ITINÉRAIRE DE LA PLAINE DE TROIE
Pour faire l'exploration complète d la plaine de Troie, il convient d'orfl niser son excursion dans la ville de Dardanelles, résidence des consuls; « peut v trouver facilementdes guides « des chevaux.
Cette ville , que l'on assimile à 1 %al cienne Dardania, a complétemen perdu son ancien nom chez les ind gènes; les Turcs l'appellent Tchan»| Kalési (le château des assiettes), cause d'une fabrique de poteries asse renommée dont les produits s'expof tent dans presque toutes les Iles. 1 se distinguent par la forme et par 1
.. (i)Lechevalier, Foy.dela TroaJttU ft<
«É; il y a des modèles qui ne mançart ni d'élégance.
flififtllj, premier village où Ton fait bitte, est éloigné d'environ trentesept liWtres des Dardanelles. 11 est stsé au miliru d'une plaine coufrtle df débris d'antiquités; mais aucuëâot n'est debout. La distance eafw Mû Elly et Enaï est de quarasiMreis kilomètres ; on passe par le n%tde Giaour Keui , et l'on arrive à Tdaèfac
Teàibbc, çros bourg éloigné d'euro» treize kilomètres de ce dernier jbft est sur la rive droite du Sca- ■■**; il passe généralement pour ta stoé sur l'emplacement dllium
la milieu d'un terrain boisé sont drames de nombreux vestiges de ■wments, des colonnes et des ruines à impies.
la murailles, dont on suit facikwsi le pourtour, sont regardées ««s* des ouvrages de Constantin, tas k cimetière turc se rencontrent fe aaahreux fragments d'architecture, ■akaoeime inscription. Le tumulus 1«irthe dans le voisinage du bourg «t tardé comme le tombeau dllus.
DeîàiMac on se rend à Enaï, grand ^ de deux cents maisons où l'on fane des bains, un caravanseraî, ç£ fctattqoee.
Eaai occupe la position de l'an- «•ae Neandria, colonie œo lien ne w k territoire renfermait la plaine « $*wîom. Cette ville était située ^^rfianaxitus et la nouvelle Dion, «pfr'aeeorde bien avec la position d'EuL iasnd de ce village et sur la rive P*ke du Mendéré se trouvent les **» d'un château que les indigènes Went Tchigri ; il occupe remplace- ** de la ville de Cenchreae, où Ton *& qu'Homère séjourna pour étudier 1 topographie de la Troade. La for- **ae Cenchreae fut destinée par les ■pfffors byzantins à renfermer les Jooniers d État; elle fut prise par ™ir Toursoun et réunie aux do- &tt€s de ce compagnon d'Orkhan.
1 Toit encore les ruines de ce châao.
^w ae reudre à Bounar-Bachi on ** le Scamandre sur un pent de
IV Livraison. ( Asus Minbubb. )
bois, et après avoir visité le site de l'ancienne Troie, on va faire halte à Beyrhainitch , résidence d'un mutzellim.
Cette petite villa est située sur une colline qui domine une vaste plaine bien cultivée au milieu de laquelle serpente le Scamandre.
En remontant le cours du fleuve, on arrive au village de Eîvadjik, situé sur les pentes de l'Ida. Les sources du Scamandre sont à une distance d'environ dix kilomètres de ce village ; l'eau surgit avec impétuosité d'une ouverture carrée que présente le rocher, et forme une cascade au milieu des blocs éboulés. D'autres sources, qui sortent de terre dans le voisinage,, viennent encore augmenter le volume des eaux. Cette partie du mont Ida n'offre pas les beautés sévères de l'Olympe de Mysie, mais elle mérite cependant d'être visitée. De ces plateaux élevés on aperçoit d'un seul coup d'oeil toute la contrée et les îles voisines ; il n'est pas d'autre lieu d'où Ton puisse si bien se rendre compte de cette topographie de la plaine de Troie.
La formation volcanique dominante sur toute la côte sud de la Troade commence à se montrer sur les pentes de l'Ida, et se prolonge presque dans la plaine. Au village de Arabler Keui et de Sarmousaktchi Keupri, on remarque des piliers de basalte de formes très-régulières ; les indigènes emploient ces colonnes naturelles pour faire des pierres tumulaires.
Le mont Gargare, qui s'étend au sud* est de la chaîne de l'Ida, renfermait dans ses nombreuses vallées quelques villes anciennes qui ne sont pas encore bien déterminées.
Cette partie de la montagne s'appelait région cébrenienne ; la ville de Cébrène était la capitale. I#e fleuve Scamandre formait la limite entre ce territoire et celui de Scepsis.
Sur un des contreforts du mont Gargare, appelé Kourchouniou tépé ( eolline de plomb ), on retrouve les ruines d'une grande ville qui est dominée par un ancien hiéron, lieu sacré, formé par une enceinte rectangulaire, composée de grosses pierres
tu
I/UN1YERS
assemblées sans ciment et tans le se* cours du ciseau. Un cercle de pierres brutes rappelle les monuments druidiques de l'ancienne Gaule, et des ohénes séculaires dut ombragent ces vénérables restes de l'antique religion font penser à la similititude du culte qui unissait tous ces peuples primitifs.
Cette enceinte était sans doute consacrée à la grande-mère idéenne si vénérée dans ces régions. Les vestiges de la ville, située à mi-côte dutépé, datent presque tous de l'époque romaine; on y remarque d'anciens bains et plusieurs salies couvertes de stucs assez bien conservées. Des fragments d'architecture et uite foule de débris de poteries, de tuiles et de terres cuites couvrent le sol. Cette ville est-elle l'antique Cébréne?
Aucune inscription n'est encore venue en donner la certitude
Nous savons par Xénophon que cette place était très -bien fortifiée, et qu'elle résista à l'attaque de Dercillydas, général lacédémonien. Une petite rivière, nommée Cébrénia, allait se jeter dans le Scamandre. C'est sans doute le Kaï dagh tcbal qui coule au pied de ce mamelon.
On peut ensuite redescendre le mont Ida par Chetme et se rendre à Adramytte ; cette excursion exige un peu plus de quatre jours. '
Les limites de la Cébrénie «ont assez difficiles à déterminer d'après les anciens géographes; car les uns la bornent au Scamandre, les autres retendent jusqu'à la Dardante. Si l'on s'en rapporte à Pline (1), la ville d'Alexandria Troas aurait fait partie de la Cébrénie. H est préférable de s'en tenir à la circonscription donnée par Strabon (2). Là Cébrénie commençait au-dessous de la Dardanie et s'étendait jusqu à la Scepsie, c'est-à-dire jusqu'au mont Cotylus (3), dont elle est séparée par le fleuve Scamandre. Les Cébréniens furent en guerre perpétuelle avec les Scepsiens jusqu'à ce qu'Antigone tes établit les uns et les autres à Alexandrie de Troade. Palœcepsis était située1 au-dessus de
Cébréne près de* Polichnà « vers ia plus
(1) Pline, liv. V, ch 3o.
(a) Strabon/liv. XHI, p. 506.
(3) Tôt* page.
haute partiedeHdaXf).» Cébrènet donc pas en plaine; voilà pourqut peut supposer que les ruines de ville peuvent se trouver dans le 1 chounlou tépé.