CHAPITRE XXXVI
BOLI BT SES ENVIRONS. — CLAUDIO-
polis. — uonnvM. — gbatia.
Indépendamment de la voie militaire
aui passait aupontde Sabandja et qui esservait les régions du littoral, la partie orientale de la Bythinie était traversée par une autre voie romaine qui franchissait le Sangarius à Leucœ, Lefté et se dirigeait vers la Phryrie Epictete. Tout le territoire compris entre ces deux routes avait une forme presque triangulaire dont la ville de Dadastana formait le sommet vers le sud. Cette dernière ville était située selon Zonare, à une journée de chemin" d Ancyre, et d'après Ammten Marcel" lin (1) était sur la frontière de la Bithv.
padastana n'a d'autre célébrité dans I histoire que Ravoir, été témoin de fa mort subite de l'empereur io^en, qui* fut enseveli en toute hâte et transport a Constantinople pour être déposerai»
le ombeau des Augustes, pendant que Valentmien marchait sur Nicee pour sa faire élire empereur (2).
m Le territoire situé à l'est du Sman nus appartenait prinuuvementaux Caucones (3). Cette province est arrosée par deux petits fleuves, l'Bypius près duquel était la viUe de Prise, et le Bilfous , le Billis de Pline (4) qui porte aujourdhui le nom de Filias tchai. Ce fleuve, après a voir fertilisé le territoire, de plusieurs villes autiquea,. sort de* frontières de la Bithynie et va se jeter dansla mer Noire près deTium. Il prend sa .source dans la chaîne de montfoes a,uit de l Olympe mysien, se dirige vers
(i) LiT. *xy, ch. x.
!z) En février $64.
3) Vôye* pagg 4^
ressuscité (4) Lit. V, <£ XXXIL
to.
L'UNIVERS
Test, et forme les groupes dont les noms modernes sont : El nalu dagh et Karmalu dagh. Cette chaîne secondaire correspond au mont Orminius de Ptolémée (1). Le Billœus, dans son cours supérieur, se compose de deux branches principales; l'une, qui prend sa source a l'est de la ville de Boli. est appelée Boli sou jusqu'à son embranchement avec le cours oriental , appelé Soghanli sou (la rivière des oignons). Cette dernière branche prend sa source dans les montagnes de la Galatie.
MODRBNJS, MUDUBLU.
L'ancienne voie militaire franchissait la montagne dans le voisinage de la ville de Tournait' , sur le versant occidental du Tchourounlou dagh (2), à peu de distance de la petite ville de Mudurlu, qui occupe l'emplacement de l'ancienne Modrenae. Cette ville, qui faisait § partie du thème des Bucellaires était piscopale; elle est ordinairement menonnée sur les cartes et dans les dictionnaires géographiques (3) avec le surnom de Comopolis : Comopolis sive Modrenm; cette erreur provient d'un ancien contresens du traducteur des thèmes, qui a pris Comopolis pour un nom de ville, tandis que c est tout simplement l'union de deux mots grecs (4) qui signifient ville-bourg, petite ville (5) ; c'est précisément lépithète que M. Tchihatcheff (0) donne à la ville de H udurlu , oui a pris la place de l'andenne Modrenae. On voit que depuis C. Porphyrogénète, cette ville n'a ni augmenté ni diminué. Toutes ces régions ont bien peu attiré, jusqu'à ce jour, les voyageurs archéologues, attendu que les anciennes villes ne présentent que des ruines éparses; mais il y aurait encore de bien curieuses recherches à faire sur l'étendue et l'assiette de ces mêmes villes, dont le nom seul est aujourd'hui consigné dans la géographie comparée.
(i)Liv. ^ 9 «, «7-
(a) Tchihatcheff, Asie Mineure, p. 167.
(3) Lapie, Asie Mineure ancienne, i838.
Lamartimère, V, Comopolis.
(4) Ku|ii), bourg, icéXtç, ville.
(5) Const. Porph. ap Banduri, t. f9 p. xo.
(6) Asie Mineure, loc. dit
Tout ce pays est couvert de for. épaisses. Le petit village de Khan da est situé au milieu des jardins et i arbres forestiers; la route qui condui Dutché (1) passe au milieu de la fo et laisse de côté un aqueduc qui port sans doute l'eau à cette ville. De !
bandja à Khan dagh on compte vin quatre kilomètres et de cette demi à Dutché vinct-huit. Boli est situé vingt-quatre kilomètres de Dutché; route est des plus pittoresques, ent coupée de monticules et de ravins; ti ce pays est couvert d'une abondante gétation , mais est très-peu peuplé.
boli.
Boli a remplacé l'ancienne ville Bithynium qui fut depuis appelée Cm diopolis ; c'est la dernière syllabe de nom qui a formé celui de Boli. Siral fait mention de Bithynium et dit qui est située au-dessus de Tium; ce n seignement n'est pas inutile, les dj villes étant situées sur la môme rivjè Pausanias nous apprend que les ni tants de Bithynium étaient des oom d'Arcadie et Mantinéens d'origine, lorsqu'Hadrien eut divinisé son fef Antinous, natif de Bithynium, les ha tants de Mantinée s'empressèrent lui élever un temple comme à run leurs compatriotes, et instituèrent en 1 honneur des jeux qui se célébra* tous les cinq ans (2). «ombre de stati étaient élevées en mémoire du )<!
Bithynien ; il n'est pas surprenant fl s'en trouve aujourd'hui dans presi tous les musées de l'Europe. Sous empereurs le nom de Bithynium remplacé par celui de aaudiooolis, cette ville continua d'être placée nombre des plus florissantes de la ( vince. Elle reçut d'Hadrien des pri léges non moins grands que Mantin et plus tard Théodose en ût la caoii de la province d'Honoriade. Mais de ces terribles tremblements de tt qui ravagèrent si souvent la contrée fatal à Bithynium; elle fut presque tièrement détruite et un grand nom de ses habitants perdirent la vie.
(1) Voy. chapit. X.
(a) Pausanias, liv. VIII, du IX.
i était située dans le canton àklm, dont le chef-lieu était une ■Utile appelée Salonia par Etienne fcVnx (I). Ce pays était célèbre ■THocdlcnts pâturages, qui nouràà quantité de gros bétail; il pfcait une espèce de fromage que «apédiait jusqu'à Rome. Pline (2) •w connaître les qualités qui le jjjgaeatjil se conservait longtemps taiérait on goût salé qui se passait H on Je faisait tremper dans du vi- •bï w du thym. Il reprenait alors ■sfoqtfil avait étant frais.
Kjoonflrai on ne prépare en ces ■ta (f autre fromage qu*une espèce «fié appelé misitra, qui se conserve
• la saumure. L'usage du fromage «« presque inconnu des popula-
Ui ruines de Bithynium ne sont JMnôsément sur l'emplacement de ■* moderne de Bolî, mais dans un JisiDt de trois ou quatre kilomè- •^rest, qui porte le nom de Eski JJ-Jn'y a aucun monument an- 2«wt; mais on y a découvert un g* nombre d'inscriptions et des *&+ d'architecture.
«Jfemoderne de Boli est située V*> de cette plaine qui est tou- 2*» et férule, entourée de mon- V»wetoé du nord et de l'est. Elle *2*«t aucun monument remar- £*: (pâtre ou cinq mosquées à mi- J»rt quelques caravanseraî. Mais on
* J sources chaudes comme jouis- ?« Propriétés curatives. Elles sont J* n sud de la ville et portent le
Wi.ttnfenne une population d'envi- ? *W-cinq mille âmes répandue J"«s quartiers entourés de jardins ; jw jamais été une place de guerre •*«ww6a;il n'y a pas de château, 2^railles, s'il y en a eu, sont com- JJJ11* détruites. Comme ville de g«i enire Gonstantinople et Angora,
am!uiU!l assez 8rand trafic *u m°-
3LTh ^cokte des laines et de la
^e jaune pour teinture (3),lescara-
^* succèdent sans interruption. Le
M'iV-Silonui.
Slt^ck XUL
commerce avoe la Perse, qui jadis passait par l'intérieur, prend maintenant la voie de mer par Trébizonde, depuis l'établissement des bateaux à vapeur.
Non loin de la ville ii y a un petit lac et deux sources qui jouissent de vertus toutes différentes. L'une a la propriété incrustante au plus haut degré; I autre au contraire dissout les pierres de telle sorte qu'on ne peut la conserver que dans des auges de bois. Ce dernier bit aurait besoin d'être vérifié.
CHATIA, GHBEÉDBH.
De Bolî à Ghérédeb on compte vingt-cinq à trente kilomètres ; la route est magnifique et passe au milieu des forêts et des vallées. Ghérédeh, qui a conservé quelques rudiments de son ancien nom, est l'ancienne Cratia, qui s'appela ensuite Fin viopoiis, sans doute comme une distiuction accordée par l'empereur Constantin. Ptolémée (1) lui conserve les deux noms, la plupart des médailles également. Sous tes empereurs byzantins elle était épiscopale et comptait parmi les principales villes de la province ; elle était soumise à la juridiction du patriarche de Gonstantinople. Êpiphane, évéque de Cratia, assista au concile d'Éphèse. Cette annexion au diocèse de Constantinople Suand Cratia était bien plus voisine de ficomédie, qui était aussi le siège d'un patriarche, prouve que ces répartitions étaient tout à fait arbitraires.
La division de l'Asie en patriarcats ne fut d'abord soumise à aucune autorité politique. Les évéques qui gouvernaient les chrétiens répandus dans l'empire s'en tinrent longtemps aux circonscriptions déterminées par les premiers apôtres. Mais le concile de Nicée, en approuvant la discipline ecclésiastique de l'évéque d'Alexandrie, constitua d'une manière régulière les patriarcats de l'Asie. Ces prélats , qui , sous le nom de patriarches, gouvernaient l'Eglise d'Orient, étaient supérieurs aux métropolitains qui résidaient dans chaque ville importante, et un patriarche avait la plupart du temps plusieurs métropolitains sous ses ordres. La limite des
(i) Lhr. T, ch. !•',
• L'UNIVERS
provinces, ,encor>ejmpuisv c^Ue des diocèses politiques, n avait rien de commun avec celle des patriarcats, et cette division du pays resta longtemps ren* fermée dans les limites du pouvoir ecclésiastique. Mais l'empereur Androniç Paléologne, ayant donne une déclaration pour régler le rang des métropoles soumises au patriarcat de Constantinople , établit entre les villes une sorte de hiérarchie qui subsista jusqu'à la ruine complète du pouvoir chrétien en Orient.
Les écrivains ecclésiastiques ont soigneusement conservé les noms des évoques, des métropolitains et des patriarches qui ont régi l'Église sous l'empire de Byzance ; et les documents ou'ils nous ont transmis, sur les villes d'Asie sont, d'un grand secours pour la géographie de cette époque.
La déclaration de l'empereur Andronic est conservée dans 1 ouvrage de Codin, et nous aurons occasion d'y recourir quand nous décrirons les anciennes villes»
Les neuf premières métropoles d'Asie étaient :
Césarée, Aneyre,
Éphèse , Cyzfque ,
Nicomédie, Sardes ,
Nicée, Chalcédoine.
Héraclée ,
La moderne ville de Ghérédeh offre le tableau d'une assez grande activité industrielle et commerciale. Le grand nombre de troupeaux de chèvres qui sont nourris dans la province lui fournissent la matière première du maroquin, qui s'exporte en quantité notable ; la mégisserie des peaux de mouton est aussi assez active. La ville est entourée de jardins et se trouve toujours comprise dans ce territoire boisé qui serait si magnifique si l'on y perçait des routes.
Une rivière du nom de Oulou sou, et
S ni est la branche orientale du neuve illoaus, arrose le territoire de Ghérédeh; il y a en outre deux petits lacs; l'un est salé et s'appelle Touzla Gheul ; l'autre porte le nom de Kara Gheul.
Les ruines que l'on observe aux environs consistent plutôt en fragments épars qu'en monuments ; c'est le sort des antiquités dans les pays qui n'ont pas été complètement abandonnés.
Cette partie orientale de la Bithvni ne le cède à l'autre ni en fertilité ni e beauté du territoire ; les forêts n'en soi
Eas le seul ornement ; les arbres fruitier îs innombrables vergers qui entoure!
les villes et les villages produisent uc heureuse diversité. Tous les fruits <; l'Europe y réussissent à merveille, i quelques fruits des climats plus chaudj comme le pistachier, sont cultiva dans les jardins, mais tous les, arbr^ de ce genre, qui bordent les cliemiii et les collines, peuvent tromper un œ peu attentif; c'est le faux pistachiei qui se multiplie à l'infini dans près que toutes les régions de l'Asie Mi neure.
La hauteur moyenne de tons « plateaux, qui varient entre cinq cents < mille mètres au-dessus de la mer, n'd pas favorable à la végétation de l'c ranger ni du citronnier. L'olivier nés' montre qu'à un état peu prospère mais la pèche, la poire, l'abricot et I cerise prouvent par leur belle venu qu'ils sentent l'air de leur pays natal Les frontières de l'ancienne Bitbyoi passaient entre le Billœus et le Pat thenius. Si l'on continuait sa rout vers l'est, on arriverait à la ville de Hammamlu ( des bains ), située sur ç dernier fleuve. Nous étudierons la parti orientale de THonoriade quand non parcourrons le royaume de Font.
SYNECDÈME DB HIEBOCLÈS.
La section du syneedème de Biéro clés, comprenant la Bithynie PontiqiH sous le gouvernement d'un consulaire contient seize villes, classées de la ml mère suivante :