CHAPITRE XX
VILLES DES ISAUBB8.
Sons le rè«:ne de Gallien , Trébellien, «re de nation , s'empara de l'autorité préme, et se fit décerner le titre empereur; attaqué par les généraux
Gallien , il se retira dans les mondes, et sut s'y maintenir pendant elque temps. Cerné par les troupes naines, il fut pris et tué; mais les Rires n'en continuèrent pas moins 1rs courses. Ils sortaient de leurs reires, allaient piller les villes sans dette, attaquaient les caravanes, et replient chargés de butin. Rien ne ovait mettre un terme à leurs pira- , et dès que le gouvernement insulaire se trouvait ébranlé par un
gement de règne ou par quelque
îtion , on les voyait reparaître plus
dis que jamais.
Ëpereur Probus ayant pacifié nt , marchait contre les Perses; — uva arrêté dans son passage du ferus par quelques partis des Isaures.
ftmpereur, ne voulant pas laisser sur fe derrières une peuplade hostile , rétat de l'anéantir. La ville de Cremna, tfmit été assiégée et prise par Ariane, avait été depuis longtemps rêve en bon état de défense. Elle était ■ ce moment commandée par un chef jwrien du nom de Lydius, qui s'y ■it renfermé avec une armée résolue, s lieutenant de l'empereur songea Jwrd à investir la place. l<es Isaures étaient ménagé des correspondances
(0 Stratjon , ihid.
41e Livraison (Asie Minbubb.) t.
avec le dehors , et pendant longtemps le siège ne fit aucun progrès. lis provisions entraient dans la place par une issue secrète. Lorsque cette ressource eut été retirée aux assiégea, la défense devint de plus en plus difficile; mais les moyens féroces qu'employait Lydius lui permettaient de compter encore sur un secours du dehors. Lorsque la détresse augmenta, les femmes, les vieillards et toutes les bouches inutiles furent impitoyablement livres aux Romaine, ou précipités du haut des rochers qui entouraient Cremna, le dessein de Lydius étant de s'ensevelir sous les ruines de la place. Mais un archer habile , qui avait été cruellement traité par le chef barbare, parvint à gagner le camp des Romains. Instruit des mouvements de Lydius, qui venait observer les ennemis
Par une fenêtre du rempart, l'archer attendit avec patience, et le tua d'un coup de flèche.
I*s barbares, sans chef, ne soutinrent pas longtemps le siège. Malgré les avis que leur avait donnés Lydius en mourant, ils se rendirent aux Romains (l). La place ne fut point démolie, et les vainqueurs y établirent une garnison. Par les ordres de l'empereur, les Isaures qui habitaient la montagne furent traqués et dispersés; mais on ne parvint pas à les anéantir; et, sous Constantin, ils exerçaient encore leurs déprédations (2). Enfin, nous retrouvons le nom été Isaures mêlé aux derniers jours de Rome. La porte Asinaria confiée à leur garde fut ouverte aux soldats d'Attila, qui se précipitèrent dans la ville, et commencèrent le pillage. Ceci porte à croire que les Romains n'eurent d'autre moyen de pacifier le pays que d'incorporer les Isaures dans les troupes de l'empire.
L'étendue de l'Isaurie varia singulièrement pendant toute la période ancienne; mais on ne saurait reconnaître comme appartenant à cette province les vingt-quatre villes citées par HlérocJès, et qui faisaient partie de la Cilieie. Les villes appartenant à l'Isaurie propre sont au nombre de six, et non pas de vingt-quatre : Isaura, la capitale;
i, cm Anmiey Narcdun» XIV.
1/U2HYERS.
Crama, la place farte do Trama; Selgé et Sagniassus , qui sont aussi dans les montagnes, sur les frontières de la Pisidte,et Lystra; enfin, Derbé, Laraoda, Séieucie, Cetondera, et toutes les autres villes maritimes citées par HiérocJès appartiennent à la Cilieie.
La circonscription indiquée par An> mien Marcellin est à peu près la même que oelle'de Hiéroelèa. L'Isaurie, dit-il, est remarquable par la richesse de sa végétation. Elle est traversée par lé fleuve Calycadnus , et indépendamment de plusieurs autres villes, elle en a deux qui sont très-remarquables : Séieucie, fondée par le roi Séleucus , et Claudiopolis. L'empereur Claude y établit une colonie. Ses rébellions fréquentes ont attiré sur l'Isaurie de justes vengeances; de sorte que cette province ne peut montrer que des vestiges , assez nombreux, il est vrai, de son ancienne splendeur (I).
Justinien fit commander la province par un préteur, qui avait également autorité sur la Pisidie.
Le costume habituel des Isaures était une chlamyde bordée de rouge. Nous ne connaissons aucun bas-relief qui nous retrace le caractère physique de cette peuplade» On voit, par la multitude d'inscriptions relatives au gouvernement proconsulaire , que les circonscriptions variaient presque à chaque élection. Banduri cite comme ayant été trouvée à Smvrne une inscription qui range sous la juridiction du même préfet toutes les provinces qui ont appartenu à l'Asie centrale.
PubUus, proconsul, préfet de Honte, dé la Pbrygie, de l'£olkte, de la Méooie, delà Lydie, de rËeueftpoQt, de la Mysfte, de la fiithynie, de la province de Tarse , de la Galatie , des Mary andyniens , du Pont, de la Paphl agonie, de la peUte et de la glande Gappadoce, de l'Isaurie et de la tycaonie, et des pava Juaqp'aux confins du Taurus et de la petite Arménie.
La frontière naturelle de la Lycaonie est indiquée par la pfemière chaîne de montagnes calcaires -que Ton rencontre à l'est de la- route , entre Éregli et Caraman. Strabon en a exagéré la hauteur (2); elles dépassent rarement
(i) Ad Notftiam ûup. Qri/aaL, p. 17$.
(a) Strabon , XU, 538.
quelques centaines de mètres du niveau de la plaine. Mais ce sont i lieux particulièrement froids, à causa leur hauteur absolue , qui atteint ri de dix-huit cents mètres au-dessus dé mer. La montagne appelée Kara dsg et qui n'est pas nommée dans les 1 leurs anciens , surpasse seule cette ^ teur ; mais c'est un yolcau isolé
Les ruines byzantines que Ton obsa dans la montagne du Kara dagh, < nord deGaraman, ont été longtempsej sidérées comme occupant l'emplal ment de l'ancienne Derbé, la fortert d'Antipater ; mais oour la concordai des deux positions, il faudrait retrouj dans le voisinage un lac qui n'existe a" Strabon dit, en effet : Derbé, fortereaj lac d'Isaurie. Ces conditions se itHJ vent dans le village de Divley aituéd une des vallées transversales du TM au sud-ouest d'Érégli.Elle est arrosé!
une petite rivière qui sort du lac à gheul; les flancs de la vallée oob»
encore quelques unes des grottes
tionnées par Strabon (1). On à Divlev les murailles d'un vieux châ et une église byzantine encore bien \ servéeetdont 1 intérieur est orné de | turcs; la position de ce village, à lu sauce d'une vallée, en fait un point tégique dont l'Importance ne peut méconnue et pouvait convenir à la teresse d'Antipater; ce prince posa1 aussi Laranda : le pays était dooei vert par deux places qui déïendaieal passages du Taurus. La ressembla des noms de Divley et Derbé, qn Grecs prononcent Derré vient en ajoutera la présomption d'identité!
les deux places. Les apôtres Pq Barnabe se réfugièrent à Derbé a avoir été chassés d' iconium, Tan d*a ère 41 ; cette ville était la métrepod l'évécbédeDerbé(2).
La route de Derbé à Caraman «stj récageuse pendant une partie de l'a parce que les eaux versées parles] tes septentrionales du Taurus ne 0 vent qu'un écoulement difficile ail lieu des plaines sans pentes biea cusées. J
Caraman, ville de trois à quatre»
(x) Strabon, XII, 569.
(a) Cb. de Sl-ftul, géogr. sacr.
ASlfc MINMJRE.
âmes, se trouve au point de réunion des eaax de toute La plaine ; il y a au milieu de b ville un étang qui exhale des miasmes délétères. Cette ville, qui , selon la tradition acceptée par les géographes, occupe l'e m place rue ni de Laranda, s'étant trouvée en butte à la vengeance de Philippe et de Perdîecas, à cause du meurtre commis par les Larandiens sur (a personne de BaJacris, gOQTerneur, fut attaquée et prise après une courte résistance ; tous lefe bombes adultes furent passés au ttl de l'épée; le reste de la population dispersé et la ville ruinée de fond en comble (1). Elle fut rebâtie dans la suite et est souvent citée par les auteurs antérieurs à l'époque byzantine.
Après la chute des sultans d'Iconium, e territoire de Laranda resta au pouvoir de Karaman oglou, qui donna son 1001 à la province Caramanie, et fut le fondateur de la dynastie des Karaman, lui commença en*ï294. Un des descenlantsde cet émir fit, en 1386, une invasion dans les États du sultan Mou- ■ad Ier son beau-père, qui le vainquit *t lui accorda son pardon ; une seconde tentative faite sous le règne de Bayazid l'eut pas plus de succès, mais Karaman $lou fut dépossédé; enfin, en 1464, la Caramanie fut incorporée à l'empire )thoman par Mahomet II.
Le Kara dagh, la montagne noire, à oe journée au nord de Caraman est emarquable par un ensemble de ruines onnues dans Le pays sous le nom de tiiibir kilissé : ce sont de nombreux ouvents du moyen âge aujourd'hui bandonnés et en ruines, et .dont l'arhitecture ne porte le cachet d'aucune poque déterminée.
Le Kara dagh est un ancien volcan ont les laves trachytiques sont de cousur sombre : c'est de là que les Turcs ■ ont donné le nom qu'elle porte ujourd'hui. Le village turc nommé ulystra, voisin de Caraman, est porté iff la carte grecque avec cette légende iiystra ou Lystra, où saint Paul a ueri le boiteux, ce qui prouve que évéque de Cappadoce regardait Ki lystra wnrae identique avec la ville où saint ' aul a prêché.
(i) Diod. de Sic., liv. \ VUI, eh, »*♦
A l'ouest de Caraman s'étend le pays montagneux dé l'Isaurie dont la capitale l$aura fut longtemps ignorée.
Les limites occidentales de l'Isaurie sont formées par une chaîne de montagnes calcaires, qui va se rattacher au Taurus; elle sépare le bassin du lac d'Egdir du bassin des deux lacs de Bey chéri et Sid^ chéri ; le dernier est alimenté par les eaux de l'autre lac, et la rivière d'écoulement se dirige vers la plaine de Konieh.
La ville de Bey chéri est située sur la rivière qui joint les deux lacs, elle . est la résidence du mutzellim ou gouverneur du district. Un tombeau musulman , un medrécé et quelques mosquées à minarets sont les seuls monuments qui attirent l'attention. Ces deux petites villes, doivent leur fondation aux émirs seldjoukidessous le règne de Ala Eddyn. Le lac Bey chéri représente l'ancien lac Trogitis, et le lac de Sidi , chéri le lacCaralitis ; on retrouve ee nom dans le petit bourg de Kereli aujourd'hui presque abandonné ; il est situé à trente six kilomètres au nord de Bey chéri.
A vingt-quatre kilomètres de cette dernière ville, sur la route dllgoun et au village d'Eflatoun, M. Hamilton a observé un monument archaïque qui mérite d'être remarqué. Du pied d'un rocher calcaire sortent plusieurs sources qui se réunissent dans un bassin.
Au milieu de l'enceinte des rochers s'élève une stèle d'une grande, dimension sur laquelle sont sculptées, dans divers compartiments, des figures dans le style assyrien ou mède ; la stèle a une hauteur d'environ trois mètres. Ce monument parait avoir quelque analogie avec l'enceinte sacrée de Boghaz keui ; des dessins précis pourront seuls mettre à même de déterminer à quelle époque remonte l'exécution de ee monument, qui depuis 1836 n'a pas encore été desaine (|).
• (r) Vôy. Jâe.Mimur**i> lï, p. 1 39, Karl Ritter, Mrdkwuié, t. IX, 455.
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