LBS NOMADES DI L'OLYMPE
C'est sur ce plateau que commencent les habitations d'été des Turcomans appelées yaëla. Le yaëla joue un grand rôle dans la vie des nomades d'Asie ; chaque tribu a sa demeure d'été déterminée, et aucune autre ne viendrait l'en déposséder. Ce sont des pâturages placés sur les versants des montagnes , dans des endroits frais et bien arrosés. Chacun s'y bâtit une hutte, ou y dresse une tente. L'hiver on descend dans les ré* gions chaudes, ou guermesir. Chacun cultive un petit coin de terre et fait paître ses troupeaux. Nous avons vu dans diverses régions de l'Asie un bien grand nombre de ces tribus tureomanes, et nous pouvons affirmer que partout nous avons trouvé l'aisance et le contentement. Aussi quelle sérénité sur ces visages, quel accueil sympatique est fait à l'étranger qui arrive. Ils ne connaissent d'autre autorité que celle de leur Ak-sakal (barbe blanche) ou ancien; ils payent très-peu de chose au gouvernement, et l'on peut dire que pas an d'entre eux ne changerait sa tente pour la plus belle habitation de la ville. Ces tribus tureomanes sont très respectées des Turcs des villes, parce qu'elles sortent de la noble souche de la tribu du mouton noir, dont taisaient partie les princes seldjoukides, tandis que les Turcs Osmanlis sont de la tribu du mouton blanc, qui fut longtemps feudataire des Seldjoukides.
Les Yourouks, c'est-à-dire Turcomans nomades, se construisent au yaëla des cabanes de bois et de branchages. C'est ce que les Algériens appellent des gourbis; ils ont aussi deux sortes de tentes, les unes en laine noire, faites de poil de chèvre ou de laine de mouton ; celle-ci te plante au moyen de piquets comme
nos tentes d'Europe ; les autres | tent l'aspect des huttes des Indien* elles sont rondes et couvertes par U toit bombé comme une coupole. O dernières sont couvertes de peaux d chèvres ou de vaches ; elles sont pat faitement closes, mais d'un tranapo difficile. La muraille est faite d'un trei lis de roseaux qui se replie sur lu même et se roule; la calotte est (Tu grand embarras pour tes ehangeuien de yaëla; elle s'emporte tout d'une piéo
La première station que l'on fait si le plateau de l'Olympe a lieu chez , kéhaya ou chef des Turcomans ; il ai là au centre de ses administrés, qui cm cupent les différents versans de la moi tagne. Chaque yaëla se compose <Tui vingtaine de familles, qui ont lew troupeaux en commun. Le chef de uh ces nomades, qui porte le titre de Yuru Agha-si (l'agha des nomades), fait sa n sidenee à Muhalitch, où il vit entouré 4 ses rustiq ues courtisans.
Ces nomades habitent la régla moyenne de la montagne depuis les ik rets de hêtres jusqu'à la région des si pins. Ils s'élèvent rarement au-desst de ce niveau quoique la montagne so couverte d'un gazon lin comme le v< lours ; ces pâturages ne paraissent pi convenir à leurs troupeaux. Cette popi lation, qui anime le paysage pittoresqu et sauvage de l'Olympe, ne laisse pc que de causer des dégâts notables qti l'incurie du gouvernement de Brouss ne songe pas a empêcher. L'exploitatio des bois se fait sans aucune méthode et pour abattre un arbre les bûcheron en détruisent plus de dix. Quant au nomades, comme ils jouissent du droi d'usage, de pacage, d'abattage sas aucune restriction , on les voit couper plaisir les plus beaux troncs pour e tirer un profit minime; de plus cett habitude, invétérée chez la plupart de montagnards non-seulement de la Tut quie mais du monde entier, d'incendie les jeunes plants pour récolter du gazo: Tannée suivante, fait qu'une parti notable des forêts de l'Olympe a sul l'épreuve du feu, et alors les arbres qu ont été sauvés végètent rabougris e chétifs. Les troncs carbonisés, au cou traire, résistent à tout agent naturel d< destruction, et Ton parcourt de vaste
epea couverts de ces pieux noirs et estasses qui ont un aspect lugubre.
Lttptoitafcoo régulière des bois se fait de «référence sur les pentes orientataèFOlyrope, qui sont moins abrupto, et eu les transports sont retative- ■atjJos faciles ; mais quelle industrie vmùft ! Des chars dont les roues sont èfMsnal joints , et à peine arrondis, criai sur des essieux de bois auxquels tint os timon d'une longueur démesure. Dix à douze paires de bœufs tirent wc lenteur une bille de hêtre qui de* ■aie cinq ou six jours pour être des* «due dans le pays plat. Les fondriè- « fennecs par les roues et les pieds to animaux arrêtent journellement la Bffthe du convoi.
Ces bois sont généralement transportés jni|u'à Nicomédie, où on les embarpe pour Constantinople. Cependant, « la pente occidentale, il s'est fait «grande exploitation ; mais les forêts fceicôté sont fort apauvries. Le seul «wnir de ces travaux subsiste dans le un (Tira village qui s'appelle Odunli W,c'est4-dire le village du bois; c'étfTeatrepôt des bois coupés dans les ■to.
La région des prairies qui succède à *fc des sapins n'a rien qui la diskgse des sommets alpins des autres ^stagnes. Une quantité de ruisseaux»
««entes par la fonte des neiges, traçai leurs méandres sur le gazon ténu, w» habitants appellent ces ruisseaux wAbouoar (les quarante sources). Déjà «jjfchauteur la neige reste dans les •wuosités pendant la plus grande NtdeTété.
Les rochers verticaux qui semblent JJJPwter le sommet de la montagne af- Weit les formes les plus bizarres. Ce JJJJde hautes falaises de granit qui se *&roem en murs crénelés, en colonnes Jwatiqaes qui présentent la silhouette « ours écroulé et de châteaux en nm*.
W commence l'ascension du dernier "fcneloa de la montagne; partout la ■^remplit les crevasses; mais le che- Jî«tte présente aucun danger. C'est or- Jjaainmient au pied du dernier pic que * gnides turcomans font arrêter les T0TO*un qui tentent l'ascension de la Stagne. On laisse les chevaux paître
en liberté ; car on peut facilement arriver à cheval jusqu'à cette hauteur. Des broussailles de pin et de genévrier que les guides ont apportées servent à allumer le feu où se prépare le repas champêtre qui doit précéder l'ascension. Il ne faut pas plus d'une heure pour arriver au sommet, et si l'on a été favorisé par un ciel serein , la majesté du spectacle qui se déroule aux regards suffît pour faire oublier les fatigues de la journée. Une grande partie de la carte de l'Asie Mineure se développe sous les yeux du spectateur ; la vue s'étend au sud jusqu aux vallées supérieures du Rhyndacus , à l'ouest jusqu'à la Troade, et au nord l'azur de fa mer découpe la côte en mille golfes profonds dont les échancrures sont rendues encore plus sensibles par la perspective. Les îles de Marmara, de Besbicus se dessinent comme des points dorés sur le bleu de la mer, et à l'horizon du tableau on aperçoit à l'aide d'une lunette les dômes et les minarets de Constantinople.
Ceux qui ne voudraient pas organiser une caravane spéciale pour faire l'ascension de la montagne pourraient se joindre aux convois oui partent presque toutes les nuits de la ville pour aller chercher la neige au sommet. La neige est coupée en grands blocs dont deux font la charge d'un mulet, et le convoi redescend en ville vers neuf heures du matin.
Le sommet de l'Olympe se divise, comme nous l'avons dit, en deux pitons qui forment un plateau de plusieurs hectares d'étendue.
Sur celui de l'est, on voit les ruines d'un éJiûce en pierres sèches qui paraît avoir été une chapelle ou un monastère; mais rien dans sa construction ne permet de lui assigner mne époque déterminée.
Du temps des empereurs byzantins, les vallées de l'Olympe devinrent le refuge d'une foule d'anachorètes qui fuyaient le tumulte de la capitale. La, comme au mont Aihos, les cellules accompagnées de chapelles se multi* plièrent à l'infini. L'empereur Constantin Porphyrogénète fit un pèlerinage à l'Olympe , et y répandit d'abondantes largesses. On citait parmi les plus célè bres monastères l'abbaye de Medice,
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