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LES PORTES SYRIENNES

Le comte de Lesseps fit en 1826 un voyage direct d'Alep à Constantinople, en traversant toute l'Asie Mineure ; l'itinéraire qu'il a écrit, et qui est resté inédit, contient des détails peu connus sur les mœurs des tribus turcomanes et sur leur chef Kutchuk Ali, qui dans le même temps avait exercé un pouvoir sans limite dans les montagnes au delà du Pyramus. 11 avait un gouvernement à lui , et ne craignait pas d'attaquer les villes de la plaine; il fit sauter le pont de Misais, qui n'a pas été réparé depuis. Le commerce lui payait tribut, et nulle caravane ne pouvait sans sa permission traverser le mont Amanus. Pendant plusieurs années les pachas voisins firent de vains efforts pour le soumettre ; la Porte lançait contre lui des fermans sans effet. Il habitait un château situé dans les montagnesdu Beylan,au milieu de défilés faciles à défendre. Le pacha d'Adana réussit enfin à cerner le bey rebelle, le château fut pris d'assaut, Kutchuk Ali et tous les siens furent massacrés, et l'on voit aujourd'hui à peu de distance de Beylan, au sommet d'une montagne couverte de forêts, le château en ruine de l'ancien bey des Turcomans.

La petite ville de Beylan est bâtie sur la pente de la montagne du même nom.

Les maisons s'élèvent en amphithéâtre, et sont couvertes en tuiles; elles sont bâties par groupes séparés; des sources abondantes circulent dans la ville; l'air du pays est aussi sain que celui de la plaine est impur; c'est au Beylan que se retirent les nombreux malades d Alexandrette.

On fait neuf heures de route jusqu'à Ayas, l'ancienne *£gée, bâtie au bord

( i) grdkttwte, t. IX, page 906,

jourd nui qu un village avec un poste de douanes ; les grands édifices ruinés qui s'élèvent à l'entour témoignent de I ancienne importance de cette ville. On met sept heures de marche pour arriver aux montagnes qui bordent la plaine au nord d'Ayas ; c'est un embranchement du mont Àmamis ; on entre bientôt dans un défilé célèbre dans l'antiquité sous le nom de Portes Syriennes, Syriae pylae ; deux montants de pierre solidement construits indiquent encore remplacement de cette porte connue aujourd'hui sous le nom ae Karanlik kapousou , la porte noire.

Myriandrus, ville phénicienne, était située près de ce lieu ; son emplacement reste indéterminé (1). Les Portes Syriennes marquent l'entrée de la Cilicie, ce défilé conduit à la station de Kourd kala, distante de neuf heures de marche d'Ayas.

Kourd kala est un ancien caravanseraï fortifié, situé sur le penchant d'une montagne qui domine tous les environs, il a été bâti par Rhamadan oglou, qui, au milieu du seizième siècle, posséda les villes d'Adana et de Tarsous.

L'enceinte du caravanseraï renfermait une caserne, une mosquée et de vastes écuries pour les caravanes, aujourd'hui il y a toujours un poste de soldats pour garder ce passage; mais l'ensemble de ces utiles édifices ne sera bientôt plus qu'un amas de décombres. En descendant de Kourd kala, on entre dans une plaine ondulée et déserte, bornée au sud par de grandes lagunes ; une suite de collines sépare cette plaine de la vallée du Pyramus ou Gihoun, encaissée entre deux pentes élevées et boisées.

Mal lus, fondée par Mopsus et Amphiloque après le siège de Troie, était à l'embouchure du Pyramus, la ville était bâtie sur une colline; sur laauelle on ne trouve plus que des ruines eparses ; cependant Mallus a été dans le moyen âge une ville assez importante . défendue par une forteresse dont on voit encore les ruines sur le cap Kara tasch bouroun, la pierre noire.

(i) Xcnopboii, Anab., I, 4.

ges encore. Toute cette plaine est envahie par des marécages.

Alexandre partant de Soli pour marcher sur Issus suivit le long de la cou jusqu'à Mégarse, où il fit un sacrifia ï Minerve Mégarsis et des libations sur le tombeau d'Amphiloque; de là il se dirigea sur Mallus, a travers la plaine aleienne. Mégarsis était comme Mallus bâtie sur une colline.

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