CHAPITRE X
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David et Alexis Comnène, fils et petits* fils du tyran Andronic, furent les fondateurs du royaumede Trébizonde. Ces princes s' étant sauvés de Constantinople ^emparèrent de la Galatie et du Pont ; mais ils ne prirent à cette époque d'autre titre que celui de duc. Baudoin fit alliance aveo eux;, Us ne prirent le titre d'empereur qu'en 1 204, en même temps que les princes de Nioée. Alexis Comnène, surnommé le Groud, s'empara du Pont, de la Cappadoce et des eêtes jusqu'à Héraclée. Dufresne ne donne le titre d'empereur qu'à Jean Comnène; il classe la dynastie de ces princes de la manière suivante : .
Alexis Comnène,. duc.
Jean Comnène, empereur.
Alexis II, né en 1282.
Basile 1», fils du premier.
Basile U, épouse Irène Paléok>girje,et meurt en 1S89. '
. Alexis III et Eudoxie Comnène ont été frère et sœur.
Jean U, dit Calojean.
' David Comnène,troisièmefll»de Jean, usurpe la couronne. U donna <les secours è Uzun hassan. Mahomet II assiège Trébizonde ; le siège dure plus
(1) Procope, de JEdif., liv. III, cb. 7. (a) Voyez Tournefort, t. II, Trébiaomle. (3) Voyeipftgps 1^9,, ,..*>„ ^ 38,
L'UNIVERS
d'un mois. David est pris par surprise et envoyé à Constantinople, et de là à Andrinople, où il est assassiné , et toute sa famille est massacrée, l'empire de Trébizonde,qui avait commencé en 1204, est détruit en 1462.
Trébizonde est aujourd'hui le cheflieu de résidence d un pacha à trois queues, ayant le nouveau titre de muchir. Il commande à l'est jusqu'à Gumuch hané, et à l'ouest jusqu'à Kérasoun. La ville est située immédiatement au bord de la mer, il n'y a de ce côté ni plage ni port; une étroite bande de sable, presque toujours submergée, s'étend le longdcs murs, c'est là que les marins de Trébizonde tirent leurs navires à sec. A l'angle nord de la ville il y a une sorte de cap formé par des rochers volcaniques; l'anse située entre ces rochers et la côte était l'ancien port, aujourd'hui ensablé. Sur ce cap s'élevaient encore en 1836 les ruines incendiées d'un château moderne : on l'appelait Guzel serai, le beau palais; le pacha Achrnetoglou, qui le faisait construire, étant tombé en disgrâce, on envoya un capidji bachi qui lui coupa la tête et mit le feu au château. Ceci se passait en 1740, sous le règne du sultan Mahmoud Ier ; depuis ce temps, nul n'avait osé s'installer dans les murs de ce château maudit (1). Près du port comblé, appelé Goulé, est l'arsenal; au-dessus, le petit édifice à double coupole qui s'élève à l'horizon est le tombeau de David ; à gauche, le consulat de France.
La ville basse est habitée par les Turcs, les chrétiens demeurent dans le faubourg du nord-est. Il faut une heure pour faire le tour de la ville. La citadelle, située dans la partie haute, est défendue par un fossé ; le fort du milieu, appelé Orta hissar, a quatre portes, deux établissements de bains et le palais du pacha. La forteresse inférieure, Aschoghi hissar, a également quatre portes et forme une enceinte séparée du fort intérieur au moyen de deux portes en fer; c'est la demeure des principaux Turcs . Les murs sont construits en quartiers de roche et épais de deux mètres ; un fossé profond entoure les doux forts. Dans la vallée voisine coulent les ruis-
(r) Voyes la vue deTrébïioode. PI. 63.
seaux de Gourgoura déré et de lue, sur lesquels il y a deux ponts. La riUe entière, entourée de murs, s'appelle te château, Kalé ; les chrétiens et les artisans demeurent dans le faubourg: c'est la partie la plus agréable de Trébizonde, parce qu'il y- a de nombreux jardins.
Tout ce quartier est en amphithéâtre, et les maisons jouissent du bel horizon de la mer. On y compte huit mille maisons : cinq cents arméniennes, quinze cents grecques , et six mille turques.
Les chrétiens sont divisés en boit mahallé ou quartiers, les Turcs en vingthuit mahallé. Les habitants disent que du temps du sultan Achmet, Trébizonde avait dix-huit mille maisons.
Les Arméniens ont quatre églises et les Grecs vingt-quatre, dont sept tellement sont consacrées au culte. Le f* bourg contient six mosquées, dont l'ont Imaret Djami si, est construite sorti tombeau de la mère de Sélim IX Lï maret ou hospice pour les pauvres *| complété par une école et un carat»- ] serai. I
Ortasar djami si, mosquée située a ] centre de la ville, est une église byzantin» du temps des Comnènes; aucun é» | gement n'a été fait dans les dispositt»
f primitives de l'édifice. La façade a une ongueur de seize mètres; elle se compose d'un portique donnant accès dus l'exonarthex et dans le narthex.Lanet dont la largeur est de six mètres,* accompagnée de deux bas côtés fornes par des pilastres; une coupole édaii*
{>ar douze fenêtres s'élève au-dew* 'abside. Toute cette construction e« d'une extrême simplicité, mais lepto est bien entendu ; l'église se termine n une abside circulaire avec dément* pelles latérales.
La longueur totale de l'église, y «ospris les deux portiques, est de trente**! mètres.
A trois kilomètres de la ville, et* une colline qui domine la mer, l'éjej l'églisode Sainte-Sophie, AghuSopn* convertie en mosquée par les Turcs, i* édifice, d'un caractère original et séiere, est d'une conservation parfaite (lîi^ dispositions du plan sont les mènes q*
(x) Voyez la planche 3i , Vue d'une ci** à Trébitonde.