PAMPHYLIE
CONSTITUTION OU SQL. — ÉTABLISSE- MENT DBS COLONS G E ECS.
Les Grecs ont donné !e nom de Pamphyiie à cette province formée d'une lande étroite de territoire, resserrée entre la chaîne du Taurus et la mer, et presque entièrement formée de ttrnins d'alluvions. Si les documents historiques nous font défaut pour connaître les populations qui ont occupé cette contrée avant l'arrivée des premiers Grecs, nous pouvons être assurés, d'après la nature du pays, que les régions montagneuses voisines de la Painphylie, la Cilicie, la Lycie et la Pisidie étaient déjà peuplées quand le territoire de la Pamphyhe, composé de terrains marécageux qui recevaient les eaux des versants du Taurus, était encore impraticable. Plusieurs fleuves et de nombreux torrents la traversent dans toute sa largeur , et forment des allumions dont nous pouvons nous rendre compte en comparant l'état actuel du pays et les récits des historiens anciens, on peut voir quels changements notables se sont opérés depuis l'âge romain : les embouchures des fleuves obstruées par les sables et le grand lac Capria presque comblé sont des témoignages suffisants des transformations incessantes auxquelles est soumis le sol de la Pamphylie.
Ces aUuvions ont comblé et assaini las marais formés par les eaux stagnantes et crée un pays d'une incomparable fertilité , gui alors seulement a
dû attirer une nombreoae population.
Les Soiymes, les Termites, les Lasoniens, les Aftilyens qui étaient des Thraces, avaient déjà tonné une confédération de tribus et de villes.
Les hautes vallées du Taurus leur offraient des terres assainies, d'une culture et surtout d'une défense facile. Si jamais pays mérita le nom de Pamphylie, ce fut cette région dans laquelle on parlait quatre langues. Ils possédaient le pays depuis le Taurus jusqu'à la côte opposée a l'Ile de Rhodes, dit Strabon (1). Quelques-unes de ces tribus descendirent dans le pays plat, et choisirent les éminenees naturelles pour y établir des châteaux. La défense comme la salubrité commandaient cette précaution, et nous retrouvons, entre les mains dw Grecs ces mêmes bourgades devenues des villes florissantes, embellies de monuments groupés dans la plaine au pied de la colline qui fut le berceau de la ville. Perga, Sylkeum, Aspendus en sont des exemples.
La dispersion des peuples grecs confédérés contre le royaume de Priam fut aux yeux des historiens anciens la première cause de l'expansion de la race hellénique sur toutes les côtes de l'Asie. Les compagnons d'Agameronon, égarés sur la vaste mer dont l'étendue leur paraissait infranchissable , s'en allèrent côtoyant l'Asie et fondant des villes dans ces parages inconnus (2).
Chalcas et Amphiloque se dirigèrent vers le sud, et donnèrent au pays où ils abordèrent le nom de Pamphylie, pays de toutes les tribus, oui rappelait la manière dont il fut peuplé (3).
On est disposé à accepter cette étymologie donnée par Hérodote, puis-
au'elle présente un sens précis; Étfcune e Byzance fait dériver ce nom de celui de Pamphyle, fille de Rhacius et de Manto.
Au nombre des peuples qui se sont établis dans la contrée , Strabon cite les Ciliciens de la Troade, qui fondèrent les villes de Thebé et de Lyrnessus; pour n'omettre aucun des noms des premiers colons de la Cilicie, il faut citer encore
(i)Stnboo, XIII, f>3i.
(a) Strabon, XIV, 66g.
(3) Hérodote, VU, 9».
Î/ÙNIVERS.
Montas le Devin, qui mourut à CLaros(i), 4a contrée aurait alors été appelée Mopsuestia (2). Il n'est pas surprenant que ta Pamphylie accessible de toutes parts, ait toujours suivi le sort des provinces voisines; lorsque les rois de Lydie s'emparèrent de la Cilicie, la Pamphylie leur tut bientôt soumise. Cette province, sous le gouvernement des Perses, faisait partie de la première satrapie ; elle est citée en dernier : les Ioniens , les Magnètes d'Asie, les iEoliens, les Cariens, tes Lyciens , les Milyens , les Pamphyliens (3). 11 n'y a pas lieu de s'étonner si les historiens sont si sobres de détails sur cette contrée : les événements qui s'y passent ont tous leur point de départ dans d'autres provinces. Le sort des Pamphyliens était de servir d'auxiliaires à tous les conquérants qui se présentaient. Dans la guerre de Xerxès contre les Grecs , leur contingent naval fut de trente vaisseaux tandis que les Lyciens en fournirent cinquante et les Ciliciens cent (4). Les habitants de Phaselis, quoi-s que d'origine grecque refusèrent de se joindre à l'armée de'Cimon, qui allait combattre les Perses, et ne consentirent qu'après oue le chef des Athéniens eut commence à investir leur ville pour en faire le siège. (6) Les Perses avaient, il est vrai, garanti leur liberté aux deux principales villes, Aspendus et Perga.
La Lycie s'était soumise volontairement à la domination d'Alexandre ; les villes de Pamphylie qui étaient demeurées libres firent plus de difficulté, mais n'en furent pas moins incorporées dans le nouvel empire. A la mort d Alexandre, ces villes passèrent sous le gouvernement des rois de Syrie, et restèrent en leur pouvoir jusqu'à la mort d'Antiochus (6).
Les rois de Pergame héritèrent des possessions de ce prince en Asie Mineure, et les conservèrent jusqu'à ce que le royaume des Attales fut absorbé par les Romains. C'est durant cette période qu'Attale Philadelphe fonda la
(i) Mine, V, a6.
(à) P. Meta, XIV., Strabon, XIV, 668.
(3) Hérodote, II, 90.
?4) Hérodote, Vil, x3.
(&) Plutarque, vie de Cimon,
(6) Polyb, XIÏÏ, 17.
ville d'Attalia aujourd'hui Adalia, la ville grande ou plutôt la seule ville de la province moderne.
Les limites de la Pamphylie varièrent comme celles de toutes les autres provinces; au nord, elle absorba la Pisidie, et s'adjoignit une partie de la Cilicie Trachée. Cet état de choses dura jusqu'à la nouvelle division sous Constantin, la Pamphylie avait été divisée en deux provinces ; la Pamphylie première était a l'est du fleuve Eurymedon, U Pamphylie seconde était comprise depuis cette limite Jusqu'à la Lycie. Sous Constantin , la Pamphylie fut réunie en une seule province, administrée par un consulaire ; Hiéroclès la résume eu un seul chapitre. Dans la liste des Pères dv concile de Nicéc , il n'y a qu'une seule Pamphylie, dont la capitale est Perça.
Dans les actes du concile d'Éphèse, on nomme Berenianus évéque ae "Perga, Aniphiloçue de Sidé. Au concile de Chalcédome, on nomme Amphiloqw de Sidé , Épiphane de Perga.
Théodose le jeune opéra une nouvelle démarcation et divisa la Pamphylie en deux provinces : Perga consentie titre d'évéché, et Syilaeum ftit créée métropole de la seconde. Elles, furent ensuite en un temps inconnu réunies sous une même juridiction ecclésiastique ; Syilaeum devient la seule métropole et les évéques de Perga disparaissent.