CHAPITRE IX
TRÉB1ZONDK-TBAPBZUS. '
Tous les écrivains qui ont parlé de Trébizonde répètent l'un après l'autre que cette ville prît son nom de Trapezus ( une taMe), cl<? In forme carrée qui avait été donnée h Pcmeitfble de ses murailles. 11 faut que depuis l'antiquité jusqu'à la fin de l'empire byzantin la forme de ces fortifications ait été grandement modifiée, car le plan de TÏébisonde est bien moins régulier que celui d'un grand nombre de villes anciennes.
Dans la ville ha^e, les murailles ont en effet la forme d'un quadrilatère irrégulîer; maïs dans la partie sud, qui est la plus élevée, s'étend un grand Quartier où étaient la forteresse et les palais. Cette partie de la ville n'est rien moins que régulière ; tes murailles suivent tous les accidents du rocher, et le château s'élève sur le point culminant. '
Les murailles actuelles ont peut-être été élevées sur les fondations des an-
(i) Suétone, Nctob» en. r8.
tiennes, mais elles ont tout le canrtm d'ouvrages byzantins.
Trapezus ou Trapézunte était une eolonie de Sinope ; elle reçut un noufe» contingent de population , lorsqu'aprâ la construction de Megalopotis es Aïcadie, les villes de cette province tlfcrenl peupler la nouvelle capitale. Les Trapézuntiens furent les seuls <rai insistèrent; ilsaimèrentmienxabandoiuxT le Péloponnèse et aller habiter la Thpézunte d'Asie, où ils devaient wtramr des compatriotes ( l ) . Lorsque Xénophw 6t son entrée dans cette ville à latte des huit mille six cents héros, reste k la cohorte des Dix-Mille, il y fut accueilli avec toutes les marques de sympathie que méritait son entreprise. Oe fît à cette occasion des sacrifices à Jupiter et à Hercule, et des jeux jwiWa furent célébrés. Xénophon paya la de»
de l'hospitalité en faisant conpatoei la postérité l'accueil qu'il avait wt, c'est la première fois que le nom * Trapezus apparaît dans fhistoire. U monument qu'avaient élevé les Do* Mille sur le mont Théchès en smrro?
du succès de leur retrait* a deçw longtemps disparu , mais les écrits k Xénophon subsisteront encore diw a suite des siècles.
La création du comptoir milèsieo # Trébizonde s'explique par les ras»
que nous avons développées dans le p cis historique du royaume de Lvdie. ki grand commerce de l'intérieur oe TA»
était entre les mains des Grecs; Siam était en relation avec les P*Çk* Bosphore cimmérien, l'écheue»]^ bizonde leur ouvrait des â€bQQëé&
Erompts avec les riches contré*» * au te Arménie, de la Médie et«u Perse.
Ou pourrait, pour les temps swf nés, faire des rapprochements «a* gués et montrer que la prospérité * tuellé de Trébizonde tient au gf» commerce de transit qu'elle fait a«| l'Arménie et la Perse, tandis que Sinor^ sa métropole, serait depuis longterasj réduite à l'état de simple village a « n'avait pas sa belle rade pour onhr oi point de relâche assuré aux navires qv font le cabotage de la mer Noire.
(z) PauMaiai, liv.a Vin, ch. a;.
ASIE MUÏEURE.
Les querelles des successeurs d'Alexandre ne portèrent aucune atteinte à la prospérité commerciale de Trébizonde. Alexandre n'avait pas paru dans le royaume de Pont; il avait voulu aller frapper son ennemi au cœur, et toutes les provinces- du nord devaient tomber d'elles-mêmes quand l'empire de Perse serait anéanti. L'histoire du royaume de Pont au moment de l'établissement des Romains en Asie est renfermée dans celle de Mithrida.teEupator; Trébizonde n'ayant pris qu'une part tout à fait passive à ce grand conflit, n'excita pas contre elle la vengeance des Romains ; ils lui laissèrent le titre de ville libre. César s'était contenté de détruire la puissance de Pharnace sans rien constituer en Asie. Lucullus et Pompée laissèrent leur liberté aux anciennes colonies grecques (1) ; c'étaient pour les Romains autant de lieux d'étape et de ravitaillement. L'empereur Hadrien donna on soin particulier à l'embellissement de Trébizonde ; il fit construire des palais, des portiques et des basiliques.
Comme le mouillage était dangereux , il fit creuser un port artificiel, dont on retrouve remplacement près des rochers lui s'avancent dans la mer au-dessous les rochers de Guzel serai, où est aujourd'hui la quarantaine; tout ce port st ensablé et ne sert plus que comme ebareadère.
La ville était bien peuplée : une doubla Dceinte de muraille semblait défier >utes les forces ennemies. Cependant , >us le règne de Valérien , Trébizonde it prise par les Goths; la garnison »ait cependant d'être renforcée de dix iMe hommes* qui tremblèrent à Tapoche de l'ennemi. Pendant que les oths escaladaient les murailles, après oir accumulé dans le fossé des mass de fascines , U garnison se sauvait r une autre porte. La ville fut mise au 'âge, un butin immense fut embaré sur. les navires des Goths; les haants qui ne purent être emmenés nme esclaves furent massacrés ; je te, entassé sur les galères, fut conduit ir être vendu dans les villages du sphère cimmérien.
lustinien songea atrssi à faire exécu-
i) Pline, IW. VI, 4.
ter à Trébizonde des travaux do défense et d'utilité publique. 11 construisit un aqueduc dans le but de suppléer au manque d'eau qui se faisait sentir, et lui donna le nom àe Sain t- Eugène, martyr. Procope se contente de mentionner cetouvrage (1). Une grande inscription placée sur la porte du château nous apprend que cet empereur à construit plusieurs autres édifices; mots ils ne sont pas mentionnés. Cette inscription contient les^noms de tous les peuples vaincus par' Just mien (2), Sous Constantin Porphyrogeoèic, T rébizou de était la métropole du septième thème, dit de Chaldée (3). Ce titre de capitale lui avait été enlevé du,te)»ips de Justiaien pour le donner à Néocésarée.