LE CHATEAU
Le château d'Ancyre passait à cette époque pour unedes plus formidables forteresses de l'Asie à l'égal deceHe de Van. Il est situé sur le sommet d'une colline oui commande la ville et entouré d'un double rempart. L'intérieur, qui est aujourd'hui complètement abandonné, renfermait les casernes, les magasins et une mosquée dont on attribue la fondation au sultan Achmet 1er. Comme dans toutes les forteresses turques , il y a en outre un certain nombre de maisons
Îjui étaient affectées à la demeure des amilles des janissaires et des soldats au temps de sa grande prospérité, on comptait à Angora cent soixante-dix sources natureIles,trois mille fontaines,soixanteseize mosquées, quinze couvents de derviches avec des mosquées dont la plus célèbre est celle de Hadji Baïram; trois mille derviches de son ordre et de celui des Mewlevi peuplaient les couvents ou Tékés; trois établissements publics étaient consacrés à la lecture du Koran; on comptait cent quatre-vingts écoles de garçons, deux cents bains, soixante-dix palais avec des jardins , six mille six cent soixante maisons, un bezestein ou marché couvert, et un grand nombre de bazars peuplés d'une infinité de cafés, d'échoppes de barbiers et de marchands.
Les rues et les places étaient pavées de pierres blanches et les maisons bâties en briques. On remarquait dans la population un grand nombre d'hommes distingués, de savants, de poètes et d'hommes de loi et de religion parmi lesquels le pèlerin Hadji Baïram a laissé un renom qui est arrivé jusqu'à nos jours; sa famille, qui dit- on se rattache à la souche des princes Galates existe encore aujourd'hui et jouit d'un grand crédit dans le pays.
L'UNIVERS
Apres tant de siècles d'occupation étrangère , il est évident que la population primitive a dû subir une altération notable par le mélange du sang osmanli; néanmoins tons les Européens qui ont séjourné à Angora ont remarque qu'elle conserve uu caractère particulier. Le sang gaulois se reconnaît ebez un grand nombre de sujets qui ont une barbe blonde et des yeux bleus. Cette observation faite en 1700 par Tournefort est encore vraie de nos jours, et si le caractère gaulois de la population n'est pas aussi virjce et aussi tranché que du temps de saint Jérôme, on ne peut nier qu'il ne soit encore le type dominant surtout chez les habitants de la campagne.
La langue celtique elle-même s'était conservée dans la colonie gauloise plusieurs siècles après son établissement» et dans le quatrième siècle saint Jérôme constatait que l'idiome national de la population d'Ancyre était le môme que celui des habitants de Trêves, quand la plupart des autres peuples de l'Asie Mineure parlaient la langue grecque.
Cette observation de saint Jérôme tend à prouver cependant que jamais le Celtique ne fut une langue écrite ; on a en effet retrouvé dans les ruines d'Angora un grand nombre d'inscriptions grecques et latines, mais on n'a jamais rencontré le moindre monument épigraphique en langue celtique.
Ancyre devint la proie des hordes tari tares : Broussa, Smyrne, Séhaste, eureut le même sort; mais les Ottomans reprirent l'offensive quelques années puis, tard, et Mahomet 1er réunit Ancyre au patrimoine des enfants d'Otuman.
Malgré tous ses malheurs , la ville moderne d'Angora est une des plus peuplées de l'Asie Mineure. Elle doit la prospérité relative dont elle n'a cessé de jouir, à son heureuse situation , à un climat admirablement sain , à un sol fertile, et surtout à ses innombrables troupeaux de chèvres, dont la toison, d'une beauté unique, suffirait pour enrichir une population double de celle de la province.
Quoique le pays ne manaue pas de pierre à bâtir, 1 usage général est de construire les habitations avec des briques crues formant une espèce de pisé.
Ce genre de construction, qui remonte
à la plus haute antiquité, puisque ta villes de Babylone et de Rinive rai bâties de la sorte, est répandu dan toute la Perse, l'Assyrie et la Capp»
doce. Il n'est point douteux que « ai soit la tradition qui ait conservé o| usage dans des contrées où la pierre el commune ; mais le bitume qui daosb Mésopotamie, forme le ciment de es constructions , ne se trouvant point f Pbryoie, il s'ensuit que, malgré I grande épaisseur des inuraHIes, M maisons n'ont aucune solidité. De (ta comme on ne se donne aucun soin ptf orner l'extérieur, les rues de lamoden Ancyre ont un aspect de tristesse çq n'ont pas les villes plus modernes. | La population se compose deltuts^ d'Arméniens et de Grecs, et d'une* tain nombre de familles arménien* catholiques, qui ont obtenu la pt* mission d'ouvrir une église. On évaH toute cette population à 28.000 âmeii mais la ville est assez grande pour 4 contenir un bien plus grand nomln