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CHAPITRE VIL

ÉGUH9E. LA V ALLÉE DE L'iUPHIÀîI

La route d' Arabkir à Êçuine tramt un pays montagneux et boisé ; on pat la rivière Gozdouk, sou, qui va se jeta dans l'Euphrate, et peu 4e temps apro.

en vue du village de Scbipik, on traie* le Miram tchaî; une heure plus loin li vallée de l'Euphrate, âpre, montaçnew et dénudée, s ouvre dans la direeuooài nord-e;st ; la route, tracée sur la peait des rochers, est des plus périlleuses pour les bétes de somme; mais aux environs de la petite ville d'Éguine la nature da pays devient moins sauvage. Les montagnes se couvrent d'uue végéutioi luxuriante, les vergers bien arrosés annoncent une population active et intelligente.

Eçuine est située sur un plateau qt domine le cours de FEuphrate.la tw de la ville prise du bord du fleuierafpelle par les lignes grandioses du m m les tableaux du Poussin; dans tékignement, les sommets du Mnsur d^k qui appartient à la chaîne de l'Art* Taurus, montrent un fond de table»

d'une rare magnificence, oui contra* avec les pays stériles qiron vient fc traverser ; des pms parasol et des pat d'Alep ombragent un petit pont • pierre jeté sur le fleuve, qui en ce » droit n'a pas pfas de vingt roèim* largeur en été.

Le nom d*Eguine vient de l'Ansea»

Agn et signifie une source. Cette 1* dépend du pacfaalik de Sitas; dkfe fondée dans le onzième siècle par m colonie d'Arméniens, et appert**1 l' Arménie seconde ; elle est a égk »

tance, 166 kilomètres, deSj** d'Arabkir. La population «Ç* est répandue dans plusieurs £••?* d'habitations qui ressortent tout*»

ville centrale; ils demeurent as s*8 de jardins dîarbres fruitiers ; la tes» lation musulmane a une mosquée ai* un minaret et d'autres temple* « moindre importance ; les musulman»* cupent environ deux nulle les Arméniens sept cents.

L'industrie d'Eguine est .

ment entre les mains des Arménie* qui fabriquent des cotonnade* kl*

ASI& MfBEtJHE,

poar l'usage ■ des bains ; ces serviettes oasechiàr servent aussi (te voiles aux femmes. '

Cette petit» ville est un agréable Ken de balle pour ceux oui parcourent ces répons d'un accès difficile.

DTEguine la route suif la vallée de l'Euphrate Jusqu'à ttufe; grand village àeaeral surTEupferata, un vent de bois d'une construction 'Ingénieuse relie les deux quartiers. '

Avant d'arriver à Pinte, on franchit leTchaHa tchaïv qui vient de Dev* righi.

Bevrighi est située à l'entrée d*tme vallée large de cinq kilomètres et do* misée par an haut rocher : 1er Armémeasl'appelaiettt Drvrig; tfeat en ce lieu eue Pompée vainquit Mirfaridatê, et en soutenir de cette victoire il bâtit la ville de Nicopoiis.'ties montagtfes dépendent du mont Paryadrès, dans lequel Mithiidate avait fait construire soixanteqoiase châteaux, où il déposa ses twU mrs(i)k Strabon décrit cotte* montagne «mine étant coupée par des précipices et des ravins et couverte de 'forêts. Ce tableau convient parfaitement au bassin supérieur de l'Eaphratev Dtwig des Arméniens, qui devint Nieopohs sous les empereurs, n conservé le nom de Théphrice chez les Byzantins. Justinien «t réparer1 les murailles et les fortifieationi de cette vitte en même temps qne celles de Sébaste.

D'Égumey deux routes conduisent à Trébraoode*; la première, à 'l'est', confoue de suivre te coure de l'Ettphrate oeKara sou jusqu'à Erânghan , Où «Ile va rejomdre la route de l'ouest. On ne trouve' dans cette dernière ville •nom vestige' d'antiquité; elle passe cependant pour occuper remplacement de Gornana de Pont, qui fut beV tin parCfrestft après qu'il eut quitté la Tauride en'èjofapagrite de sa sœur fphi* génie.

Procope fattmte qu'Oreste, fuyant de b Taurfde, emportant l'image de Diane , irriva dans ces lieux, où il construisit, f aprèa les ordres de l'oracle, un temple i la déesse, et lui consacra sa propre Aevelure. Eto mémoire de cette action, a ville qui s'éleva autour du temple fut

(i)StrabontXn,555, ' *'*' v ' k "'

appelée Gornana ; mais comme l'oracle notait pas satisfait, Oreste continua de parcourir le pays et arriva dans la Cap* badoce, où H trouva une montagne semblable à celle de la Taurique. Procope ajoute : « Je l'ai plusieurs fois considérée avecétonneinent et je m'imaginais être dans la Tauride. Il y a une montagne toute semblable au mont Taurus, et un fleuve nommé Sarus tout semblable à rfeuphrate. » Cest la Gornana de Cappadoce, dont nous supposons les ruines a Chert kalé si, sur le Sarns.

Oreste bâtit dans la Gornana de Pont, une très-belle ville, et y construisit deux temples, l'un en l'honneur de Diane, l'autre en mémoire de sa sœur Iphigénie ; ils furent convertis; en églises par Justinien, qui ne changea rien au plan ni à la disposition^ édifices.

Procope décrit le cours de l'Euphrate dans ces* régions ; le ileuve passe par #ss défilés très-serrés, et dans certains Heux les bancs de roseaux s'accumulent et forment sur les eaux une espèce de pont 4ur lequel les cavaliers et les piétons peuvent passer; ce pays porte le nont d'Adlieène. »

L'Euphrate arrose cette partie de l'Arménie, reçoit tous les affluents dont nous avons cité les principaux, et qui sont tous situés sur la rive droite. 11 passe dans la Leucôsyrie, appelée maintenant ^.rménie tàneure, dont la capitale est Mélrtène. Il va à Samosate, à Hiérapolis et jusqu'en Syrie, où il se joint au Tigre (1).

La secunde rofoté dont nous avons parlé est celle de l'ouest; elle passe par Rouroû tdiaî, la tivlèrte sèche ; cette vallée est remarquable par les formations gypseuses qui concordent avec tous les terrains saïifères que nous avons mentionnés, et s'artété è"Gumuch hané, la maison d'argent, petîtè ville où sont des mines de plomb argentifère mises en régie par le gouvernement turc et qui donnent dé médiocres produits. DeKourou tchaï on fait sept heures de route jusqu'à Gherdjanis, par un pays presque désert; de cette vide à Cnairam le pays est moins accidenté, les villages plus nombreux.

(i) Procope, Guerre des Perses^ livre I, cb. 17,

L1JMVËRS.

La route se détaille ainsi jusqu'à Gumueb hané :

Obaïram :

Termaï 2»»45 Edinui 5h10

Zimos-. 2 50 Gumueh hané. 5

Caravanséraï. 4 15 Trébisonde. . 18

Toute cette route est au nord du compas.

De Gumueh hané on rejoint la route parcourue par les Dix Mille , qui marchaient sur Trébizonde. La montagne de Kara kapou est le mont Thechès, d'où l'armée de Xénophon aperçut la mer et se précipita encourant jusqu'au rivage, où elle fut reçue par les habitants de Trébizonde.

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