CHAPITRE IV
DIVISIONS DE L'ASIE MWEUBE A DIF- FÉRENTES ÉPOQUES.
Un pays qui a été peuplé et colonisé par tant de tribus de races différentes abordant de tous les points de l'horizon, a dû nécessairement , dans le cours des siècles, subir de nombreuses et importantes modifications dans ses divisions territoriales. Cependant il est un fait attesté par Homère, c'est que, avant la guerre de Troie, les principales provinces étaient déjà constituées en corps d'État, en d'autres termes les grandes migrations tbraces venues d'Europe pour s'établir dans la presqu'île avaient eu lieu.
(1) Strab., XIV, 664.
(1) Foy. PauT Oroie* 1. Ier, ch. H.
Si sous voulons rechercher quelles furant ks drossons de la contrée antérkorement à ces migrations, nous en somma réduits à rassembler quelques laids ésses dans les anciens écrivains , qui uni apprennent, il est vrai, que do ■anj et de Vest de grandes invasions tbeu à diverses époques amendes; mais ces expéditions tempoi ne changèrent rien aux divisions etagraphàqoes. L'invasion de Sésostnt (i) fut aussi de peu de durée, et ks Egyptiens, vainqueurs des tribus itutiques , n'ont laissé dans le pays aucane trace de leur séjour, à l'exception éi monument de Nymphi, cité par Bérodote.
Le cours de PHalys, qui coupe la aresqulle en deux parties à peu prés égaies paraît avoir été la base des deux nades divisions primitives, soit pour «races, soit pour le territoire. La repu située à I est du fleuve et qui dans il haute antiquité était désignée sous lt nom de Leucos-Syrie faisait partie de cette dernière contrée. La Cappâdoce était déjà constituée en royaume , sans •aatt sous la suzeraineté des rois d'As-
r't. Tout le territoire situé à l'ouest fleuve était pour ainsi dire à la ■Mm des tribus errantes, comme les Jteusjes, les Lélèges et les habitants des fies qui venaient tour à tour se disputer quelques lambeaux de territoire.
Après la guerre de Troie l'invasion des maies grecs suit un courant régulier, et les grandes et riches colonies ioniennes s'établissent sur la côte orientale, tandis que la monarchie des Perses s'avance au couchant du fleuve frontière, Usant d'abord la guerre aux rois aborigène» de Lydie avant de se mesurer avec les Grecs. Cest à partir de cette époque du sixième au cinquième siècle avant notre ère que nous avons des documents suffisants pour établir une divine* géographique de l'Asie Mineure toi présente un certain caractère de
Ces provinces sont classées de la manière suivante, d'après leur ordre de position du nord au sud, en deux granéesdtvisMiss : la Poétique, l'Asiatique, •ai forment vingt-quatre provinces.
(i) HénxL, tir. II, ch. toi.
Au nord:
/LaBithynie.
La Paphlagonie.
Le Pont.
L'Honoriade.
L'Hellénopont.
, Le Pont Polémoniaque.
Les trois dernières en furent détachées.
i Les deux Mysies.
i La Troade.
I L'i£olide.
L'ionie.
I La Doride.
^La Carie.
/La Lycie.
La Pamphylie.
La Cilicie Trachée.
( La Cilicie Champêtre.
f La Galatie.
A l'occident:
Au midi.
Au centre:
A Ve$t:
La Phrygie épictète.
La grande Pnrygie.
La Pisidie.
[ L'Isaurie.
La Cappâdoce.
L'Arménie lve.
L'Arménie 2*.
Les Romains, faisant abstraction des régions situées au delà du Taurus, donnaient le nom d'Asie propre, gux pro* prie vocatur Asia, à toute la contrée située au nord de cette chaîne ; elle commençait au Golfe de Telmissus (t), et finissait à la presqu'ile des Thyniens à l'entrée du Bosphore (2). Agrippa divisa cette Asie propre en deux parties ; il donnait à fa première pour limites à l'orient la Phrygie et la Lycaonie, au couchant la mer Egée, au midi l'Egypte (8) ? au septentrion la Paphlagonie; il lui supposait quatre cent soixantedix mille pas de long sur trois cent mille pas de large. Il fixait pour limites à la seconde partie de l'Asie propre à l'orient l'Arménie Mineure, à l'occident la Phrygie, la Lycaonie la Pamphylie (4), au septentrion la province pontique, au midi la mer de Pamphylie et faisait sa
(i) Pline , V,ch. 37.
(a) Pline, Y, ch. 3a.
(3) Pline dit quelques lignes plus haut qu'elle commençait à Telmissu.
(4) Ici lès provinces du sud ne font plus partie de l'Asie propre; 00 est en droit de supposer une faute dans le mot Egypte.
tttJNIVERS.
longueur de cinq cent soixante mille pas, sur trois cent vingt-cinq mille pas de largeur. L'Ionie et les prairies asiennes que les Grecs regardaient comme le coeur du pays faisaient partie de cette division; c'est là aussi qu'étaient situées les sept églises d'Asie mentionnées dans l'Écriture. Darius, maître de l'Asie, divisa la contrée en quatre satrapies auxquelles il imposa un tribut. Hérodote (1) donne les différentes divisions de ces gouvernements ; nous les mentionnerons en parlant des provinces.