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CHAPITRE XVI

KM M TBOIS. 1L.IUM BECERS.

Centrer dans la plaine de Troie,

eoors forme de nombreuses

, le Simoïs se trouve resserré

deux collines esearpées. Sur le

" ooest de Tune d'elles est bâti

de Bounar-Bachi. Ce défilé

à une autre plaine dans

sont de nombreux villages, qui,

la géographes de la Troade, oc-

* presque tous des positions an-

Ao delà de cette plaine sont les

forts inférieurs de l'Ida et le

Cotylus, dont les noires forêts de

jent les sources du Simoïs.

«Montant le cours du véritable

on ne tarde pas à arriver

du fleuve, situées au pied

eriSae de Bounar-Bachi, dans un

"febois de tamaris, de figuiers et

*■ Us eaux sortent d'une masse

fougue calcaire , et forment un

*"tat les bords sont entourés de

de granit et de marbre. Ces

*>>? chaudes en hiver, et exhalent

tpitte fumée. Il ne peut exister

"t incertitude sur l'identité de ces

jatec celles décrites par Homère ;

«knninent parfaitement l'empla-

Jtdllion, etles observations faites

ti colline de Bounar-Bachi n'ont

W* confirmer l'exactitude du poète.

^^'ttrtairtdu rocher par une

"Je de filets, ont été retenues

^parcours par un mur élevé de

J*ds. Il est revêtu d'un enduit

mais qui n'a pas le caractère

toWe antiquité (il a toute l'ap-

■fcdu mortier deKoraçan, employé

C* rowcniers turcs). En longeant ce

•jWjies eaux se réunissent en un bas-

i** position de ces sources, leur

jT^tare an-dessus de 16 degrés, le

l^q qu'elles forment et qui allait se

ÏJJ* a« grand cours d'eau de la

™Mn&t qu'il eût été détourné dans

™ toutes ces circonstances con-

courent à prouver que ce sont bien les sources du Scamandre décrites par Homère , et près desquelles se réunissaient les dames troyennes.

Le Scamandre se jetait dans le Simoïs à peu de distance de la ville d'Ilium Recens , et dans l'antiquité cette place n'était éloignée de la mer que de douze stades ; on reconnaît encore aujourd'hui le point de jonction des deux fleuves à un affaissement de terrain assez sensible ; bien plus, des voyageurs attestent que dans la saison pluvieuse le nouveau canal déverse une partie de ses eaux dans l'ancien lit du Scamandre. Quelques auteurs se sont appuyés sur un passage de Pline, qui cite le vieux Scamandre (Palae-Scamander), pour supposer que ce canal était antérieur à l'époque romaine, et font/emonter à la séparation des deux affluents la transposition de noms qui a trompé les écrivains de l'antiquité. Hérodote lui-même semble avoir confondu les deux fleuves en parlant du passage de Xerxès et de son armée dans la plaine de Troie. La plupart des critiques conviennent que tout ce qui est relatif à ce passage se rapporte à la ville d'Ilium Recens, et non pas à l'ancienne Troie , qui était ruinée et déserte (1).

A partir des sources du Scamandre, la colline sur laquelle est bâti le village de Bounar-Bachi s'élève par une pente rapide jusqu'à une hauteur de plus de cent mètres au-dessus du cours duJSimols. Les rochers sont à pic du côté de la vallée, et forment une défense naturelle. Voilà l'emplacement d'Ilion, reconnu d'un commun accord par tous les critiques. Il n'est aucune partie de ce terrain accidenté qui ne réponde parfaitement à toutes les descriptions d'Homère. Cette découverte de Lechevalier, la plus importante sans contredit de toutes celles que les voyageurs européens aient pu faire sur le continent de l'Asie Mineure, a été complétée auelques années plus tard ; on a retrouve sur le Pergama des vestiges importants de murailles et d'escaliers.

Plusieurs assises de murailles subsistent encore, et sont appareillées dans le style que les Grecs appelaient pseudisodomon,

toutes ces circonstances con- (i) Hérodote, liv. TU 43.

L'UNIVERS

c'est-à-dire dont les lits étaient horizontaux et les joints obliques. Le même appareil a été employé dans les ruines de Sipylus, qui appartiennent à la même période archaïque.

La connaissance du bassin des sources permet de déterminer la situation delà colline Érinéos et des parties basses de la ville , qui se trouvait assise sur une déclivité regardant le nord-ouest.

En suivant le contour du rocher du côté de l'est et du sud-est, il existe encore environ cent mètres de fondations de murs ayant trois ou quatre assises de hauteur, et quelques-unes de trente ou quarante centimètres. Plus loin, sur une sorte d'éperon formé par le rocher, une rampe pratiquée dans la roche descend en serpentant jusqu'au bord du fleuve. Cette partie du système de défense, qui nTa point encore disparu, est tout à fait conforme à ce qu'on observe dans les fortifications des plus anciennes villes. Indépendamment des portes principales, on retrouve les traces des poternes, qui permettaient d'introduire dans la ville ou d'en faire sortir des denrées ou des émissaires.

La première découverte de ces vestiges du Pergama est due à M. Amb.

Firmin-Dtdot, qui visitait les ruines de Trote en 1817 (1). Il remarqua deux assises de grosses pierres posées les unes sur les autres à la manière des constructions appelées cyclopéennes ou pelasgiques; en creusant le sol il aperçut une troisième assise. Ces vestiges se trouvent à l'extrémité du Pergama vers la partie qui fait face à l'ouest. Un peu plus bas il rencontra une muraille à ras de terre au sud-ouest de la citadelle, ;et non loin de là se voient plusieurs pierres taillées qui indiquent positivement un ancien escalier.

En suivant le cours du Scamandre on arrive, après' deux heures de marche, au village de Udjek-Kcui, situé sur une colline, et de là on aperçoit un des plus grands tumulus de la plaine , désigné par les Turcs sous le nom de Udiek- Tepé, C'est là çiue M. de Choiseul place le tombeau d'Ilus, et par conséquent le

( i ) Notés d'un voyage /ait dans te Levant en 1816 et 181 7; Paris, Firmin Didot, tn«8°, p. «atf

Throsmos, colline célèbre dans Pllia Lechevalier opine pour transporter p au nord la coiline et le tombeau ; m

Ï puisqu'on est obligé d'admettre, 'époque troyenne, un golfe près du 1 Sigée, en suivant son hypothèse, tombeau et la colline auraient été a à fait sur le rivage de la mer.

La ville d'Ilium Recens, qui a héi de la gloire etdes privilèges de l'anciei Troie , fut bâtie a trente stades de w dernière , et un peu au-dessus du c4 fluent des deux fleuves, par les Astyi laeens, qui s'étaient d'abord retirés p| du cap Rhœtée, et avaient bâti un boi qu'ils nommèrent Polium. CependJ la nouvelle llion n'acquit pas une graij importance. Les habitants avaient si de propager la croyance qu'elle occuj l'emplacement de l'ancienne Troie. ( prétentions s'affermirent avec le tem et dans la suite nul ne songea à leur contester ; bien plus , les rois Lydie les couvraient de leur protectki et lorsque Alexandre arriva en Asie, il rendit dans le bourg d'Ilium, qui n'étj alors composé que de quelques maisj entourant un temple de Minerve. Il ofl un sacrifice à la déesse, et voulut élej cette petite place au rang d'une ville ( Il institua des fêtes en l'honneur^ Minerve ; mais la mort le surprit ay?

que ses autres projets fussent rais exécution. Cependant Lysimaque n lut accomplir les volontés d'Aleiandr il entoura la ville d'un mur de quart! stades , et augmenta la population appelant dans son enceinte tes habitat des bourgs voisins. Tous les priD| grecs et les généraux romains qui fl tent le pied dans la Troade veulent sigi 1er leur arrivée par un pèlerinage i temple , qui avait usurpé la renomij du temple troyen (2). C'est là que fort reçus par les Romains les députés ( villes d'Élée, de Dardanieet deRhœtj Une amitié sincère s'établit entre Romains et les Iliens. Les plusgrai privilèges leur furent accordés; m aucun de ces avantages ne putdoni à cette ville les éléments d'une prospeï durable. Elle commença de nouveai

(x) "Strabon, XIII, SgS.

(a) Tite-Uve, liv. XXXVI, e*.

XXXVII, ch. 9.

èéoir; s» murailles s'écroulèrent, àékfat dédaignée par les Gaulois.

%ûaé la création d une autre Tille rosse et rivale , elle n'en subsista pas moi* jusqu'à la chute de l'empire.

Démétrâs de Scepsis, qui la visita, en parlecenmed'un endroit peu prospère.

fondant les murailles furentrelevées, et a citadelle mise en état de défense à r^oqœ de la guerre civite entre Sylla tiGm. Fimbria l'assiégea, la prit, et te habitants furent cruellement traités.

Parsoitedes vicissitudes de la guerre, fc trimèrent dans Sylla un protecteur Aquiadoucit leurs malheurs et effaça btnees du siège (1). Lucullus, après mr délivré Cyzique, vint aussi rendre «te aux llîens -, enfin le plus célèbre te Romains vint payer son tribut aux ftwwrsdela triste Ilion, en comblant défaveurs ceux oui se disaient ses en* fols. Déjà les Iliens avaient reçu un *o«aement de territoire à l'occasion dvtnité de paix entre le roi Antiochus * te Romains. Les villes de Rhœtée «lie Gergetha leur avaient été contres. Jules César les exempta de toute le «barges des travaux publics, *fc» conserva l'autonomie. Ces fa- "•matèrent dans Rome une inquiéta générale, et le bruit se répandit Pie dictateur voulait transporter en A* le siéee de l'empire (2). Sous le ^& Tibère, llium concourut avec Weon autres villes de l'Asie pour Jjjr Fhonneur d'élever un temple à Ti*t Du temps de Trajan, elle jouis- Jj***» d'une certaine célébrité, et F*1 tri Constantin songea sérieuse- "^transporter le siège de l'empire.

' ^nî?é dans un lieu situé entre Troas flr««enne llion, qui lui parut propre i «s desseins, il jeta fes fondements de •J* tille, et éleva jusqu'à une certaine «leur cette partie des murailles que ^ent encore apercevoir aujourd'hui *** qui naviguent vers THellespont; J* bientôt il changea d'avis et se renyj Byzance dont la position le frappa ■admiration (3). Les restes de murailles 1* «on observe aux alentours ont été tardés par quelques voyageurs, non

;';$twboQ,liv. XIII, 594.

(*) Suétone, Fie de César.

W femme, III, $38.

comme les murs de Lysimaque, mais comme un commencement d exécution du projet de Constantin (I). Quoiqu'elle n'ait pas été appelée à prendre le rang de seconde capitale du monde romaiu , elle n'en conserva pas moins une certaine importance sous les empereurs byzantins, et fut érigée en évéché de la province <f Hellespont, avec Abydos, Troas ( Alexandria ) , Dardanum et Assos, Quoique la ville de Seamandria ne soit pas nommée dans cette liste , elle reçut aussi un métropolitain. D'après la position qui lui est assignée par les géographes, on reconnaît les ruines d'Uium près du village deTchiblak, au heu appelé par les Turcs Eski Kalafatli. Elle était éloignée de cent soixante-dix stades d'Abydos et de douze du port des Acbéens.

En descendant vers le cap Lectum, on arrivait à la ville de Chrysa , dans la-

auelle était le temple* d'Apollon Sminbien. La statue était l'ouvrage de Scopas, le dieu étant représenté le pied posé sur un rat. Strabon (2) raconte que les Teucriens, partis de l'île de Crète, s'établirent dans ce pays d'après l'avis de l'oracle. Ce sont eux qui ont donné à la montagne voisine le nom d'Ida qui est celui d'une montagne de Crète.

Le temple d'Apollon Sminthien était d'ordre dorique ; les ruines de ce monument furent découvertes, il y a quelques années, non loin du village de Baba.

La ville dé Chrysa était bâtie sur une éminence à peu de distance de la mer.

Sous Tibère, ce territoire appartenait aux habitants d' Alexandria Troas , qui avaient élevé dans leur ville un autel à l'Apollon de Chrysa, car j'ai trouvé l'inscription suivante dans les ruines d'Alexandrie :

A la bonne fortune !

A. CIaudiu> Phloronius Macrinus a élevé de ses propres deniers cet autel, et Ta dédié à Apollon Sminthien, à Esc u lape sauveur et aux Moxynites.

(1) Sozomène, II, ch. 5* (a) Liv., XIII, p. 604.

L'UNIVERS

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