »
H faut avouer que le sens de cette inscription n'est pas conforme à l'esprit
duquel est gravé le testament d' Auguste < n'est point un prytanée, ainsi qu'où fa dit, mais un temple consacré par la ville i h s* moire de cet empereur, 1 inscription gRcq* gravée fur Tante lève tous les douta i ce* égard.
A l'extérieur du temple, il existe des îts* cri plions grecques, dont une partie cft eschee par les maisons, mais j'en ai copié nrf* fisamment pour me convaincre ose et s'e* qu'une paraphrase de rinscription latine.
Rapport au ministre de rinstractioo ■•*** que, Moniteur du 19 décembre iS34, c°L aa34.
(1) Djihan-Numa, 643, apud Haaaer, l *99-
fe l'épigraptrie grecque, tandis qu'on ▼ retrouve font le mysticisme des écrfrtioi orientaux. Mais, quand même ^inscription serait apocryphe, il est arien de comparer ce fait historique irec ce qui se passait dans l'Inde à peu ires dans le même temps, quand Mahnotid leGbaznévide prenait, et envoyait i Caboul, les portes du temple de Soranaoth. Le dernier trophée de ce genre « aujourd'hui entre les mains des Ruses, qui, lors de la conquête de 1* A rménie, » 1828, enlevèrent les portes du tom- «u d*uo santon célèbre à Erzeroum.
L'ancien temple est aujourd'hui encore de constructions modernes, et ne mosquée bâtie sous le règne de Soiman le Grand par Hadji-Baïram, est ppuyée sur sa race méridionale. Des erres transportées occupent l'entrée du Tooaos, et sont couvertes de pierres épulerales. Cette mosquée fut bâtie par s célèbre architecte Sinam , qui consraisil les mosquées de Soliman à Cons»
mtinople, et de Pertew- Pacha à Nico- •édie. Hadii-Baïram , pèlerin de la lecque et d'une des illustres familles e la Galatie, est encore renommé par i piété et l'austérité de sa vie. Il est ! fondateur de Tordre des derviches Hiramy, et mourut en 67 de l'hégire IttO). Sa famille existe encore à An- Dra, et c'est un de ses descendants qui ït, au commencement de l'année 1834, i malheureuse idée d'entreprendre la taolkjon de ce qui restait du temple 'Ancyre pour en taire un bain dans sa lia. Mais ce projet n'eut heureusement » de suite, et i on se borna à l'enlève* «fit de quelques pierres sur la face éridionale.
Mon contents d'avoir élevé un temple Auguste, qui était regardé comme le )u?eau fondateur d' Ancyre, les Gala* s en firent construire plusieurs autres ) l'honneurdes empereurs Nerva, Trao et Caracalla. Une inscription, qui se ouve dans le cimetière arménien , pa- >H provenir d'une des statues élevées ma l'area d'un temple d'Antonin.
Les médailles et les inscriptions que >o a découvertes en si grand nombre Ancyre, attestent que le goût des jeux 'bues était devenu très-populaire sous • Autonins. A cette époque , en Asie «me dans l'anatnne Gaule, les Gau-
lois s'étaient identifiés avec les Romains, comme plus tard les Romains se confondirent avec les Grecs sous l'empire byzantin. Le gouvernement de la Galatie était remis entre les mains d'un préteur ; elle fut aussi régie par un proconsul, mais on sait que dans les provinces ces magistrats jouissaient des mêmes privilèges. Les ordonnances municipales raient néanmoins promulguées au nom du sénat et du peuple des Galates.
De toutes les villes d'Asie, Ancyre est sans contredit une de celles qui ont fourni au monde savant le plus grand nombre d'inscriptions et de documents historiques. Il est fâcheux que la plupart des monuments découverts journellement aux environs de la citadelle soient pour la plupart mutilés ou détruits avant qu'un antiquaire ait pu en recueillir une copie. La disette de pierre calcaire est la principale cause de la destruction des monuments. Tournefort a cité comme une singularité l'escalier d'une mosquée qui est en entier composé de bases de colonnes en marbre.
Cette construction, aussi barbare qu'incommode, existe encore, et toutes les maisons environnantes sont remplies de fragments plus ou moins défigures d'architecture romaine. (Test là tout ce qui a échappé à la consommation active aes fours à chaux, qui , en Asie comme en Italie, ont été les moyens les plus actifs de destruction.
Les murailles du château sont presque entièrement construites en fragments extraits de monuments antiques.
Les stèles commémoratives et honorifiques s'y trouvent en abondance; mais c'est le hasard seul qui fait que les inscriptions qu'elles contiennent sont apparentes pour nous; on doit cette bonne fortune au seul caprice de l'ouvrier, qui n'a pas craint de trop défigurer la muraille en laissant paraître les inscriptions des Génois : c'est ainsi que sont désignées par les Turcs toutes les anciennes nations de l'Asie.
Depuis la base jusqu'au sommet des murailles, on découvre partout des parties plus ou moins conservées des actes administratifs de la ville; et ces inscriptions réunies nous servent à compléter le peu de documents que nous ont laissés les écrivains anciens,
L'UNIVERS
Lu plupart des finies villes de l'ein- \ùre romain, iwlles surtout qui avaient un simulacre de gouvernement indépendant, n'avaient rien Aantà cœur qye de modeler leur administration su? celle de Rome même ; elles les divisaient en régions comme la capitale» et les habitants se partageaient en tribus. Quoique cet usage se trouve généralement répandu chez les diverses populations du monde ancien, il y a beaucoup de villes qui n'en ont conservé aujiuie trace.
J'ai cité comme provenant de Pessinunte une inscription mentionnant les Gaulois Tolistoboïens , qui babitaient cette partie de la Galatie. Je n'ai trouvé aucun monument lapidaire relatif aux Trocmîens. L'inscription suivante mentionne les Teetosages comme habitant la province d'Ancyre. -
Le lénat et le peuple des Teetosages ausustaux ont honoré M. Coeoéius Alexandre, tour concitoyen, homme juste et très- remarquable par la pureté de ses mœurs.
Le titre de métropole, qui était donné à Ancyre dans les actes officiels, se trouve reproduit dans ces deux inscriptions :
A. L Fui vins Rusticus iEmllianus, légat impérial, trois fois consul. Le sénat et le peuple de la métropole d* Ancyre honorent leur bienfaiteur par les soins de Trébius Alexandre.
Le sénat et le peuple [ honorent ] Caraoylée, grande prêtresse issue du sang des rois, HUe adoplive de la métropole, femme de Juif us Severus, le premier des Grecs.
Dans la plupart des graudes villes de l'antiquité , la division des citoyens en tribus parait avoir été tout à fait arbitraire. I<e nombre des tribus se modifia sur r accroissement de la population de chaque peuple; il n'y a que les tribus juives qui soient toujours restées au nombre de douze , parce qu'elles tiraient leur origine de chacun des fils de Jacob. Les citoyens d'Athènes fureut d'abord divisés en quatre tribus; mais, dans la suite, on fit des adjonctions nombreuses qui portèrent les tribus au nombre de dix. La population de Rome était divisée en trente-cinq tribus créées à différentes époques , à mesure que le nombre de citoyens prenait de l'accroissement. Les monuments qui subsistent encore à Ancyre , nous apprennent que chacune des tribus portait un titre
eomme celles de ttame; mais nous n* saurions, d'après- les inscriptions, m établir le nombre exact; il paraît certain, néanmoins, qu'il n'était pas moindre que douze. Les iaecriflioM qu nous restent sont au nombre de quatre:
une relative à la huitième tribu, dm à la neuvième, et une à la oaaèoit Ces inscriptions ont toutes appartenu a des stèles qui supportaient des statu»
honorifiques Quand en peste que dis toute cette ville il n'existe pas le pis petit fragment de statue antique ,qoÉ regrets n'éprouve-t-on pas de voir es contrées livrées à un peuple ignorant qui mutile avec rage toutes le* représentations de figure humaine que a main peut atteindre !
La plupart des statues élevées px décret, étaient placées dans l'aréida temples , ou entre les colonnes des pot* tiques. C'est toujours aux envircss di ces édifices que l'on retreuw le pus grand nombre d'inscriptions.
A la bonne Jbrtune.
Pbilotas p), fils de Diodore, ayant rendis fonctions <rastynome et de phylarqoe, «* magnificence et sans orgueil, et ayaat«éw dans les assemblées publiques , par le sénats le peuple, digne d'une statue et d'autre b* neurs, la huitième tribu claudienne hria.pw son honneur et a cause de sa btenveHUoff <** vers elle, élevé cette statué de ses propwsfc» par les soins de Claudius Anthimus, ietess ayant donné la place.
Le protocole de dédicace des statu»
honorifiques étant généralement 1* même dans tous les monuments, il* facile de restituer le premier tiers v l'inscription qui manque dans toutes kl lignes. Les titres des magistrats!* d'astynome et de phylarque sont si *# vent répétés dans les roscTiptioesdAfr cyre, que cette restitution présente w# espèce de certitude.
Ces deux inscriptions, relatives*»
neuvième tribu, se complètent ru«P* l'autre; mais aucune n'a conserve te nom du citoyen auquel la statue eta dédiée.
La neuvième tribu, la sacrée séoaloritff*;
a honoré ( ), révéla to<Wg
d'archonte et (Tastynome, qui a été AOTJ» pontife de la déesse Cérès, honoré stas^ fois dans les assemblées publique»,*»!11* faiteur. ^lfc-
La neuvième tribu Béaatortcoi* a é*#» »
frai» , et par recoaaaisaanot ce ( mmmtm ■-
us peuple.
.... l qui a été proclamé phylarque da meublé publique, par le sénat et le peupl képbon Alexandre (a présidé.;
L'inscription' relative à la onzième ibu est plus connue, et a été reproduite lusieurs fois; elle se trouve dans te rmetièrc des Arméniens, à deux kilowtrps de la ville; les Nôtres ont été épiées dans le château. La place de cette iseriptton ( car il est probable qu'elle 'a pas été apportée de la ville) permet t supposer que le quartier ou déme !>pelé Comocethim était dans cet enroit.
Indépendamment de l'honneur d'une atue, Zoticus Bossus avait reçu les «nfaits de l'adoption , utov ^tAqç i<x', >mme Caracylée , qui était déclarée 9e de la métropole. Il existe plusieurs aeriptious qui mentionnent cet honnir rendu par des villes asiatiques.
»x qui en étaient investis jouissaient ms doute , de la part des villes , des limes faveurs que les 0percTo\ de Biynie, de la part des citoyens qui les rient adoptes.
k Zoticus fils de Basses , homme honorable, wat de la onzième tribu , ayant exercé la j»rge de phylarque avec r. èle. et avec Intégrité m (faatyaome; ayant fait construire à tes «un bâtiment très-coûteux dans le Como- &**, et rrndant chaque Jour de nouveaux nieei à sa tribu dans les assemblées et dans «wt. La onzième triba fdlte) la nouvelle
Epteone [lait élever ce monument] parles . de Caius Bassus et d'Athénée Seogamus, puce étant donnée par le Ires-llluMre sénat.
Les inscriptions suivantes sont rcla* les aux légions qui fixèrent leur rési» ■fe à Ancyre : c'étaient la troisième, quatrième et la sixième. Ge premier «mment est enclavé dans les muraii?
i du château , à une grande hauteur, tf caractères indiquent une époque irienne.
b M* légion auguste l élève ce monument)
• • questeur, édile du peuple,
w proconsul de Pool et de Bitbynie, Jfct de la distribution des grains, légat de la P00 VI ferrée, légat des empereurs, propreft du peuple romain dans la province de «lie et dans la province de Cillcie, homme «etpienx.
La légion macédonienne auguste ait cantonnée à dix-huit milles d'An-
dansee Heu qui u*a pas encore été Diffailement déterminé.
Les deux inscriptions suivantes mentionnent d** majp>tra turcs exercées tant en Asie qu'en Europe par un Tectosage descendant des létrarques , nomme Tibénus .Sè.vérm, qui avait probablement pris le tiorn.de quelque patron romain.
Déjà, sous ie règne d'Hadrien, les noms gaulois s'effacent. U est probable que la langue gala te , qui était parlée par Je peuple, ne fut jamais employée dans le* affaires publiques, car il ue reste aucun monument lapidaire qui nous en prescrite le moindre débris.
A. Tibérius Sévértw, descendant des rois et des tétcarques, après toutes ses largesses envecs le peuple, élevé au tribuuat par le divin Hadrien : nommé légat en Asie d'après les rescrits et ordonnances du divin Hadrien , chef de la quatrième légion scgrthiqne et administrant les affaires de Syrie, quand Publicus Maecellus quitta la Syrie à cause de la révolte judaïque, proconsul d'Achafe à cmq faisceaux, envoyé en JKthynie comme censeur par le divin Hadrien ; préfet du trésor du temple de Saturne, cousu/, pontife pour la cinquième fois, inspecteur des travaux publics de Rome, général, légat de l'empereur César Titus Alius Hadrien Antonio, Auguste, Pieux, dans la Germanie inférieure. Marcus Juiius Euschémon à son bienfaiteur.
On peut classer ainsi, d'après les monuments, les magistratures galates exercées à Ancyre :
La Communauté des Calâtes.
Le Sénat.
Le Peuple.
La Tribu.
Le Légat impérial.
Le Préfet de la distribution des grain*.
Les Sextumvirs.
Le Grand-Prétre.
Le Galatarque.
Le Phylarque.
L'Astynome.
L'Irénarque.
L'Agora nome.
Toutes ces dernières magistratures étaient électives et temporaires. C'est pour cela que plusieurs citoyens sont cités comme les ayant exercées plusieurs fois. Le grand nombre de stèles élevées en l'honneur des phy laïques, des agoranomes et des astynômes me porte à croire que le peuple était trèsdisposé à voter uu monument à chaque sortie de magistrature.
Lorsque la Galatie fut convertie au
L'UWÏVERS
christianisme, de nombreuses églises s'élevèrent dans la capitale. Ancyre resta métropole de la première Galatie, et Pessinunte de la seconde. 11 ne reste aujourd'hui qu'une seule église de cette époque ; elle est dédiée à saint Clément d Ancyre. Le plan et la construction générale de cet édifice Indiquent qu'il est postérieur au règne de Justimen.
II était orné de peintures et de mosaïques qui ont été presque toutes détruites par les Turcs.
L histoire d'Ancyre pendant la période byzantine se résume en quelques faits peu importants Cest dans cette ville que l'empereur Jovien prit la pourpre impériale , qu'il ne porta que peu de jours , car il mourut avant cvarnver à Constantinople. Julien fut accueilli avec de grands honneurs à son passage à Ancyre. On a pensé que la colonne triomphale qui subsiste encore a pu être élevée en l'honneur de cet empereur. Elle est certainement de l'époque byzantine; cependant, comme elle ne porte aucune inscription, on ne peut que faire des conjectures sur le personnage ou l'événement qu'elle fut destinée a célébrer.
La ville d'Ancyre , après avoir subsisté pendant plusieurs siècles dans un état constant de richesse et de prospérité , vit son étoile pâlir, et des malheurs sans nombre vinrent assaillir sa population. Si les invasions venues d'Occident avaient apporté a ces contrées la prospérité et la civilisation, les hordes oui commençaient a s'agiter sur les plateaux de la Tartarie leur préparaient de rudes épreuves. Les premières attaques que la ville d'Ancyre eut à souffrir lui vinrent du côté des Perses. Sous Je règne d'Héraclius , elle fut prise par Chosroés (1). Rendue aux empereurs après la défaite du prince sassanide, elle eut quelques années de paix, qui lui permirent de réparer ses malheurs; mais les Arabes, qui avaient envahi la Perse (2) et renversé le trône de Chosroés , firent une irruption en Asie, prirent et ravagèrent Ancyre (3). Cette ville néanmoins ne resta pas sous la domi-
nation des khalifes, filais le pouvoir* empereurs byzantins était nul àm\ contrées, qui étaient devenues les 1 trémes frontières de leur empire; princes seldjoukides fondèrent à I ni uni un royaume qui s'étendit jusqi Sangarius; ils s'emparèrent facilen d'Ancyre, et en firent une ville 1 sulmane. Key-Kobad, seldioukide | san . fut assiégé en 1213 dans Aojj par Key-Kawouss, qui s'empara a ville. Le prince fut envoyé à MaU mais les émirs persans eurent la tu coupée et furent promenés par la sur des Anes.
Pendant la malheureuse expédi de Frédéric Barberousse, les sul seldjoukides avaient feint deconc une alliance avec ce prince; mais qu'il arriva dans les plaines du lac pays désert et sans eau potable croisés furent attaqués par les mi mans. Ces derniers avaient, moite force, moitié par persuasion, déôd chefs grecs, qui se trouvaient répal dans les bourgades éloignées, ànepi aucune provision aux Latins, art les troupeaux dans les montafpe* surtout a ne fournir ni armes ni M aux croisés. L'armée n'eut à résisw réalité, qu'à des escarmouches; bientôt des privations sans nombre rent assaillir cette multitude qui s< engagée dans des contrées incooi L'historien arabe Ibn-Al-Aûr (I) fa effrayant tableau du désastre de 1 armée , qui se dirigeait vers Anl pour rejoindre le corps de l'expéd des chrétiens. Les soldats, extea»
soif et de faim , jetaient leurs ai mouraient de fatigue. C'est ainsi Latins, sans cesse harcelés pa princes d'Iconium , gagnèrent la '" en franchissant les défilés sauvai mont Taurus; mais, arrivé prèf fleuve Cydnus, qui avait failli être à Alexandre , le prince croisé, fol blessé, tenta le passage à gué, et emporté par les eaux. L'année chef se dispersa et périt en détail; peu de croisés arrivèrent au camp d'A* tioche. Selon l'historien des cro»*; des (2), la ville d'Ancvre aurait àê,i
(1) Traduction de M. fteynaod*
(*) GesU Dei per Franco*, Alu«*. *•>
ASIE MIJNKURE.
elle époque, entre les mains des croies, commandés par Bohémond, qui en étaient emparés après la bataille e Dory lée ; mais l'armée de Barberousse e reçut d'eux aucun secours. Les atios,' qui avaient pour ennemis les trecs et les musulmans, ne purent wserver la ville d'Àncyre; ils la postèrent néanmoins pendant dix-huit inées , y bâtirent quelques églises, et garèrent le château. La période qui écoula entre la chute des princes Mjoukides et la conquête définitive Aocyre par les musulmans, fut un tnps tellement rempli de désordres, $ guerres entre les émirs chefs de disiet, que l'histoire de cette province se oufe absorbée par celle des malheurs os nombre qui affligeaient toute l'Asie ineure. Les Turcs , sous la conduite i sultan Mourad, unirent par se rendre aîtres d'Ancyre , et réunirent cette Ile aux conquêtes d'Othman , qui s'étaient sur toute la côte de la Prowtide. Mourad , après avoir pris An- *a, maria sa fille Néfidé avec Ala- Mjro 111, sultan d'iconium, sur lequel avait conquis la ville. 11 divisa ses «sessions en cinq sandjaks, qui fuot gouvernés par des Sou-bachi. Il y ait déjà longtemps que Nicée et moussa étaient entre les mains des ttomans. La puissance qu'ils avaient quise en Asie ne résista pas aux attaw de ce fléau de l'Orient, oui après oir conquis la Bactriane et la Perse, nait fondre sur l'Asie occidentale, en Bdoisant ses hordes innombrables. Ti- •w avait bâte d*en venir aux mains
* les sultans ottomans ; il avait déjà ragé plusieurs villes appartenant aux Itans, lorsque Bayazid vint au-devant loi à la tête d'une armée qui avait *tu les chrétiens et qui s'était aguer-
* par le siège de Constantinople.
Après le siège de Sivas , Timour ap- *que Bayazid, fils de Mourad, mariait contre lui, suivi d'une nombreuse B&. 11 alla au-devant du sultan jus- La£ngora,et somma Tacoub, qui corn- Mwait la place, de lui ouvrir les por- ». Sur son refus, Timour commença «ége de la ville. 11 fit détourner le wsde la rivière de Tchibouk-Abad, fit miner les murs d'Ancyre. Bayazid want, se trouva forcé, par le manque
d'eau, de livrer bataille. Le combat eut lieu dans la plaine de Tchibouk- Abad , sur le terrain même où Pompée avait autrefois battu Mithridate. L'armée turque fut dispersée, et Bayazid tomba entre les mains de Timour. Cette mémorable bataille eut lieu le 2 juillet