CHAPITRE VIII
BOYÂUMB DE PONT.
Les montagnes qui séparent la petite Arménie du royaume de Pont, et qui , portaient dans l'antiquité le nom de Scydissès (I) « montagne très-rude, »
étaient habitées par le peuple des Hepta* comètes, nation féroce qui n'avait d'autres habitations que les arbres des forêts ou des blokausde bois, mosyni,duhaut desquels ils s'élançaient sur les passants ; les Grecs les nommaient Mosynoeci.
Les Chalybes, qu'Homère appelle Halizones, occupaient le pays au-dessus des Mosyuœci : « Odius etEpistrophius, conduisaient les Halizones d'Alybé, de ce pays lointain d'où natt l'argent. »
C'est assez dire qu'ils occupaient les montagnes de Gumueh hané, où les mines de plomb argentifère sont à fleur de terre et exploitées de toute antiquité. Nous devons aussi mentionner les Taoques et les Carduques, qui sont les Kurdes d'aujourd'hui, malgré la similitude de leur nom avec le mot kourd, qui signifie un loup.
Lacontréequirutconnuedes Romains sous le nom de royaume de Pont appartenait dans les premiers âges à la Cappadoce , et avant la constitution de ce royaume les peuples qui l'habitaient étaient désignés sous le nom de Leucosyri, ou Syriens blancs. C'étaient des races sémitiques de la côte de Syrie qui étaient venues s'établir dans ces contrées
(i) Strahon, XII, 548.
sans doute à la suite des armées de SI sostris. Cette persistance des hàtortei anciens à donner à ces peuples le noraé Syriens montre que personne ne douai alors de la conformité de race qui «4 tait avec ceux de la Syrie ; bien phis, Il bords du Pont-Euxin sont souvent n gardés comme faisant partie de l'Àssyrfi et le nom de Cappadoce lui fut dons par les Mèdes. Hérodote rapporte quef Leucosyriens pratiquaient la cir sion, et qu'ils avaient pris cette bal des Egyptiens. Toutes ces conco prouvent le rapport intime qui entre les peuples de ces rivages et e* des côtes de la Syrie et de la Phémdl
Sésostris soumit toute l'Asie jusque Pont-Euxin, et imposa aux peuples té eus un tribut qui devait être payé i Egypte. La domination de Sésostris I anéantie par la première invasion 4 Scythes, qui à leur tour imposé* * ces peuples un tribut qui fut payé dant quinze cents ans. Mais si, peu une si longue période, ces peuples mades ne fondèrent aucune ville < leur nouvelle conquête, ils purent, leurs rapports avec les populations mitiques, laisser en Asie les eTér d'une race mêlée , qui tenait dos r tes par leurs mères , et par leurs de la race caucasique.
Ninus chassa les Scythes, etafirand l'Asie du tribut qui leur était payé, m il ne rendit pas ces peuples à leur g vernement naturel. La puissance i rois d'Assyrie s'étendit sur la côte * mer Noire, et toutes les recherches fi sur l'origine des villes de ces pas conduisent à ce fait qu'elles doivent!
fondation aux Assyriens, qui ooanl cèrent avec les Phéniciens avant qajj navires grecs eussent encore apparat!
ces mers. Toutes ces régions étaient* le gouvernement direct de priâtes i digenes, dont le sort dépendait de lu puissants suzerains.
A la domination assyrienne sue»
celle des Mèdes, qui sous Pbraort s'emparèrent de la Leucosyrie. 0 derniers peuples avaient l'esprit ce* nisateur des Assyriens et le- goût * constructions grandioses; ils sétaM rent principalement dans la réçon « la Pterie, située au sud de Sinoj* où l'on retrouve encore aujonrdiw
l'imposants vestiges de leur séjour. On ne doit donc pas s étonner de rencontrer (ans ces contrées des monuments qui appellent en même temps le style des nonoments égyptiens etde ceux de F Asjrrie et de la Perse»
Les Scythes revinrent de nouveau en tsie Mineure pendant la domination aède; ils y séjournèrent vingt-huit ans, n forent expulsés par Cyaxare (1), et surs méfaits suscitèrent la première «erre entre Cyaxare et les Lydiens (2). Lorsque la Cappadoce fut constituée d royaume, la plupart des princes e la Leucosyrie obtinrent chacun le ouveroement d'une province. C'est a eet état que Xénophon trouva ces Dotrées quand il les parcourut avec année des Dix-Mille. Ces divers peules étaient tous indépendants les uns es autres, mais également soumis à empire des Perses.
Le premier prince qui dans l'histoire porté le nom de roi de Pont était un rendant des sept Perses qui avaient merséle faux Smerdis; il se nommait iithridate, et comme fondateur d'un lyaume, il reçut le surnom de Ctistès.
prit le parti a'Eumène dans sa guerre mtre Antiochus, et se créa de puisâtes inimitiés qui éclatèrent après la ort d'Eumène. Forcé d'abandonner i possessions, il se retira en Paphlagoe, dans le fort de Cimiata ; c'est de là rïl partit pour faire la conquête du >nt. Ce fort de Cimiata était situé dans (défilés du mont Olgassus, à l'ouest "Halys et sur les frontières, de la Siipide, « où l'on voit partout des ternes érigés par les Pajpnlagoniens * (3), traversée par le fleuve Amnius Ce ys est encore tout à fait inexploré au flrt de vue archéologique ; il renferme itunement de nombreux vestiges des moments paphlagoniens. Ces derniers iples s'allièrent avec Xerxès et fourrent des contingents à ses armées ; *« leur soumission aux Perses ne fut « temporaire, il se forma une dynas- 'noavelle, à laquelle se soumirent les pnlagoniens, qui sont considérés par «Iques écrivains anciens comme étant
W Hérodote, I, ioa, io3.
W Hérodote, 1,37.
f3)Slrabon, Xn, 56t.
88* livraison. (Asm Mineurb.)
de race syrienne. Non-seulement ils secouèrent le joug des Perses , mais ils finirent par se mêler avec les Leucosyriens et acceptèrent leur gouvernement.
Mithridrate Ctistès soumit tous ces peuples ; il porta les conquêtes à l'est de f'Halys et mourut à l'âge de quatrevingt-huit ans, après un règne de trentesix. II fut assassiné à Chis par ordre d'Antigone. La race de Mithridate régna sur le Pont pendant plusieurs générations ; le nom de ces princes est mêlé à tous les événements qui agitèrent ce pays jusqu'à la mort du grand Mithridate. A cette époque le royaume de Pont s'étendait de 1 Harys jusqu'à l'Arménie, et corn prenait encore en deçà de ce fleuve tout le pays qui s'étend jusqu'à Amastris. Pompée divisa ce royaume en onze gouvernements qu'il réunit à la Bithynie ; il donna quelques cantons paphlagoniens à des rois descendants de Pylaemène. Mais sous les empereurs» d'autres divisions furent effectuées, et ces peuples furent soumis à des princes ou à des rois, d'autres furent déclarés libres. Marc-Antoine préluda aux divisions nouvelles en donnant le Pont à Darius, fils de Pharnace (1); ensuite ce royaume échut à Polémon, mari de Pythodoris.
Cette princesse régnait du temps, de Strabon; elle possédait tout le pays audessus de Trébizonde, le territoire de Pharnacie , la plaine de Thémiscyre et la vallée dePhanaraea, qui passait pour un des meilleurs cantons du Pont. La Phanarée est arrosée par le Lycus, qui vient de l'Arménie, et par l'Iris, qui sort des défilés d'Amasie. Pythodoris possédait en outre toute la Zelitide et le pays de Mégalopolis, Cabira était située à cent cinquante stades plus au midi, au pied du Paryadrès; on voyait dans cette ville un moulin à eau et le palais de Mithridate, et dans Je voisinage le parc et les mines. Pompée avait changé le nom de Cabira en celui de Diopolis, Pythodoris l'agrandit et lui donna le nom de Sébaste. Elle possédait encore le temple de Men dans le grand bourg d' Amena.
Ce temple était dédié au dieu Men Pharnaceou Lunus; il était desservi par un grand nombre d'esclaves sacrés ou hiérodules. Caligula rendit ce royaume à
(1) AppieDyJfo/. ciV., 1. v.
*. n. ta