‹ Asie mineureChapitre 340 sur 428 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

L ACBOPOLB BT LES TOMBEAUX DES BOIS.

La ville moderne occupe exactement l'emplacement de l'ancienne Amasie; elle est complètement enveloppée, du côté du nord, par le rocher de l'Acropole, dans les flancs duquel sont creusés les tombeaux des rois, visibles de tous les Quartiers de la ville et disposés à peu près comme ceux de Persepolis au-dessus du palais.

Le chemin qui conduit à la citadelle traverse l'Iris sur un pont de pierre d'antique construction, l'un de ceux que Strabon mentionne. La largeur de 1 Iris est d'environ cinquante mètres, de nombreux fragments d'architecture sont encastrés dans les murs des quais ; à partir de la porte de la ville, la routé contourne le rocher de l'Acropole en formant plusieurs lacets , c'est sans doute en calculant cette pente que Strabon estime la hauteur de 1 Acropole à sept stades . Les premières murailles que l'on rencontre sont rasées presque au niveau du sol: on peut cependant suivre la ligne de circonvallation et reconnaître les bases des tours.

Trois tombes jont excavées à mi-côte dans la partie nord de la montagne ; il y en a deux autres au sud.

En continuant de monter, on arrive à un passage taillé dans le roc, dont la longueur est de six ou huit mètres; là se trouvait le premier obstacle, consistant dans une grille dont les scellements se voient encore dans le rocher.

En sortant de ce couloir obscur, on arrive sur une étroite plate-forme qui n'a pas plus de deux mètres de large et toute taillée dans le roc. Sur le côté voisin du précipice, on a ménagé un parapet dans la roche même , et l'on a entaillé des marches dans les parties les plus rapides de la montagne.

La première tombe est à vingt mètres environ de cette première montée; c'est une simple excavation de la profondeur de cinq à six mètres et de cinq mètres de haut, à laquelle on arrive par quelques marches pratiquées au oas aune plate-forme. L intérieur du tombeau consiste dans une chambre voûtée,

L'UNIVERS

sans aucun ornement avec remplacement nécessaire pour y mettre un sarcophage. Devant la porte on remarque dans le rocher des trous qui retenaient sans doute une grille pour protéger le monument.

Un second tombeau semblable est creusé à vingt mètres environ du* premier -, il est sans ornement et ne diffère •as du monument voisin; les tombeaux lu nord ont la même simplicité. On arrivait à ces monuments par un large escalier dont il reste des vestiges.

Le tombeau situé à l'extrême droite est le seul qui ait un soubassement; la façade est creusée avec plus de soin , et il est dans un meilleur état de conservation que les autres; la chambre intérieure est plus vaste. Mais tous ces monuments sont en général si ruinés qu'il est impossible de reconnaître quelle fut leur décoration primitive. Ker Porter, qui visitait les tombeaux d'Amasie à son retour de Perse , fut frappé de la ressemblance de ces tombes avec celles de Persépolis. H émet l'opinion assez

Îriausible que dans l'origine ils avaient eur façade ornée d'un portique ; cette opinion est appuyée chez lui sur l'examen de frises et de colonnes dont les débris étaient alors épars autour des tombeaux (l).

Un des pitons de là montagne, audessus de la rivière, contient deux tombes, dont l'une porte des traces évidentes d'une décoration architecturale; il y en a deux autres un peu Elus bas, ce qui coniplète le nombre de uit tombeaux. Ker Porter ajoute judicieusement que le temps dé leur construction ne peut être que conjecturé, mais par la comparaison de leurs plans on peut conclure qu'ils sont de beaucoup antérieurs au christianisme; ils sont conformes aux modes de sépulture usités dans les premiers âges de la Perse.

M. Barth divise les tombeaux d'Amasie en trois groupés ehacun de trois sépulcres; les deux premiers sont creusés côte à côte et séparés du rocher par un couloir qui fait le tour des caveaux. Le but de cet isolement était certainement de mettre les chambres sépul-

(i) S. R. Ker Porter, TraveU, t. If, 710.

craies à l'abri de toute humidité elde toute infiltration de la roche.

Un des tombeaux du second groupe porte sur sa façade plusiems rangées de trous carrés évidemment destines à retenir des plaques de marbre ou de métal.

Loin de la ville et sur la rive ganebe de l'Iris s'élève le plus remarquable et le mieux conservé de tous les tombeau d'Amasie; il est composé d'une nid»

voûtée, taillée dans le roc, avec d«n pilastres en saillie. La pierre a reçu nn poli qui s'est conservé jusqu'à présent; aussi les habitants appellent-ils ce tombeau Aineh maghara si, la grotte do miroir. La muraille du fond porte en grands caractères grecs rinseription :

TfIS APX1EPETS « çrand prêtre de Cy bêle », les lettres qui sout dans lapate inférieure n'ont pas été déchiffrées.

L'Acropole qui domine ces différents groupes ae monuments n'a plus quedt faibles vestiges des constructions intiques ; on retrouve cependant sur la partie la plus élevée de la montage quelques pans de murailles et le soubassement d'une tour d'appareil hellénique à bossage admirablement euentés.

M. Hamilton a observidam TAcropôle d'Amasie nn conduit souterrain, ou'il compare aux syringes, passai» étroits mentionnés par Strabon. Pn* que tous les anciens t château* * ces contrées avaient des commoBiotions secrètes avec !e dehors ae « place ; on en retrouve à Pismich kw si , à Tocat, à Turkal : à Kars nén*, qui n'est pas d'une si hante f^Vn il y a une poterne voûtée ouï deiaew jusqu'au bord du fleuve. Le cMtew d'Amasie avait deux galeries sog* raines. La première, partant du nb*^ suit la direction de l'est; cellfrd** pas taillée dans le roc, mais sotioeatfDt construite et cachée aux régira; ■ seconde descend obliquement dans te coeur du rocher. M. Hamilton y de*»* dit à l'aide de flambeaux, et, à une f^ fondeur de cent mètres; il troara •* source d'eau limpide, qui devait ** plus considérable autrefois; le basàn était en partie comblé par les décombres. Dans les parties faibles de la rod* la voûte de la galerie est soutenue par

une solide maçonnerie; les murs du bassin sont de la même construction.

En sortant d'Amasie, la vallée de Tins s'élargit et forme la plaine de Chilioeomon; les cantons de la Diacopène et de la Pimolisène s'étendent jusqu'à l'Halys. La partie septentrionale du territoire d'Amasie, a cinq cents stades environ de longueur ou quatre-vingtdouze kilomètres, sa largeur du nord au sud s'étend vers la province de Zéla et la grande Cappadoce jusqu'aux Troemieos, c'est-à-dire jusqu'au territoire de l'ancienne Ptérie, que nous avons déjà abordé en décrivant la Galatie.

Page 1