‹ Asie mineureChapitre 272 sur 428 · UL VILLE MODERNE ET LIS 1A»| TÀNTS · texte numérisé non relu

UL VILLE MODERNE ET LIS 1A»| TÀNTS

Les murailles d'Angora du côté de II plaine sont bâties avec des matérr* tirés des anciens édiûces et reliés i de la terre ; une partie de ces nnnn été relevée pendant la courte dwnr* tion de Mehemet Ali en 1833 : M vernement Turc ne parait avoir au souci de l'entretien des villes de n^ térieur. # ,

Le château qui domine la ville et m occupe certainement l'emplacementii l'ancienne forteresse galate n'offre p^ aujourd'hui «ju'un amas de constnA tions incohérentes. Il est compoj d'une enceinte de murailles fla^I?™ de tours dans lesquelles on a emptop une quantité de matériaux autiqv"i une seconde enceinte appelée lncnK« le château intérieur, était pendant nom séjour à Angora tout à faitioaccessibu* ou avait barré lo porte en dedans * l'on était sorti en franchissant le ««■ avec une échelle ; ce fort ne renferma* disait-on, que des vieux affûts et "« armes hors d'usage. Mais les soutrr

ASIE MiftEUUE.

bs servant de prison pouvaient être tes. On y avait conduit pendaut la are d'Éaypte un certain nombre de laçais prisonniers de guerre.

fctc prison forme une longue gais îoétée qui ne reçoit l'air que par i soupiraux étroits ; le long des mura t rangés de longues poutres ser- * de ceps pour passer les pieds des Huniers qui sont^foreés de rester (jours étendus sur le dos. L'antitmbre de la prison est en harmonie c l'appartement : c'est une salle tk et haute ménagée dans le mas* tfune tour, au milieu est un poteau e un escabeau, c'est là qu'on étrangle criminels.

>a remarque dans le château plusieurs s de marbre d'un travail grossier; figures d'animaux sont aussi très-ré* làws dans la ville : on en compte ide quinze; ils ont presque tous la •» attitude, ils sont assis sur leur ipe.

i est très-difficile de connaître d'une sière exacte la population des villes stlmanes : les recensements sont Nncooplets surtout pour le sexe ssïb. Les chrétiens forment le tiers h population qui est estimée en s a vingt-huit mille habitants; tout

tid commerce est entre leurs La ville envoie annuellement cent Snte mille piastres comme cadeau askier pacha ; cette somme était Srandc partie prélevée sur la popu- •n chrétienne. On se plaignait beau* ip de la hausse des farines, le pain (aidait alors quinze paras Toque, en ■très tenues pour quatre francs on j»ait avoir quarante-six kilos de pain; un hissar dans le même temps le ne poids de pain coûtait deux francs unte-dix centimes (1).

u> griefe des rayas ne se bornaient •là : ils se plaignaient de ce que Matidlim augmentait chaque année °pôt sur le vin et sur les marchants à Finsu du sultan ; de ce qu'ayant franté aux rayas 85,000 piastres, il 11 Payait pas l'intérêt, mais de plus il •«ait de les rendre.

De leur côté les agens du Mutzellim

'M *oj. le Compte rendu de CAcadéme 'àtntes, 9nar» i835.

disaient : l'impôt sur le vin est fixe, les chrétiens doivent annuellement 25,000 piastres ; si la récolte est abondante ils payent peu, si elle est mauvaise l'impôt est en effet onéreux,

jLa dette de 85,000 piastres, objet de la contestation , datait de l'arrivée des troupes de Meuemet Ali : il n'y avait pas de caserne pour les loger, le gouverneur fut obligé de les loger chez les habitants ; mais les rayas ne voulant pas recevoir ces musulmans dans leurs maisons proposèrent de s'exonérer de cette charge en payant une somme au gouverneur qui ne refusa pas de leur donner un reçu , mais dont il ne se reconnaît pas débiteur, puisqu'ils pouvaient se dispenser de cette charge en logeant les musulmans.

L'assiette de l'impôt est généralement mauvaise, les terres ne sont imposées que sur le produit, de sorte qu'une terre en friche ne paye rien.

Pour les propriétés urbaines, l'impôt est minime : une maison dont la surface est de vingt-quatre mètres carré* paye vingt-sept francs. La culture du tabac est libre, l'impôt du sel n'est que de quelques paras par kilos : un para est aujourd'hui la huitième partie o?un centime.

A la mort d'un chef de famille, chez les Musulmans, le Mollah et le Kadi sont chargés de liquider la succession ; la veuve a droit à un huitième, la part des filles est moitié de celle des garçons ; s'il reste un frère, dans sa première enfauce il est élevé aux frais communs de la famille sans préjudice de ses droits.

Pour ses fonctions d'officier public le Mollah prélève au nom du gouver?

nement deux paras par piastre ou cina; pour cent. Les Turcs et les Grecs doivent en outre l'impôt urbain pour l'entretien de la cité et de la police. 11 n'y a pas de pays où l'on parle moins de voleurs ; les maisons sont à peine closes, et pendant un long séjour dans cette ville, je n'entendis jamais parler d'un méfait de ce genre.

La grande charge, l'immense difficulté qui arrête tout progrès industriel est cette horreur des innovations qui tient aussi bien les chefs que. les administrés ; personne n'aurait l'idée d'élu-

L'UNIVERS

blir une manufacture ; les chutes dVau sont magnifiques aux alentours de la ville ; on pourrait y fabriquer des étoffes de toute sorte, le coton , la laine et le lin abondent dans le pays, tout cela est travaillé à la main ou exporté brut. Il y avait dans le siècle dernier plusieurs maisons européennes établies dans le pays, aujourd'hui il n'y a pas un seul agent; on exportait alors plus de vingtcinq mille balles de chatys, de bas et d'autres étoffes de laine, aujourd'hui l'exportation ne s'élève pas à cinq mille balles.

Le Rhamnus Tinctorius, arbrisseau plus connu sous le nom de Paliure, a été cultivé avec avantage dans les environs d'Angora, c'est cette plante qui donne la graine pour la teinture ; elle se vend huit piastres Toque (2 fr. 70, 1 kil. 25 h.): la récolte totale dépassait en 1835 quatre cent cinquante mille piastres.

Le pacha d'Angora a dans son Êparchie cent quatre-vingts villages, qui réunissent quatre-vingt-cinq mille habitants , c'est donc une population trèsclair-semée, les nomades ne comptent pas. La force armée est très- peu nombreuse, cependant le pacha disait qu'au moyen de ses communications avec les Yoivodes on pouvait réunir dans le centre de la Phrygie une armée de trente mille hommes. Ces chiffres qui nous ont été donnés par les autorités, montrent combien est faible la population du centre de l'Asie Mineure.

Nous quittons avec regret cette ville d'Ancyre dont l'histoire pourrait fournir la matière d'un volume. Mais le temps nous presse, nous avons encore de vastes provinces à visiter, nous retrouverons encore plus d'une fois le nom des Gaulois, cité avec honneur dans les guerres que les Romains et les Byzantins ont eu à soutenir sur les frontières orientales de l'Empire.

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