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LA GRANDE MURAILLE

Aux environs de la Nécropole s*4 vent quelques constructions irun ap| reil colossal , qui ne se rattachent I cunement aux murailles de la ville ; efl consistent en plusieurs tours massa et en remparts bâtis avec des pieari de très- grand appareil sans l'eroptaH ciment. En suivant la pente des ceNÉ du côté du nord, on retrouve la grani muraille dont les tours voisines 4 Iassus ne sont que les amorces, et i peut la suivre pendant plusieurs kl mètres sans perdre un moment trace. La hauteur de cette muraille v rie entre cinq et huit mètres au-dess

do sol, elle est défendue de distance en distance par des tours demi-circulaire», près de chacune d'elles s'ouvre une petite poterne qui établissait autant de eommonications entre l'intérieur et Peitérieur de la muraille qui se prolonge à perte de vue à travers un pays désert et dont nous n'avons pu déterminer ni l'étendue ni la raison d'être.

Toutes les tours sont tournées vers Test. C'est donc la partie ouest du territoire qui devait être défendue , or ce terrain n'offre partout qu'une nature agreste et primitive où la présence de l'homme ne se décèle nulle part. Partout le terrain est couvert de rochers qui s'élèvent en pivot, et dans tout cet espace on n'aperçoit pas une seule pierre taillée. Il est donc impossible de définir pour quel usage a été bâtie cette muraille, puisque jamais elle ne put tenir d'enceinte à une ville. Les murs ont trois mètres d'épaisseur; la hauteur moyenne des assises est de plus d'un mètre. Les tours sont percées de cinq fenêtres étroites et couronnées par des plates-bandes. Elles sont éloignées les unes des autres d'environ cent mètres.

Dans cet espace, le mur forme entre chaque tour deux ressauts , dans lesquels s'ouvrent des poterne» qui prennent la courtine en enfilade. Dans l'espace de mille mètres, j'ai compté dixsept poternes, qui sont toutes tournées du coté du sud, ce qui prouve qu'il y avait de fréquentes communications cotre l'intérieur et l'extérieur de l'enceinte. Dans tout le parcours que j'ai suivi, je n'ai vu qu'une seule grande porte placée dans un angle rentrant du mur. A côté de la porte sont des ouvertures longues et étroites, destinées à donner issue aux eaux.- (Fig. lre.)

Les tours sont massives jusqu'à quatre mètres de hauteur, niveau des fe- Jétres. La plus grande hauteur actuelle des murailles ne dépasse pasdix mètres ; des escaliers en partie conservés conduisaient sur les plates-formes, et enfin de grandes portes donnaient accès dans

intérieur des tours. Nous n'avions dans l endroit aucun indigène pour lui demander des renseignements sur le parcours de ce gigantesque ouvrage , qui avait échappé à tous mes prédécesseurs, * qui est resté inconnu à la plupart de

ceux qui après moi sont allés à lassus, malgré toutes les notes et les recommandations que j'ai multipliées pour compléter la connaissance u'un des ouvrages les plus antiques , et certainement des plus curieux que j'aie rencontrés en Orient. Je n'avais pas le loisir de perdre beaucoup de temps pour rechercher par moi-même les points de départ et d'arrivée de cette muraille.

Je levai les plans d'une partie, pour faire connaître les dispositions de la poterne (1). Un plan levé à vue fut fait par les officiers, et je l'aurais publié si l'espace ne m'eut manqué ; mais il ne m'apprend rien sur la destination de cette fortification, qui parait antérieure aux migrations helléniques. Je ne doute pas néanmoins que ce ne soient les constructions dont parle Strabon dans le passage que j'ai cité plus haut.

lassus passe pour avoir été fondée par des colons d'Argos; mais les guerres désastreuses qu'ils eurent à soutenir contre les indigènes diminuèrent tellement leur nombre, qu'ils furent obligés de demander du renfort au fils de Nélée, fondateur de Milet. lassus fut assiégée par les Lacédémoniens, et plus tard par Philippe, roi de Macédoine, qui s en empara ; mais il ne conserva pas longtemps le pouvoir. Polybe donne à la ville dix stades de circonférence (2).

Paul Silentiaire, dans sa description de Sainte-Sophie , dit qu'aux environs d'Iassus se trouvaient oes carrières de marbre employé dans la décoration, et

3oi était de couleur rouge. Les environs e la ville produisent, il est vrai, plusieurs sortes de marbre, mais il est ge> néralement blanc; et j'ai à regretter de n'avoir pas pu déterminer le gisement de ces carrières de marbre rouge.

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