CHAPITRE II
HYGlilfl.
Au nombre des provisions unies, o doit compter une petite pharmacie coi tenant les médicaments les plus usuel comme le sulfate de quinine, du lat danum', de l'ammoniaque, quelque prises de purgatifs , une trousse conU nant ciseaux, lancettes, pierre infernal et quelques bandes dans le cas d'u accident. U est utile d'emporter u scarificateur avec des ventouses à pomp< Ce petit instrument, qui remplace avan tageusement les sangsues , peut rendr de grands services. Dans presque toute les eaux stagnantes de l'Asie l'on trouv des sangsues; mais il faut avoir soi de les foire dégorger pendant quel ques jours avant de les employer ; san cela leur morsure peut être venimeus et causer des abcès. Une botte de clj sopompe ne devra pas être oubliée, ains qu une pièce de oiachylon contre le clous et furoncles que l'excès de la cbi leur peut faire naître. Le moindre soû médical que l'on donne à ses gens es toujours du meilleur effet; ils en sou très-reconnaissants et servent a?ec plu de zèle.
Il est à peu près inutile d'appeler u? des médecinsdu pays, tant leur ignorant est grande ; mais maintenant dans prêt que toutes les villes on trouve des médf cins européens. Ce sont les barbiers d pays qui se chargent de faire les sai gnées; ife saignent ordinairement U malades soit du pied soit de la main, < laissent le membre dans un bassin d'en chaude. Dans l'ignorance où ils 901 de l'anatomie, ils se hasardent raremei à faire une saignée du bras dans I crainte d'un accident. On fera bien d reste, avant d'entreprendre un Ion voyage, de prendre une consultatic écrite de son propre médecin qui doi nera des conseils selon le tempérâmes Mais en route il ne faut pas néglige les petites indispositions, que la fatigi aggrave promptement, surtout lesfii vres et Ja dyssenterie. Les insolatioi doivent être soigneusement évitées, < ayant soin de porter un chapeau à lar] bord et de ne jamais stationner poi dessinerouéerire qu'à l'abri d'un paras*
Le régime diététique est des plus smpies : se conformer à la manière de mre du pars. L'usage du via , du tasse, as café n'a rien de nuisible. Ceux dont Testomac pourra s'accommoder in laitage sous toutes les formes trouvas* une ressource précieuse dans cet afacnt. Les fruits sont généralement sans et très-abondants en Asie ; mais il à*t savoir les choisir dans leur pronoce natale. Les raisins de Smyrne , tes poires d'Angora , les melons de Gasaba sont d'un usage salutaire quand •a ne les prend pas par excès. Mais il fret s*abtenir autant que possible de Mes les solanées comme tomates mébsgènes et des concombres crus, dont les indigènes font un usage immodéré. Pour tout dire en un mot, le voyages* fera bien de ne pas s'écarter du régime alimentaire qu'il suivait dans son pays. Ceux qui ont l'habitude du thé tarent en faire usage à toute heure pour boisson habituelle; elle remplace avantageusement le vin , qui est rare et nêftoere dans l'intérieur.
Les salaisons ne sont pas un aliment tain; on n'en trouve pas a acheter dans l'intérieur, et celles qu'on emporte ne tardent pas à devenir rances.
Ceux qui ne craignent pas d'augmenter feur bagage pourront emporter aueJçnes bottes de conserves et de légmes secs; mais il est surtout important de se pourvoir d'un sac de biscuits qu'on appelle à Smyrne paximada pour le cas ou Ton ne trouverait pas de pain dans les haltes, et cela arrive fréquemment lorsqu'on entre dans les régions des nomades. En effet ces tribus ne cuisent pas de pain, mais préparent au moment du repas des galettes appelées
ra et qui ne sont autre chose que de pâte non levée, chauffée pendant quelques minutes sur une plaque de tue. On est toujours certain de trouver en route à s'approvisionner de viande de mouton , d'œufe et de poules. Celui an prend août aux préparations de laitoge que font les nomades se trouve assure contre toute privation; car dans toutes les tribus, comme dans les villages, le lait est abondant. On le consomme doux ou aigri ; il prend alors le nom de youhourt, et fait pour ainsi dire la base de la nourriture de
toutes les populations champêtres. Les mesures hygiéniques à prendre sont des plus simples; excepté quelques cantons marécageux comme Épnèse et quelques embouchures de fleuves, le pays est d'une salubrité complète. Il faut avoir soin de ne jamais dormir la nuit en plein air pour ne pas contracter d'ophtalmies et de ne pas dormir en plein soleil. Les vêtements que l'on doit porter ne diffèrent en rien de ceux que Ton porte en Europe; ceux qui sont habitués aux vêtements de flanelle ne devront pas les quitter à cause de la chaleur; une ceinture de laine est un bon préservatif contre les refroidissements.
Nous devons, avant de terminer cette question d'hygiène, dire un mot d'un fléau gui pendant bien longtemps a été un sujet d'effroi pour les voyageurs européens; nou« voulons parler de la peste, puisquil faut l'appeler par son nom. Lorsque nous sommes arrivé en Orient, nous venions comme tous les autres dans la persuasion cjue la fuite seule pourrait mettre à l'abri de l'atteinte de la contagion ; que le moindre attouchement, le plus petit contact suffisaient pour faire contracter la peste, et c'est clans ces idées , partagées du reste par une partie de la population franque de rOrient, que nous traversâmes plusieurs épidémies. Car de 1833 à 1842 la peste se manifesta dans les différentes régions de la Turquie d'Asie sous la forme de plus de trente épidémies dont quelquesunes furent très-meurtrières. Les précautions que nous croyions devoir prendre en voyageant ne nous mettaient pas toujours à l'abri du contact, et nous finîmes par reconnaître que les dangers que peut présenter la peste ont toujours été fort exagérés. Notre expérience personnelle ne suffirait certainement pas pour donner un conseil à ce sujet; mais depuis cette époque les médecins du Caire ont recueilli et publié des observations qui peuvent rassurer ceux que leurs pérégrinations conduiraient dans des contrées où la peste se manifeste. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet, qui ne peut être traité d'une manière incidente. La peste d'ailleurs ne se manifeste plus qu'à de rares intervalles et tend à disparaître de rprient.
L'UNIVERS
Il est encore un détail important à traiter, c'est la question d'argent et celle du backchich, mot turc que les voyageurs apprennent bien vite à connaître, et qui n a pas d'analogue dans les autres pays. Backchich veut dire à la fois présent, pour boire, bonne main, et ne signifie pas seulement rémunération d'un petit service, c'est une libéralité gratuite que l'on attend de l'étranger.
Mais comme le présent se borne ordinairement à quelque menue monnaie, il n'est pas très-onéreux quand on peut le donner sous cette forme ; voilà pourquoi il est très-important d'avoir avec soi une certaine provision de piastres et de demi-piastres.
Pour les fonds que Ton doit emporter avec soi, les banquiers de Smyrne et de Gonstantinople ont aujourd'hui beaucoup plus de relations qu'autrefois avec les villes de l'intérieur. Il sera donc possible de se procurer des traites sur Smyrne, Angora, Césarée et Alep.
Ainsi organisée, nous conduirons notre caravane dans les régions les plus reculées de la péninsule et lui développerons toutes les beautés de la nature et de l'art qu'elle renferme.