VILLES DU PONT GALATIQUE. — PTBBIUM. — BOGHAZ KEUI. — BUYUK
Cyaxare,roi des Mèdes, après avoir «puisé les Saces de l'Asie, étendit ses possessions jusqu'au fleuve Halvs ; il devint maître de la rejppn de Ptérie, dont le territoire, <nri s'étendait jusqu'à Sinope , était habité par la nation des Leueosyriens. Ils possédaient plusieurs villes ; et Ptérium , la capitale, située dans les montagnes à l'est de l'Halys, était fortifiée par la nature autant que partait. Crésus, roi de Lydie, s'en rendit maître, la détruisit, réduisit les habitants en esclavage, et les transporta dans d'autres contrées.
Hérodote est le seul historien qui nous ait conservé le souvenir de ces faits dans sa relation de la campagne de Crésus contre Cyrus; il est le seul qui mentionne le nom de la Ptérie et de la capitale des Ptérîens. Les autres historiens, Strabou même, qui s'étend si longuement sur l'histoire de la Cappadoce pratique, ne prononcent pas une seule fois le nom de la Ptérie ( l ). Etienne de Bvzance comble cette lacune sans dire à quelle source il a puisé ses documents : « Ptérium ville des Mèdes, quelqnes-uns disent au neutre Ptera, l'acropole de Bahylone; il y a aussi Pteria ville de la province de Sinope ; l'ethnique mède est Pterienus, celui de Sinope est Ptcriu6(2), »
(2) Voy. plus haut pages aAx , *43, 5oa. (*) Et.Byz., Ptérium.
La situation de Ptérium est déterminée par Hérodote dans les moQtagnes voisines de l'Halys . * Crésus après avoir franchi rilalys arriva dans cette partie de la Cappadoce que Ton nomme la Ptërïe ; c est une contrée d'un trèsdïfticile accès, qui s*éteud jusqu'à Sinope. Crésus s* y établît, ravagea les possessions des Syriens ( Cappadocieus Politiques) et s'empara delà capitale des Ptërieits, dont il fit les habitants esclaves. \\ prit de même toutes les villes de l'intérieur et de la frontière» et fait par transporter eo entier la nation syrienne
?|uoi qu'il n'en eut reçu aucune ofense. »
Cest là tout ce que l'histoire nous dit de Ptérium , il n'est pas étonnant que les écrivains d'une époque plus récente se taisent sur le nom d'un pays qui n'existait plus. Ptérium est entièrement ruinée par Crésus, et n'est pas rebâtie; il est clair que dans les ruines de cette ville on ne doit trouver aucune traee de monuments grecs ou romains, tout doit être archaïque, et de style ou de construction mede. C'est dans ces conditions que nous avons retrouve dans le village de Boghaz keui le 28 juillet 1834, des ruines imposantes qui satisfont complètement à la question. Depuis ce temps l'obscur village turc est devenu célèbre parmi les érudits ; ses ruines ont été visitées par un grand nombre de voyageurs, de nombreuses dissertations ont été écrites sur les sujets représentés dans les basreliefs merveilleusement conservés après tant de siècles; nous avons accompli notre tâche, nous avons remis en lumière une ville oubliée depuis vingt-cinq siècles. Le nom de Ptérium a d'abord été contesté; on voulait voir dans ces ruines l'ancienne Tavium des Troemiens ; aujourd'hui cette question nous parait hors de discussion et le nom de la ville mède est généralement accepté. (1)
Nous exposerons simplement l'état des ruines de cette ville telles que nous les avons observées, sans discuter les opinions qui ne sont pas conformes
(1) Voyez Car. Ritter, Erdkunde, tom.IX, 377-395-1019. — Barth Reise, p. 44> HamiltoD, Researcha, tom. I, 3o4, etc.
aos
LtutiVEiu.
aux nôtres et qui, nous le reconnaissons, sont remplies d'érudition ; mais un volume ne suffirait pas pour réunir tout ce qui a été écrit sur ces monuments, qui à leur apparition dans le monde savant, ont excité un si unanime intérêt.
Leur existence révélait une Asie encore inconnue, ouvrait une ère nouvelle auxétudes orientales c'était, selon l'expression d'un académicien, « la source de découvertes dont nul ne pouvait prévoir la portée. » Ce n'était en effet que le prélude à des découvertes d'une bien autre importance qui se sont faites dans ces derniers temps.
Le village de Boçhaz keu! est situé dans une vallée qui s'étend de l'est à l'ouest, arrosée par deu* ruisseaux dont les eaux coulent dans cette dernière direction. Le plateau qui les sépare est cou vert de débris qui portent le caractère de la plus haute antiquité ; il est dominé par une montagne dont le sommet est défendu par des murailles d'une épaisseur considérable qui ont plusieurs milles de circuit. Différents mamelons de roches s'élevant çà et là sur le penchant de la montagne sont couverts de fortifications solidement construites.
Sur le plateau inférieur, on remarque aussi des pointes de rochers qui portent toutes les traces du travail de l'homme ; enfin, au milieu, et comme abritées par cette ligne de défense ; sont les ruines d'un grand temple qui, dans son plan , n'a aucun des caractères de l'architecture grecque ou romaine. La construction de ces différents édifices est généralement en appareil irrégulier, mais de genres différents, car tantôt les blocs portent des bossages exécutés au marteau, et les joints sont lissés avec soin ; dans d'autres parties , les pierres sont employées brutes et comme sortant de la carrière.
Le plateau sur lequel se trouvent les ruines du temple est borné au nord par une montagne calcaire couvertede buissons, et qui reste dans l'état d'une nature sauvage et inculte. Du côté du sud, le terrain cultivé par les habitants forme quelques ondulations de peu d'im* portanoe.