CHAPITRE XXIX
L'OLYMPE DE MYfiUS.
Pour l'étranger qui arrive par sur les cotes de la Bithynie, le a Olympe présente le plus imposants tacle, Couvert de neige une grande tie de l'année , entouré d'une ce»
de forêts sombres et séculaires, < montagne apparaît comme un coi qui écrase le pays d'alentour ; aussi anciens n'en ont-ils jamais parlé qi vecune sorte d'admiration respectuei U est généralement désigné, par les è vains grecs et romains, sous le i d'Olympe de Mysie. Du côté du no c'est-à-dire de la mer, il se prési comme une montagne à double * met. Sa hauteur, qui paraît conskli ble, ne dépasse pas en réalité 2,235 1 très d'altitude absolue. Le plateau à ville est à 305 mètres au-dessus A mer. Le sommet de l'Olympe n'est q 1,930 mètres au-dessus de la ville.
Sur le revers sud, les acrotères è montagne forment de nombreux { teaux dont l'altitude atteint jusq 800 mètres; on conçoit qu'elle pa beaucoup de son aspect imposant, d'i tant plus que ses ranûUcations se rai ohent, à l'ouest, à la chaîne de l'Ida à l'est, au Katerli dagh, qui est le m Arganthonius.
Si Ton ne jugeait la constitution & logique de l'Olympe que par les o* breuses sources chaudes qui sortent ses contreforts inférieurs , on crok que la nature volcanique domine à sa formation; il n'en est rien, et la M de la montagne est principalement t mée de granit, de gneiss et d'aoU roches à iiase de feldspath. Sur os masse primordiale s'appuient des Ç mations géologiques plus récentes; a* dans les vallées de l'ouest, on renaarç de grands gisements de marbre biar et uu géologue a observé ce siug»
phénomène au sommet de la montagn il a reconnu le granit recouvrant la w mation calcaire de marbre blanc qui au premier coup d'oeil lui parut u anomalie géologique, lut fut bientôt c pliqué par un examen des terrain» « vironnants. Il reconnut qu'à une époq flrès-ancieaiic, ces terrains avaient
s, mftqtie commotion sot>.
et que le granit qui recouvrait *— eateaire n'étaitautre chose
ttoée
énorme déplacée par ce t déterre. Les vallées orien»
U montagne sont en partie et en partie composées de •sus, 'dent les formations acquièrent " i étendue» Du côté de l'ouest surtout aux abords des j des grée rouges tertiaires èet qjoeJqaes-uns offrent des teintes tstrinrf Mes de veines plus pâles, et qui panioioil être employés dans les cous* sections, ails étaient susceptibles d'ac* périr un certain poli. Es somme cette aene énorme ne présente que tressai de reaeoorees comme carrière de panes à b$ter. Les pierres employées cm ta construction des mœqueesjont ■paortéot do bord de lamer;lesoln'ofwtea'ea travertin de qualité médiocre, en est employé pour les remplissages es mors, et il est peu d'édifices pubUcs star lesauets on n'ait emprunte le seesende W brique, comme offrant plus é> imiM cteans doute plus d'économie est toutes les pierres que produit le
ht marbre mémequi a servi à la coos* eeetioa de plusieurs mosquée» n'est pas triées vallées de VOlympe; il est ap* sent de PU* de Marmara* «arrière iné* punMequîaseryidéjàà bâtir plusieurs rite» et qui servir» encore pendant pin* ébms siècles»
La forme générale de l'Olympe se patate topomphiquemetitcommeim et» à base elliptique couronné par un
Du «été du sué, les contreforts s'a* lissassent pour Convier de vastes <platetut eu se réunisseiit les eaux de tous ses versante, pour former deux fleuves et plusieurs laes. De-ce côté, les acroem de la montagne eont beaucoup pies prononcés) la nature avait besoin aeeeertonir cette immensemasse grani* fève? ee sont autant de petites chaises fH descendent du sommet dans la plaine et. forment dans leur intervalle des vnftéto arrosées par des cours d'eau perpétuels, dont torsourœest dans les neiges de l'Olympe. Couvre* ce sol vierge de l'humus des végétaux accuma- Hapenéantdef milliers de eièdes, voue
pourrez imaginer de quelle fertilité doivent être les vallées, et comment les forêts peuvent s'y multiplier avec une luxuriante majesté.
Aussi on peut dire que peu de forêts peuvent être comparées à celles de l'Olympe pour la richesse des essences et la belle venue des arbres. Le chêne et le hêtre y acquièrent des proportions inusitées; le châtaignier y réussit moins bien quoiqu'il se multiplie avec abondance. Mais le hêtre offre à chaque pas au voyageur qui veut s'aventurer dans ces solitudes presque impraticables des sujets d'une merveilleuse beauté. Ce fiait est très-remarquable au point de vue de la persévérance des espèces végétales dans les régions qui leur sont propices. En effet il y a deux mille ans déjà que c'était une observation antique : on prétendait que les Mysiens qui étaient venus s'établir en Bithynie, alors terre phrygienne, avaient donné à la contrée le nom de Mywe, parce qu'en leur langue m§so& signifiait un hêtre,
Parcourons maintenant la montagne ; visitons ses vallées, ses pâturages et ses sauvages habitants.
Brousse étant située sur le penchant même de l'Olympe , on ne peut sortir de la ville du cété du sud sans se trou* ver immédiatement dans une des val* lées, qui remonte presque jusqu'au som* met. Cependant il n'y a qu une seule route fréquentée pour arriver au sommet de la montagne, c'est celle de Gœukdéré (le vallon céleste), qui coupe la viUe en deux parties du côté de Test.
Après être sorti de ce côté, à peine a-t»on fait une demi-heure de marche , qu'on se trouve au milieu d'un majestueux amphithéâtre de rochers caché par l'ombre épaisse d'arbres séculaires, parmi- lesquels on distingue le noyer, le cbâtaigner, le hêtre, et le chêne. Le chemin serpente le long d'un ravin profend et dangereux ; c'est la dépression supérieure du Gœuk-déré, la vallée la
Rus célèbre de l'Olympe, ceHe dont ispect est le plus grandiose, surtout au moment de la fonte des neiges lorsnue les torrents roulent avec tes blocs de granit les troncs des arbres déracines. En continuant à monter environ une heure , on arrive a un plateau ouvert de trois cfoés, et dominé an sud
L'UNIVEBS.
par une immense muraille de rochers.
De ce point on peut d'un coup d'oeil compter les vallées de l'Olympe ; à droite le Goeuk-déré; à gauche, dans une profondeur incalculable, les contreforts qui s'étendent jusqu'au mont Arganthonius, et au loin la mer, qui forme l'horizon du tableau.