CHAPITRE XI
KIZLAB MONÀSTIBI.
Le couvent de la Mère de Dieu, Pa- "aghia Théotocos est éloigné d'environ quatre kilomètres de Trébizonde; il est bâti dans l'enfoncement d'une vallée
de la montagne de Bouz tepé, montagne de la glace. A l'extérieur il présente l'aspect d'une forteresse, au fond de la première cour s'élève un haut rocher dans lequel a été creusée une chapelle ; elle est précédée d'un porche ouvert , également taillé dans le roc. Toute la surface du rocher est couverte de stuc sur lequel ont été peints à fresque divers sujets religieux qui rappellent les peintures du Campo Santo ae Pise.
La muraille à gauche représente des scènes du Nouveau Testament ; les tableaux montent jusqu'à la voûte, qui est elle-même couverte de figures. Au-dessous des tableaux sont des portraits de saints debout et portant leurs noms et leurs attributs. Une ligne de médaillons couronne toutes ces figures.
Le mur du porche faisant office d'iconostase, en avant de la chapelle, est décoré de six grandes figures debout.
Trois représentent la Vierge, le Christ et saint Jean ; trois autres appellent particulièrement l'attention par les inscriptions qui les accompagnent. Ce sont les portraits d'Alexis III Comnène, de sa femme Théodora et de sa mère Irène.
Ces peintures sont noircies par la tumée des lampes et des cierges, mais on peut avec de l'attention reconnaître 4e brillant costume des princes de Trébizonde.
La figure damilieu, l'empereur Alexis, est coiffée de la tiare et porte le sceptre.
L'inscription peinte sur le mur ne permet pas de douter du nom du personnage; on lit en caractères grecs :
Alexis croyant en Jésus Christ, roi et empereur de toute l'AnatoIie , le grand Comnène.
A sa droite est la figure d'une princesse coiffée d'un diadème encore en usage chez les princesse russes et qu'on appelle kacochnik ; elle porte entre les mains un édifice qui paraît la désigner comme la véritable fondatrice du monastère. Son costume est de la plus grande richesse -, on lit à côté l'inscription suivante : Irène, par la grâce de Dieu, mère de l'aigle très-pieux roi et seigneur, Alexis lé grand Comnène.
A la gauche du prince est un autre portrait de femme portant d'une main le sceptre et de l'autre un disque. Sa coiffure et son costume ne sont pas moins riches que ceux d*Irèue, L'ins-
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eriptioo piseée près delà figura «t ainsi conçue : Théodora, par la grâce de Dieu, très-pieuse mattresse et impératrice de toute ¥ Anatoue.
Ces titres sont peut-être un peu ambitieux quand on pense à quelle étendue se bornait cet empire, mas ces tableaux prouvent qu'à cette époque les arts étaient encore en faveur dans cette timite extrême de F empire d'Orient.