JURIDICTIONS ROMAINES
Dès l'origine de la puissance romaine en Asie , la contrée fut divisée en diocèses ou gouvernements, dans lesquels il y avait un tribunal où l'on rendait la justice. Strabon se plaint de la confusion que ce mode de division apportait dans la géographie, les provinces n'étant plus renfermées dans leurs limites respectives et variant selon les caprices des vainqueurs.
« Les pays qui suivent au midi (de la Gatacécaumène) jusqu'au mont Taurus sont tellement confondus les uns avec les autres, qu'il est bien difficile de déterminer au juste ce qui appartient à la Phrygie , à la Lydie , a la Carie ou à la Mysie. Ce qui n'a pas peu contribué à cette con fusion , c'est que les Romains, dans la distribution de ces pays, n'ont point eu égard à la différence des na» tions; mais ils les ont divisés en juridictions dont chacune avait une ville principale où les juges s'assemblaient pour tenir les assises (3). »
ftous emprunterons à Pline tes détails sur les circonscriptions de ces départements, sur lesquels l'auteur latin nous fournit des documents précieux; néanmoins il ne suit pas d'ordre méthodique dans sa nomenclature, et il en compte
Slusieurs sans nommer leur chef-lieu 'arrondissement.
Nous en donnons un tableau selon le classement qu'en fait l'auteur (3)
; (x) Liv. m, 89.
(*) Strabon, XIII, 6*9.
(3) Mine, liv. V, pêssim.
La Cibyratiqub, chef-lieu Cibyra, ville de Phrygie; elle compte vingt-cinq cités dans sou ressort.
La Synnadsqub, chef-lieu Synnada elle a dans son ressort vingt et ui peuples divers dont six seulement sont nommés (1).
L'apamben iik, chef-lieu Apamée A Phrygie; elle compte dans son ressor six villes qui sont nommées et neu dont le nom est passé sous sileno comme n'ayant aucune célébrité.
Haxicarnassb, chef -lieu Halicar nasse; les six villes qui sont sous s juridiction lui ont été attribuées pa Alexandre le Grand.
Alabanda, cité libre qui donne soi nom au ressort dont elle est le cbel lieu. Sous sa juridiction sont dix villes
La Sabdiqcé, chef-lieu Sardes; s juridiction s'étend par delà le mon Tmolus jusqu'au Méandre; elle coin prend dix villes. Pline en nomme cinq < d'autres peu connues (ignobUes ).
La Lvcaonii, annexée au district d l'Asie propre. Elle a dans son ressoi cinq nations. De cette province, fut, d plus, distraite, une trétrarchie qui cou fine à la Galatie. Cette juridiction conr mande quatorze villes dont la plus c lèbreest Iconium.
Smybnb, tenant dans son ressort plupart des villes d' Solide, les Magn siens du Sipyle et les Macédoniei Hircaniens.
Éphrsb comprend dans sa juridi tion neuf populations diverses s nombre desquelles on comptait c& d'Hypoepa, ville célèbre par son teoif de Diane persique.
Adbakyttium. avait dans son n sort toute la Troade , et par oonaéquc étendait son gouvernement jusqu' fleuve Ksepus.
Pbroamb, « la ville 1a plus oélèl de l'Asie. » Elle avait dans son ress douze peuples et d'autres cités marque.
Telles sont les juridictions mentû nées par Pline. Il ne reste qu*< faible lacune pour arriver aux conl de l'Asie propre, c'est-à-dire au B
Shore; c'est la généralité de Bithy ont il ne donne pas le chef-lieu ; ne
(1) Pline, V, »9«
ASIE MIÎfÊTJRË.
«îte lacune est comblée par Pline le Jesne, qui, comme gouverneur de cette province, résidait à Nicoraédie.
On toit que dans cette répartition de» gouvernements les noms des anôeat pnples et les limites des anciens provinces sont tout à fait laissa de côté, comme si déjà l'empire rat voohi tenter une fusion entre les différentes races. Cet état de division ea juridictions ayant chacune son mazÉtnt particulier fut cependant modifié m le règne de Vespasien, qui sépara me partie de l'Asie pour en faire le gouvernement qu'on appela l'Asie prooanlaire. Une loi de l'empereur Antarin établit en principe que cette fut faite à la demande des d'Asie, ad desideria Asia- . et à cette époque on ajouta les fes à l'Asie proconsulaire; la ville rtpbese fut déclarée première métropole. Ceci ne parait pas avoir rien changé m limites des juridictions, mais augmentait fautorité du proconsul sur efacan des départements. Avant l'empne d'Alexandre Sévère chaque profile* eut son préfet particulier ; cependant éeputs Vespasien jusqu'à Antonin jepraeoapil d'Asie parait avoir eu une fnseenoo générale sur toutes les pro« râcw d'Asie et une juridiction plus prueiiière sur la province proconsu- Imet sur les Iles de l'Heilespont. Dans ta me le vicaire du diocèse d'Asie partagta cette inspection. Cesdivisions delà teste administration politique ne chanatvnt rien aux anciens chefs-lieux de juridiction civile dans lesquels on con- 'inua à rendre la justice. Mais sous Constantin tout le territoire de l'empire, ait divisé en quatre diocèses, et l'Orient n'en forma plus qu'un seul. 11 y ?«t plusieurs provinces dans un même diocèse, tandis qu'auparavant le diocèse *ait borné à une seule juridiction ; en d'autres termes, le mot diocèse est en tfûgue grecque synonyme de juridic- *n(l). , '
La division de l'empire décrétée par 'Constantin le Grand dura jusquau r*fs* de Constantin Ferpbyrogénète.
(i)Stnboii, XII, 619.