CHAPITRE XVIII
RB6IOI* PMLAA.
La région Persea s'étendait sur la côte sud d'Asie, depuis le cap Cynossema au sud de la presqu'île Triopeetinc, j» qu'au mont Cragus de Lyae, elle étal ainsi nommée parce qu'elle appartenaH aux Rhodiens, elle leur fut enlevée pu Philippe de Macédoine, mais les Rp mains forcèrent ce prince à la restituai à leurs alliés. La petite ville de Lorynn; dont l'emplacement est inconnu étal distante de vingt milles de Rhodes et confinait au territoire des Gaulliens. !
La chaîne de montagnes qui boric la côte forme un golfe profond qui dasl l'antiquité était le centre du comment des Cariens de Mylasa, des Épbésteosetf des Rhodiens ; c'est le golfe de Mena* ridjé ou de Marmarice, dont nous avoÉ tracé les principaux contours (I). Il ta. divisé en deux parties par une grand* île rocheuse. Le port Physcus où avaient lieu les transactions entre lesRhodiesf et les Éphésiens est situé à Test; c'est encore le mouillage de la ville de Bfa>< meridjé (2). On ne saurait dire si eflr occupe l'emplacement (Tune ville sf* cienne : on n*y observe aucun restto^s* tiquité; le seul monument un pea»portant est un caravanséraî b» •* le sultan Sélim Ier.
Mais depuis la base de la montagne <jui entoure la rade du côté du nord,
Jusqu'au sommet d'un plateau élevé de mit cents mètres environ au-dessus de la plaine , on remarque une série de constructions qui portent le cachet d'une haute antiquité, et qui forment comme les ouvrages avances d'une vaste ctt*-:
délie. Ces murs sont tous bâtis es
(x) Voyez page 33.
(*) Voye* b planche 6i, vue de Mara*rice.
ferres polygonales oui relient les différents pitons de rochers. On ne trouve dtos l'enceinte aucun débris qui ait appartenu à quelqu'édiflce romain, aucun morceau de sculpture ou d'ornenent ; ces ruines, en un mot. ont appartenu à un système de défense qui commandait et la rade et la vallée voisine. Le plateau supérieur est coumonépar une acropole, défendue par te tours carrées. La situation de cet ouvrage peut s'accorder avec celle du fcrt Phœnix bâti sur la montagne du mène nom.
Les ruines de l'ancien château dominât toute la rade; elles couronnent un Cn isolé défendu à sa base par de es murailles bâties en blocs ir- Kguiierg, l'acropole est construite en ■■ses réglées; une tour plus moderne i été bâtie sur un versant du mame- »: c'était dans le moyen âge un poste ■stiné à surveiller les montagnards N faisaient des descentes dans la laine.
Les sépultures des habitants étaient .
■posées autour du piton, elles connaît en sarcophages taillés dans le fe. On ne trouve aux alentours aum vestige de théâtre ou de stade , tenve que ces constructions n'ont pas fpartenu à une ville mais à une torrase.
Tontes les montagnes environnantes nt composées de marbres de difrentes couleurs; les brèches variées, le irbre veiné de rouge et le marbre me forment des couches d'une excitation facile à cause du voisinage la mer. Il n'est pas douteux que triches matières n'aient été employées r les Romains, et le voisinage de > gisements explique la profusion de nuiroents de marbre que l'on rendre dans des villes maritimes où les rières de ce genre font complètement aut.
launus, une des villes les plus ancienne ces parages, passait pour être ntée par un peuple différent des Gais, quoi qu'il se dise aussi originaire Crète. Hérodote le regardait comme reste des indigènes de la Chersoe qui s'était fondu avec les Cariens.
ne pouvait dire cependant lequel deux peuples avait adopté le lan-
gage de l'autre (1) ; les usages des Cauniens différaient de ceux des Cariens ; ils avaient rejeté le culte des dieux étrangers, et adoraient des divinités locales. Caunus était une ville maritime et les flottes grecques trouvèrent souvent un refuge dans son port. Le territoire, malgré sa fertilité , passait pour très-malsain, et l'insalubrité de Pair se manifestait sur le visage même des habitants (2) ; la rivière Calbis, qui coule dans le voisinage, formaitdes marais pestilentiels. Les ruines de Caunus avaient été reconnues au village de Dalian par
Slusieurs navigateurs; mais c'est à L Ho*kyn que l'on doit la découverte d'une inscription qui contient le nom de la ville et oui lève toute incertitude. Il est probable que l'ancienne ville était beaucoup plus rapprochée de la mer gue celle ^aujourd'hui, mais les alluvions du Dolaman tchaï ont changé la forme du terrain.
Le port est en forme de croissant ; il était défendu des vents d'ouest par de hauts rochers. Les ruines de Caunus sont sur la rive gauche du fleuve ; on peut suivre la ligne des murailles dans tout leur parcours depuis le port jusqu'à l'acropole. Le théâtre est situé à mi-côte de la montagne de l'acropole.
Le proscenium est -détruit; mais on compte encore environ trente rangs de gradins divisés en deux précinctions.
Près du théâtre est un grand édifice quadrangulaire avec des fenêtres ; une croix tracée sur la porte indique une destination religieuse. L'enceinte de la ville contient un certain nombre d'édifices antiques, des temples* un bain, un aqueduc, qui sont tous des ouvrages romains. Les tombeaux des Cauniens sont de deux sortes ; les uns sont taillés dans le roc formant des chambres avec des banquettes et très-peu décorés à l'extérieur, les autres sont des sarcophages dans le style romain.
Le port communique avec la petite baie de Keughez, où nous avons mouillé avec la Mésange. On ne reconnaît aucun ouvrage de défense antique ; cependant il était disposé de manière à pouvoir être fermé avec une, chaîne.
(i) Hérodote, I, 17*.
(a) Strabon, XIV, 63x.
Le rillage moderne de Dalian se compose de sept ou huit maisons ap-
(mrtenant à des pécheurs qui rentrent eurs barques daus la rivière. Il y a une route qui franchit la montagne et qui conduit à Mogla, l'ancienne Alinda.
La haie de Karagatch est l'ancien port Panormus, et la petite 21e qui se montre à l'embouchure du Dolaman tchaï est la Rhodussa de Pline.