CHAPITRE IX
BABOYLIA. — CYNDIA. — MYNDUS.
Après un court séjour à lassus , la Mésange appareilla, le 34 juillet 1886, pour compléter l'exploration du golfe.
Vainement j'avais cherché de quel côté pouvait se trouver le Bargyliticus SU
(i) Voyex planche 9, fie. let a.
(a) Polybe, liv. XVI, chap. II.
LTJN1VERS.
nus, au fond duquel était la ville de Bargyia. Les cartes ne nous donnaient aucune indication qui pût me le faire soupçonner. D'après Strabon, cette ville devait se trouver sur la côte sud du golfe (1). La ville de Myndus est assez bien déterminée par un cap qui fait partie de la presqu'île Bord du golfe de Boudroum, à l'endroit qu'on appelle aujourd'hui Menteseha. Myndus, qui eut une certaine célébrité, est aujourd'hui complètement détruite, et l'on n'est pas tout à fait d'accord sur son assiette réelle. Elle fut fondée en même temps qu'Halicarnasse, par les Traezéniens.
Caryatide est bien déterminée par une petite tle située en face d'une baie qui formait le port. Ces deux places avaient été déjà reconnues dans les opérations hydrographiques du capitaine Beaufort; mais Bargylia restait à découvrir.
Après avoir quitté le mouillage d'Iassus, nous faisions route vers l'ouest, lorsque nous aperçûmes par tribord du navire une barque grecque sortant de derrière un rocher. Les cartes ne marquaient en cet endroit aucun mouillage, et nous avions peine à expliquer d*où venait cette barque. Ce n'est que plus tard que j'en ai eu l'explication.
Ayant débarqué à Boudroum, je vou* lus me rendre à Mélasso. Je sortis de la ville par une brèche faite à l'ancien rempart, à l'endroit sans doute ou la ville fut attaquée par Alexandre. Je joignis bientôt à travers un pays accidenté, une voie antique d'une parfaite conservation, et que je ne perdis plus pendant deux jours de marche, fille kmge 1a côte du golfe, franchit les ravins eur des substruetions d'un travail solide, et passe sur l'emplacement de plusieurs stations antiques. Nous ne tardâmes pal à arriver dans un golfe, au fond auquel est un village appelé Qmvepginttk (ta pigeonnier). H » y a sur la côte une ville antique dont les constructions sont semblables à celles d'fassus ; une petite Ile en masque l'entrée aux navigateurs qui sont dans le grand golfe. Un terrain montagneux sépare ce goHe d'un autre qui se trouve
(i) Strabon, liv. XIV, p. 658.
dans des conditions analogues; une ville antique est située non tain des*unes qu'on appelledans le pars Toula; c'est aussi le nom qu'on a donné à la vttie antique. Elle se trouve disposée en amphithéâtre avec un quai, où l'a trouve encore des amarres de navira.
La plupart des édifices qui subsisteat paraissent avoir été destinés au commerce ; j'y ai observé les ruines d'usé église et un petit théâtre d'une ceastruction médiocre. Bargylia, qie sans aucun doute j'avais retrouvée dam eu russes, était 4a ville la plus eofbacét dans le golfe. Elle se distinguait para temple dédiée Diane Cywuade, et en jouissait du privilège dtetoagoer li
Sluie (1). Près de Bargylia est fe tenait s Diane Cyndsade; on croit eue tes»
les foi* qu'il pleut, l'eau tonte tort autour de ce temple sans qu'il en tôt mouillé. Le passage da> Polybe, as s'applique uniquement à la statue, a»
nierait foire -croire que le temple dÉ hvpaetnre. Je ne trouvai rien ëansb ville qui pût s'appliquer à cet édite, mais à une Heue de là, dans la pus* située de feutre côté de» eoitiaa, je trouvai, au milieu des broussaillsi, ai édifice de marbre blanc orné de cotoenés cannelées, qui paraît avoir été a temple à cella ouverte, comme le terni* de vienne en Dauphiné. U est rninéjaaqu'à un mètre ôo cent. au-dessus da si et fort enterré par letvdéeombves. Ccet* rarehiteeture de l'époque romaine, soi doute du temps des Antonins. D'astre; ruines éparses à l'entour me repréeutent le bourg de Cyndie. Bartyme* une ville dont la fondation refBOStei une très-haute antiquité, parisqu'e* passe pour avoir été fondée par Achsli ou par Bellérophon (2).
Elle fut prise par Philippe dasi »
guerre de Carie, et son armée v su»
lht" ver. Si toutes les ruines de et»
époque ont complètement dispara, •»• devons en conclure que la ville eoosnuu d^étre très-peuplée pendant w* la période byzantine. Je n'y trouvai atome inscription; néanmoins, taeoscordanee des distances et des sot*** était telle, que je ne pouvais douter*
(c) Fetybe,lir. XVI, rhap. Xïl.
(*) Sttph. ByE.> 8. toc. htpptn.
son identité. Depuis ce temps les relèvements de bette eôte ot»t été faits par le navire Anglais Beaeon^ et la carte du golfe de Bargylia a été publiée par l'amirauté.