CHAPITRE VII
CHBYSOPOLIS. — SCUTARI. — USKU- DAH.
A dix stades environ de Chalcédoine et dans le territoire appelé Chalcedonia (1) se trouvait l'arsenal des Chalcédomens, qu'on appelait Chrysopolis, et dont remplacement est occupe par la ville moderne de Scutari, nommée Uskudar par les Turcs. La ville s'élève sur une pente douce au pied du mont Boulgourlou, du haut duquel on jouit du plus magnifique panorama qu'il soit possible d'imaginer ; en aucun lieu de la côte la vue du Bosphore et de Constautinople ne se développe d'une manière aussi splendide.
L'antique Chrysopolis était, sous l'empire des Perses, le lieu où se versaient les tributs levés sur les peuples de la presqu'île; c'est de laque lui vint le nom de la ville d'Or. Etienne de Bvzance, qui rapporte les traditions des Gréa*;, nous les montre fidèles à leur habitude de faire dériver tous les noms des villes et des peu files de quelque héros de leur race: selon cet auteur Chrysès, fils de Chryseis et d'Agamemnon, fuyant la persécution d'£giste et deClytemnestre. se retira en Asie, et mourut en ce lieu, où il eut sa sépulture. En commémoration de ce fait, la ville fut appelée Chrysopolis. Quoique le voisinage de Bvzance ait toujours été un obstacle à l'accroissement de cette ville, comme elle se trouve être le point de l'Asie le plus avancé du côté de l'Europe, elle fut toujours un lieu de transit assez fréquenté Les Dix mille, après avoir quitte Trébizonde, s'arrêtèrent pendant sept jours à Chrysopolis pouf y vendre leur butin (2). Les Athéniens s'étant emparés de Chrysopolis, l'entourèrent d'une muraille, et en firent une place où se versait l'argent provenant des dîmes perçues sur tous les
(c) Xéuopbon. À»a6.9 VI, 6, 36.
(a) Xénoph.» I. 6.
navires oui traversaient le Bosphore en venant du Pont-Euxin. Une flotte «le trente voiles sous deux commandants veillait à la sûreté du port. Une partie de ce port fut comblée, lorsque la ville de Chalcédoine fut détruite, et l'autre partie, sous les empereurs byzantins, pour empêcher les barbares d'y trouver un refuge. Les derniers vestiges de ce port disparurent au commencement du seizième siècle lorsque la fille du sultan Soliman fit bâtir la mosquée qui porte son nom. Quelle que fut son ini|tortance commerciale du temps des Grecs, Chrysopolis ne subit aucun accroissement pendant le règne des rois de Bithynie. Strabon ne la mentionne que comme un village dépendant de Chalcédoine. Son nom acquit quelque célébrité, parce que c'est dans le voisinage de Chrysopolis que Licinius fut vaincu par Constamin en l'an 324, et la dixneuvième année de son règne. Licinius, prisonnier, fut conduit à Thessa Ionique, où il eut la tête tranchée. Le nom de Scutari, qu'on ne trouve pas dans les auteurs anciens, vient sans doute de ce que cette ville renfermait un corps des scutarii, porte-boucliers, équités primi scufarii , créé avec les sagittarii par l'empereur Valens. Ils précédaient le corps des seconds scutaires et se trouvaient sous les ordres du maître des milices pour rOrient(l). Selon M. deHammer, le nom uskudar est perse et correspond au mot de astandar, que Xénophon emploie pour désigner les courriers impériaux, les angari des Perses.
les coursiers en orient oans l'antiquité et de nos jours.
Les Perses avaient établi à Clirysopolis une station de courriers qui portaient les ordres dans tout l'empire, et cette institution rut soigneusement conservée par l'empire romain. Auguste imita les Perses en établissant une corporation de veredarii ou courriers qui avaient des stations tous les cinquante milles. Là on trouvait non seulement des chevaux de rechange, mais encore des voitures à deux et à quatre roues qui pouvaient porter jusqu'à mille livres.
(i) Notice de l'Empire, p. 59.
Leaombre des animaux, chevaux ou mute, oui devaient être attelés était fixé pif des règlements (1) ; les voitures à ém roues ne pouvaient porter que cinq ceatt; le cheval de poste ne portait qi'n excédant de trente livres ; Tété es surfait huit mules et Phi ver dix ; les ui&raà deux roues étaient attelées de tm» amies. Valentinien défendit de se ■ettre plus de trois personnes dans ces dernières voitures (2). Outre ces transports, il y avait des chevaux de course aasrJés veredi qui franchissaient rapdement de grandes distances (3). La «ûeet la bride ne devaient pas excéder it poids de soixante livres sous peine ftnende. Chaque station devait être proie de vingt chevaux et jamais elle m devait être vide. Les patriciens afBduéeet un grand luxe dans l'équipage et leurs montures ; les mors et souvent Ici arides étaient dorés ; enfin un vétérinaire payé par la commune était attarda rétablissement
Casque année le nombre des chevaux était renouvelé par quart, et c'était la province qui avait la charge de les remplacer. Par le moyen de ces courriers, les aoofriifs se répandaient avec la plus panée céleri té ; des esclaves se tenaient eosstaaweiit prêts pour seller les choraux; des greniers bien approvisionnés ferment non-seulement aux chevaux de porte, mais encore aux cavaliers qui voyageaient par détachement. Les emperears eux-mêmes Élisaient usage de « moyeu de transport. Titus tomba malade dans une maison de poste.
Les particuliers pouvaient faire usage des postes impériales moyennant une permission du praefectus praetorio, qui délivrait des diplômes. Pline, préteur de Bfcbynie, parait avoir été très-difficile poar délivrer ces permis de poste, et il écrit à Traian qu'il n'en donne que dans le ras d'absolue nécessité. Lui-même, lorsqu'il parcourait sa province, ne voyageait pas à cheval mais dans des voitures ; c'est ainsi qu'il se rendit d'Éphèse à Pergame. Mais ce voyage lefatigua beaueoap,et il se rembarqua à Pitane, le port de Pergame pour se rendre en Bithy-
(OLS, Cod. Th.
(a)L. 15, 3o,Cod.Theod.
(3)Frtcôp^ Ht Belto Pers.t lib. *•
nie (1). Cette institution des ansari ou des postes publiques commençait a dégénérer sous l'empire byzantin, les aubergistes, par faveur ou à prix d'argent, obtenaient la faculté de servir les courriers, et ils louaient leurs chevaux à tout venant. Le mauvais entretien des routes rendait inutile remploi des chariots; le désordre se mettait dans l'administration quand les Turcs se sont rendus maîtres du pays. Eu leur qualité de peuples cavaliers et nomades, leurs princes n'ont pas laissé tomber en désuétude une institution dans laquelle le cheval joue le principal rôle. Aux manxiones romaines succédèrent les mensil-hané, que le sultan Soliman organisa d'une manière régulière. Les diploma délivrés par le préfet du prétoire furent remplacés par des bouyourdi délivrés par le pacha, et les agents seuls du gouvernement avaient, le droit de se servir des chevaux. Mais dans cette institution des transports, le commerce n'était pas oublié; les routes, mal entretenues, il est vrai, autant par incurie que comme question de défense, ne pouvaient plus servir aux voitures, et la rheda des La* tins, dont les Turcs ont fait le mot araba, la voiture. Unit par devenir en Asie un objet de curiosité Mais en revanche ils ont mis un grand soin à fonder des établissements magnifiques sous le nom de caravanséraï, c'est-à-dire palais des caravanes. Ces établissements contiennent au rez-de-chaussée de vastes écuries, des magasins pour les marchandises et au premier étage des chambres pour les voyageurs. Il y a ordinairement une dotation attachée à rétablissement pour défrayer le personnel, et les caravanes sont reçues moyeonant une très-minime redevance. Les caravanserais sont classés ftarmi les fondations pieuses, comme les fontaines et les hospices, et la création d'un tel édifice dispense un musulman du voyage de la Mecque.
Aux angari des Persans, aux veredarii des Romains a succédé chez les Turcs une corporation qui tenait de près à celle des janissaires et qui cependant existe encore, c'est le corps des tatars, qui sont considérés comme courriers de cabinet pour porter les ordres de la Porte
(1) Pline, 1W. XJêtt. XVIII.
L*tmtVEIlS.
Non-feulement ils ont le droit de prendre dans chaque menait- hané les chevaux qui leur sont nécessaires; mais dans les villages ou même sur les routes nul cavalier n'oserait refuser de troquer son cheval contre celui d'un Tatar en mission, quitte à retrouver sa monture dans la maison de poste prochaine. Les tatars sont reconnaissantes à leur costume particulier; ils portent Un grand béniche, sorte de robe ronge avec le fez, et tout Pattirail de campagne ne tes quitte jamais; nous voulons parler des armes de toute sorte et des accessoires de la pipe.
TÉLÉGRAPHIE CHEZ LES BYZAlfTftVS.
Indépendemment de cette transmis* «ion terrestre des ordres impériaux, les souverains de Byzance avaient, établi une ligne de télégraphie aérienne nocturne entre Taesus et la ville de Scutari. La première station était placée sur le mont Boulgourlou Ce système de signaux correspondait avec Constant!»
nople, soit à la tour des vedettes (l), soit à la tour du centenier voisine ou palais, [/invention de ces signaux remonte aux plus anciens temps historiques. La prise de Troie fut annoncée à la Grèce par des signaux nocturnes qui se répétèrent de proche en proche sur les sommets de toutes les montagnes (2). Les Gaulois connaissaient le métna moyen de correspondance; mais l'organisation régulière des signaux télégraphiques né date que du neuvième siècle de notre ère. Ils furent perfectionnés sous le règne 4e Théophile par Léon le Philosophe, évéque de Thessa»
Ionique. La nécessité de connaître les mouvements des Sarrasins avait fait organiser ce service; les feux étaient disposés de manière à former des chiffres qui correspondaient à des phrases; huit stations étaient établies entre Tarsus et la capitale* La première à Rula dans le voisinage de Tarsus (sans doute Knlek-Boghaz )(8), une seconde sur les hauteurs du mont Argée (4). Les autres
(i) Cohorte* vigilium.
(a) Eschyle, Agamemnon, v. aSiyaS5.
(3) Voyez page 3i.
(4) Continuai or Theophaois, IV, < 35, ap Hammer» loc. cil.
stations étaient sur les sommets Îsam4 jEgytos, Marnas, Kyrizos, Mofcttas (j et la dernière sur le sommet du me Auxent (Boulgourlou), où était le mon tère des Acœmites (qui ne dorment paj Ce. dernier point correspondait direej ment avec le palais. Il e»t fait menti de cette télégraphie dans l'histoire j zantine au sujet de l'empereur 1 •chel III en 842. Ce prince, abandonna les soins de l'empire, se livrait avec ë portement aux jeux du cirqoe. Un coi rierdu palais vint au moment des coi ses kii annoncer qat les Sarrasins t naient d'envahir une des provinces I l'empire. Il fit écarter cet importun ordonna d'éteindre les feux qui dans I temps è alarme avertissaient tous f pats situés entre Constantînople et Td sus (2).
Le promontoire de Scutari forme véritable Hmite entre le Bosphore et Propoutide; c'est à cette place que, s Ion la tradition des Grecs, la vache 1 aurait traversé la mer ; aussi le cap < Scutari était-il appelé Damalis ou le w de la Vache. Si Ton veut chercher ui source historique à ce nom de Damalis il faut franchir plusieurs siècles et ai river à Pépoque d'Alexandre. Philipi de Macédoine assiégeait Byzance , qi était défendu par Charès, général ath nien. Sa femme Damnlis étant mor pendant le siège, les Byzantins, pot reconnaître les services que leur ava rendus Charès, élevèrent un tombeau Damalis sur le cap de Scutari et dre sèrent une colonne portant la figure en blémattque d'une vache (S).
Scutari est du petit nombre des villi d'Asie qui n'ont pas vu leur prospéri déchoir avec la domination musu ma ne. Faubourg de Constantinop comme elle Tétait de Chalcédoine, c'e toujours le lieu de casernement d< principales troupes réunies autour d la capitale, et de magnifiques caserne; qui s augmentent tous les |ours, peuvei recevoir des corps d'artillerie et de cj valerie.
Autant par esprit de religion qt
(i) Aujourd'hui incoonus.
(a) Gibbon, règjne de Michel.
(3) Codin d'après Deuys o> Byzance (pi malis).
ASIE HUfKURE.
pm sbire aux troupes cantonnées à Seeurt, la plupart «es sultans ont contrite* à embmr Seutari de plusieurs nowiswnts remarquantes ; les fontaines * «si décavée* avec goét et de nombranfînosquées rompent, par la forme etsnsaée leurs eéupoles et la multt* sis* et leurs minarets, l'uniformité teafscsdu paysage. Moins voisine da teteinopè** .âcutari passerait pour s» tiu remarquable.
■CSQOtt DO ICLTâfl SOLIMAN.
U ssitaa Soliman, fils de Séiim, fit Mrir ta IM7, en l'honneur. 4e sa fille Ittnni sultane , une mosonée qui est MMe la plus belle de la villa. Elle est stase su bord de la nier; les nombreuses •spotes de son avant-cour (harem) «M couvertes: de plomb et soutenues far «et toteanes de marbre.
la Masquée bâtie par la mère du sultalftsMBtt III esusituée dans la par* ût«d se la ville; elle fut bâtie en ttfc, et est imitée d'une église grecque «Gosstotiuople qu'on appelle Ktficé-
Ïw-sL La grande coupole est entouet ni autres demi-coupoles dispo- •^«seljiortaet quatre autres s*elè* ***» les quatre angles. Cet édiU e ^ataésuruneéminence non loin du •wfcéaux chevaux (at bazari) et doùtmtjiie toute la ville.
Wferenies sultan* s et princesses ont ««i le même exemple et ont orné la '*« de Seutari d'édifices religieux, de rtfcs ce couvents de derviches et ■"Mpinj pour les pauvres. Tons ces •msments ont été bâtis aune époque •• ^architecture turque •abandonnait taofeirebe, dont elle avait été uu re* m*igiaal% pour se jeter dans i'archi~ ***t bâtarde qui n'est ni musulmane ■«sséticnoe. La mosquée de Sélim III •at an exemple déplorable. Quoique «sa marbre et décorée avec un certa «ne, on ne trouve m dans son en* •■s* ai dans les détails de ses. orne* *a*rien qui rappelle plutôt l'orient ««Tocddent; c'est un style qui n'a pas ■me tour lui ^originalité de la bar* «rie. In princes musulmans qui ont wb -nie de Seutari de tant de nto- *«ttts religieux n'ont pas oublié d'y frfo eeoxqui* bien que sera ppe rtant
à la vierivile, n'en sont pas moins regardés comme des fondations pieuses. Nous voulons parler des bains et des caravaaseraïs. Os derniers édifices sont dignes d'une ville qui est la première place de tnosit entre l'Asie et l'Europe, ils sont nombreux et largement . installés. On asf toujours certain d'y rencontrer dea caravaneurs arméniens pour des voyagea de long cours; ils sont aussi disposés à partir pour la Perse et l' Afganistan que pour les environs de Smvrne; mais pour tout ce qui concerne l'équipement du voyage* cVst à Constantmople seulement qu'on peut se les procurer.
La ville de Seutari est entourée d'ua immense champ des morts planté de cyprès séculaires, qui font de ce Jieu un des sites les plus remarquables des environs de la capitale. Il n'y a pas en Asie d'autres jardins* publics nue les ci* matières. Ge sont des lieux de promenade aussi bien que de recueillement. La mort n'est paseevisagée par les musulmans sous le même point de vue que par les*hrétieits,et 1 idéed'uneautrevie leur cause plutôt un sentiment de quiétude que de tristesce. La terre d'Asie étant la patrie commune de tous les Osmanlis, les principaux habitants deCoastanttnoele attachent un certain prix à l'idée dvaHer reposer «ù reposent leurs ancêtres, et font tranaporter leur dépouille mortelle à i Seutari. Cependant le gratidtcimetièra n'est pas décoré de monuments:, somptueux r de chapelles sépulcrales rois, Turbéh^ nomme on en voit un^ grand nombre, à €onstantinepJ«* Autrefois. te i dignité du mort était indiquée sur sa tombe par Informe du turban qui couronnait la piètre tumulaire; aujourd'hui c'est le simple fez qui indique la sépulture des grands comme des marchands. Les tombeaux des femmes sont décorés 4'vme simple inscription au milieu de laquelle est sculpté un cyprès la tête penchée ; c'est le symbole de l'âme qui s'est envolée au ciel. Une fois le mort déposé dans ta tombe, la famille vient quelquefois rendre visite à la sépulture; mais le tombeau reste sans gardien sous la protection de la piété publique, sans que jamais on songe à sa réparation ou a son entretien. Aussi quoique le cimetière de Seutari date de rétablissement des. Turcs
l'univers.
à Constantinople, on y découvre à
Seine un seul tombeau qui remonte au elà d'un siècle. Les nombreuses inscriptions peuvent cependant offrir quelque intérêt à l'orientaliste ; il y trouvera toujours le sentiment religieux exprimé sans emphase, et quelquefois des extraits des poètes persans ou arabes les plus aimés des musulmans.
Le mont BouLGOUBLouest l'ancien Damatrys ; les environs étaient couverts de jardins et de maisons de plaisance.
L'Anonyme de Constantinople, dans sa nomenclature des palais et des monastères construits au delà du Bosphore ( I ), cite le palais de Bryas , ainsi nommé , dit il, parce que le dernier des empereurs byzantins, fuyant sa capitale pour se retirer à Jérusalem, pourra dans son palais de Bryas entendre les cris de désespoir des habitants.
Il fut construit par les empereurs Tibère et Maurice , qui bâtirent aussi le palais de Damatrys , où se trouvait le boisde Constantin TA veugle, fils d'Irène.
Le port d'Ëtitrope, ainsi nommé du protospathaire de l'empereur Constantin, gui le fit construire, était voisin de ces lieux.
Les princes byzantins avaient pris les mœurs des Orientaux avec lesquels ils étaient en communication constante, et le goût des jardins appelés Paradis chez les Perses, s'était introduit chez les Grecs; ils étaient établis de préférence sur la câte/l'Asie; le palais de Damatrys était entouré d'un vaste parc rempli de gibier, où les empereurs et les princes leurs lits allaient se livrer à l'exercice de la chasse. Tous ces palais ont disparu ; mais les fontaines qui les arrosaient circulent encore au milieu des jardins des Turcs.
LA TOtJB DE LÉANDRE.
A quelques encablures du rivage, dans le voisinage de Seutari, s'élève une tour de construction moderne , que les Turcs appellent Riz Koulé-si (la Tour de la Fille), et qui est connue des Européens sous le nom de Tour de Léandre. Elle est bâtie sur un écueil à fleur d'eau.
(r) Anonvoii, Pars IÏTf liv. III, p. $% ap Baiiduri. "
L'ancienne tour était un ouvrage de l'a pereur Manuel ; c'est en ce point qu'éti attachée la grande chaîne qui ferra l'entrée du Bosphore et dont l'autre « trémîté était reliée au continent d*E rope. L'ancienne tour, dont il res quelques dessins, était un bâtiment nu sif, couronné de créneaux et couvert p un toit pyramidal. Une jetée sous-m rine reliait cet écueil au continent à\ sic L'édifice byzantin que P. .Gilles vu et décrit a été démoli au commei cernent de ce siècle, et remplacé par i pavillon dans le goût moderne et doi ta coupole est surmontée d'un fam Il est entouré de quelques corps i garde où stationne un poste. Déjà i temps de P. Gilles on croyait que Fil térieur de ce petit fort était alîmen par une source d'eau vive; mais il e constant qu'il n'y a qu'une citerne q reçoit les eaux pluviales. Les Turcs r content au sujet do nom de l'édifie la Tour de la Fille, une histoire romi nesque d'une princesse qui y fut déu nue; c'est sans doute ce conte qui motivé de la part des Européens le noi de Tour de Léandre, quoiqu'elle n'a rien de commun avec l'événement pot tique dont Sestos fut le théâtre.