CHAPITRE VIII
LES ILES DES PRINCES. DAlMONtSI.
Les Iles des Princes forment un p< tit archipel peu éloigné de la côte d Bithynie et à l'entrée du golfe de Nice médie ; les Grecs les appelaient Daimc ntsi (les Iles des Génies). Il est assc difficile d'identifier avec les noms m< dernes les nombreuses lies qui sont mei tionnées par Pline (t) sur toute la sut face de la Propontide ; nous ne pouvon reconnaître que l'île Prot-onnèse ou d Marmara, l'îledeBesbicusou Calotiim* et le groupe des Iles des Princes. Va dernières sont mentionnées sous le noms suivants : Élée, les deux Rhodussi Érébinthe , Mégalé, Chalcite et Pityod*
Le caractère de chacune de ces" île leur position respective, permettent d se reconnaître dans cette sèche nomec clature.
(i) Pline, liv. V, ch. XXXIÏ.
m ttef toiil nommées, d'am leur pontkm à regard de Chalcé- «■ne, tlie s'identifie avec Proté ou la panière. Etienne de Byxance (1) cite « fanage d'Artémidore. « En partant da es» Acritas , après avoir navigué col iii stades (J), on arrive au cap Hyrk II y a dans ee voisinage 111e Pitjmt, ane antre Ile nommée Chaleitis, attire par sas mines de cuivre, et une afrv le nommée Prota; de là à la ville et Chakatis il y a quarante stades ( sept kdMétrcs et demi). Les deux Rhodusse aat aajoanThui Rhobito et AntimsUto, très-voisines Tune de l'autre; Chkitis n'a pas changé de nom ; c'est rit de Chalki. Pityode est Pita ; Eremtte est alors Antigone ; car l'île de Majaié, la plus grande de toutes, est cer- Bt rile du Prince, qui a donné à tout le groupe. La distance par Artémidore sert à fixer les du cap Acritas, qu'il faut placer dans te voisinage de Scutari. »
Ls noms turcs diffèrent complèteavat de ceux donnés par les Grecs: les •Munîtes que nous avons signalées aoar la nomenclature des fleuves et des mat mm se setrouvent encore dans edmdes villes. Il en est plusieurs qui, mèm aujourd'hui, portent plusieurs neau, les ans turcs, les autres grecs, et faut/et donnés par les marins étran- «w. L'archipel des Princes est connu m Turcs sous le nom de Kizil Adalar 0a lies Rouges). Cest aussi le nom de rae Prinkipo, la plus grande du groupe. Iles doivent donc être classées d'après basmeodature suivante (3) :
Proie.
Saataèfallratloa.
Prinkipo.
rase*. Proté. Klnaliadasi.
Kiiil ada st.
Antigone. BoghazU ada si.
LUC 4a Itetroit.
Chalki. Heibell ada si.
I9*. Rhobito. Taonchanadasi.
UVm en Utvrra.
D*. Anti BhobUo. Sadefadast.
L*U«4MCoqaJllft.
(i)V.Cbaldtk.
(%) Tiott kilomètres, (î) Le premier nom est en romain, le second en grec moderne, le troisième en
êl
Les Iles « des Princes » furent ainsi nommées par les Byzantins, parce que durant toute la période de cet empire elles furent couvertes d'églises et de monastères qui servirent de lieux de retraite forcée ou volontaire à un grand nombre de princes détrônés ou chassés de la cour.
PBOTÉ.
L'empereur Romain Diogène, qui fut prisonnier de Alp-Arslan, recouvra sa liberté moyennant trois cent soixante mille pièces d'or, pour venir expirer comme prisonnier religieux dans un monastère de 111e de Proté, qu'il avait fondé (l). Cent trente ans auparavant l'empereur Romain 1er avait éprouvé un sort semblable. Renfermé par ses fils dans un monastère, il y finit ses jours.
Le plus ancien cloître de File de Proté lut bâti dans la première année du neuvième siècle ; c'était une prison d'État aussi bien qu'une maison reli-
Sieuse, et chaque révolution accomplie ans Constantinople fournissait un contingent au personnel des moines du couvent. Les successeurs de Nicéphore furent rasés et renfermés dans le couvent de cette tle ; il arrivait quelquefois que ceux des reclus qui n'avaient pas eu les yeux crevés ou arrachés trouvaient moyen, à l'occasion de Quelque révolution de palais, de jeter oe coté la haire pour reprendre la cuirasse.
ÂNTIOOIIE.
Du temps des empereurs byzantins Antigone avait reçu le nom de Panormus; on y avait bâti un château formidable dont l'anonyme de Constantinople (3) fait une description romanesque de laquelle il ressort que Chosroës assiégea cette place avant d'attaquer Chaieédoine. Outre ses hautes murailles, le château était protégé par un buste de femme à deux têtes qui était placé dans la tour du nord au-dessus de la porte
(i) Voyei Hammer, Constantinopoiu und der Botphoros, p. 36x. Bronet de Preste, La Grèce, p. 909.
(a) Anonyme de C. P., liv. Y, p. S3
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L'UNIVERS
d'entrée* Le feu avant été mis au château, et toute la place réduite en cendres, la tour seule subsistait encore grâce à la vertu de la statue bicéphale qui écartait les flammes de quinze aunes des murailles. Chosroès emporta cette statue en Perse, où elle fut l'objet d'un culte.
Les ruines du château de Panonnus existent encore au bord de la mer près du port ; on les appelle Bourghaz ; les ruines de citernes et de murailles que Ton découvre au sommet de la colline appartiennent au monastère, prison d'État dont il est souvent fait mention. „
Cest là que Méthodius, avant d'être élevé au patriarcat de Constantinople, souffrit un long et cruel supplice* Renfermé dans un cachot obscur avec deux brigands, l'un d'eux vint à mourir, et on laissa le cadavre infect avec le prisonnier. Ce supplice dura sept ans, a la suite desquels Méthodius fat tiré de sa prison par Michel, fila de Théophile, et nommé patriarche..