‹ Asie mineureChapitre 380 sur 428 · VILLES AS LA LYGIE DAMS LA VAL- LÉE 1>U XANTHUS · texte numérisé non relu

VILLES AS LA LYGIE DAMS LA VAL- LÉE 1>U XANTHUS

Le Xanthus , Ak tchaï des indigènes, prend sa source dans les hauts plateaux de la Cibyratis, au pied du mont Cragus ou Ak dagh ; il coule ainsi vers l'ouest jusqu'à la rencontre de la grande vallée formée par le versant occidental du mont Massiscytus; là il reçoit an af* flueut venant de l'ouest dans le Pernaa dagh. Le fleuve prend alors le nom de Khodja tchaï, la maîtresse rivière. Les habitants placent la vraie source du Khodja tchaï aux environs d'Orhan, Tan* etenne Araxa. M. Spratt décrit. en oes termes ce lieu remarquable. Nous suivîmes le pied des montagnes qui s'élèvent au-dessus de la plaine à une hain teur de huit mille pieds* Notre but était de visiter un énorme précipice au pied duquel les habitants placent les sources du Xanthus. Nous reconnûmes en effet une source abondante sortant de terre au pied d'un vieil arbre, et tout à l'en* tour l'eau sortait de terre par jets au milieu des fleurs et du gazon. Le Xanthus à sa naissance est déjà une forte rivière ou plutôt un torrent infranchissable ; il reçoit bientôt après un cours d'eau venant d'une gorge voisine qui s'ouvre dans la montagne. A sa source,

(i) Strabon, XIV, 665.

l'eau du Xanthus est claire et pure; el) ne prend que dans la plaine cette cm leur jaune et noueuse gui lui a val son nom (i); dans la partie inférieure d son parcours, les habitants appetleotc fleuve Etchen tchaï. Du temps de Sirs bon les barques pouvaient mouiller son embouchure : aujourd'hui une bas de sable la rend impraticable.

La vallée du Xanthus est le premk territoire où aient abordé les colons ai tois , c'est là qu'ils ont fondé leurs poj cipales villes : Tlos, Pinara, Xanthus,! dans les vallées supérieures Balbudi Araxa et Bubo. La vallée du Xanf résume l'histoire et la mythologie Lyciens. Latone après avoir en( Apollon et Diane vint se baigner dai fleuve, escortée par des loups, un tei , nommé le Latouni lui fut élevé près la ville.

. Le fleuve reçut son nom de la ooufa jaune de ses eaux, comme le fleuve do Troade. Dans la langue lycienoe onE pelait Sirbé, mot quia la mémesijp cation. Aujourd'hui , la plaine où i panchent les eaux du Xanthus an d'arriver à la mer, est peuplée parqa quespauvres villages dont le plus ion tant est Fournas, résidence du cbeti district. Kounik est le village le plasi sin des ruines de Xantbus ; on n'y M aucune ressource.

CHAPITEE VIII.

XANTHUS. — ABNA. — TLOS —, DKUWAB.

La ville de Xanthus capitale de I Lycie est située sur la rive orientale i fleuve à deux lieues environ de aoofl bouchure. L'acropole s'élève sur uni cher de forme carrée, dont la haut* est d'environ soixante-dix mètres. 1 ville basse s'étend autour de l'acropi mais les monuments qu'elle renfi sont tous de l'époque romaine : oal donc lieu de penser que la ville lycio* occupait seulement le sommet de fj montagne. .

Pendant son voyage sur les côtes jï Caramanie le capitaine Beaufort aval recueilli divers renseignements sur le

(i) TmveL in Lycià'rL I, fy.

rite et les monuments de Xanthus, mais ces ruines étaient restées inexplorées foque H. Feilows les visita pour la pmièrefois le 20 avril 1838. Le noraire et l'importance des monuments qu'il observa excitèrent au plus haut degré rintérêt du monde savant, et Tannée Savante le gouvernement anglais chargea une mission scientifique d'aller re- Meillir les principaux monuments de Wpture de Xanthus pour les translater au Britisch muséum. MM. Spratt I Forbes ont rendu compte de cette pétition, pendant laquelle ils déterminent le site de plusieurs autres villes Wre inconnues (1).

la route de Macri à Xanthus se dip au nord-est en suivant le rivage Irëcageux du golfe; on commence après s heure de marche à monter les penf de l1 Anti-Gragus, et du sommet de la anière colline on découvre la grande ttoedu Massiscytusdont les nombreux «mets sont couverts de forêts de pins, i descend ensuite dans la vallée de jnthus entrecoupée par des collines pieuses dont le sommet est couvert dépôts de calcaire d'eau douce, resi d un lac qui a dû occuper une par- I de la vallée , et Ton fait halte au fogedeMinara. Le lendemain on confie de descendre la vallée, peuplée de teieurs village* et entrecoupée de Mimes boisées. Bientôt on découvre la bine de Xanthus, qui s'étend jusqu'à lmer;le fleuve est extrêmement rapide F ses eaux sont chargées d'argile jau- Étre.

I* rocher de PAcropolis ne mangue i de caractère, mais il est loin d ofr" l'aspect étrange et pittoresque des très citadelles lyciennes., La plaine, cet endroit est marécageuse, le fleuve 0e ses eaux au pied de la seconde topole sur le revers de laquelle est tetruit le théâtre et d'autres monutoU, principalement THéroum à pitres carrés, orné de bas-reliefs repré- Want l'histoire de la fille de Pindarus. Ks de là est une seconde colline sur Joëlle est construite l'acropole supétoire, dont l'enceinte est occupée par i mines d'un monastère byzantin.

(i) Trevek in Lyria Mflyas and Cibyratif, 1 Spritt and Forbe#rLondon, 1847.

Les principaux sarcophages sont situés sur la pente sud-ouest; ils sont de style lycien avec des couvercles de forme ogivale : le plus remarquable de ces monuments, orné de sculptures représen»

tant une course en char, a été brisé lorsqu'on a voulu le déplacer.

Une plate-forme de roc immédiatement au-dessus de la plaine était couronnée par un groupe de temples dont les frises ont été emportées en Angleterre,

Les monuments de Xanthus sont en calcaire blanc compacte, qui abonde sur les côtes de Lycie ; mais les bas-reliefs et les autres sculptures sont en marbre blanc Cristallin.

Un des monuments les plus remarquables de l'ancienne Xanthus est désà- §ié sous le nom de monument des arpies ; il était situé près des rochers de l'acropole et non loin de l'obélisque portant les inscriptions lyciennes. Il se composait d'un soubassement carré contenant une chambre sépulcrale , et audessus un édicule dans le genre du tombeau de Mylasa. Les sculptures qui décorent ce tombeau représentent la fable des Harpies et sont regardées comme un des plus magnifiques produits de l'école lycienne antérieurs à la {>rise de l'acropole par Harpagus. Mon oiii de ce monument s'élève un obélisque carré dont les quatre faces sont couvertes par des inscriptions en caractères lyclens, on croit y reconnaître quelques noms des villes de Lycie et notamment celui de Arna, nom lycien de la ville de Xanthus.

Tous les monuments archaïques sont autour de l'acropole et dans son en* ceinte -, on en conclut que c'était le véri* table emplacement de l'ancienne Arna* et que la ville basse a été bâtie quand les Romains ont été maîtres du pays.

A quatre milles au nord de la ville* M. Hoskyn a reconnu une longue mu* raille qui coupe toute la vallée; elle a sept ou huit pieds d'épaiaseureans tours, et construite en pierres non taillées f assemblées à joints irréguliers, elle a tous les caractères d'une haute antin quité, et l'on ne peut douter Qu'elle n'ait été construite par les Xanthms poa* se mettre à l'abri des incursions des habitants des montagnes, peut-être les

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L'UNIVERS

Tloés où les Solymes. (Tétait un de ces mars de défense, fines ou closurae comme on en rencontre dans quelques autres provinces. La construction de ce mur ne peut être postérieure à la conquête perse, puisque depuis ce temps toute la Lycie a été réunie sous le même gouvernement.

Après la conquête de la Lycie par les Perses, te population de Xanthus se composa moins de Lyciens que de Cariens et de Grecs amenés par les nouveaux maîtres. La citadelle paraît avoir été conservée uniquement comme poste militaire et la nouvelle Xantbus fut construite dans la plaine au pied du rocher.

La plupart des tombeaux, taillés dans le roc, paraissent antérieurs à cette époque ; mais pour les sarcophages et pour les sculptures représentant des faits de guerre, des prises de villes et d'autres sujets qui se rattachent au séjour des Perses en Asie Mineure, il y a dans la composition de ces œuvres une influence orientale bien marquée qui fut modifiée par les œuvres* de l'école grecque pendant la période macédonienne.

Les Perses avaient complètement évacué le pays, et avaient été remplacés

f>ar des Grecs. La population de race ycienne était de plus en plus clairsemée; mais les modernes Xanthiens ne répudiaient pas le souvenir de leurs prédécesseurs, et pendant la guerre civile

aui suivit la mort de César, les Xanliiens refusèrent d'ouvrir leurs portes à l'armée romaine commandée par Brutus. La ville fut investie, et les habitants, repoussant toute proposition de capitulation, préférèrent s'ensevelir avec leurs femmes et leurs enfants sous les ruines de leur ville en flammes (1).

Les Romains ne traitèrent pas les Lyciens avec trop de rigueur, et admirent sous le contrôle prooonsulaire la confédération des villes lyciennes. C'est pendant cette période romaine que furent construits presque tous les monuments publics dont on observe encore les ruines en Lycie, comme les théâtres, les stades et plusieurs temples qui ont été ruinés moins par la main des hoin-

(i) A p pieu, Dell. «>. IV, 1 8.

mes que par les secousses des tremble* ments de terre.

La religion chrétienne, sousl'wflueuce de la parole de saint Paul, se répandit de bonne heure dans les villes de Lycie, et de grands monastères furent fondes; il n'est pas de ville où l'on ne retrouve les vestiges d'anciennes églises byiantines.

Il ne parait pas que les musulmans se soient jamais établis à demeure dans la ville de Xanthus. Les alluvions formées par le fleuve ont depuis bien <ks années rendu ces parages presque inhabitables; les populations rurales descendent dans la plaine pour faire leurs semailles, et quand viennent les chaleur»

remontent dans les hautes vallées à Taurus. A partir du mois d'août ce pays devient complètement, désert, c'est dao> cet état que nous l'avons trouvé en août 1836. Nous projetions un nouiea voyage en 1837, mais cette expéditiw n'eut pas lieu (1).

L'antique cité de Tlos, bâtie par k héros fils de Trémilus, était une ta principales villes de la Lycie (4). Oi savait qu'elle était située sur la route* Cibyra dans la vallée supérieure à Xanthus; sa position a été détermina par M. Fellows au village de Deuwar, nom turc qui signifie , les murailles, i est situé à six heures de marche ai nord de Xanthus et à une journée * nord-est de Macri , sur une montai* dépendant du Massiscytus ; c'est le d»

lieu d'un aghalik appartenant au pad»

lik de Mogla.

Deuwar est situé dans une admira* position au milieu de l'ancienne aet* pôle élevée à trois cents mètres au-dessus de la vallée voisine , entourée & j profonds précipices dont les flancs for- 1 ment des murailles inaccessibles. La vue domine toute la vallée du Xaotb»

jusqu'à la mer et de l'autre côté to , sommets du Cragus et du MassistyW terminent l'horizon.

Les rochers de l'acropole du cote»

nord sont criblés de centaines de loisbeaux creusés au ciseau, et qui pour ta plupart sont inaccessibles. Les plus &

(i) Voy. Descr. it ÏAtie Wmtun, t. 0, documents officiels.

(*)Strabon,XIY,665.

m sont semblables à ceux de Teljns, quelques-uns portent des inscrifm grecques parmi lesquelles on lit Ifioms du sénat , du peuple et de la fensie des Tloéens. Le plus remarpiede ces tombeaux a la forme d'un ppte arec un fronton supporté par •colonnes de style égyptien et des piteaux massifs, dont le fût est Koop plus large à la base qu'au met, ee monument paraît être resté toé.

•us le portique est sculptée l'imita- I d'une porte avec ses clous et sa ser- U et sur le côté on voit un bas-relief éseolaat Belléropbon monté sur ne au galop sur une montagne rose qui représente le mont Cragus.

héros attaque un énorme léopard pé sur une de* entrées du tombeau oite de la porte. Un ornement de nui décore un des côtés de la porte du léopard et est répété sur le nao correspondant. Sur le panneau du tombeau sont sculptées des il de chiens. Ce bas-relief, qui mériluae description plus étendue, pairoir été peint (!) ; près de ce mo- Kot est gravée sur le roc une iustbn en caractères lyàens d'une ide dimension.

m» la plaine, à quelque distance, tarait a découvert un piédestal sur W est sculptée la représentation du pde Tlos; on reconnaît le rocher de topole, les murailles et les tombeaux p dans le rocher ; on voit à l'entour perriers dans différentes positions.

s théâtre est appuyé sur le flanc de Hlliiie;on y compte trente-quatre Éi de sièges, et les angles des cunei Urnes de griffes de lions. Près do pre est un groupe de grands édifices pins, sans doute le gymnase et la tarie, dont les fenêtres ceintréeseomidentla perspective de toute la vallée.

Aôte chez lequel demeurèrent les Igeurs anglais les reçut avec une ex- K politesse; son habitation présenrasoect d'une maison patriarcale ; tables sont installées dans un cha- N « paraît avoir été transporté d'intieo. »

) Smu and Forbes, Trapêts in Lycia,

43« Livraison. (Asie Mineure.)

Les anciens habitants de Tlos avaient conservé précieusement les souvenirs de l'âge héroïque. Le personnage de Belléropbon est resté populaire; c'est à lui que les Termiles, nls de Tlos, doivent la sécurité de leurs vallées; il repousse dans les montagnes inaccessibles les féroces Solymes, regardés par Homère comme les plus anciens habitants de la Lycie; il détruit les bétes féroces, et va combattre la Chimère, cause incessante d'effroi pour les populations ; il règne enfin sur les Termiles, qui allèrent, conduits par Sarpedon, au secours de Troie : la Tlos de Lycie donne la main à la Tlosd'Ilion; mais plus tard l'histoire devient muette sur les destinées de Tlos. Les nombreux monuments de l'âge romain prouvent qu'elle continua à tenir un rang distingué parmi les villes de Lycie, et les somptueux tombeaux qui.

subsistent encore montrent assez que cette population fut riche et nombreuse; mais, depuis l'établissement de l'empire byzantin, la vie se retirait peu à peu de ces provinces d'un accès si difficile. Le commerce était nul dans ces parages, et les voyageurs redoutaient de traverser un pays que Ton disait habité par une race indocile et sauvage ; aussi, dans toutes les relations des campagnes des Vénitiens , des Génois ou des Francs , il n'est pas une fois question des villes anciennes de la Lycie. Le nom du village actuel, Deuwar, lui a été donné à cause des nombreuses murailles en ruine qui entourent l'acropole.

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