CHAPITRE XV
— TOPOGRAPHIE ANCIENNE Bï MODERNE
la renaissance des lettres (de l'Europe voulurent rets» les rivages de l'Asie le edes hauts faits de Y Iliade, il r «tait un jalon pour les guider *«J recherches. Llle de Tenédos ■««ervé son nom, et la plaine de "* « développait sur le continent ' "i regards du voyageur ar- • Les ruines imposantes d'AaTroas, qui, au seizième siècle, acore mieux conservées qu'auto, attirèrent d'abord l'attention i; les capitaines génois avaient donné le nom de [ «« Priam à l'édifice qui domi- V^ste étendue des ruines. L'insur la position réelle de la roie subsista jusqu'à ce qu'Un r français eût déterminé d'une positive remplacement de et des autres monuments : souvenir se rattache à l'épopée " i* Les sources du Scamandre clément reconnues et les dé- P*?88 de Lechevalier forment la ** du travail le plus complet qui ait * ■« sur les ruines de Troie. On peut **MBuré aujourd'hui que tout comjPJJJ* des textes anciens, toute re- 3taTe ^°8r*pbique ne pourront JgJ°rter aucune modification notable ^conclusions des travaux an-
L'eraplacement de la citadelle troyenne étant une fois bien déterminé, le cours des fleuves, les collines célèbres, et enfin le camp des Grecs se sont joints comme un corollaire à cette première découverte, dont la gloire revient au savant Lechevalier; et ses travaux ont fait ressortir ce fait bien curieux et aujourd'hui généralement admis , que les écrivains grecs et romains ont commis de graves erreurs sur la topographie homérique. On doit en conclura que, lorsque la ville fut ruinée, les peuplades aeoliennes perdirent complètement la tradition de ces événements.
Les noms des fleuves furent confondus, et la place même d'ilion resta ignorée.
Lorsque les vaisseaux des Grecs arrivèrent sur les côtes de Troie, ils vinrent mouiller dans un golfe de l'Hellespont situé entre deux caps.
Les eaux réunies du Si mois et du Scamandre venaient se jeter à la mer en cet endroit, et fournissaient aux Grecs l'eau douce qui leur était nécessaire.
Les vaisseaux furent tirés à terre, rangés sur une double ligne; Achille commandait une des extrémités, et Ajax avait le commandement de l'autre.
Aujourd'hui le golfe n'existe plus; mais le travail des atterrissements , que nous avons démontré être plus actif sur les côtes d'Asie que sur aucune partie du continent européen, a suffi pour combler ce golfe, et la petite ville turque qui s'est élevée sur ces terrains récents a été appelée Koum- Kalé (te Château du Sable), comme pour perpétuer le souvenir de ce fait géologique. Aucun des voyageurs qui ont examiné la côte n'en a contesté la possibilité, et le colonel Leake, dans son Essai sur la plaine de 'Proie, a établi, par une esquisse topographique, la surface des atterrissements qui ont pu se former depuis trente siècles.
Les deux caps qui formaient les extrémités du golfe ont été appelés par les Grecs cap Sigée et cap Rhcctée ( 'Poftstov ), oes deux villes qui furent fondées plus tard dans leur voisinage.
Ce lieu est désigné par les auteurs grecs sous le nom de Naustathmus (l).
(i) Strabon,Xlir, 595.
L'UNIVERS-
Lechevalier a reconnu que la distance entre ces deux caps était de six mille mètres ou trente-deux stades, mesure conforme au texte de Pline, mais qui est double dans Strabon. C'est une erreur du géographe. Déjà les atterrissements étaient sensibles du temps d'Hérodote, car il les compare à ceux du Delta d'Egypte. « La majeure partie du Delta est une conquête que les Égyptiens ont faite sur les eaux. L'espace entre les montagnes qui dominent Memphis paraît avoir été un golfe de la mer, à peu près comme a pu l'être le pays oui existe entre Ilium, Teuthrania, Éphèseetles campagnes du Méandre (1). »
A la pointe sud de l'embouchure de l'Hellespont, dans la mer Egée, s'élève un cap qui fut dans l'antiquité occupé par la ville de Sigée, cité œolienne fondée après la ruine de Troie par Archœanax de Mitylène. Les nouveaux colons prirent les pierres de l'ancienne Troie pour construire leur ville, et allèrent chercher leur marbre dans l'île de Proconnèse, qui était déjà peuplée et puissante. Peu de temps après leur établissement, les Myliieniens furent chassés par les Athéniens conduits par Phrynon. Les Sigéens étaient commandés par Pittacus, l'un des sept sages de la Grèce. Les deux peuples terminèrent la guerre en prenant pour arbitre Périandre de Corinthe (2). Les Athéniens s'étant de nouveau emparés de Sigée, Pisistrate en donna le gouvernement à son fils Hégésistrate. Cette ville était célèbre par un temple de Minerve qui subsista longtemps, quoiqu'elle eût été abandonnée de ses habitants : In promontorio guondam Sigeum oppidum (S). Il est à croire que cette destruction doit se rapporter au temps de Lysimaque, qui voulut donner à la nouvelle llium une population nombreuse.
Les voyageurs Chandler et Revett trouvèrent encore à Sigée de nombreux débris du temple, et copièrent l'inscription du pilastre (4), qui passe
(i) Hérodote, Ht. II, chap. io.
(a) Strabon, liv. XII, 599.
(3) Pline, liv. V, chap. 3o.
(4) Chishull, Intcriptwnts antiquœ.
pour un des plus anciens monui epigraphiquesde la langue grecqji jourd'hui tous ces débris sontdisp et il est difficile de reconnaître l'emplacement du temple.
La ville d' Achilleum était situa le voisinage de Sigée, et non loin doute du lieu où tut enterré le qui lui donna son nom.
Le tombeau d'Achille, ou pli tertre que d'un commun accord h ciens ont regardé comme tel, s sur le cap Sigée, à l'endroit io par Homère, et le tombeau d'Aja placé à la pointe opposée sur V Rhœtée. Si l'opinion de quelques quaires tend à ranger ces deux 0 ments dans la classe des conslru* seoliennes, il. n'en est pas moïm qu'ils occupent la place des toml et que dans les anciennes traditio sont toujours considérés comme vrant les cendres des héros delV/ioa
L'embouchure du Simoïs, oui!
aujourd'hui une lagune roarecag séparait autrefois le golfe en deux ties. Dix stades environ avant river à la mer, ce petit fleuve ree les eaux du Scamandre, dont lesj ces étaient voisines des portes 4 ville.
Les traits bien aceentués de < topographie n'ont pas suffi pour < server intacts les souvenirs des u Le cours du Scamandre a étédétoi et ses eaux vont aujourd'hui, pat canal creusé de main d'homme jeter dans la mer Égéc. Son non transporté au Simoïs. Il en résulta confusion inextricable dans les tr tions et dans la topographie de c contrée.
Cependant, en remontant le cou»
ftlus grand de ces fleuves, on recofl 'exactitude de la peinture du poe« l'erreur des écrivains romains qui copié Démétrius de Scepsis. Les m* qui existent encore dans la plaine, et sont formés par les eaux du Menoe les hauts rochers de trachyte donj baigne la base, les vallées profondei ascendantes qui conduisent jusqu*' sources, tout révéla à la sagacité ■
(1) Voyez Lechevalier, tome II î (J seul Gouffier, Voyage de la Grèce, tom«
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sChandJeret Lechevalier que [ fleure ne pouvait pas être le aire, maigre la conformité de i uni moderne Mendéré avec le s Imtc troyen.