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CHAPITRE XLIV

TARSE. — TABSOUS.

Tarse est aujourd'hui la seule ville le Cilicie qui ait conservé une popuation active et commerçante , elle doit set avantage à sa position maritime; t'est par l'entremise de ses négociants pie se font toutes les transactions entre es populations de l'intérieur, la Syrie i les lies ; mais sa situation topograihique a éprouvé de tels changements |u'il est impossible de reconnaître dans a Tarsous moderne cette cité célèbre, ooins encore par les splendides inonuaents oui la décoraient que par les grands nommes qu elle a produits. Il aut citer en première ligne Je nom de oint Paul^qui, par la seule puissance le sa parole, devait renouveler la face lu monde antique.

Paul était né citoyen libre de Tarse; I exerçait la profession de fabricant de entes et de tapis; néanmoins l'esprit ittéraire était si répandu dans cette Mlonie , que Paul, malgré sa profession ndustrieîle , suivait les écoles et préudait ainsi à ses grandes destinées.

Tarse, la seule ville lettrée de la Cilicie sa voisine Soii n'était distinguée que par 'incorrection de son langage) , conserva toujours le premier rang; c'était la Métropole delà confédération cilicienne.

César lui conserva le titre de ville libre. En uff mot les plus grands ennemis de

(i) Amien Marceltin, XXI, i5,

Tarse dans l'antiquité, ce furent les éléments, qui parurent conjurés pour sa ruine.

Le fleuve Cydnus, renommé par la froideur de ses eaux, était navigable depuis son embouchure jusqu'à la ville, qu il traversait de part en part, en pas» sant près du gymnase des jeunes gens (1). On vit un jour une galère dorée manœuvrée avec des avirons argentés, déployer ses voiles de pourpre sur les eaux du Cydnus : c'était la reine Cléopâtre, accompagnée de Marc-Antoine, qui arrivait dans la ville de Tarse , reçue par les acclamations enthousiastes âes populations qui bordaient le rivage (2).

Pendant le règne de Justînien le Cydnus passait encore dans la ville; Procope rapporte que de son temps une inondatiou subite, causée par la fonte des neiges du Taurus, produisit des effets désastreux ; les ponts furent enlevés et plusieurs quartiers furent détruits.

A la nouvelle de cet événement, l'empereur donna Tordre de creuser un nouveau lit au fleuve. On fit pour le Cydnus ce qu'on fit presqu'à la même époque pour le Scyrtus à Édesse (3).

D'autres travaux furent exécutés dans le lit du Cydnus, au dixième siècle quand les Sarrasins vinrent assiéger Tarse; c'est depuis cette époque seulement que le fleuve prend son cours à Test de la ville.

Le Rhegma était à l'embouchure du fleuve à lest d'Anchiale, c'était une grande lagune autour de laquelle étaient construits les arsenaux ; aujourd'hui les alluvions du fleuve ont complètement changé la forme de ce rivage.

On comptait cinq stades, moins d'un kilomètre, de Tarse au Rhegma; il était à cent vingt stades , vingt-deux kilomètres, de Zéphyrium, aujourd'hui Mersine; ce petit village est aujourd'hui le véritable port de Tarse quoiqu'on ne trouve en ce lieu qu'une rade foraine exposée à tous les vents du sud et de l'ouest. En fouillant autour de Mersine

(i)Strabon,XIV, 672.

(a) Plutarcb , vie de M, Antoine.

(3) Voy. Édesse et ses monuments, Bull, de la Soc. d'ethnographie, t. J, 33^, 1859; l'iocop., de J£d:f., 3 20, i3.

mouillaient à Kasanli, le village des chaudronniers ; mais le fond est devenu mauvais. L'embouchure du fleuve, qui, dans l'antiquité, n'était qu'à un demi kilomètre de la ville, était en 1810, d'après l'estimation du capitaine Beaufort, à douze milles anglais, soit dix-neuf kilomètres.

Les historiens grecs et latins qui ont fait mention de la fondation de Tarse citent une inscription célèbre qui était, croyaient-ils, placée sur le tombeau de Sardanapale :

« Sardanapale, fils d'Anaxyndarax, a bâti Tarse et Anchiale en un jour; passant, mange, bois, ris, le reste ne vaut rien. »

Il semble que cette inscription indigue suffisamment que Tarse et Anchiale sont deux villes disctinctes; tous les écrivains anciens sont d'accord pour dire que le tombeau de Sardanapale était près d* Anchiale (1). Alexandre se rendit en un jour de Tarse à Anchiale, qui était alors une grande ville.

Les G recs, fidèles à leur coutume d'attribuer à la race hellénique la fondation de toutes les villes qu'ils occupèrent plus tard , prétendent que Tarse fut fondée par quelques Argiens qui étaient débar-

2ués dans le pays à la recherche d'Io. .'histoire de Tarse phénicienne ressort de tous les passages des auteurs aussi bien que de ses médailles et du culte de ses dieux ; mais aujourd'hui on ne saurait s'appuyer sur aucun monument existant encore. t La Tarse des Grecs n'a pas laissé plus de vestiges que celle des Phéniciens; il est vrai que peu de villes présentent le spectacle d'un si grand bouleversement du sol : nous avons vu des restes d'édifices enterrés jusqu'à l'imposte des voûtes, et des colonnes ensevelies jusqu'à l'astragale; ceci est-il l'effet d'un tremblement de terre? c'est ce que disent les habitants. On reconnaît à peine au sud-ouest les vestiges d'un théâtre et un monticule renfermant de uombreux débris de terre cuite ouvrée, sorte de Monte Testaccio comme celui de Rome,

(i) Strabon, %Wr 673. Arrien, Exp.

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