CILICIE CHAMPÊTRE
La Cilicie champêtre commençait au fleuve Lamus, près duquel était située la ville de Lamus dont il ne reste plus de vestiges.
L'ancienne Soli ayant été presque dépeuplée par une invasion de Tigrane, roi d'Arménie, Pompée y établit une colonie formée des pirates qu'il avait vaincus, et lui donna le nom de Pompeiopolis. On retrouve remplacement de cette ville au village de Mezetlu à dix-huit kilomètres à l'ouest de Mersine. Si l'on en juge par le caractère des nombreux monuments qui subsistent encore, Pompeiopolis fut intièrement rebâtie dans une période de décadenee.
Le port forme un bassin oblong, dont l'entrée était défendue par deux môles demi-circulaires. Il est relié à la ville par un loug portique de deux cents colonnes, dont il en reste environ cinquante en place. Elles sont d'ordre corinthien, mais d'un style tellement barbare, qu'on doit les regarder comme des ouvrages du temns de Dioctétien et non pas de la république romaine ; on peut suivre encore tout le périmètre des murailles et reconnaître les principales portes ; le théâtre est un monceau de ruines : en un mot Pompeiopolis tout en conservant de nombreux monuments n'offre aucun intérêt sous le rapport de l'art.
Les eaux du port ont au plus haut degré les propriétés incrustantes que nous avons déjà observées plusieurs fois dans les eaux de cette côte : tous les
sables sont aujourd'hui agglomérés et forment une espèce de grès.
. PORTES DE CILICIB.
Le défilé nommé par les anciens, Portes de Cilicie et par les Turcs Knlek boghaz,le défilé au moucheron, est le seul passage par lequel une armée puisse franchir le Taurus, aussi de tout temps la possession de ces montagnes a-t-elle été le prélude de la conquête de l'Asie au delà comme en deçà du Tanrus :' cela s'est trouvé vrai du temps d'Alexandre comme du temps de Me»
hemet Ali, la guerrre portée au centre de l'Asie Mineure par le pacha d'Egypte a donné un intérêt momentané aux positions topographiques qu'il occupait successivement. Le résultat de sou pouvoir passager a été l'amélioration de cette route, qu'on peut maintenant parcourir sans danger et sans fatigue.
La route d'Rregli aux Portes de Cilicie longe les montagnes qui bordent h plaine de la Tyanitis ; il est impossible de franchir le Taurus en marchant droit vers le sud. Alexandre et Cyrus, partant de Cibystra, marchèrent au nord-est. On fait la première halte au caravaaseraï de Oulou kouchla, la seconde à Tchifté khan, dans le Bulgar dagh, la troisième à Bozanti, l'ancienne Pudandus à l'entrée du défilé au nord du Kalek boghaz dans les hautes vallées da Sarus. Podandus fut de tout temps ua lieu très-misérable, et saint Basile le compare au Charonium,qui exhalait des vapeurs pestilentielles. Le bourg de Halala devait se trouver dans le Bulgar dagh. C'est là que mourut l'impératrice Faustine, oui, en Fan 174, accompagnait Marc-Aurele dans son voyage de Syrie; l'empereur fit élever un temple à sa mémoire, et fonda la ville de FaustiDOpolis , que l'on place au village de Pasmaktchi. De Bozanti à l'entrée du défilé, il y a trente kilomètres ; ou entre essuite dans une fente étroite entre dm murs de rochers, passage gu'une poignée d'hommes pourrait détendre; ausn Alexandre, en voyant ces défilés qu'oa pouvait rendre impraticables rien qu'et roulant quelques blocs de rochers, n'eut qu'à se féliciter de sa bonne fortune (1) :
(i) Q. Curtius, I. IV, ii.
les Romains firent faire quelques tralaux à cette route ; on remarquait aussi plusieurs pans de murailles byzantines gui ont été démolis quand les Égyptiens travaillèrent à cette route dont le par- 9ours est de trente kilomètres ; on fait laite au khan de Mezarlik, du cime- Âêre, à quatorze milles des portes de Cilicie et à douze milles, 18 kilomètres % demi, de Tarsous. Ce lieu concorde ivec la position de Mopsucrène, fon« aine deMopsus, où mourut l'empereur instance (l),au pied du mont Taurus :
mb Tauri radicums positam. Les Ro- Daîns avaient fait de grands travaux {)our établir cette voie militaire, la seule qui Bodtusait de Tarse dans la Cappadoce.